mercredi, 07 janvier 2026
Du « discours haineux » à la Free Speech Union – la liberté d'expression criminalisée au Royaume-Uni

Du « discours haineux » à la Free Speech Union – la liberté d'expression criminalisée au Royaume-Uni
Peter W. Logghe
Quelle: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
«La liberté d'expression est plus menacée au Royaume-Uni qu'elle ne l'a jamais été depuis la Seconde Guerre mondiale», déclare Toby Young (photo), journaliste et fondateur de la Free Speech Union. Depuis 2024, il siège à la Chambre haute britannique en tant que baron Young of Acton. Et il cite dans la foulée un chiffre stupéfiant: chaque année, plus de 12.000 sujets britanniques sont arrêtés par la police britannique pour "des propos haineux". Pour des délits de langage commis en ligne. Soit une moyenne de 30 personnes par jour !

Il s'agit de personnes qui ont publié sur Internet des propos qui auraient blessé des sentiments ou qui seraient fondés sur des «préjugés»: les «incidents de haine non criminels» (Non Criminal Hate Incidents ou NCHI). Une évolution si explosive que le magazine libéral The Economist y a consacré un article à la une. La couverture de l'hebdo montre un visage dont la bouche est fermée par un cadenas. Depuis l'introduction de cette catégorie de NCHI au Royaume-Uni, selon des estimations prudentes, 130.000 enquêtes ont été ouvertes contre des citoyens. La définition du «délit» est très subjective, selon Toby Young, car elle repose sur la perception des victimes présumées, qui se sentent «blessées» par des «préjugés».
Seulement 5% des signalements donnent lieu à des poursuites judiciaires. Il s'agit souvent d'affaires tout à fait ridicules, comme celle d'un homme qui sifflait la chanson de Bob le bricoleur, ou celle de l'ancienne députée conservatrice Amber Rudd (photo), qui avait demandé lors d'une convention du parti en 2016 que les emplois britanniques soient réservés aux travailleurs de nationalité britannique. Seuls 5% des signalements, selon Young, donnent lieu à des poursuites, mais le simple fait que la police se présente à votre porte tôt le matin et ouvre une enquête, avec interrogatoire à la clé, traumatise de nombreux citoyens. Des vidéos montrant des interventions policières choquantes circulent.
La Free Speech Union, créée au Royaume-Uni pour dénoncer ce type de pratiques, a déjà enregistré 55.000 membres depuis sa création il y a cinq ans et a fourni une assistance juridique dans plus de 3000 cas. Entre-temps, des organisations sœurs ont été créées aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Un cas est resté gravé dans la mémoire de Toby Young: un employé de la Lloyds Bank, un homme dyslexique, a maladroitement posé la question de savoir ce qu'il fallait faire lorsque des Noirs utilisaient eux-mêmes le mot «nègre». Il a eu l'imprudence de prononcer lui-même ce mot. Un NCHI, bien sûr! L'homme, qui avait 27 ans d'ancienneté à la banque, a été licencié. La FSU a fait appel en son nom et, après des années, l'homme a gagné le procès.
La criminalisation de la liberté d'expression est une évolution inquiétante, estime Toby Young. La croissance d'une association comme la FSU en est la preuve.
18:44 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : liberté d'expression, free speech union, grande-bretagne, royaume-uni, europe, affaires européennes |
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La géosophie de l’eurasisme

La géosophie de l’eurasisme
Par Evgueni Vertlib
Personnalité. Vie. Eurasisme. Héritage épistolaire de P. N. Savitski — 1916-1968 (ID «Petropolis», Saint-Pétersbourg, 2025).
Les éditions Petropolis de Saint-Pétersbourg viennent de publier l’héritage épistolaire du géopolitologue Piotr Savitski. Grâce à cette édition scientifique d’Igor Kefeli et aux commentaires profonds de Ksenia Ermisina, Savitski nous est présenté sans retouche, non pas comme un thème pour archiviste, mais comme un stratège actif aux connotations actuelles. Nous tenterons de déchiffrer ses écrits sur la géosophie comme une forme particulière, où les plis du relief terrestre du continent se lisent comme les traits d’un visage ou les lignes du destin sur la paume de la main. Pour Savitski, la géographie cesse d’être de la cartographie pour devenir l’écriture secrète de la terre, dans laquelle les chaînes de montagnes, les lits des rivières et les frontières des steppes dictent la logique rigide du développement des États.
À ce stade, Savitski diverge fondamentalement de Rudolf Kjellén. Si le théoricien suédois voyait dans l’État seulement une substance biologique conduite par l’instinct de prédation, l'instinct de la conquête spatiale, Savitski dépasse ce déterminisme matérialiste. Pour lui, l’Eurasie n’est pas une « base d’approvisionnement », mais un lieu de développement où le paysage et l’ethnie fusionnent en une communauté indissoluble. Selon cette logique, le mouvement de la Russie vers l’océan n’est pas une agression, mais un mouvement naturel vers ses frontières naturelles. Contrairement à l’«espace vital» nazi (Lebensraum) ou aux «intérêts de sécurité nationale» mondiaux des États-Unis, qui exigent la conquête des peuples par le feu et le sang, l’expansion eurasienne est une intégration pacifique des espaces. La géographie même du Heartland dicte le rejet de l’égoïsme privé au profit de la rétention volontaire du continent comme un monolithe.
Cette approche transfère l’eurasisme dans le domaine de la biologie opérative de l’esprit, où le nerf central est la passion, la capacité de l’ethnie à réaliser des efforts extraordinaires au service d’objectifs qui se trouvent au-delà de l’horizon du consumérisme. L’idée messianique ici est strictement pragmatique: la nation ne demeure sujet de l’histoire que tant que l’élan de servir prévaut sur l’instinct de cupidité. Le Monde Moyen ne pose pas seulement des conditions, mais façonne un type anthropologique de personne qui exclut la division libérale. Dans les conditions de ce cœur du pays (Heartland), avec ses brusques variations de température et son extension infinie, la survie individuelle est physiquement impossible. Ici, la géographie elle-même agit comme contrôle ultime: les formes politiques qui ne respectent pas le code du paysage sont inévitablement rejetées par le sol, provoquant confusion et désintégration. Dans cela, Savitski hérite de l’intuition politique de Catherine la Grande, qui dans ses «Instructions» affirmait: «L’Empire russe est si vaste que tout autre gouvernement, sauf l’autocratie, lui serait nuisible, car tout autre serait plus lent dans son exécution».

L’unité politique de l’Eurasie est consolidée par l’isomorphisme géologique, c’est-à-dire la correspondance structurelle entre la verticalité du pouvoir et la géoplastie du continent. Dans ce cadre s’insère la continuité des systèmes de gestion, où les principes de volonté centralisée et d’auto-organisation propre au paysage steppique agissent comme un algorithme en vigueur générant l’ordre, lequel est alors maintenu par la distribution des charges fonctionnelles: le déploiement géonique de Savitski, la défense mentale selon Trubetskoi et le modèle juridique d’Alekseev. Le territoire cesse d’être un fond passif pour devenir un sujet actif de l’histoire. L’isolement géographique du continent dicte un cycle économique autosuffisant, invulnérable aux blocus maritimes, et la souveraineté n’est plus conçue comme une fiction juridique, mais comme un «droit de la terre» organique. La façade arctique russe devient dans ce système un horizon stratégique impliquant la nécessité de l'autarcie et un baromètre de l’équilibre planétaire: la densité de l’espace et le rideau de glace du Nord deviennent une limite fatale contre laquelle se brise la dynamique des puissances maritimes, transformant leur expansion en entropie historique.
La démarcation de la pensée eurasienne fixe le facteur de la subjectivité comme la ligne de division principale de la doctrine. Si Alekseev se concentrait sur les garanties juridiques de l’État garant, Savitski agit comme un vitaliste qui tire l’énergie du pouvoir des ressources du développement local. L’État n’est pas ici un formalisme juridique, mais un instrument pour maintenir le noyau géopolitique. L’idée culmine quand on la met en relation avec l'oeuvre de Goumilev, où la passion passe de la catégorie de mutation biosphérique à celle de ressource d’État. La technocratie de Savitski est une technologie de sélection volontaire de l’élite en fonction du service. Ce modèle de gestion fonctionne comme un antipode des systèmes occidentaux, introduisant le principe de responsabilité pour l’intégrité de l’anthroposphère.
Le corpus épistolaire de 1916-1968 confirme que l’eurasisme a joué le rôle de passer une revue opérationnelle de la bataille sémantique même dans des conditions d’isolement. Savitski agit comme une station centrale coordonnant le champ intellectuel du continent. La révision actuelle de son héritage fait passer ses textes des salles d'archives au statut d'éléments précieux pour impulser l'essor opérationnel et stratégique de la planification du développement de la Fédération de Russie. L’eurasisme du 21ème siècle se construit comme une stratégie technologique qui exige la sélection d’une nouvelle élite idéocratique dont la légitimité exclut l’intégration dans les contours financiers transnationaux. L’analyse approfondie du livre se réduit à l’identification du potentiel directeur de l’héritage de Savitski. La faiblesse des interprétations contemporaines réside dans le fait qu'elles sont engluées dans un académisme édulcoré: les tentatives de stériliser Savitski transforment l’élan passionnel et la règlementation du combat à mener en une poussière d’archives sans vie, ce qui, dans le contexte actuel de confrontation, est méthodologiquement vulnérable.
Une lacune systémique a été identifiée: l’absence d’un «Tableau des rangs» de type nouveau transforme l’idéal du serviteur public en un rêve désincarné. La pratique nomenclaturante habituelle des «réservistes présidentiels» a dégénéré en une location de personnel, dans laquelle le sujet reste un gestionnaire embauché. Pour se protéger de la corrosion de l’intérêt privé, une technologie de lien anthropologique avec le développement local est nécessaire. Le mécanisme de sélection doit se baser sur le principe de la garantie existentielle: le droit d’accéder aux hautes sphères du pouvoir s’achète par ce qu'il convient d'appeler le «cens de la rigueur», lequel doit être acquis dans les zones de stress infrastructurel. Au lieu de «réserves» qui ne fonctionnent pas, il faut introduire le statut d’ordre idéocratique, l’ordre des serviteurs et la méritocratie méritée, dans lequel l’élite du Heartland n’agit pas comme propriétaire des ressources, mais comme gardien du patrimoine national. L’absence d’une aide semblable au décret de Pierre est un vide immense qui est maintenant comblé par tintamarre aléatoire émis pas des personnes déconnectées, dans un cadre dépourvu de cette hiérarchie stricte du service, où le rang est égal au degré de responsabilité personnelle dans la lutte pour la victoire de la puissance russe.
L’avenir ne prend forme qu’à l’intérieur des frontières du continent eurasiatique, du «Monde russe» «mondialement réceptif». L’héritage de Goumilev — «La Russie ne survivra qu’en tant que puissance eurasiatique, et uniquement par l’eurasisme» — constitue la structure fondamentale du nouvel empire en cours de construction. Malgré la résistance métaphysique des forces destructrices, les Russes retournent aux racines de la Sainte Trinité, la racine trinitaire et impériale du peuple russe. Les tentatives de l’Occident de nous séparer de la Petite Russie constituent un défi à l’éternité même, auquel l’eurasisme répond de manière symétrique. La future Russie est un État-forteresse impérial, où le pouvoir est inhérent aux montagnes et aux rivières, et où l’élite est l’honneur du peuple.
Et enfin, l’ensemble des projets qui se développent au-delà des limites strictes de cette synthèse sert de continuation vivante de la pensée eurasiatique, la transférant du plan de la philosophie spéculative à celui de l’action étatique. En premier lieu, il s’agit de combler ce «vide» dans la politique de recrutement du personnel par l’établissement d’une nouvelle hiérarchie de service propre au relief du continent. Contrairement à l’Antiquité formelle, la méritocratie eurasiatique doit reposer sur le principe de la charge existentielle ascendante, dans laquelle le droit de prendre des décisions stratégiques s’acquiert par des années de service de terrain dans les « fissures » de l’espace. La hiérarchie initiale de cette structure nécessite une période obligatoire de cinq ans de gestion dans des zones de stress climatique et infrastructurel, qu’il s’agisse des frontières glacées de l’Arctique, des noyaux de la taïga à l’Est ou des terres renaissantes de la Malorossiya. Sans contact direct avec le corps de la terre, l’accès aux leviers du pouvoir central devra rester fermé, excluant à jamais le type de fonctionnaire de bureau. Il est utile de se rappeler la phrase sévère de Griboïedov: «Vas et sers!», qui dans le système de coordonnées eurasiatique cesse d’être une simple formule de dialogue pour devenir une exigence inflexible: ou tu as prouvé ton affinité avec le relief par des faits, ou tu n’es qu’un élément fortuit dans l’organisme de l’État. De cet «homme superflu» dans les structures de gouvernement, on peut dire, comme le dit le poète: «Je ne lui dois pas une once d’âme», car sa présence dans le monde du pouvoir n’est pas soutenue par une affinité spirituelle avec le sol, mais seulement par un contrat formel de mercenaire.
Au contraire, la prochaine étape de cette pyramide hiérarchique exige de passer au contrôle géonomique, où le statut de gestionnaire est indissolublement lié à l’ascétisme patrimonial. Ici, l’idéal n’est pas le «gestionnaire qui réussit», mais le gardien strict du patrimoine commun, pour qui le pouvoir est une charge et non un privilège d’accumulation; dans cette tradition, le sommet de la générosité reste l’exemple du leader, dont Staline n’a hérité que de quelques bottes. Cet extrême ascétisme devient ici non seulement un fait historique, mais un impératif moral pour toute la verticalité eurasiatique: le sujet dispose de ressources colossales en tant que délégué de l’État, mais il est privé du droit à l’accumulation personnelle. Toute accumulation dans cette position est assimilée à une désertion, et la mesure du succès n’est pas le compte bancaire personnel, mais la viabilité de la zone du Heartland qui lui a été confiée.
Le summum de ce système est le centre idéocratique suprême: le conseil des gardiens du sens, responsable de la préservation de l’Île-Continent au fil des siècles, dont la légitimité repose sur la dissolution totale du moi personnel dans la mission de maintenir l’intégrité eurasiatique.


Parallèlement à la sélection anthropologique, se développe la doctrine économique de la «taxe sur le froid», qui passe d’un fardeau ennuyeux à un levier d’autarcie forcée. La création de cycles technologiques fermés à l’intérieur du pays rend la Russie invulnérable aux blocus maritimes, en faisant du Transsibérien et de la Route maritime du Nord des artères internes protégées par la géologie elle-même. Les revenus géonomiques ne sont pas destinés à des vides extraterritoriaux, mais à la création de centres de développement ultra-confortables à l’intérieur du continent, ce qui consolide définitivement la subjectivité de la Russie comme un système-monde autosuffisant. Dans cet espace, la «sensibilité universelle» de l’esprit russe trouve sa dernière incarnation impériale: la Russie n’absorbe pas les peuples, mais crée une unité symphonique dans laquelle la Malorossiya revient au sein du peuple trinitaire, non comme une province, mais comme une forteresse vivante de la façade sud de l’Eurasie. Cette réunification interrompt le scénario occidental destructeur, visant la dislocation du continent, et restaure le souffle historique de l’empire, où l’unité du destin et la fidélité aux «droits du sol» sont supérieurs à toute fiction juridique. Ainsi, par une méritocratie stricte et une conquête volontaire de l’espace, l’eurasisme de Savitski et Goumilev s’inscrit définitivement dans la stratégie du Futur Russe: le pas majestueux et inébranlable d’un peuple maître de sa terre.
18:28 Publié dans Actualité, Eurasisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, eurasisme, russie, piotr savitski, lev goumilev, géosophie |
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Le Diable se porte bien, Dieu merci !

Le Diable se porte bien, Dieu merci!
Claude Bourrinet
Le Diable n'existe pas, mais tout se passe comme s'il existait
Pour ceux qui font les difficiles, et que l'imagerie populaire de Satan gêne, parce qu'elle a été reprise par un christianisme qui, comme le judaïsme, doit sa mythologie à tout un legs païen, oriental, égyptien, iranien, manichéen, voire indien, il n'est pas interdit d'invoquer l'instinct de mort, l'amour du néant, la jouissance dans la souffrance infligée, et parfois subie (et on se demande parfois si la deuxième ne l'emporte pas sur la première). Certes, Satan est le maître du monde (ou Thanatos, si vous voulez, qui se le partage avec Éros, lesquels sont liés comme un couple maudit). L'Histoire est brodée de plus de massacres, de ruines, d'incendies, de cruauté, de férocité, que de bonheurs, de plaisirs, de beautés (à moins qu'on ne trouve ces jouissances dans les lueurs dorés des flammes, dans les concerts de hurlements, ou dans les gigantesques constructions humaines nourries de la sueur et de la peine des hommes).

On serait donc aventureux de prétendre que le Mal soit plus présent maintenant que jadis. Répétons-le : la marche de l'humanité s'est effectuée dans une sorte de cauchemar, où les paysages sont comme les images anticipées des Enfers. On a dit que la suprême ruse du Diable est de faire croire qu'il n'existe pas. Le matérialisme, l'athéisme, les théories psychanalytiques, sociologiques, anthropologiques etc. l'ont appelé d'autres noms, mais ses effets n'ont pas changé. Qu'importe au fond quelle réalité on lui donne, ce n'est qu'une question d'interprétation, à échelle humaine. Et, bien que constant, invariable dans son dessein de nuire, il s'adapte très bien aux vicissitudes du progrès.
C'est pourquoi on ne fera pas l'honneur à un temps quelconque de le penser plus touché par son trident que toute autre époque. Les réalités de ce monde étant relatives. Pourtant, ce qui passait pour une apocalypse jadis, par exemple l'extermination complète, par les Mongols, des habitants de Bagdad, et la mise en coupe méthodique de l’empire musulman par les beaux cavaliers féroces venus des steppes, qu'est-ce en regard des génocides contemporains, perpétrés de manière organisée, industrielle, donc rationnelle, avec la méticulosité de peuples raffinés par plusieurs siècles de savoir technique et scientifique ? Mais tout est une question de proportions, et le gâteau satanique est bien plus gros quand la terre porte sept milliards de misérables, que quand elle n'en élève, comme des poux, que quelques centaines de millions.
Bien heureusement, nous avons évolué avec un surcroît de puissance que les primitifs nous envieraient s'ils pouvaient contempler nos écrans, nos machines à laver, nos engins roulant et volant, et notre bombe atomique.

Vous me direz que ces inventions font beaucoup de bruit. Eh bien voilà, nous y sommes presque ! Car s'il est un symptôme imparable de Mal, c'est bien l'assèchement progressif et irrémédiable du silence, comme un source tarie par la construction voisine d'une immense retenue d'eau. On pourrait ajouter à ce cas clinique l'action frénétique. Notre époque bougiste, et de plus en plus agitée comme diable en boîte, a complètement oublié ce qu'était la quiétude de l'immobilité. Pascal disait juste, quand il avançait que tout le malheur de l'homme vient de ce qu'il est incapable de se tenir tranquille dans sa chambre. On peut risquer l’hypothèse que, de ce côté, les choses se sont gâtées, quand Aristote a valorisé l'action. Agir est déjà un engrenage sans limites, et qui, bien souvent, tourne à vide, ou aboutit à des catastrophes. Mais, surtout, ce tintamarre volontariste, et ce remue-ménage de bonnes volontés, voilent d'opacité brouillardeuse l'urgente nécessité de penser à soi, à l'âme (ce gros mot), au salut. On s'enivre d'action en croyant « faire quelque chose ». Il ne s'agit pas, bien entendu, de ne rien faire, ce qui est impossible, si l'on veut subsister. Mais l'action, et ses réussites, ont reculé les limites de l'oubli, et l’on se noie maintenant dans un grand vide d'agitation, comme des cosmonautes perdus dans les immensités intersidérales.


Revenons-en au bruit, qui, d'ailleurs, comme la lumière artificielle, a envahi toute notre existence. Et même si toutes choses étant égales dans la nature humaine (l'homme est lourd) par-delà les temps, néanmoins une différence, d'ordre quantitatif, rend notre époque singulière : jamais pouvoir de nuisance, de destruction, n'a été mis dans les mains d'irresponsables, de fous furieux, et de possédés. Et le plus inquiétant en l'affaire est que nous nous y habituons. « L'homme est un animal qui s'habitue à tout », dit Dostoïevski dans Souvenir de la maison des morts, titre génialement inspiré, récit de sa déportation dans un bagne de Sibérie qui, à distance, paraît bien peu féroce en regard d'autres sortes d'enfermements futurs, dans cette même Sibérie, ou dans les mornes plaines de Pologne ou d'Allemagne. C'est comme si, pour ainsi dire, on voulait mettre sur le même plan l'abattage de bovins par des bouchers parisiens du XIXe siècle, et les abattoirs modernes, gigantesques et efficaces, qui égorgent et étripent actuellement des millions de bêtes en un temps record.
Mais le bruit ? Il est omniprésent, omnipuissant, omnipotent, comme Dieu. On le trouve chez soi, dans les bagnoles, dans des boîtes de nuit, dans la rue, dans les magasins, dans les chiottes... Quel malaise existentiel insupportable, lorsqu'il cesse ! Tout à coup, on se trouve seul avec soi-même, avec sa misère, sa médiocrité. « Enivrez-vous ! », clame Baudelaire, ironiquement. Il avait en tête, il faut bien le dire, la poésie, la musique (peut-être celle de Wagner, qui suscite des effets semblables à ceux du haschisch ou de l'opium), d'art, de beauté, de souffrance (laquelle occupe beaucoup, finalement)... Pour oublier que l'on va mourir. Baudelaire le pascalien, le janséniste...
Car ce qui compte par-dessus tout, et c'est là que le Diable intervient, c'est d'oublier. Il n'est rien de plus irritant, pour le Malin, qu'on retourne à soi, et qu'on s'aperçoive que l'on n'est rien. Il veut absolument qu'on ait le sentiment d'être tout. Que notre moi non seulement se satisfasse d'être empli de bruit et de fureur, comme une baudruche d'air, mais qu'on l'étende aux limites illimités de l'univers, si tant est que ce soit possible. Mais la mesure n'est plus de ce monde.

Tout semble comme si Satan prélevait régulièrement sa portion de vies fraîches, surtout parmi les jeunes gens. Ce sont eux qui s'écrasent en voiture, en fin de semaine, pris de boisson, de drogue et de vitesse. Beaucoup se suicident. Et on court aux concerts ou aux rave-parties vampirisantes, comme des papillons dans la flamme du foyer. Là aussi, il y a progrès : les danses des temps anciens étaient des rituels érotiques imitant l'ordre du cosmos. La ronde en était la fleur. Il faut lire à ce sujet l'un des passages les plus fascinants de Sylvie, de Nerval, intitulé Adrienne. Mais Gérard raconte aussi ses rencontres avec des rondes d'enfants, dans la rue, chantant des chansons de leurs grands-mères. La valse elle-même procède de l'ivresse tournoyante des toupies stellaires. Jusqu'à la polka, jusqu'au tango canaille, on est encore dans l’Éros ritualisé des racines du monde. Et vint le rock, la pop, les boîtes de nuit, qui ont été le roundup de notre culture musicale populaire et de nos traditions festives.

Il est difficile de faire entendre raison dans cet ordre des choses, car le Diable n'usant pas du vinaigre pour appâter, les violents plaisirs des sens les plus grossiers nous invitent à aimer ce qui nous perd. Le jerk (qui signifie « secousse », « saccade ») a été une « dance », ou plutôt une frénésie physiologique, qui a entériné l'isolement des corps et détruit l'harmonie des couples, qui étaient auparavant emportés dans une extase érotique. La violence de l'instinct sexuel s'est donné libre cours. Encore les concerts de plein air donnaient-ils encore quelque illusion d'ouverture au ciel. Mais le confinement dans les bien nommées « boîte de nuit » a précipité les corps et les cœurs dans une sorte de fusion assourdissante, où l'échange verbal (ce qui fait la spécificité de l'homme) et toutes les finesses de la séduction sont interdits [et j'ai été frappé, saisi, quand j'ai appris que le groupe de Metal qui animait le Bataclan, lors de l'irruption de l'horreur, était un groupe de rock sataniste]. Reste l'éructation, l'explosion de la conscience, son annihilation dans le brouhaha totalitaire, accompagnés parfois d'approches animales penchant vers le rut. Mais il y avait pis ! Les rave-parties ne visent ni plus ni moins qu'à l'abolition de toute conscience de soi et du monde, de cette conscience qui fait la dignité de l'homme.
Ainsi la Prairie
À l'oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D'encens et d'ivraies,
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.
14:09 Publié dans Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réflexions personnelles, satan, diable |
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mardi, 06 janvier 2026
Epiphanie, rois et galettes






19:04 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : épiphanie, galette des rois, traditions, rois mages |
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Et après le Venezuela?

Et après le Venezuela?
Andrea Marcigliano
Source: https://electomagazine.it/dopo-il-venezuela/
Ce qui s’est passé au Venezuela, ce qui s’est réellement passé – au-delà de tout le bavardage qu’on nous sert – reste encore enveloppé dans un épais brouillard.
Maduro est entre les mains des Américains. Et il sera jugé aux États-Unis pour trafic de drogue. Une accusation risible, étant donné que le Venezuela est absolument marginal dans la production de cocaïne. Et il faut tenir compte du fait que Trump a récemment gracié et libéré Noriega. Un homme formidable, qui avait transformé le Nicaragua en un centre de production et de distribution de cocaïne. En résumé, un État producteur et exportateur de drogue à l’échelle industrielle.
En outre, Trump n’a pas du tout eu honte de dire clairement que l’opération Maduro, son arrestation et sa déportation, avaient un seul objectif fondamental: le contrôle du pétrole, dont le Venezuela est probablement le plus grand producteur potentiel au monde.
La question de la drogue n’est qu’un prétexte dont le président américain n’a nul besoin. Le Venezuela fait partie de ce « jardin privé », cette arrière-cour, que Washington refuse d’abandonner.
L’opération, selon Trump, s’est déroulée essentiellement sans douleur. Parce que l’armée vénézuélienne a laissé faire, se retirant complètement du terrain et se bornant à regarder.
Sans douleur, au sens où cela ne s’est pas traduit par des pertes humaines, bien qu’au moins quatre-vingts Venezueliens aient été tués. Tous dans l'entourage de Maduro.
Il reste cependant de nombreux aspects obscurs, difficiles à déchiffrer.
Probablement, Trump envisage une transition avec une junte militaire, subordonnée à l’autorité américaine. Ce qui expliquerait la neutralité des militaires et leur attente pendant l’intervention américaine et la capture de Maduro.
Ce dernier ne vient pas des rangs de l’armée comme Chavez, mais des syndicats. Et il a toujours eu des relations difficiles avec les forces armées et leurs dirigeants.
En réalité, ce que s’est passé au Venezuela peut être considéré comme le baromètre d’une scène, et d’un scénario, bien plus vaste.
Et, par ailleurs, comme la seule nouveauté véritable dans un contexte international que l’on peut qualifier de stagnation.
Trump a marqué le territoire, semant inquiétude, voire terreur, dans toute l’Amérique latine.
Lula, le président brésilien, a condamné l’action américaine avec des mots très durs, en invoquant les droits et les conventions internationales. La Colombie et l’Équateur tremblent, se sentant sur la liste des prochaines cibles.
Washington n’est pas disposé à dévier de sa ligne en Amérique latine. Même le Mexique, pour l’instant silencieux, semble très préoccupé.
L’Argentine et le Chili se réjouissent, parfaitement alignés sur le Grand Frère américain.
La Russie a réagi de manière très, peut-être trop, mesurée, laissant entendre que Poutine compte exploiter un accord avec Trump pour prendre le contrôle de vastes zones de l’Ukraine, et annexer le Donbass et Odessa.
La Chine paraît extrêmement irritée. Le Venezuela de Maduro représentait un grand fournisseur potentiel de pétrole, dont l’économie chinoise a un besoin urgent.
Les déclarations de Pékin ont été très dures. Mais ce ne sont que des déclarations. Il faudra attendre pour voir quels accords commerciaux Trump pourra établir avec Pékin, accords sur lesquels il travaille probablement déjà.
Le Venezuela reste, en tout cas, la première véritable nouveauté dans un paysage, qui est, comme je viens de le dire, stagnant.
Un signal que quelque chose bouge au niveau des équilibres internationaux.
Nous en verrons probablement les développements dans les prochains mois.
18:18 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, politique internationale, venezuela, amérique ibérique, amérique latine, amérique du sud, caraïbes |
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Delcy Rodríguez est le cheval de Troie des États-Unis au Venezuela

Delcy Rodríguez est le cheval de Troie des États-Unis au Venezuela
Source: https://mpr21.info/delcy-rodriguez-es-el-caballo-de-troya...
Delcy Rodríguez est le cheval de Troie des États-Unis au Venezuela. Selon le Miami Herald, elle aurait négocié avec Trump une «alternative acceptable» au gouvernement de Maduro, en octobre dernier (1). Si cette information est exacte, ce serait une trahison en règle.
Par l’intermédiaire d’intermédiaires qataris, des hauts responsables vénézuéliens, téléguidés par le frère et la soeur Rodríguez, Delcy et Jorge, ont présenté aux États-Unis une proposition pour remplacer Maduro.
Le Qatar entretient des liens étroits avec le gouvernement vénézuélien et a été accusé par les États-Unis de dissimuler des fonds vénézuéliens. Les propositions ont été transmises via leur capitale, Doha, où Delcy Rodríguez maintient une relation importante avec des membres de la famille royale qatarie et cache une partie de ses biens.
Dans le cadre de cette proposition, Maduro devait démissionner, et le Qatar a offert de l’accueillir sur son sol. Un autre élément clé de la négociation était l’éviction de Machado. Le chavisme disposait de ressources en son propre sein.
En avril et septembre de l’année dernière, les États-Unis ont présenté deux offres aux Vénézuéliens par l’intermédiaire de l'envoyé spécial Richard Grenell. Les propositions suggéraient une «transition contrôlée», dans laquelle Delcy Rodríguez jouerait un rôle de la continuité, tandis que l’ancien directeur du renseignement, le général Miguel Rodríguez Torres, qui vit actuellement en exil en Espagne, dirigerait un gouvernement provisoire.
Les détails de cette réunion alimentent les soupçons d’un complot interne visant à renverser Maduro et à installer une figure subalterne du chavisme, capable de gérer la transition sans démanteler complètement l’État ni provoquer de soulèvements.
Il est également curieux, comme le titrait le Miami Herald, que les États-Unis misent sur le chavisme, en mettant de côté leur plus grand pari jusqu’à présent: l’opposition ridicule allant de López à Ledesma et à Guaidó, jusqu’à Machado.
Avec l’opération militaire, les États-Unis ont créé «l’un des rares scénarios capables de gouverner le Venezuela sans déclencher de violence à grande échelle, de collapse institutionnel ou de migration massive», écrit le Miami Herald.
Le reportage cite Francisco Santos Calderón, ancien vice-président colombien, qui est convaincu que Delcy a vendu Maduro aux États-Unis. Santos, qui a été vice-président de la Colombie voisine pendant huit ans, de 2002 à 2010, puis ambassadeur de Colombie aux États-Unis, a déclaré: «Ils ne l’ont pas renversé, ils l’ont livré».
«Je suis absolument certain que Delcy Rodríguez l’a livré. Nous avons commencé à rassembler toutes les informations que nous avions et nous nous sommes dit: Ah ! C’était une opération au cours de laquelle il a été livré» (2).
Le message publié par Delcy Rodríguez semble confirmer ce qui précède: elle a échappé à l’enlèvement parce que sa tâche est de «pacifier» la colère du peuple vénézuélien. L’enlèvement n’entraînera pas une déclaration de guerre et il n’y aura pas de rupture diplomatique.
«Le Venezuela réaffirme son engagement envers la paix et la coexistence pacifique. Notre pays aspire à vivre sans menaces extérieures, dans un environnement de respect et de coopération internationale. Nous croyons que la paix mondiale réside, avant tout, dans la garantie de la paix intérieure de chaque nation».
«Nous privilégions l’établissement de relations internationales équilibrées et respectueuses entre les États-Unis et le Venezuela, ainsi qu’entre le Venezuela et d’autres pays de la région, basées sur l’égalité souveraine et la non-ingérence. Ces principes guident notre diplomatie envers le reste du monde. Nous invitons le gouvernement des États-Unis à collaborer avec nous dans un programme de coopération axé sur le développement partagé, dans le cadre du droit international, pour renforcer la coexistence communautaire durable».
«Notre peuple et notre région méritent la paix et le dialogue, pas la guerre. Tel a toujours été le message du président Nicolás Maduro et c’est celui de tout le Venezuela aujourd’hui. C’est le Venezuela en lequel je crois et auquel j’ai consacré ma vie. Je rêve d’un Venezuela où tous les Vénézuéliens de bonne volonté peuvent se rassembler».
Nous verrons bientôt si c’est vrai que Delcy Rodríguez est le cheval de Troie: dès qu’elle destituera Diosdado Cabello en tant que ministre de l’Intérieur, et dès que les États-Unis lèveront les sanctions économiques.
Notes:
(1) https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/ameri...
(2) https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/01/04/secret-...
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Entre désordre plaisant et tradition chiante...

Entre désordre plaisant et tradition chiante...
Pierre Robin
Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121
Il nous faut bien revenir à Bardot. Sur un point sociologique, politique, moral même. Cela s'est imposé à moi en revoyant un extrait du film fondateur de sa carrière et de son mythe, Et Dieu... créa la femme de son mari Vadim en 1956, où elle incarne à elle toute seule les nouvelles aspirations juvéniles et féminines. " Libertaires ", individualistes, hédonistes. Loin, très loin de l'éducation classique-catho-bourgeoise qu'elle avait reçue en tant que Brigitte de Passy.
Et Dieu abandonna les catholiques...
Dans l'extrait en question Juliette/Brigitte, jeune femme de 20 ans à peine, autocentrée et calmement amorale ou post-morale (au sens de morale normative classique), "girly" avant la lettre quoi, tient à Saint-Tropez une boutique de journaux et papeterie familiale pour se faire quelques sous. Elle reçoit la visite de ce qu'on appelait naguère une "dame d'oeuvres" catholique, carrément déléguée de l'évêque local. Qui sous le prétexte d'acheter un journal (bien pensant) lui fait un sermon sur ses mauvaises moeurs et son mauvais esprit, et lui propose en prime un examen médical. S'attirant une réplique assez drôle de Juliette (sans doute due au dialoguiste, soit Vadim lui-même).
C'est très clairement un choc de générations, de mentalités voire de civilisation, en ces années 50 où commence la grande mutation: Juliette est sexy, la coiffure et la vêture provocantes; la dame de l'évêché est plutôt disgraciée physiquement, a une voix désagréable et une élégance étriquée. Vadim a clairement réparti les rôles, avec de nouveaux bons et de nouveaux méchants sociologiques.

On sait quelles ont été les conséquences globales de cette révolution sexuelle et culturelle: de bons moments et de belles images, payées aujourd'hui d'un assez complet effondrement, d'un individualisme forcené et d'un relativisme désintégrateur. Jusqu'à arriver au woke.

Causes vite perdues...
Et je repense à l'ado de droite que j'étais et à d'autres chocs des cultures. Ainsi, en janvier 1970 la manifestation de l'Armée du Salut devant le théâtre de la Porte-Saint-Matin à Paris où se jouait avec succès l'adaptation française de la comédie musicale américaine Hair, illustration sonore de la nouvelle culture hippie, sexuellement libérée, anti-autoritaire, anti-traditionnelle. Je voyais bien que les Salutistes, avec des gueules échappées à un casting de Jean-Pierre Mocky, leurs uniformes tristes et sans prestige, et leurs slogans gnangnans perdraient la guerre contre la troupe et le public de Hair, et le charme de Julien Clerc. Je me souviens encore d'une photo dans la presse ou deux dames salutistes coiffées de leur pittoresque petit chapeau de secte américaine protestante jetaient des regards éperdues, entourées qu'elles étaient de lecteurs rigolards de Charlie Hebdo ou de Hara Kiri, en train de baisser leurs pantalons devant elles. Ajoutons que j'aimais assez la chanson de référence de Hair, ce Laissons entrer le soleil dont la virilité et la mélodie faisaient oublier la niaiserie hippie.

Re-belote en 1974, plus précisément à l'élection présidentielle de 1974, où la candidature du maire divers droite de Tours Jean Royer, sorte d'anticipation d'Eric Zemmour (le talent journalistique en moins) à physique de grand inquisiteur, finit dans la confusion et le ridicule: opposé à l'avortement, Royer avait - courage ou inconscience communicante - préconisé dans un discours le coitus interruptus, en appelant les hommes au self-control en quelque sorte. Du coup ses meetings devinrent le rendez-vous de toutes les espèces de gauchismes post-68, avec lâchers de préservatifs et slogans ricanants, la grande presse, déjà acquise au grand changement, faisant son miel de cette déconfiture politique traditionaliste.
Bref j'étais, bien que réac (pour faire trop simple), empêché de défendre les salutistes ou Jean Royer du fait de leur désespérante ringardise, tout simplement inadaptée aux nouveaux temps. Nouveaux temps dont j'étais, aimant les jupes courtes et bientôt le rock de ces années 70 (exactement comme un Zemmour ayant exprimé sa nostalgie de ses années de lycée, mises en ondes musicales par les Rolling Stones).
On sait que BB, celle par qui le scandale arriva et se consolida, a rapidement dénoncé cette nouvelle société sans repères ni frontières, dans laquelle malgré tout elle ne se reconnaissait pas. Quel enseignement tirer de tout ce désordre, de toutes ces contradictions ? Eh bien, "vu de droite", il faudrait tenter de concilier une certaine rigueur idéologique "anti-moderne" (ou anti-contemporaine plutôt) avec un certain "fun" culturel. Etre ferme et pop à la fois: Salvador Dali est à peu près arrivé à ça par exemple. En politique c'est sans doute plus malaisé. Je me suis toujours efforcé quant à moi de me tenir sur cette "ligne de crête". Peut-être aurait-il fallu imaginer, je sais pas moi, des salutistes plus sexy, des Stéphane Audran droitistes et des David Bowie bonapartistes...
12:39 Publié dans Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réflexions personnelles, brigitte bardot, années 50, années 60 |
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lundi, 05 janvier 2026
Indignation sélective: tempête pour un refus de visa, silence gêné face à l’usage de la force

Indignation sélective: tempête pour un refus de visa, silence gêné face à l’usage de la force
Gastel Etzwane
Source: https://www.facebook.com/Son.Altesse.Emmanuel
Il arrive que la hiérarchie des réactions politiques dise plus que les discours eux-mêmes. À observer les prises de position françaises récentes, une constante apparaît : l’indignation ne semble pas proportionnelle à la gravité des faits, mais à la nature des intérêts touchés.
D’un côté, un responsable européen se voit refuser l’entrée sur le territoire des États-Unis.
De l’autre, ces mêmes États-Unis conduisent une intervention militaire unilatérale au Venezuela, impliquant l’usage de la force armée sur le territoire d’un État souverain.
Dans le premier cas, la réaction française est immédiate, ferme, indignée. Dans le second, elle est étonnamment mesurée, voire accommodante.

Fin décembre 2025, Washington décide d’imposer des restrictions de visa à Thierry Breton (photo), ancien commissaire européen, en lien avec son action en faveur de la régulation des grandes plateformes numériques.
L’affaire est traitée comme un affront politique majeur.
Le président Emmanuel Macron dénonce une mesure relevant de « l’intimidation et de la coercition » à l’encontre de la souveraineté européenne. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, condamne « avec la plus grande fermeté » une décision jugée inacceptable entre alliés. À droite comme à gauche, les qualificatifs pleuvent: «scandale», «atteinte au droit», «geste inamical».
Le vocabulaire est fort, l’émotion assumée, la mobilisation quasi unanime. Le symbole est jugé grave, presque existentiel.

Quelques jours plus tard, début janvier 2026, les États-Unis mènent une opération militaire au Venezuela, sans mandat multilatéral, visant le régime de Nicolás Maduro.
Plusieurs États, hors du bloc occidental, dénoncent une violation du principe de non-recours à la force et de la souveraineté d’un État, fondements pourtant proclamés du droit international contemporain.
La réaction française tranche nettement avec l’épisode précédent. Emmanuel Macron déclare alors:
«Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir»,
appelant à une « transition démocratique ».
La phrase est lourde de sens.
Elle valide le résultat politique, sans jamais interroger la méthode. Aucun mot sur la légalité de l’intervention, aucune référence explicite au droit international, aucune mise en garde sur le précédent qu’un tel usage unilatéral de la force peut créer. La fin justifie les moyens, pourvu que la fin soit jugée conforme aux attentes politiques occidentales.
Le contraste est difficilement contestable.
Un refus de visa, acte administratif sans conséquence humaine directe, provoque une tempête politique et morale.
Une intervention armée, aux effets potentiellement durables et déstabilisateurs, est accueillie par une forme d’approbation implicite, ou à tout le moins par un silence soigneusement calibré.
Ce décalage n’est pas anecdotique.
Vu de l’extérieur, il confirme un reproche ancien et désormais largement partagé: le droit international est invoqué avec emphase lorsqu’il protège les intérêts occidentaux, mais relativisé dès qu’il devient contraignant pour leurs alliés les plus puissants.
Le problème n’est pas l’existence des principes, mais leur application à géométrie variable.
À force de s’enflammer pour l’accessoire et de se montrer conciliant sur l’essentiel, les responsables occidentaux affaiblissent leur propre discours.
Dans un monde multipolaire, cette incohérence n’est plus seulement perçue: elle est analysée, comparée, et de moins en moins acceptée.
Et c’est peut-être là le paradoxe ultime: ce ne sont pas les adversaires de l’ordre international qui le fragilisent le plus, mais ceux qui prétendent en être les gardiens, tout en en modulant l’usage selon les circonstances.
20:21 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique internationale, europe, affaires européennes, thierry breton, venezuela, amérique latine, amérique ibérique, amérique du sud, caraïbes |
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Intervention militaire au Venezuela, symptôme de l'effondrement de l'Occident

Intervention militaire au Venezuela, symptôme de l'effondrement de l'Occident
Nicolas Maxime
Source: https://www.facebook.com/nico.naf.735
« America First ». Donald Trump a bâti son discours sur la promesse de rompre avec les « guerres sans fin » et l’ingérence extérieure, allant même jusqu'à revendiquer le prix Nobel de la paix. Pourtant, Donald Trump a annoncé aujourd’hui avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse afin de les extrader vers les États-Unis, où ils seront inculpés et jugés pour trafic de drogue et terrorisme.
Alors qu’il fustigeait les interventions de ses prédécesseurs au Moyen-Orient, le président américain n’a eu aucun scrupule à traiter un État souverain comme un simple pion dans sa stratégie de domination régionale. En orchestrant une opération militaire sur le sol vénézuélien, Trump n’a pas agi en isolationniste, mais en héritier direct de la doctrine Monroe.
Trump assure que les États-Unis contrôleront le pays jusqu’à une « transition démocratique » et que les compagnies pétrolières américaines pourront y opérer librement. On a donc compris quel était l’intérêt sous-jacent de cette attaque contre le Venezuela, dans la droite ligne de l’invasion de l’Irak en 2003 : prendre le contrôle des ressources énergétiques d’un pays qui possède les plus grandes réserves de pétrole au monde.
Déjà, Trump menace la Colombie des mêmes représailles. Les conséquences seront néfastes en termes d’insécurité pour l’ensemble de l’Amérique du Sud, avec le risque majeur d’une déstabilisation régionale durable, voire de conflits internes et de guerres civiles.
Trump, derrière son anti-interventionnisme affiché, poursuit en réalité la même fuite en avant néoconservatrice que ses prédécesseurs, sans se soucier des effets dévastateurs sur les peuples concernés. Comme l’a analysé Emmanuel Todd, ce qui se manifeste ici, c’est le nihilisme de notre société en phase terminale, incapable de reconnaître ses propres limites et de proposer un projet politique et moral autre que l’expansion militaire pour imposer ses vues économiques.
L’intervention militaire américaine au Venezuela est un symptôme supplémentaire de l'effondrement de l'Occident, révélant l’incapacité d’un système en décomposition à se réinventer autrement que par la force.
20:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, états-unis, occident, venezuela, amérique ibérique, amérique du sud, amérique latine, caraïbes |
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Jongler et faire semblant de gagner - La nouvelle phase de la puissance américaine

Jongler et faire semblant de gagner
La nouvelle phase de la puissance américaine
Adnan Demir
Source: https://www.facebook.com/profile.php?id=61554418813540
Après la période de la Guerre froide, le système mondial s’est largement construit autour d’une architecture de puissance centrée sur les États-Unis. Cette architecture ne reposait pas seulement sur la supériorité militaire; elle dépendait également de la production de consentement à travers la justification du droit, du droit international, des finances mondiales, des institutions multilatérales et du discours sur un «ordre fondé sur des règles». La puissance hégémonique des États-Unis puisait non seulement dans leur capacité à utiliser la force, mais aussi dans un cadre normatif qui permettait de rendre cette utilisation invisible la plupart du temps et de la légitimer. Cependant, ces dernières années, les pratiques de la politique étrangère américaine montrent que ce cadre s’effrite rapidement et que la puissance entre dans une nouvelle phase.
Aujourd’hui, de nombreuses actions présentées comme des « succès » militaires ou politiques indiquent, lorsqu’on les examine de près, plutôt une légitimité en déclin qu’une expansion de la domination. L’hégémonie est un phénomène qui, dans l’histoire, ne se consolide qu’en gagnant le consentement ; quand elle n’est imposée que par la force, elle n’est pas durable. Si une puissance choisit de suspendre le droit, de désactiver des institutions et de normaliser l’usage brut de la force pour atteindre ses objectifs, cela indique plutôt un état d'usure que le sommet de la puissance. Dans ce contexte, les actions actuelles des États-Unis doivent être comprises comme des manifestations d’une défense de l’hégémonie plutôt que d’une expansion hégémonique.
Militairement, il n’est pas surprenant que les États-Unis puissent obtenir des résultats face à des acteurs non équivalents. Mais lorsque ces résultats militaires sont confondus avec le pouvoir politique, une erreur d'analyse apparaît. Le pouvoir politique ne consiste pas seulement à obtenir des résultats, mais aussi à construire un système qui garantisse la pérennité de ces résultats. Les gains actuels des États-Unis visent davantage à retarder l’effondrement du système existant qu’à établir un nouvel ordre. Par conséquent, le concept de «succès» a changé de contenu: gagner ne signifie plus étendre son influence, mais tenter de compenser la perte d’autorité.
La désaffection croissante du droit international est l’un des signes les plus évidents de ce processus. Bien que le droit ait souvent servi les intérêts des puissants, il est aussi le principal outil permettant à ceux-ci de maintenir leur pouvoir à moindre coût. Dans un environnement où le droit est suspendu et où les règles sont fixées arbitrairement, la puissance doit exercer davantage de coercition. Si cela ouvre parfois des marges de manœuvre à court terme, à long terme, cela engendre un système plus incertain, plus coûteux et plus instable pour tous. Les efforts américains pour affaiblir le droit ne font pas seulement peser un doute sur les normes mondiales, mais aussi sur leur propre position hégémonique.

Ce tableau implique que la puissance devient plus coûteuse. La caractéristique commune des puissances en déclin est qu’elles doivent dépenser de plus en plus de ressources pour atteindre le même résultat. Plus de personnel militaire, des budgets de sécurité plus importants, une propagande accrue et des mécanismes de contrôle interne renforcés sont les conséquences naturelles de ce processus. Aujourd’hui, les États-Unis donnent l’impression d’un acteur qui doit exercer plus de coercition pour maintenir sa position actuelle, plutôt que d’étendre son pouvoir. Cela montre que l’agression a un caractère plutôt défensif qu'expansif.
La constatation la plus claire à ce sujet est: l’Amérique n’est plus un acteur qui se renforce en gagnant, mais un acteur qui agit comme un vainqueur pour compenser ses pertes. Les actions présentées comme des succès ne reflètent pas une ascension historique, mais plutôt les symptômes d’une désintégration. Quand le pouvoir doit constamment faire ses preuves, il est déjà remis en question. Les pratiques d’aujourd’hui des États-Unis accélèrent la dégradation de l’ancien système plutôt que de construire un nouvel ordre mondial.
La question n’est donc pas de savoir si l’Amérique gagne ou non une action donnée, mais ce que cela signifie d’être obligé de lancer ces actions. La contrainte n’est pas l’expression de la puissance, mais la déclaration de ses limites. Et cette déclaration est aujourd’hui si évidente qu’elle ne peut plus être cachée.
19:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : actualité, hégémonisme, états-unis |
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La fin du droit international et le retour de la guerre mondiale

La fin du droit international et le retour de la guerre mondiale
Pourquoi le chaos mondial actuel ne peut plus être contenu
Alexandre Douguine
Alexandre Douguine explique, dans le présent essai, comment le droit international s’est effondré et pourquoi la lutte entre la domination unipolaire et un ordre mondial multipolaire évolue déjà vers une Troisième Guerre mondiale.
Je suis certain qu’à présent — en constatant ce qui se déroule en politique mondiale — tout le monde a enfin compris que le droit international n’existe plus. Il n’est plus là.
Le droit international est un traité entre grandes puissances capables de défendre leur souveraineté en pratique. Ce sont elles qui déterminent les règles pour elles-mêmes et pour les autres : ce qui est permis et ce qui est interdit. Et elles les respectent. Un tel droit fonctionne par phases (cycles) — tant que l’équilibre entre les grandes puissances est maintenu.
Le système westphalien, qui reconnaît la souveraineté des États-nations, s’est formé en raison d’une impasse dans l’équilibre des puissances entre catholiques et protestants (unis par la France anti-imperialiste). Si les catholiques avaient gagné, le Siège romain et l’Empire austro-hongrois auraient établi une architecture européenne complètement différente. Plus précisément, ils auraient conservé celle du Moyen Âge.
D’une certaine manière, ce furent les protestants du Nord de l’Europe qui ont bénéficié de la Paix de Westphalie en 1648, puisqu’ils avaient initialement orienté leur lutte pour promouvoir des monarchies nationales contre le Pape et l’Empereur. Sans parvenir à une victoire totale, ils ont néanmoins atteint leur objectif.

Formellement, le système westphalien a survécu jusqu’à aujourd’hui, car nous construisons le droit international sur le principe des États-nations — ce sur quoi les protestants avaient insisté lors de la Guerre de Trente Ans. Mais en réalité, au XVIIe siècle, cela ne concernait que les États européens et leurs colonies, et plus tard, tous les États-nations n'ont pas possédé une souveraineté véritable. Toutes les nations sont égales, mais les nations européennes (les Grandes Puissances) sont « plus égales » que les autres.
Il y avait une certaine hypocrisie dans la reconnaissance de la souveraineté nationale pour les pays faibles, mais cela était pleinement compensé par la théorie du Réalisme. Elle ne s’est réellement cristallisée qu’au XXe siècle, mais elle reflétait une vision des relations internationales qui s’était formée bien plus tôt. Ici, l’inégalité des pays est équilibrée par la possibilité de former des coalitions et par l’ordre « échec et mat » que génèrent les alliances — des États faibles concluent des accords avec des États plus forts pour résister à une éventuelle agressivité des autres grandes puissances. C’est ce qui s’est produit, et continue de se produire, en pratique.

La Société des Nations a tenté de donner au droit international basé sur le système westphalien un caractère plus ferme, cherchant à limiter partiellement la souveraineté et à établir des principes universels — fondés sur le libéralisme occidental, le pacifisme et la première version du mondialisme — que tous les pays, grands ou petits, étaient censés suivre. En essence, la Société des Nations était conçue comme une première approximation d’un Gouvernement Mondial. C’est alors que l’école du Libéralisme en Relations Internationales a finalement pris forme, entamant son long différend avec les Réalistes. Les libéraux pensaient que le droit international finirait par supplanter le principe de pleine souveraineté des États-nations et conduire à la création d’un système international unique. Les Réalistes en Relations Internationales ont continué à défendre leur position, en insistant sur le principe de souveraineté absolue — héritage direct de la Paix de Westphalie.
Cependant, dans les années 1930, il est devenu clair que ni le libéralisme de la Société des Nations ni même le système westphalien lui-même ne correspondaient à l’équilibre des puissances en Europe et dans le monde. La montée du nazisme en Allemagne en 1933, l’invasion italienne/fasciste de l’Éthiopie en 1937, et la guerre de l’URSS avec la Finlande en 1939 ont effectivement détruit ce système, même formellement. Bien qu’il ait été officiellement dissous seulement en 1946, la première tentative d’établir un droit international comme système global contraignant s’était déjà effondrée dans les années 1930.
En résumé, les années 1930 ont vu émerger trois pôles de souveraineté — cette fois sur des bases purement idéologiques. Désormais, ce qui comptait n’était plus la souveraineté formelle, mais le potentiel réel de chaque bloc idéologique. La Seconde Guerre mondiale fut précisément un test de la viabilité de ces trois camps.
Un premier camp regroupait les pays bourgeois-capitalistes — principalement l’Angleterre, la France et les États-Unis. C’était le camp libéral, qui, cependant, a été involontairement dépouillé de sa dimension internationaliste. Les libéraux ont été contraints de défendre leur idéologie face à deux adversaires puissants : le fascisme et le communisme. Mais dans l’ensemble — si l’on exclut le « maillon faible », la France, qui a capitulé rapidement après le début de la seconde guerre mondiale — le bloc bourgeois-capitaliste a montré un niveau de souveraineté suffisant: l’Angleterre n’est pas tombée sous les attaques de l’Allemagne hitlérienne, et les États-Unis ont combattu (relativement) efficacement contre le Japon dans le Pacifique.
Le second camp était le fascisme européen, qui s’est renforcé particulièrement lors de la conquête de l’Europe occidentale par Hitler. Presque tous les pays européens se sont rassemblés sous la bannière du National-Socialisme. Dans une telle situation, il ne pouvait plus être question de souveraineté — même dans le cas de régimes amis de Hitler (comme l’Italie fasciste ou l’Espagne franquiste). Au maximum, certains pays (le Portugal de Salazar, la Suisse, etc.) ont pu obtenir une neutralité conditionnelle. Seul l’Allemagne était souveraine — ou plus précisément, le nazisme en tant qu’idéologie.
Le troisième camp représentait l’URSS, et bien qu’il ne s’agisse que d’un seul État, il était basé spécifiquement sur une idéologie: le marxisme-léninisme. Là encore, il ne s’agissait pas tant d’une nation que d’une entité idéologique.
Dans les années 1930, le droit international — dont la dernière version était issue des accords de Versailles et des normes de la Société des Nations — s’est effondré. Dés lors, l’idéologie et la force ont tout décidé. De plus, chacune des idéologies avait sa propre vision du futur ordre mondial, ce qui signifiait qu’elles opéraient avec leurs propres versions du droit international.
L’URSS croyait à la Révolution mondiale et à l’abolition des États (en tant que phénomènes bourgeois), ce qui représentait une version marxiste de la mondialisation et de l’internationalisme prolétarien. Hitler proclamait un « Reich millénaire » avec la domination planétaire de l’Allemagne elle-même et de la «race aryenne». Aucun principe de souveraineté n’était envisagé pour personne, sauf pour le national-socialisme mondial. Et seul l'Occident libéral bourgeois — essentiellement anglo-saxon — maintenait une continuité avec le système westphalien, en calculant une transition future vers le libéralisme international et, encore une fois, vers un Gouvernement Mondial. En réalité, la Société des Nations, qui persistait formellement bien qu’elle soit non opérationnelle, était à cette époque un vestige du vieux mondialisme et un prototype de celui à venir.
Dans tous les cas, le droit international était «suspendu» — aboli pour l'essentiel. Une ère transitoire a commencé, où tout était décidé uniquement par le nexus idéologique et la force, qui restait à prouver sur le champ de bataille. Ainsi, nous approchions de la Seconde Guerre mondiale comme l’apogée de cette confrontation entre idéologies mues par la seule force. Le droit international n’était plus là.

Le résultat concret de cette confrontation de puissances et d’idéologies entre libéralisme, fascisme et communisme a conduit à l’abolition d’un des pôles — le national-socialisme européen. L’Occident bourgeois et l’Est socialiste anti-bourgeois ont créé la coalition anti-Hitler et, conjointement (avec l'effort majeur revenant à l’URSS), détruit le fascisme en Europe.
En 1945, l’Organisation des Nations Unies a été créée comme fondement d’un nouveau système de droit international. Dans une certaine mesure, cela représentait une renaissance de la Société des Nations, mais avec une impulsion différente, marquée par l’influence de l’URSS, qui a instauré un contrôle idéologique et politique total sur l’Europe de l’Est (et la Prusse occidentale — la République démocratique allemande), a introduit un marquage idéologique prononcé dans le système des souverainetés nationales. Le véritable porteur de la souveraineté était le camp socialiste, dont les États étaient unis par le Pacte de Varsovie et, économiquement, par le COMECON. Personne dans ce camp n’était souverain sauf Moscou, et par voie de conséquence, le PCUS [Parti communiste de l’Union soviétique].


Du côté occidental bourgeois-capitaliste, des processus essentiellement symétriques se sont produits. Les États-Unis sont devenus le noyau de l’Occident libéral souverain. Dans le monde anglo-saxon, le centre et la périphérie ont échangé leur place — la direction est passée de la Grande-Bretagne à Washington. Les pays d’Europe occidentale et, plus largement, le camp capitaliste, se sont retrouvés dans la position de vassaux de l’Amérique. Cela a été consolidé par la création de l’OTAN et la transformation du dollar en monnaie de réserve mondiale.
Ainsi, l’ONU a également ancré un système de droit international — formellement basé sur la reconnaissance de la souveraineté, mais en réalité sur l’équilibre des forces entre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Seuls Washington et Moscou étaient véritablement souverains. En conséquence, le modèle d’après-guerre a maintenu une connexion à l’idéologie, ayant aboli le national-socialisme mais ayant renforcé considérablement le camp socialiste.
C’est le monde bipolaire, qui a projeté son influence sur toutes les autres régions de la planète. Tout État — y compris les colonies récemment libérées du Sud global — était confronté à un choix : adopter l’un ou l’autre des modèles idéologiques. S’ils choisissaient le capitalisme, ils transféraient leur souveraineté à Washington et à l’OTAN. S’ils optaient pour le socialisme, alors ils transféraient leur souveraineté à Moscou. Le Mouvement des Non-Alignés a tenté d’établir un troisième pôle, mais il lui manquait à la fois des ressources idéologiques et de la puissance pour y parvenir.
L’ère d’après-guerre a instauré un système de droit international fondé sur la corrélation réelle des forces entre deux camps idéologiques. Formellement, la souveraineté nationale a été reconnue ; en pratique, elle ne l’était pas. Le principe westphalien a été maintenu nominalement. En réalité, tout se décidait par l’équilibre de puissance entre l’URSS et les États-Unis et leurs satellites.
En 1989, lors de l’effondrement de l’URSS — provoqué par les réformes destructrices de Gorbatchev — le bloc de l’Est a commencé à s’effondrer, et en 1991, l’URSS s’est disloquée. Les anciens pays socialistes ont adopté l’idéologie de leur adversaire de la Guerre froide. Le monde unipolaire a commencé.

Cela signifiait que le droit international a changé qualitativement. Il n’y a plus qu’une seule autorité souveraine, devenue mondiale — les États-Unis ou l’Occident collectif. Une seule idéologie, une seule force. Capitalisme, libéralisme, OTAN. Le principe de souveraineté des États-nations et l’ONU elle-même sont devenus des reliques du passé, tout comme la Société des Nations l’avait été.
Désormais, le droit international est instauré par un seul pôle — les vainqueurs de la Guerre froide. Les vaincus (l’ancien camp socialiste et, principalement, l’URSS) ont accepté l’idéologie des vainqueurs, reconnaissant essentiellement une dépendance vassale vis-à-vis de l’Occident collectif.
Dans cette situation, l’Occident libéral a vu une opportunité historique de fusionner l’ordre libéral international avec le principe de hégémonie du pouvoir. Cela a nécessité d’adapter le droit international à la situation réelle. Ainsi, à partir des années 1990, une nouvelle vague de mondialisation a commencé. Elle signifiait la subordination directe des États-nations à un corps supranational (encore une fois, un Gouvernement Mondial) et l’établissement d’un contrôle direct sur eux par Washington, qui était devenu la capitale du monde. L’Union européenne a été créée dans cette optique comme un modèle d’un tel système supranational pour toute l’humanité. Les migrants ont commencé à être introduits en masse précisément dans ce but — montrer à quoi devrait ressembler la humanité internationale universelle de demain.
Dans cette situation, l’ONU a perdu tout son sens :
Premièrement, elle a été construite sur le principe de souveraineté nationale (qui ne correspondait plus à rien du tout).
Deuxièmement, les positions spéciales de l’URSS et de la Chine et leur place au Conseil de sécurité de l’ONU représentaient un vestige de l’ère bipolaire.

C’est pourquoi à Washington, on a commencé à parler de la création d’un nouveau système de relations internationales — ouvertement unipolaire. On l’a appelé la « Ligue des Démocraties » ou le « Forum de la Démocratie ».
Parallèlement, aux États-Unis mêmes, le mondialisme s’est divisé en deux courants :
1) Le libéralisme idéologique, le pur internationalisme (Soros avec sa « société ouverte », USAID, wokisme, etc.) ;
2) La volonté d'instaurer une hégémonie américaine directe reposant sur l’OTAN, défendue par les néoconservateurs.
Essentiellement, ces deux courants ont convergé, mais les premiers insistaient sur le fait que la priorité principale était la mondialisation et l’approfondissement de la démocratie libérale dans chaque pays de la planète, tandis que les seconds insistaient pour que les États-Unis contrôlent directement tout le territoire de la Terre, tant sur le plan militaire/politique qu’économique.
Cependant, la transition d’un modèle bipolaire de droit international à un modèle unipolaire ne s’est jamais pleinement réalisée, même malgré la disparition de l’un des pôles idéologiques disposant de suffisamment de puissance. Cela a été empêché par la montée simultanée de la Chine et de la Russie sous Poutine, lorsque les contours d’une architecture mondiale totalement différente — la multipolarité — ont commencé à se manifester clairement. De l’autre côté, chez les mondialistes (à la fois au sein de la gauche, avec les libéraux-internationalistes purs, et au sein de la droite, chez les néoconservateurs), une nouvelle force est apparue. Bien qu’elle ne soit pas encore clairement définie idéologiquement, elle rejette néanmoins le modèle idéologique de l'Occident libéral-mondialiste. Cette force initialement vague a commencé à défendre l’ONU et à contrecarrer la formalisation finale de l’unipolarité — c’est-à-dire la transformation du statu quo de pouvoir et d’idéologie (la domination réelle de l'Occident collectif) en un système juridique correspondant.
Ainsi, nous nous retrouvons dans une situation qui ressemble au chaos. Il s’avère que cinq systèmes en matière de relations internationales fonctionnent actuellement dans le monde simultanément, aussi incompatibles que des logiciels de différents fabricants:
- Par inertie, l’ONU et les normes du droit international reconnaissent la souveraineté des États-nations, qui en réalité a perdu toute sa force il y a presque un siècle, et n’est plus qu’une « douleur fantôme ». Néanmoins, la souveraineté est encore reconnue et devient parfois un argument en politique internationale.
- Toujours par inertie, certaines institutions conservent des traces de l’ancien monde bipolaire. Cela ne correspond à rien du tout, mais cela se fait sentir de temps en temps — par exemple, dans la question de la parité nucléaire entre la Russie et les États-Unis.

- L'Occident collectif insiste toujours sur la mondialisation et la marche vers un Gouvernement Mondial. Cela signifie que tous les États sont invités à céder leur souveraineté en faveur d’instances supranationales — telles que la Cour internationale des droits de l’homme ou le Tribunal de La Haye. L’UE insiste pour être un modèle pour le monde entier en matière d’effacement de toutes les identités collectives et de renoncement à la souveraineté nationale.
- Les États-Unis — surtout sous Trump — sous l’influence des néoconservateurs, se comportent comme l’unique hegemon, considérant que le « droit » n’est que ce qui sert les intérêts de l’Amérique. Cette approche messianique s’oppose en partie au mondialisme, ignore l’Europe et l’internationalisme, mais insiste tout aussi fermement sur la dé-souverainisation de tous les États — par la force.
- Et enfin, les contours d’un monde multipolaire émergent de plus en plus clairement, où le porteur de souveraineté est l’État-civilisation — comme la Chine moderne, la Russie ou l’Inde. Cela nécessite un autre système de droit international. Le prototype d’un tel modèle pourrait être les BRICS ou d’autres plateformes d’intégration régionale — sans la participation de l’Occident (car l’Occident apporte ses propres modèles, plus articulés et plus rigides).
Les cinq systèmes fonctionnent simultanément, et, tout naturellement, ils se perturbent mutuellement, produisant des défaillances, des conflits et des contradictions continues. Un court-circuit logique du réseau se produit, créant l’impression de chaos ou simplement l’absence de tout droit international. S’il y a cinq lois internationales simultanées qui s’excluent mutuellement, alors, pour l'essentiel, il n’y en a aucune.
La conclusion d’une telle analyse est assez alarmante. De telles contradictions à l’échelle mondiale, une telle profonde divergence d’interprétations, n’ont presque jamais — honnêtement, jamais — été résolues pacifiquement dans l’histoire. Ceux qui refusent de lutter pour leur ordre mondial se retrouvent immédiatement vaincus. Et ils devront lutter pour l’ordre mondial d’un autre, déjà en tant que vassaux.
Conséquemment, une Troisième Guerre mondiale est plus que probable. Et en 2026, elle est plus probable qu’elle ne l'était en 2025 ou plus tôt. Cela ne signifie pas que nous sommes condamnés à cela ; cela signifie simplement que nous sommes dans une situation très difficile. Par définition, une guerre mondiale implique tout le monde ou presque tout le monde. C’est pourquoi on l’appelle une guerre mondiale. Mais encore, dans chaque guerre mondiale, il y a des sujets principaux. Aujourd’hui, ils sont :
1) L’Occident collectif dans ses deux incarnations (libéral-globaliste et hégémoniste) ;
2) Les pôles montants du monde multipolaire (Russie, Chine, Inde).
Tous les autres ne sont, pour l’instant, que des instruments.
En même temps, l’Occident a une idéologie, alors que le monde multipolaire n’en a pas encore. La multipolarité elle-même s’est déjà généralement manifestée, mais idéologiquement, elle n’est pas encore formalisée — ou très peu.
Si le droit international n’existe pas, et qu’il est impossible par définition de défendre le monde de Yalta, l’ancien ONU, et l’inertie du bipartisme, alors il faut proposer notre propre nouveau système de droit international. La Chine fait certaines tentatives dans cette direction (« Communauté de destin partagé »), nous dans une moindre mesure (les exceptions étant la Théorie du Monde Multipolaire et la Quatrième Théorie Politique). Mais ce n’est clairement pas suffisant. Peut-être qu’en cette année, nous devrons participer à une « lutte planétaire de tous contre tous », durant laquelle l’avenir, le futur ordre mondial, et le système de droit international seront déterminés. Pour l’instant, il n’y en a aucun. Mais il doit y en avoir un, un droit international qui nous permette, à nous Russes, d’être ce que nous devons être — un État-Civilisation, un Monde Russe. C’est ce qu’il faut conceptualiser aussi vite que possible.
17:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, droit international, alexandre douguine |
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dimanche, 04 janvier 2026
Bas les pattes du Venezuela – Yankee, go home!

Bas les pattes du Venezuela – Yankee, go home!
Nick
Source: https://zannekinbond.org/hands-af-van-venezuela-yankee-go...
La Zannekinbond (Flandre) condamne de la manière la plus fondamentale la tentative de coup d'État des États-Unis au Venezuela. La violation de la souveraineté d'une nation indépendante et l'enlèvement d'un chef d'État légitime et élu démocratiquement – ainsi que de son épouse – constituent non seulement une violation flagrante du droit international et de l'intégrité personnelle, mais aussi une manifestation brutale et sans vergogne de l'impérialisme américain.
Ces derniers mois, les États-Unis ont déployé une puissance militaire sans précédent dans la mer des Caraïbes, et des dizaines de Vénézuéliens ont déjà été tués lors d'opérations présentées comme une lutte contre le prétendu «narcoterrorisme». En réalité, il s'agit de contrôler le pétrole vénézuélien, qui est aujourd'hui largement exporté vers la Chine. Trump n'a laissé aucun doute lors de sa conférence de presse du 3 janvier à ce sujet.

La doctrine Monroe est de retour, transformée en sa forme la plus brutale et la plus agressive. Comme Trump lui-même l'a déclaré sans honte : « J'ai personnellement approuvé les gouvernements d'Argentine, du Chili et du Honduras. » Les États-Unis ne cachent plus leur volonté de soumettre à nouveau entièrement l'hémisphère occidental, comme c'était le cas avant la Guerre froide et la montée des régimes socialistes en Amérique latine. Dès le début, il était clair que l'impérialisme américain sous Trump prendrait une forme plus primitive et grotesque : moins voilée, davantage basée sur la force brute et la démonstration de puissance ouverte. Là où les prédécesseurs démocrates privilégiaient une subversion subtile et un théâtre diplomatique, Trump croit à la démonstration brute, musculaire.
Les régimes de gauche libérale (et d'extrême droite) en Europe sont sans aucun doute complices moralement de ce forfait. La rhétorique bravache de l'époque de Trump I – lorsqu'il était encore considéré comme une anomalie conservatrice, une « erreur de programmation » dans la prétendue fin de l'histoire – a disparu comme neige au soleil. Les discours creux sur les « dictateurs » et le prétendu droit du peuple vénézuélien à la « liberté » et à la « démocratie » ne peuvent dissimuler le fait que les élites européennes apportent leur coopération diplomatique à l'agression américaine. Les déclarations d'Ursula von der Leyen, Kaja Kallas, Keir Starmer, Emmanuel Macron et Giorgia Meloni après l'opération américaine laissent peu de place à l'imagination. La justification morale d’un changement de régime a été soigneusement préparée par l’attribution du prix Nobel de la paix à Machado, la leader de l’opposition d’extrême droite qui approuve ouvertement les bombardements sur son propre peuple.
Pourtant, un rayon d'espoir perce à l'horizon. Alors que l'impérialisme américain se montre à nouveau sous sa forme la plus brutale et décivilisée, – surtout après le génocide à Gaza – de plus en plus de gens perçoivent clairement le vrai caractère de l'impérialisme occidental. Parallèlement, les arguments moraux contre l’opération militaire spéciale russe en Ukraine deviennent de plus en plus creux, à mesure que l’Occident viole ostensiblement la souveraineté d’autres peuples ailleurs.

Trump avait déjà évoqué de nouvelles actions militaires possibles, plus radicales, contre le Venezuela. Contrairement à ses attentes, le peuple de Caracas n’est pas descendu dans la rue en jubilation. Le gouvernement bolivarien n’a pas tombé et le pays ne s’est pas effondré comme un château de cartes. Néanmoins, Trump a indiqué qu'il souhaite diriger temporairement le Venezuela directement depuis les États-Unis, en attendant une prétendue « transition vers la démocratie ». Cela témoigne d’un retour à l’essence brutale de l’impérialisme : les façades néocoloniales ne sont plus nécessaires, car le colonialisme classique n’a plus besoin de masque. Les «investissements massifs» promis montrent que des investisseurs privés, des compagnies pétrolières et des entreprises militaires privées joueront un rôle central dans le Venezuela selon la vision de Trump. En même temps, il a lancé des menaces ouvertes contre Cuba, sans aucune illusion à ce sujet.
La Russie et la Chine ont réagi, comme toujours, avec prudence et diplomatie, en insistant sur la paix et le dialogue. Il est néanmoins encourageant que le ministère russe des Affaires étrangères ait explicitement déclaré que la voie bolivarienne est la bonne pour le Venezuela. Cependant, cela montre aussi à nouveau le manque d'une Russie comme autrefois, qui jouait un rôle idéologique et logistique contre l’impérialisme américain et se posait comme la défenderesse de la souveraineté des peuples du Tiers-Monde. La Russie d’aujourd’hui soutient ses partenaires stratégiques principalement pour des raisons pragmatiques, et ne s’engage plus dans des alliances idéologiques fondamentales comme autrefois. L’exemple de la Syrie, où Assad a été remplacé par al-Jolani en échange d’un accès permanent aux bases militaires et aux ports, en dit long. La position russe sur la question palestinienne – où Moscou, comme l’URSS avant elle, ne rompt pas toutes ses relations diplomatiques avec Israël – le souligne également.
Les événements au Venezuela montrent donc la nécessité de forger des alliances plus fondamentales et d’approfondir l’idéologie pour construire un système mondial alternatif capable de briser réellement l’impérialisme. Un système mondial, selon notre conviction, qui ne peut être construit qu’en fonction des intérêts de la classe ouvrière.
Nous pouvons espérer que les pacifistes, dissidents, penseurs et activistes du monde entier ont enfin dépassé l’illusion que Trump pourrait apporter paix et stabilité à Gaza, en Ukraine ou ailleurs. Les États-Unis, sous son gouvernement, ne sont pas devenus moins agressifs ou moins voraces. Trump n’est qu’une autre « avatar » de l’impérialisme américain : moins diplomate, moins policé et moins voilé moralement qu'Obama ou Biden, et donc apparemment « plus sincère » – mais c’est justement pour cela qu’il peut être encore plus dangereux.

En même temps, les actions de Trump ont mis en évidence une faiblesse majeure. Bien que cette opération – tout droit sortie d’un scénario hollywoodien – ait porté un coup humiliant au peuple vénézuélien, elle montre aussi que les États-Unis reculent face à une guerre terrestre à grande échelle. La perspective de soldats américains revenant dans des cercueils après une guerre de guérilla impitoyable constituerait une perte d’image inacceptable. La résilience et la combativité du peuple vénézuélien, ainsi que ses milices populaires, pourraient sérieusement compromettre les plans de Trump, révéler complètement le vrai visage de l’impérialisme américain – après le fiasco sioniste à Gaza –, et rendre visible la faiblesse croissante de la domination américaine dans cette période de déclin unipolaire et de capitalisme en décomposition.
Notre soutien va sans réserve au peuple vénézuélien, qui porte le lourd fardeau de la défense de sa souveraineté. Nous sommes convaincus que les milices populaires vénézuéliennes sont capables de résister à la bête impérialiste, aussi grande soit la souffrance qu’on essaie d’imposer au peuple. C’est pourquoi le peuple vénézuélien et le bolivarisme reçoivent le soutien total de tout anti-impérialiste sincère, partout dans le monde, notamment chez nous en Flandre, où la lutte pour la souveraineté nationale et la libération est profondément ancrée dans l’histoire.
20:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, venezuela, amérique du sud, amérique ibérique, amérique latine, caraïbes |
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Réflexion post-vénézuélienne

Réflexion post-vénézuélienne
Claude Bourrinet
Ce qui a volé en éclats, avec l'intervention brutale des Américains au Venezuela, c'est l'illusion que pouvaient donner les BRICS d'une opposition, au moins minimale, à l'agression impérialiste yankee. Or, Trump a fait exactement ce qu'il avait dit qu'il ferait, il a démoli les résistances vénézuéliennes, sans qu'une résistance l'en ait empêché, et il a, en shérif qu'il prétend être, dans la plus pure tradition du Far West, kidnappé Maduro, présumé truand, pour le livrer à une Justice de cow boy, et probablement l'emprisonner à vie. Dans le même temps, il poursuit son programme cynique de brigandage, de vol du pétrole vénézuélien.
La Russie et la Chine, dont des discours rassurants, accompagnés d'images fascinantes, laissaient espérer une aide militaire (missiles, radars, matériel sophistiqué de surveillance, voire avions de chasse et navires militaires etc.), dispositif qui allait donner du fil à retordre aux Gringos, se sont révélés impuissants à empêcher cette sorte de coup d'éclat dont les Anglo-saxons sont souvent les maîtres. L'inévitable, à savoir la défaite (peut-être temporaire) du chavisme et du bolivarisme dans cette région de l'Amérique latine, après les victoires fascisantes et pro-américaines au Chili, en Équateur, en Argentine, ne peut être enrayé par une quelconque guérilla, qui a sans doute été plus ou moins préparée, mais qui ne semble pas viable à court terme, tellement le pays est épuisé par des années de blocus et d'usure (toutefois, une guérilla résiduelle est persistante se maintiendra). Il est à peu près assuré qu'une dictature féroce va s'installer dans le pays, avec de probables règlements de comptes sanglants, et les exploits de commandos de la mort. Personne ne portera secours au peuple vénézuélienne, ni le Brésil, déconsidéré à vouloir ménager la chèvre et le chou, ni la Colombie, occupée par des bases américaines. L'affaire semble pliée. On peut conjecturer que les Américains laisseront aux Russes et aux Chinois le temps de récupérer leur matériel militaire.
Les Brics sont en fait un réseau d'accords bilatéraux, qui converge parfois vers un horizon commun, mais surtout économique, sans pour autant que les décisions éventuelles prises en commun dans ce domaine engagent une rupture définitive avec l'Occident américanisé. La prudence y est de mise. Quant à une alliance militaire généralisée, il n'en est question, là aussi, que dans des situations bien particulières, quand les choses sont possibles, mais surtout quand il s'agit d'économie et de matériel. Jamais il n'a été question d'une intervention armée, ouverte et concertée, contre les États-Unis. Il est évident qu'une telle opération entraînerait une guerre mondiale nucléarisée.
La configuration planétaire des forces paraît de plus en plus claire. Le monde « polarisé » qu'on nous prédit prendra la forme d'un équilibre, avec quelques conflits en marge, entre empires, chacun doté d'un Lebensraum : l'empire américain, avec son arrière-cour latino-américaine, l'empire russe, avec sa zone de protection, l'empire chinois, empire du milieu ne souffrant pas d’empiétement sur son littoral, l'empire indien, confiné entre océan et chaîne himalayenne. L'empire brésilien n'est qu'un mirage, l'empire africain est une vue de l'esprit, l'empire européen de l'Ouest est une nostalgie, avant effacement définitif.

Avec cet état géopolitique généralisé, c'est l'illusion d'une éthique commune et des règles universelles acceptées de tous qui disparaît. Cette dissolution de la morale internationale est devenue évidente avec le comportement transgressif des États-Unis et d'Israël au Moyen-Orient, où toutes les modalités de mesure et de respect de l'intégrité physique des civils ont été bafouées cyniquement ; mais ces violations des droits élémentaires étaient, chez ces deux nations, depuis Hiroshima, Nagasaki, et la création de l’État d'Israël, une coutume. D'autres catastrophes humanitaires, comme au Cambodge ou au Rwanda, ou ailleurs, ont pu porter des coups sévères aux règles laborieusement édifiées entre nations. Toutefois, l'Histoire s'accélérant, et la Guerre Froide, qui donnait à croire à un choc entre deux visions contraires de l'homme, l'une, individualiste, l'autre socialisée, toutes deux entées dans des conceptions idéalistes et progressistes issues de l'humanisme des Lumières, en cessant, a jeté le monde dans l'engrenage glacé des intérêts aussi francs que la logique pornographique. Les messages fleur bleu de la justice, de l'égalité, de la liberté, de la fraternité, s'ils ne suscitent pas maintenant, de-ci, de-là, des rires sardoniques, engendrent un ennui de fin de beuverie. Ce qui compte, ce ne sont plus les poèmes exaltés de Neruda, d'Eluard, ou la rhétorique évaporée de Radio Free Europe, mais la comptabilité des puissances d'anéantissement, et l'ostentation des muscles, quand ce ne sont pas les envolées de pochards, et les coups de menton agressifs, vulgaires, de crapule.
L'avenir ne chantera que des chansons martiales et d'ivrognes. Car cet état d'équilibre entre empires sera précaire, miné par la chute de la démographie, et par la nécessité de s'emparer à tout prix de sources énergétiques. Des catastrophes écologiques peuvent aussi pousser aux guerres. Il se peut qu'à terme, dans un siècle, par exemple, l'un de ces empires l'emporte sur les autres, et impose une domination planétaire sur ce qui restera de l'humanité. Ce sera sans doute un monde totalitaire, pourvu d'une religion idoine, qui va être élaborée dans ce qui demeure du XXIe siècle, quelque chose qui prendra à toutes les spiritualités du passé, mais avec une dominante orientale.
20:04 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, venezuela, amérique latine, amérique du sud, amérique ibérique, caraïbes |
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La pertinence persistante de la tradition géopolitique de Mackinder-Spykman

La pertinence persistante de la tradition géopolitique de Mackinder-Spykman
Federico Bordonaro
Source: https://federicobordonaro.blogspot.com/2025/12/the-contin...
Dans une interview récente avec Startmag, l’ambassadeur Giulio Terzi di Sant’Agata, ancien ministre italien des Affaires étrangères, a observé que les idéologues du Kremlin encadrent la guerre en Ukraine comme un conflit qui « ne se terminera que lorsque l’un des deux blocs, les puissances continentales ou les puissances maritimes, aura pris le dessus ».
Cette observation est d’une importance scientifique. Elle opérationnalise efficacement une hypothèse clé de ma recherche sur la théorie géopolitique anglo-américaine (Bordonaro 2023) : que le conflit actuel est explicitement présenté comme un affrontement structurel entre deux blocs géopolitiques. Ce vocabulaire—« continental » versus « maritime »—correspond directement à la grammaire Mackinder–Spykman (Heartland/Masse continentale versus Rimland/coalition maritime). Les remarques de Terzi soulignent comment une typologie spatiale classique continue à façonner la perception de la menace et le récit stratégique, non seulement à Moscou, mais aussi dans l’état d’esprit politique aligné sur l’OTAN, ce qui conduit à la conclusion que l’Europe doit renforcer sa capacité de dissuasion dans le cadre atlantique.



La persistance des perceptions stratégiques occidentales
Ma recherche suggère que la tradition Mackinder–Spykman persiste dans le discours stratégique occidental, moins comme un canon explicite que comme une continuité durable des perceptions. Même lorsque les auteurs ne sont pas cités, cette tradition structure la façon dont les acteurs interprètent les menaces et opportunités spatiales.
Elle perdure parce qu’elle fournit une « grammaire du théâtre » qui correspond avec une précision remarquable à la géographie stratégique centrale de l’OTAN. Cela est le plus visible le long des interfaces Rimland et du coin Baltique–Mer Noire, où mers fermées, corridors et points de passage concentrent les risques d’escalade. De plus, elle offre un répertoire de modèles narratifs — le Heartland comme mythe de consolidation, le cordon sanitaire, et la crainte atlantique persistante d’une consolidation continentale — qui peuvent être réutilisés à travers les cycles politiques pour mobiliser le consensus.



La série de chocs de 2008 à 2014, culminant en 2022, a effectivement légitimé à nouveau des hypothèses sur la compétition positionnelle et le poids stratégique de la géographie, que les récits d’après la Guerre froide avaient prématurément rejetées. Dans la littérature stratégique occidentale des trois dernières décennies, ce « retour » est évident dans l’écosystème façonnant la perception de la sécurité américaine — institutions influentes comme RAND et CSIS, et forums militaires professionnels. Il existe des exemples clairs d’interventions militaires américaines appliquant Mackinder, Spykman et Kennan à la Chine contemporaine, en interprétant l’initiative Belt and Road à travers des logiques Heartland/Rimland. Cela constitue un pont textuel direct entre la pensée géopolitique classique et la perception moderne des praticiens.
Le miroir eurasiatique : la géopolitique comme destin ?
Cependant, cette hypothèse ne se limite pas à l’Occident. Il est bien connu que la pensée géopolitique allemande, en particulier celle de Karl Haushofer, a absorbé la tradition anglo-saxonne pour en contrer les implications stratégiques (« fas est et ab hoste doceri »). Aujourd’hui, ce cadre reste pertinent pour les théoriciens russes et eurasiens.
Contrairement à leurs homologues occidentaux qui peuvent utiliser ces concepts implicitement, les penseurs eurasiens interprètent souvent la vision du monde Mackinder–Spykman comme un système cohérent et scientifique. Ils le voient comme une réflexion objective de la répartition du pouvoir — politique, militaire et culturel. Par conséquent, de ce point de vue, la géographie dicte une posture politique obligatoire : une ligne de conduite alignée avec les « intérêts objectifs » de leur « continentalité ».
Ce phénomène est crucial à suivre. Les fondements philosophiques d’un tel monde sont propices aux conflits géostratégiques et civilisateurs. C’est un cadre déterministe souvent exploité par les élites politiques qui doivent consolider leurs camps domestiques tout en lutant pour la survie du régime.

Échapper au piège déterministe: le rôle de la géopolitique systémique
Les élites politiques sont-elles contraintes de penser ainsi par la réalité objective? À peine.
Bien que la tradition Mackinder–Spykman offre une lentille puissante, elle risque de dériver vers une carte du monde binaire, territorialement surdéterminée. Pour conserver le pouvoir heuristique de la dialectique terre–mer sans hériter de ses implications rigides, quasi-mécaniques, nous devons regarder la « géopolitique systémique » de Saul B. Cohen (Cohen 2015).
Cohen tire une leçon essentielle de la géographie politique américaine (Hartshorne et Whittlesey) : les régions ne sont pas des « faits naturels » immuables, mais des constructions analytiques. Leurs limites dépendent des critères choisis et des interactions contingentes historiquement entre humains, technologie et espace. En adoptant cette vision, nous pouvons traiter les catégories géopolitiques comme finies et révisables plutôt que comme absolues, ce qui permet une analyse stratégique qui reconnaît le poids de la géographie sans succomber au fatalisme du binôme Heartland-Rimland.
Pourquoi la pensée géopolitique importe
En fin de compte, faire progresser la littératie géopolitique — tant chez les élites dirigeantes que dans le grand public — est essentiel pour naviguer dans l’ordre multipolaire naissant. En adoptant des théories post-classiques qui offrent des cadres spatiaux analytiques flexibles, nous pouvons cultiver des perceptions de sécurité réalistes et équilibrées, plutôt que fatalistes. S’éloigner du déterminisme binaire rigide ne fait pas seulement affiner notre analyse ; cela crée l’espace intellectuel nécessaire pour revitaliser la diplomatie. Ce faisant, nous transformons la géographie d’une prison de conflits inévitables en un paysage où les efforts pragmatiques de paix peuvent à nouveau prendre leur envol.
Références:
Bordonaro, F. (2023), La geopolitica anglosassone, 3e éd., Milan.
Cohen, S.B. (2015), Geopolitics: The Geography of International Relations, 3e éd., Lanham.
19:46 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, nicholas spykman, halford john mackinder |
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Les Américains regrettent d’avoir attaqué la Russie. Les Européens, non. Pourquoi?

Les Américains regrettent d’avoir attaqué la Russie. Les Européens, non. Pourquoi?
Cristi Pantelimon
Source: https://www.estica.ro/article/americanii-regreta-atacarea...
J’ai lu un long article bien informé de Jeffrey Sachs (lien ci-dessous) sur les erreurs stratégiques de l’Occident vis-à-vis de la Russie, depuis la période après les guerres napoléoniennes jusqu’aux accords de Minsk en 2015. Deux siècles durant lesquels l’Occident, selon le professeur américain, a ignoré les demandes fondamentales de sécurité de la Russie, s’est mêlé des affaires russes (notamment entre 1917 et 1920), a pratiqué la double norme (voir le mémorandum de l’historien Pogodin adressé au tsar Nicolas Ier en 1853), a préféré flirter avec Hitler plutôt que d’écouter la volonté de Litvinov d’isoler l'Allemagne nazie, n’a pas tenu ses promesses, ni écrites (Potsdam), ni non écrites (Malte), etc., etc. Tout cela a culminé avec l’idée d’étendre l’OTAN jusqu’à Kiev, ce qui a conduit à la situation que nous avons aujourd’hui.

Je m’attendais à ce que Jeffrey Sachs soit subjectif et « oublie » que les États-Unis sont au moins aussi responsables de l’Ukraine d’aujourd’hui que les Européens l’étaient au 19èmee siècle (on peut aussi mieux comprendre le panslavisme comme une réaction à l’européanisme anti-russe, mais c’est un autre sujet) ; le professeur américain ne fait pas cette omission. Il affirme ouvertement qu’après la Seconde Guerre mondiale, la vision impérialiste américaine a conduit à ignorer la Russie; la note de 1952 de Staline, qui souhaitait une Allemagne réunifiée mais neutre, a été rejetée par Adenauer, homme politique « occidental », et représentant d’une élite qui préférait la tutelle américaine à une russification de l’Europe, c’est-à-dire une entente à long terme avec la Russie. La vision de Brzezinski n’a fait que renforcer cette image de l’impérialisme américain visant à soumettre l’Eurasie par la soumission de la Russie, ce qui impliquait nécessairement la rupture entre l’Ukraine et Moscou, etc.

Toute la construction intellectuelle de Sachs voit la Russie comme une victime de l’Occident des deux derniers siècles (il convient de noter que J. Sachs s’appuie sur une bibliographie historiographique occidentale substantielle, qui mériterait d’être étudiée plus attentivement pour comprendre si elle est en accord avec la vision actuelle de Sachs ou non. Personnellement, je pense que ce n’est pas tout à fait le cas, mais je ne veux pas insister).
En résumé, aujourd'hui, ce sont les Américains qui « déposent les armes », ou du moins c’est ce qui semble. Ils sont prêts à réécrire l’histoire des deux derniers siècles pour affirmer la primauté morale de la Russie par rapport à l’Occident. Ce changement est d’une importance epochale.
En Europe, ce processus n’est pas visible. Du moins, pas au niveau de l’élite dirigeante. Il y a suffisamment d’historiens, de théoriciens sociaux (philosophes, sociologues) ou de géopoliticiens qui pensent comme J. Sachs en Europe, mais le message n’a pas encore passé du domaine des professionnels de la pensée à la sphère politique. Les masses sont divisées, mais ce ne sont pas elles qui font l’histoire.
Nous devons nous demander, à la lumière de cette grande reconsidération historique (un véritable révisionnisme historique – voilà à quel point il est important de pouvoir débattre sans entraves du passé, précisément pour nous libérer vraiment de ses erreurs et être plus libres à l’avenir…), pourquoi n’avons-nous pas les mêmes échos en Europe ?
Politiquement, l’Europe reste suspecte de garder le silence en ce moment. À l’exception de la position vague d’E. Macron, l’Europe occidentale semble ignorer le présent et, surtout, ce changement fondamental de vision stratégique qui se passe aux États-Unis.
Il y a deux explications possibles :
- L’Europe se tait parce qu’au moins au cours du dernier siècle, elle a été obligée de faire de la politique américaine en habits européens (de Wilson à Trump…). Aujourd’hui, elle ne sait pas si Trump ira jusqu’au bout ou sera « renversé » par un nouveau Brzezinski, qui attaquera… la Chine aussi via l’Ukraine ! Mais est-ce totalement exclu? Zelenski sanctionne déjà des entreprises chinoises en Ukraine ou menace de le faire. La question est: qui sanctionne en réalité, de sa propre main?
- L’Europe se tait parce qu’elle a elle-même été complice ces dernières décennies de l’expansion de l’OTAN et, surtout après 1989, a voulu compromettre l’OTAN et les États-Unis en adoptant de manière mimétique l’idée d’une expansion illimitée de l’OTAN (au passage, la Russie a tenté deux fois d’entrer dans l’OTAN, en 1954 et en 2000, lors des moments clés de ses relations avec l’Occident – toutes deux ont échoué).
Mais cette complicité de l’Europe pourrait très bien signifier, en pesant le pour et le contre de ce qui s’est passé hier et aujourd’hui, que les Européens ont utilisé les États-Unis pour attaquer la Russie, afin de compromettre les États-Unis et de les affaiblir à l’échelle mondiale.
Les Européens savaient que la Russie réagirait, et leur riposte entraînerait la désintégration de facto de l’OTAN. Et, en effet, les Américains veulent maintenant la paix et souhaitent que l’Europe prenne en charge sa propre sécurité. Les Européens ont obtenu ce qu’ils voulaient: affaiblir les États-Unis en Europe en provoquant la guerre entre l’OTAN (les États-Unis) et la Russie en Ukraine.
Pourquoi prennent-ils autant de temps, les Européens ? Justement pour que ce processus soit finalisé. Plus les Américains restent longtemps dans le conflit en Ukraine, plus ils seront faibles sur tous les autres fronts, du Venezuela au Moyen-Orient en passant par Taïwan. Sans parler de la guerre économique, où la Chine avance en fanfare, ni de l’occasion de se réarmer/ré-industrialiser dans le domaine de la défense sur la base de la menace russe ; une menace qui pourrait être reconfigurée en menace américaine (voir les accents anti-européens aux États-Unis et anti-américains en Europe, qui flirtent avec la diplomatie…).
En résumé, la politique européenne vise à éliminer les États-Unis du continent avec l’aide de la Russie, non directement, mais symboliquement et par épuisement stratégique. Peut-être que, quelque part, en coulisses, la Chine soutient cette entreprise, et que la Russie n’est pas trop triste. Après tout, tout le monde sait que ce qui s’est passé au cours du dernier siècle porte la marque stratégique américaine, peu importe la « tenue » que les acteurs ont portée.
Le silence de l’Europe est suspect.
Après la grande réorientation stratégique américaine, une surprise pourrait suivre : une nouvelle orientation de l’Europe, qui semble pour l’instant être une puissance désemparée ou dont la boussole est restée bloquée… ?
Nous verrons.
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https://scheerpost.com/2025/12/23/european-russophobia-an...
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Un belliciste vert à Francfort, Omid Nouripour

Un belliciste vert à Francfort, Omid Nouripour
Wolfgang Hübner
En première ligne avec Kiesewetter et Strack-Zimmermann
Les Verts de Francfort ont une certaine tradition qui consiste à enrichir la politique allemande de figures particulièrement discutables: avec Daniel Cohn-Bendit, ils nous ont présenté l’un des idéologues en chef du «multiculturalisme», dont les effets secondaires sont particulièrement visibles lors des célébrations du Nouvel An. Le meilleur ami de Cohn-Bendit, Joschka Fischer, avait déjà derrière lui une carrière de combattant de rue dans les rangs de l'extrême gauche militante et de fauteur de terreur contre la police, lorsqu'il est devenu le premier ministre vert du Land de Hesse, puis finalement ministre allemand des Affaires étrangères dans un gouvernement rouge-vert.

L’actuel vice-président vert du Bundestag, Omid Nouripour, suit les traces de ses anciens camarades de parti avec ses récentes déclarations sur la guerre en Ukraine. Cet ancien étudiant sans emploi, qui avait jadis abandonné ses études et qui, né en Iran, est devenu citoyen allemand en 2002, s’est non seulement entièrement rangé derrière la ligne anti-russe du chancelier Friedrich Merz. Mais il a également demandé que l'on utilise l’arme ballistique allemande Taurus pour soutenir l’Ukraine. Ainsi, il rejoint le groupe des plus agressifs propagateurs de la guerre, comme Roderich Kiesewetter (CDU) et Marie-Agnes Strack-Zimmermann (FDP).
Pour Francfort, la ville natale du citoyen musulman Nouripour, cela n’est pas une affaire insignifiante. En effet, dans le cas désormais tout à fait envisageable, pour notre malheur à tous, d’un conflit armé entre l’OTAN et la Russie, la métropole du Main, avec son nœud internet des plus importants à l'échelle mondiale et avec ses nombreux centres de données, figure parmi les cibles particulièrement vulnérables aux frappes de missiles russes, avec des conséquences imprévisibles pour la population civile de notre ville. Moscou n’a jamais laissé planer le moindre doute: toute attaque par missiles Taurus sur le territoire russe serait considérée comme une provocation et Moscou y répondrait par des ripostes militaires de grande envergure.
C’est également la raison pour laquelle de telles attaques n’ont jusqu’à présent pas eu lieu. Le politicien vert Nouripour en est parfaitement conscient. Sa demande à Merz de ne plus attendre pour utiliser le missile Taurus est absolument irresponsable et le discrédite en tant que représentant des intérêts de Francfort au Bundestag allemand.
Wolfgang Hübner
17:38 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : omid nouripour, allemagne, francfort, verts, europe, affaires européennes, bellicisme |
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samedi, 03 janvier 2026
Mad Max: le monde sans freins

Mad Max: le monde sans freins
Par @BPartisans (Telegram)
Oubliez les règles. Oubliez le droit. Oubliez les discours.
Ce qui se joue autour du Venezuela n’est pas une crise: c’est la version bêta du monde qui vient. Un monde où l’ordre international a été broyé, recyclé, puis revendu en slogans creux pendant que les moteurs de guerre tournent à plein régime.
L’ancien «monde fondé sur des règles» n’a pas été détruit par ses ennemis, mais par ceux qui prétendaient l’incarner. À force d’exceptions, de sanctions unilatérales, de changements de régime sous emballage moral, il a implosé. Résultat: un désert géopolitique où seuls comptent la force, la ressource et la capacité à frapper sans rendre de comptes.
La carte du monde n’est plus faite de frontières mais de zones exploitables. De grands blocs militarisés avancent comme des bandes motorisées. Entre eux, une immensité de pays vulnérables, riches en pétrole, en minerais ou en positions stratégiques, transformés en stations-service du chaos. Le Venezuela n’est pas un cas particulier. C’est un panneau indicateur.
Quand les fragilités internes rencontrent la prédation externe, la recette est connue: asphyxie financière, sabotage institutionnel, polarisation sociale, puis intervention «nécessaire». Le chaos n’est pas un échec de gouvernance : c’est un outil. On ne stabilise plus, on fracture. On ne reconstruit plus, on administre les ruines.

Le droit international est désormais un cadavre desséché. On l’agite encore dans les discours comme un talisman, mais plus personne n’y croit. L’Organisation des Nations unies n’est plus qu’un décor : beaucoup de micros, aucun levier. Pendant qu’on y débat, les décisions se prennent ailleurs, brutalement, sans vote ni mandat.
L’Amérique latine se voulait «zone de paix». Elle découvre qu’elle est surtout une zone temporairement tolérée, jusqu’à ce qu’une ressource, une élection ou une monnaie deviennent trop utiles pour être laissées tranquilles. Comme le Moyen-Orient, l’Afrique ou l’Asie, elle entre dans l’ère des conflits permanents à basse intensité, suffisamment violents pour détruire, pas assez pour choquer durablement.
Dans ce monde Mad Max, chacun forge son blindage.
La Russie transforme la souveraineté en doctrine de survie: sécurité nationale, économie militarisée, stabilité exportable comme un service stratégique. La Chine observe le chaos sans émotion: dans un désert, celui qui contrôle l’eau et le temps finit toujours par gagner.
Les anciennes élites mondialistes, elles, ont compris trop tard qu’elles ont perdu la main. Alors elles frappent avant d’être frappées. Le chaos devient politique officielle, la peur un instrument de gestion, la coercition un langage diplomatique.

Et l’Union européenne ?
Elle découvre que dans ce nouveau monde, l’accusation est une arme réversible. À force de disqualifier, sanctionner, moraliser et criminaliser, elle s’expose à subir exactement les mêmes méthodes. Dans l’univers Mad Max, celui qui brandit la vertu attire le tir. Corruption, ingérences, trafics, censures: tout circule, tout se retourne, tout s’utilise.
Nous avons quitté l’ère des lois pour entrer dans celle des convois armés, des économies de guerre et des populations prises en otage entre des puissances qui n’ont plus rien à proposer, sauf la force.
Mad Max n’était pas une dystopie.
C’était une prévision opérationnelle.
@BPARTISANS
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Technocratie américaine – De la vision des années 1930 à la technocratie moderne

Technocratie américaine – De la vision des années 1930 à la technocratie moderne
Markku Siira
Source: https://geopolarium.com/2025/12/22/amerikan-teknaatti-193...
Au début des années 1930, aux États-Unis, en pleine crise de la Grande Dépression, naquit le mouvement technocratique, qui remettait en question l’ordre social dominant. Sa vision radicale était de remplacer la politique et l’économie de marché par une planification scientifique et une distribution efficace des ressources — une société dirigée par des ingénieurs et des scientifiques.

Bien que l’ingénieur californien William H. Smyth ait popularisé le terme dès 1919, c’est Howard Scott (photo) qui devint la véritable figure idéologique centrale, qui introduisit cette vision dans les années 1930 et la développa davantage.

La proposition centrale du mouvement technocratique était de créer un “technat” américain: une région géographiquement cohérente, autosuffisante, s’étendant du pôle Nord au canal de Panama, comprenant les États-Unis, le Canada, le Mexique, l’Amérique centrale, ainsi que des parties des Caraïbes et de l’Amérique du Sud. Cette région fut choisie en raison de ses vastes ressources naturelles, ses voies d’eau et ses réserves d’énergie, permettant une quasi-autonomie avec un commerce extérieur minimal.
De nos jours, l’administration Trump a exprimé un vif intérêt à étendre l’influence des États-Unis dans le Nord en annexant le Groenland, qui appartient au Danemark. Trump a justifié cette démarche à plusieurs reprises par des raisons de sécurité nationale, de stratégie arctique et de gestion des terres rares, ce qui correspond à la vision technocratique d’un bloc autosuffisant en ressources.
De même, Trump a proposé d’intégrer le Canada en tant que 51ème État des États-Unis, en insistant sur la sécurité et l’intégration économique de l’ensemble de l’hémisphère occidental — c'est là une répétition de l’idée forgée dans les années 1930, celle d’un continent uni sans frontières politiques.
Le mouvement technocratique des années 1930 souhaitait réaliser cette vision à travers une région aussi vaste et unifiée que possible. Ses ressources, sa production et sa gouvernance devaient être entièrement pilotées par des méthodes techniques et énergétiques, sans recourir aux processus décisionnels politiques traditionnels.
Au cœur de l’idéologie se trouvait la théorie de l’énergie, selon laquelle la valeur et l’activité de la société seraient mesurées en fonction de la consommation d’énergie (en joules ou en ergs). L’ordre économique traditionnel était considéré comme obsolète et à l’origine d’une pénurie artificielle, tandis que la technologie permettrait de créer une abondance.
Chaque citoyen se verrait accorder un droit à vie à une quantité fixe de certificats énergétiques, qui seraient la seule monnaie d’échange dans la société. Ces certificats représenteraient directement la part de l’individu dans la consommation totale d’énergie de la société. Ils expireraient après un an, ne seraient ni échangeables, ni épargnés, ni transférables, afin de maintenir un équilibre entre production et consommation sans l'artificialité de la pénurie.

La semaine de travail serait réduite à quatre heures par jour, quatre jours par semaine, suivis de trois jours de congé. La production fonctionnerait en rotation continue de sept équipes, permettant aux machines et équipements de fonctionner presque sans interruption.
L’administration serait organisée en unités fonctionnelles et en régions basées sur la latitude et la longitude, permettant une distribution efficace et systématique des ressources et de l’énergie. Le dirigeant suprême serait nommé par des experts, tandis que les gouvernements régionaux seraient subdivisés en segments fonctionnels selon les besoins. Politiciens et hommes d’affaires seraient exclus du système, étant perçus comme sources d’inefficacité et de corruption.


Le mouvement technocratique s’appuyait fortement sur les idées de l’économiste norvégien-américain Thorstein Veblen (photo), sur les conseils des ingénieurs, ainsi que sur l’optimisme de l’époque selon lequel des machines à calcul mécanique pouvaient équilibrer la production et la consommation en temps réel. Les technocrates voyaient en IBM et ses systèmes une base pour l’automatisation, qui remplacerait les professions traditionnelles et permettrait une surveillance systématique sans erreur humaine.
Le mouvement technocratique connut une courte période de succès entre 1932 et 1933, attirant des chômeurs, des ingénieurs et d’autres victimes de la crise. Les membres portaient des uniformes gris et utilisaient le symbole de la monade, ce qui attira aussi l’attention des médias. Cependant, des conflits internes conduisirent à des divisions du mouvement technocratique en différentes organisations, comme Technoracy Inc. dirigée par Howard Scott.
Le New Deal de Roosevelt offrit une alternative plus pragmatique à la dépression, et la chute annoncée du système économique ne se produisit pas. Le mouvement fut rapidement marginalisé lors de la Seconde Guerre mondiale, en partie à cause de son pacifisme et de son isolationnisme, et se réduisit finalement à une petite organisation qui a presque disparu de l’histoire.
Les critiques furent sévères à l'époque. On reprocha à ce mouvement son élitisme, son autoritarisme et ses tendances totalitaires. Il fut comparée au fascisme et au stalinisme, car il voulait remplacer la démocratie par une gouvernance d’experts sans participation citoyenne. Les marxistes considéraient la théorie de l’énergie comme arbitraire par rapport à la théorie de la valeur travail, et les libéraux y voyaient des traits de “stalinisme progressif”, où la liberté était sacrifiée à l’efficacité.
Bien que le mouvement technocratique d’origine ait disparu, ses idées clés — la domination d’experts, la prise de décisions basée sur les données, la priorité à l’efficacité et le remplacement des processus politiques par une gestion technique — ont été ravivées dans le contexte technologique et géopolitique des années 2020.

La coopération entre Elon Musk et Donald Trump, ainsi que la forte présence des sociétés technologiques comme Palantir lors du second mandat de Trump, reflètent des traits technocratiques. Le projet DOGE (Department of Government Efficiency), visant à rendre l’administration plus efficace et à réduire la bureaucratie par l’intelligence artificielle, rappelle la vision initiale d’une gestion efficace, politiquement neutre. Il est remarquable que le grand-père d’Elon Musk, Joshua Norman Haldeman, ait été un animateur en vue de la branche canadienne du mouvement technocratique dans les années 1930.
Les plateformes d’intelligence artificielle de Palantir, fondées par l’investisseur en capital-risque et transhumaniste Peter Thiel, permettent la gestion massive de données et la création de bases de données intégrées pour la défense, la surveillance de l’immigration et la prise de décision. Cette évolution associe la puissance technologique du secteur privé à l’action de l’État, soulevant des inquiétudes concernant la vie privée, la surveillance et la réduction de la démocratie.
Dans un monde multipolaire où les États-Unis, la Chine et la Russie rivalisent pour la domination de l’intelligence artificielle, la technologie devient un enjeu stratégique majeur. L’idée d’un bloc autosuffisant, comme le serait une technocratie américaine parachevée, reflète la division géopolitique actuelle, où les grandes puissances cherchent à préserver leur souveraineté technologique et à créer leurs propres écosystèmes numériques.
Ce développement soulève le risque de techno-polarisation — la concentration du contrôle de la technologie et des données, créant de nouveaux centres de pouvoir. Ceux-ci modifient l’autorité traditionnelle de l’État et instaurent une gouvernance basée sur des algorithmes et des identités numériques des citoyens. Les critiques mettent en garde contre des tendances techno-fascistes où l’efficacité et la surveillance restreignent les libertés individuelles.
Bien que le mouvement technocratique des années 1930 soit resté une curiosité historique, sa vision d’un pouvoir d’experts et de suprématie technologique a connu un nouvel essor mondial. La numérisation, le dataïsme et la nécessité de contrôler l’intelligence artificielle ont ramené la pensée technocratique à la vie — dans les États, chez les grandes entreprises technologiques et en politique, où la prise de décision se déplace de plus en plus vers des algorithmes et leurs gestionnaires.
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L’illégitimité: mode d’emploi pour puissances pressées

L’illégitimité: mode d’emploi pour puissances pressées
Par @BPartisans (Telegram)
Il fut un temps où l’illégitimité d’un dirigeant relevait d’un processus long, fastidieux, presque ennuyeux : élections contestées, recours constitutionnels, médiations internationales, observateurs de l’ONU, débats juridiques. Un âge de pierre procédural.
En 2026, grâce à Marco Rubio, tout cela appartient au musée des conventions obsolètes.
Désormais, la règle est simple, moderne, efficace : « Nous ne le reconnaissons pas comme président ». Traduction opérationnelle : il peut être arrêté, enlevé, exfiltré, neutralisé. Le droit international devient un communiqué de presse assorti d’un plan de vol nocturne. Nicolás Maduro n’est plus un chef d’État, mais une variable d’ajustement géopolitique.
Le plus fascinant n’est pas l’acte, mais la logique. L’illégitimité n’est plus un constat, c’est une arme. Elle ne se démontre pas, elle se proclame. Elle ne se vote pas, elle s’énonce. Celui qui parle le plus fort, avec les moyens militaires adéquats, devient juge, procureur et huissier d’exécution.
Problème : cette logique peut être contagieuse.
Depuis des mois, la Russie affirme que Volodymyr Zelensky n’est plus légitime. Jusqu’ici, l’Occident riait, dénonçait la « propagande », rappelait les sacro-saints principes démocratiques. Mais à partir du moment où Washington transforme la non-reconnaissance politique en justification d’enlèvement physique, l’argument moral s’évapore. Il ne reste que le précédent.
La question n’est donc plus si un dirigeant est légitime, mais qui a le droit de décréter son illégitimité. La réponse est d’une limpidité presque obscène : la puissance dominante du moment. Le peuple ? Accessoire. Les urnes ? Contextuelles. Les constitutions ? Interprétables. L’ONU ? Décorative.
Nous entrons dans l’ère du droit international performatif : dire, c’est faire. Déclarer, c’est autoriser. Accuser, c’est neutraliser. Une fois l’étiquette « régime illégitime » collée, tout devient possible et surtout respectable.
L’Ukraine, dans ce cadre, n’est plus seulement un champ de bataille, mais un terrain d’expérimentation conceptuelle. Si l’illégitimité suffit, alors toute opération cesse d’être une agression pour devenir une « restauration de l’ordre ». Les forces spéciales remplacent les diplomates, et le narratif remplace la loi.
L’Occident applaudit aujourd’hui cette simplification brutale du monde. Demain, il découvrira que les règles qu’on détruit avec enthousiasme ont une fâcheuse tendance à manquer cruellement… quand on en aurait soudain besoin.
@BPARTISANS
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La guerre des États-Unis contre le Venezuela a commencé en 2001

La guerre des États-Unis contre le Venezuela a commencé en 2001
Source: https://comedonchisciotte.org/gli-stati-uniti-attaccano-i...
Les attaques actuelles des États-Unis contre le Venezuela s’inscrivent dans un processus de vingt ans dirigé par les États-Unis et la droite vénézuélienne pour miner le projet bolivarien et sa courageuse décision d’utiliser la richesse pétrolière du pays pour améliorer la vie de sa population.
Par Vijay Prashad, pour peoplesdispatch.org
Les États-Unis n’avaient aucun problème avec le Venezuela en soi, ni avec le pays ni avec son ancienne oligarchie. Le problème que le gouvernement américain et sa classe d’entrepreneurs ont, c’est avec le processus lancé par le premier gouvernement du président vénézuélien Hugo Chávez.
En 2001, le processus bolivarien de Chávez a adopté une loi appelée Loi Organique sur les Hydrocarbures, qui affirmait la propriété de l’État sur toutes les réserves de pétrole et de gaz, réservait les activités en amont d’exploration et d’extraction aux entreprises contrôlées par l’État, mais permettait aux entreprises privées, y compris étrangères, de participer aux activités en aval (raffinage et commercialisation).
Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, avait déjà nationalisé son pétrole par des lois en 1943 puis à nouveau en 1975. Cependant, dans les années 90, dans le cadre des réformes néolibérales promues par le Fonds Monétaire International (FMI) et les grandes compagnies pétrolières américaines, l’industrie pétrolière avait été largement privatisée.

Lorsque Chávez a promulgué la nouvelle loi, il a ramené l’État au contrôle de l’industrie pétrolière (dont les ventes à l’étranger représentaient 80 % des revenus extérieurs du pays). Cela a mis en colère les compagnies pétrolières américaines, en particulier ExxonMobil et Chevron, qui ont fait pression sur le gouvernement du président George W. Bush pour agir contre Chávez.
Les États-Unis ont tenté d’organiser un coup d’État pour destituer Chávez en 2002, qui a duré plusieurs jours, puis ont poussé la direction corrompue de la compagnie pétrolière vénézuélienne à déclencher une grève pour nuire à l’économie vénézuélienne (finalement, ce sont les travailleurs qui ont défendu l’entreprise et la ont reprise en main).
Chávez a résisté à la fois à la tentative de coup d’État et à la grève parce qu’il bénéficiait d’un large soutien populaire.
Maria Corina Machado, qui en 2025 a reçu le Prix Nobel de la Paix, a fondé un groupe appelé Sumaté (« Unis »), qui a soumis à référendum la révocation du président. En 2004, environ 70% des électeurs inscrits se sont rendus aux urnes, et une large majorité (59%) a voté pour maintenir Chávez à la présidence.
Mais ni Machado ni ses soutiens américains (y compris les compagnies pétrolières) ne se sont calmés. Depuis 2001, ils ont cherché à renverser le processus bolivarien, pour remettre effectivement au pouvoir les compagnies pétrolières détenues par les États-Unis.
La question du Venezuela ne concerne donc pas tant la « démocratie » (un mot usé, qui perd peu à peu de sa signification), mais la lutte de classe internationale entre le droit du peuple vénézuélien à contrôler librement son pétrole et son gaz, et celui des compagnies pétrolières américaines à dominer les ressources naturelles vénézuéliennes.

Le processus bolivarien
Lorsque Hugo Chávez est apparu sur la scène politique dans les années 90, il a capturé l’imagination de la majorité du peuple vénézuélien, en particulier de la classe ouvrière et des paysans.
La décennie a été marquée par les trahisons dramatiques des présidents qui avaient promis de protéger le pays riche en pétrole contre l’austérité imposée par le FMI, puis ont adopté ces mêmes propositions du FMI. Peu importait qu’ils soient social-démocrates (comme Carlos Andrés Pérez de Acción Democrática, président de 1989 à 1993) ou conservateurs (comme Rafael Caldera des Démocrates Chrétiens, président de 1994 à 1999).
L’hypocrisie et la trahison caractérisaient le monde politique, tandis qu’un niveau élevé d’inégalité (avec un indice de Gini de 48,0, un chiffre incroyablement élevé) accablait la société. Le mandat de Chávez (qui a remporté l’élection avec 56% contre 39% pour le candidat des anciens partis) était contre cette hypocrisie et cette trahison.
Le fait que les prix du pétrole soient restés élevés de 1999 (lorsque Chávez a pris ses fonctions) jusqu’en 2013 (lorsqu’il est mort à seulement 58 ans) a aidé Chávez et le processus bolivarien. Après s’être approprié les revenus du pétrole, Chávez les a utilisés pour obtenir d’extraordinaires résultats sociaux. Tout d’abord, il a développé une série de programmes sociaux de masse (« misiones ») qui ont redirigé ces revenus pour satisfaire les besoins humains fondamentaux, comme les soins de santé de base (Misión Barrio Adentro), l’alphabétisation et l’éducation secondaire pour la classe ouvrière et les paysans (Misión Robinson, Misión Ribas et Misión Sucre), la souveraineté alimentaire (Misión Mercal puis PDVAL) et la construction de logements (Gran Misión Vivienda).
L’État a été réformé comme un véhicule de justice sociale, et non comme un outil pour exclure la classe ouvrière et les paysans des bénéfices du marché. Avec l’avancement de ces réformes, le gouvernement a cherché à construire le pouvoir populaire à travers des outils participatifs comme les communes (comunas). Ces communes sont nées initialement des conseils communaux (consejos comunales) et ont ensuite évolué en organes populaires pour contrôler les fonds publics, planifier le développement local, créer des banques communautaires et former des entreprises coopératives locales (empresas de producción social).
Les communes représentent l’un des contributions les plus ambitieuses du processus bolivarien: un effort – irrégulier mais historiquement significatif – pour bâtir le pouvoir populaire comme une alternative durable à la domination oligarchique.

La guerre hybride imposée par les États-Unis au Venezuela
En 2013-2014, deux événements ont profondément menacé le processus bolivarien : d’une part, la disparition prématurée de Hugo Chávez, sans doute la force motrice de l’énergie révolutionnaire dans le pays, et d’autre part, le déclin lent puis constant des revenus pétroliers. Chávez a été remplacé à la présidence par l’ancien ministre des Affaires étrangères et syndicaliste Nicolás Maduro, qui a tenté de stabiliser la situation, mais a dû faire face à un défi sérieux lorsque les prix du pétrole, atteignant un pic en juin 2014 à environ 108 dollars le baril, ont chuté drastiquement en 2015 (en dessous de 50 dollars) puis en janvier 2016 (en dessous de 30 dollars). Pour le Venezuela, dépendant des ventes de pétrole brut à l’étranger, cette baisse a été catastrophique. Le processus bolivarien n’a pas réussi à revoir la redistribution dépendante du pétrole (pas seulement à l’intérieur du pays, mais aussi dans la région, notamment via PetroCaribe) ; il est resté piégé par sa dépendance aux exportations pétrolières et par ses contradictions en tant qu’État rentier. De même, le processus bolivarien n’avait pas exproprié la richesse des classes dominantes, qui continuaient à peser fortement sur l’économie et la société, empêchant ainsi une transition complète vers un projet socialiste.
Avant 2013, les États-Unis, leurs alliés européens et les forces oligarchiques d’Amérique latine avaient déjà forgé leurs armes pour une guerre hybride contre le Venezuela. Après que Chávez ait remporté ses premières élections en décembre 1998, et avant qu’il n’entre en fonction l’année suivante, le Venezuela a connu une fuite accélérée de capitaux, l’oligarchie vénézuélienne transférant ses richesses à Miami. Lors du coup d’État et du blocus pétrolier, d’autres preuves de fuite de capitaux ont encore affaibli la stabilité monétaire du Venezuela. Le gouvernement américain a commencé à poser les bases diplomatiques pour isoler le Venezuela, en qualifiant le gouvernement de problème et en constituant une coalition internationale contre lui. Cela a conduit, en 2006, à des restrictions d’accès aux marchés financiers internationaux. Les agences de notation de crédit, les banques d’investissement et les institutions multilatérales ont constamment augmenté les coûts de financement, rendant plus difficile le refinancement bien avant que les États-Unis n’imposent des sanctions formelles au Venezuela.
Après la mort de Chávez, avec la chute des prix du pétrole, les États-Unis ont lancé une guerre hybride ciblée contre le Venezuela. Par guerre hybride, on entend l’utilisation coordonnée de coercition économique, d’asphyxie financière, de guerre de l’information, de manipulation légale, d’isolement diplomatique et de violence ciblée, employées pour déstabiliser et inverser les projets politiques souverains sans invasion à grande échelle. Son objectif n’est pas la conquête territoriale, mais la soumission politique : discipliner les États qui tentent la redistribution, la nationalisation ou une politique étrangère indépendante.
La guerre hybride opère par la militarisation de la vie quotidienne. Attaques monétaires, sanctions, pénuries, narrations médiatiques, pressions des ONG, vexations juridiques (lawfare) et crises de légitimité orchestrées sont conçues pour éroder la capacité de l’État, épuiser le soutien populaire et fragmenter la cohésion sociale.
La souffrance qui en résulte est ensuite présentée comme une preuve d’un échec intérieur, masquant l’architecture extérieure de la coercition. C’est précisément ce que le Venezuela a affronté depuis que les États-Unis ont imposé illégalement des sanctions financières au pays en août 2017, puis aggravé par des sanctions secondaires en 2018. En raison de ces sanctions, le Venezuela a subi l’interruption de tous ses systèmes de paiement et canaux commerciaux, étant contraint à une conformité excessive aux réglementations américaines.
Pendant ce temps, les narrations des médias occidentaux ont systématiquement minimisé les sanctions, amplifiant inflation, pénuries et migration comme des phénomènes purement internes, renforçant le discours sur le changement de régime.
La chute du niveau de vie au Venezuela entre 2014 et 2017 ne peut être séparée de cette stratégie à plusieurs niveaux d’étouffement économique.
Attaques de mercenaires, sabotage du réseau électrique, création d’un conflit avantageant ExxonMobil entre la Guyana et le Venezuela, invention d’un président alternatif (Juan Guaidó), attribution du Prix Nobel de la Paix à quelqu’un qui prône la guerre contre son propre pays (Machado), tentative d’assassinat du président, bombardements de pêcheurs au large des côtes vénézuéliennes, saisie de pétroliers en partance du Venezuela, accumulation d’une flotte au large des côtes du pays : chacun de ces éléments est conçu pour créer une tension neurologique à l’intérieur du Venezuela, menant à la reddition du processus bolivarien en faveur d’un retour à 1998, et donc à l’annulation de toute loi sur les hydrocarbures promettant la souveraineté du pays.

Si le pays devait revenir à 1998, comme le promet Maria Corina Machado (photo), tous les progrès démocratiques obtenus par les misiones et les comunas, ainsi que par la Constitution de 1999, seraient invalidés. En effet, Machado a déclaré qu’un bombardement étasunien de ses compatriotes vénézuéliens serait « un acte d’amour ». Le slogan de ceux qui veulent renverser le gouvernement est : « En avant vers le passé ».
En octobre 2025, entre-temps, Maduro a dit en anglais à un public à Caracas: «Écoutez-moi, non à la guerre, oui à la paix, peuple des États-Unis.»
Ce soir-là, dans un discours radiophonique, il a averti: «Non au changement de régime, qui nous rappelle tant les guerres infinies et ratées en Afghanistan, en Irak, en Libye, etc. Non aux coups d’État orchestrés par la CIA.»
La phrase «non à la guerre, oui à la paix» a été reprise sur les réseaux sociaux et remixée en chansons. Maduro est apparu à plusieurs reprises lors de rassemblements et rencontres avec de la musique à plein volume, chantant « non à la guerre, oui à la paix » et, à au moins une occasion, portant un chapeau avec ce message.
13:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, venezuela, amérique du sud, amérique ibérique, amérique latine, caraïbes, révolution bolivarienne, bolivarisme, hugo chavez, histoire |
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Venezuela: attaques américaines, la "fenêtre des War powers" – et le retour des sphères d'influence

Venezuela: attaques américaines, la "fenêtre des War powers" – et le retour des sphères d'influence
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
Les États-Unis ont frappé militairement (https://www.welt.de/politik/article6958bd00fb77630dac275f... ). La Maison Blanche a confirmé les frappes aériennes contre le Venezuela. Caracas invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies et revendique le droit à l’autodéfense. Un appel téléphonique entre Nicolás Maduro et Donald Trump est resté sans effet.
La destruction précédemment rapportée de navires vénézuéliens apparaît rétrospectivement comme un test – tant sur le plan militaire que politique.
Le véritable cœur de cette escalade n’est pas militaire, mais juridique. Trump opère dans une "fenêtre de pouvoir", précisément calculée et inscrite dans le droit constitutionnel américain.
L’instrument juridique : War Powers
Selon la War Powers Resolution de 1973, le président doit informer le Congrès des États-Unis dans les 48 heures. Sans mandat explicite, une opération ne peut durer plus de 60 jours (plus jusqu’à 30 jours de retrait).
Important : le président peut commencer immédiatement les hostilités. C’est précisément cette "fenêtre" que Trump utilise – pendant la pause du Congrès. Plus il y a de faits établis avant le retour du parlement, plus la limite politique pour une cessation est haute.
Le récit pour légitimer
Trump argumentera que les États-Unis ont réagi à une attaque. Selon cette lecture, Washington mène contre le Venezuela une « guerre anti-drogue-terroriste », car ce dernier introduit délibérément des drogues aux États-Unis.
Ce récit est central: l’autodéfense permet d’agir sans l’approbation préalable du Congrès. C’est ici que la discussion ultérieure commence :
Quand commence le compteur de 60 jours ? Une opération anti-drogue devient-elle de facto une guerre contre un État ?
Venezuela en tant que nœud géopolitique
Le Venezuela n’est pas un théâtre isolé, mais un point de convergence de plusieurs intérêts des grandes puissances.

Chine :
Pékin est depuis plusieurs années un acteur stratégique au Venezuela : crédits, infrastructures, technologie, énergie. Juste avant l’attaque américaine, il aurait eu des accords oraux sur une coopération militaire – pas un traité, mais un signal clair.
Du point de vue américain, le Venezuela n’est pas seulement un « État problème », mais aussi une porte d’entrée pour la présence chinoise dans l’hémisphère occidental – exactement ce que la doctrine Monroe veut empêcher.
Russie :
Moscou a investi environ 20 milliards de dollars au Venezuela – principalement dans l’énergie et la défense. Le facteur déterminant reste cependant le pétrole : le Venezuela possède certaines des plus grandes réserves prouvées au monde.
Si les États-Unis y accèdent ou les contrôlent directement, Washington pourrait mieux contrôler le marché mondial du pétrole – avec des conséquences indirectes pour la Russie : prix, revenus, stabilité budgétaire.
Il ne s’agit donc pas seulement d’investissements perdus, mais d’un déplacement stratégique du marché et du pouvoir.
La logique plus large – miroir de Monroe
En profondeur, l’escalade suit une vieille logique froide.
L’« opération spéciale » de la Russie en Ukraine reflète une application miroir de sa propre logique Monroe: pas de projection d'une puissance étrangère dans la zone immédiate.
L’approche américaine au Venezuela est une version pure de la doctrine Monroe : pas d’acteurs externes dans l’hémisphère occidental – si nécessaire, leur imposer militairement cette interdiction.
Deux grandes puissances, deux sphères d’influence, deux « opérations spéciales » – même logique, mais avec des étiquettes différentes.
Conclusion pour l’Allemagne
Pour l’Allemagne, la leçon ne réside pas dans une appréciation morale, mais dans une compréhension correcte de la réalité.
Cette escalade montre que les grandes puissances n’agissent pas selon des valeurs, mais selon leurs intérêts – à travers des sphères d’influence, des ressources, la sécurité et le contrôle du marché.
Des termes tels que « ordre basé sur des règles » ou « défense de la liberté » servent principalement à légitimer, et non à gérer le pouvoir.
Une politique extérieure allemande réaliste commence là où l’on accepte que le monde est plus complexe, plus dur et plus cynique – et que des États qui n’y définissent pas eux-mêmes leurs intérêts deviennent l’objet de stratégies étrangères.
#geopolitik@global_affairs_byelena
12:34 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, venezuela, caraïbes, états-unis, amérique du sud, amérique latine, amérique ibérique |
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vendredi, 02 janvier 2026
La course aux armements devient un état permanent – et ce que cela signifie pour l’Europe

La course aux armements devient un état permanent – et ce que cela signifie pour l’Europe
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena
L’Institut de Kiel pour l’économie mondiale vient de révéler quelque chose (https://www.kielinstitut.de/de/publikationen/aktuelles/au... ), qui a cependant été réalisé depuis longtemps sur le plan politique, mais a été soigneusement dissimulé dans la communication: la confrontation avec la Russie n’est pas une exception temporaire, mais un facteur structurel à long terme dans la politique de l’UE, avec des conséquences fiscales directes pour l’Europe.
L’étude utilise des données historiques couvrant environ 150 ans et montre un schéma stable et récurrent: le renforcement militaire est d’abord financé par la dette, puis par des impôts plus élevés, ponctionnés de façon permanente. Pas ponctuellement, pas temporairement, mais de manière systématique.
Le mécanisme est clairement décrit. Dans la première phase, la dette publique augmente rapidement. Fonds spéciaux, budgets d’exception, dépenses de défense financées par crédit. Cela paraît d’abord abstrait: mais historiquement, la deuxième étape suit de manière parfaitement prévisible: des augmentations d’impôts, de nouvelles taxes, des charges indirectes plus élevées, qui ne sont pas entièrement annulées après la fin des tensions militaires. Dix ans après le début d’une phase de renforcement, les recettes fiscales sont en moyenne supérieures de 20 à 30 % par rapport au niveau initial. Ce n’est pas un cas extrême, mais la norme.

La comparaison historique, que les chercheurs de Kiel eux-mêmes établissent, est particulièrement révélatrice. La montée actuelle des armements des pays de l’OTAN fait partie des plus grands cycles de militarisation des pays industrialisés occidentaux depuis 150 ans — comparable aux périodes qui ont précédé les guerres mondiales ou ont suivi la guerre de Corée. Ceux qui prennent ces références au sérieux le savent: de tels cycles laissent des cicatrices fiscales durables.
Pour l’UE, cela signifie un déplacement silencieux mais profond des priorités. L’état d’urgence politique se transforme en une logique de planification permanente. La guerre — ou au moins une capacité de guerre permanente — passe d’un cas exceptionnel à une normalité calculée dans la gestion budgétaire de l’État.
Ce que cela signifie concrètement pour l’Europe peut être clairement déduit des données: des charges fiscales croissantes, moins d’espace fiscal, une pression accrue sur les budgets sociaux et d’infrastructure. Pas nécessairement par des coupes ouvertes, mais par un sous-financement insidieux et des charges croissantes pour de larges couches de la population. La marge financière de l’individu se réduit, tandis que l’État consacre des moyens toujours plus importants à la défense et au service de la dette.
Ce qui est frappant — et politiquement révélateur —, c’est ce qui n’est plus discuté dans l’analyse. La question du sens de cette course aux armements n’apparaît pas. Elle est considérée comme tranchée. Seules la mise en œuvre, le rythme et le financement sont soumis à débats — pour l’instant encore, on tient compte de l’acceptation publique. Le débat fondamental a été clôt silencieusement avant d’être ouvert en Europe en général et en Allemagne en particulier.
En résumé, l’Institut de Kiel ne fournit pas matière à polémique, mais un diagnostic sobre. C’est justement pourquoi il est si éclairant: l’UE se prépare structurellement à une crise fiscale de longue durée.
La facture n’est pas immédiatement présentée. Mais elle est déjà prise en compte.
#geopolitik@global_affairs_byelena
18:25 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes |
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Tierra y Libertad – Eternel désir au Mexique

Tierra y Libertad – Eternel désir au Mexique
Peter Backfisch
Source: https://opposition24.com/politik/tierra-y-libertad-ewige-sehnsucht-in-mexico/
Les lecteurs du portail opposition24.com connaîtront probablement peu de choses sur les périodiques de l’organisation d’aide patronnée par l’extrême gauche, porte-voix d'Antifa en Allemagne, « Die Rote Hilfe ». On pourrait aussi supposer qu’on préfère généralement jeter ce genre de publications à la poubelle plutôt que de les feuilleter.
L’auteur de ces lignes les as feuilletées et est tombé sur des choses plutôt intéressantes ! D’une part, il y a le point central du magazine, 4.2025, « Resistencia – Luttes et répressions au Mexique », qui débute par une introduction assez instructive sur l’histoire du pays. La Révolution mexicaine (1910-1917) y est traitée en détail, notamment la lutte du légendaire chef paysan Emilio Zapata. Sous la devise « Tierra y Libertad » (Terre et Liberté), il mena une lutte armée contre les grands propriétaires fonciers pour la restauration de droits ancestraux sur la terre. « La terre doit appartenir à ceux qui la cultivent. » Il jouit encore aujourd’hui d’un grand respect auprès de la population rurale.
Cela est particulièrement vrai pour les États de Chiapas et Oaxaca, où j'ai séjourné en 1992/1993, exactement un an avant l’insurrection de l’« Armée zapatiste ». Dans le numéro du magazine que j'ai examiné, les événements sont rapportés de manière bien informée et majoritairement correcte. J’ai pu ressentir l’atmosphère pré-révolutionnaire lors de mes échanges avec les Indigènes, entre Noël 1992 et le Nouvel An 1993. Quelque chose flottait dans l’air, et il était conseillé, lorsqu’on demandait si l’on était un « Gringo », de nier et d’affirmer que l’on était « Alemán », ce qui passa sans problème.

Au cœur du Chiapas, à San Cristóbal de las Casas, l’ancienne ville de « Ciudad Real », fondée en 1528 et dite « Ville Royale », les Indigènes se rassemblèrent la veille de Noël 1992 sur la place Zócalo devant la magnifique cathédrale construite dans le style colonial espagnol, et débattaient passionnément des événements qui se dessinaient à l’horizon. La participation du Mexique au traité de libre-échange NAFTA (North American Free Trade Agreement) était prévue pour le 1er janvier 1994, ce qui devait aggraver encore la situation des Indigènes de Chiapas et Oaxaca.


L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) rappelle les anciennes revendications du chef révolutionnaire Emilio Zapata, les reprend et ajoute à « Terre et Liberté » les revendications de « Pain, Éducation et Meilleure Santé », appelant en janvier 1994 à la révolte contre le traité NAFTA et le statu quo. L’armée mexicaine n’a pas été en mesure de rétablir la paix et l’ordre, et de longues négociations avec des représentants du gouvernement s’engagèrent.

Samuel Ruiz, évêque de Chiapas (photo), joua le rôle de médiateur. Il s’était déjà engagé dans la défense des droits des Indigènes lors de ses sermons, notamment lors de la messe de Noël 1992 dans la cathédrale de San Cristóbal de las Casas, à laquelle j'ai eu la chance d’assister. L’évêque Ruiz, qui s’était attiré la colère des grands propriétaires terriens par son engagement, mit fin aux combats par un accord. Les revendications de la population furent partiellement satisfaites, les insurgés reçurent la garantie de liberté de mouvement et d’impunité, assurée par l’Église catholique de Chiapas.


En lisant les articles relatant ces événements dans le magazine, on remarque que beaucoup de paragraphes sont écrits à travers le prisme d’une vision historique de gauche, tandis que d’autres aspects importants de la situation des Indigènes dans le sud du Mexique ne sont pas mentionnés. Par exemple, la situation des Indigènes lacandones (photo), « les derniers gardiens de la forêt ». Ils restent aujourd’hui les seuls habitants humains de la vaste forêt tropicale du sud du Mexique, jusqu’à la frontière guatémaltèque. Ils parlent toujours une langue maya et maîtrisent peu ou pas du tout l’espagnol. Ils chassent encore à l’arc et à la flèche des sangliers, des cerfs, des tapirs et d’autres animaux de la forêt tropicale.
Les turbulences de l’insurrection dans le Chiapas ont probablement peu affecté les Iacandones/Lacandones (les deux graphies existent), ce qui explique aussi pourquoi ils ne sont pas mentionnés dans un magazine de gauche.
Pour les renégats et les activistes de gauche des années 1970, l’histoire de « Rote Hilfe » pourrait aussi être intéressante. Peut-être fête-t-elle aujourd’hui ses 50 ans ? Mais on ne le sait pas avec certitude. Au début des années 70, il existait en tout cas deux organisations « Rote Hilfe », créées par la KPD/ML: la Rote Hilfe Deutschland (RHD) et celle de la KPD/AO, la Rote Hilfe e.V. Elles se sont affrontées violemment jusqu’à ce que le Comité central du Parti communiste chinois intervienne et exige l’unification immédiate des deux organisations. Après un voyage de délégation à Pékin, cela fut effectivement mis en œuvre. Un document d’unification était prêt en 1975, mais fut à plusieurs reprises saboté par différentes sections locales. La description des événements est divertissante et montre encore une fois que la gauche n’est pas capable de donner vie à ses propres objectifs.
Mis à part les textes qui m'intéressent, le périodique « Rote Hilfe » est imbuvable. Les contributions que je ne mentionne pas, qui sont autant d'hommages propagandistes de mouture antifa, et, par suite, illisibles, méritent vraiment d’être jetées à la poubelle.
Qui est Peter Backfisch?
Peter Backfisch, né en 1954, est diplômé en pédagogie et a travaillé pendant 40 ans pour une organisation (ONG) du secteur social. Il a été notamment conseiller du président du conseil d’administration en politique internationale. Il a aussi travaillé jusqu’en 2004 en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans les États de la CEI en tant que collaborateur indépendant pour divers prestataires internationaux. Depuis 2019, il écrit en tant qu’auteur indépendant, notamment pour Junge Freiheit, Abendland, Wochenblick, Attersee Report et Tumult (en ligne).
18:08 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, zapatisme, mexique, amérique centrale, amérique latine, amérique ibérique, chiapas |
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Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/cinesi-arabi-indiani-statuniten...
À qui revient l'Allemagne ? À eux ! Non, non, pas aux Allemands. Mais à tous ceux qui mettent sur la table des industriels de l'ancienne locomotive de l'Europe une somme considérable en dollars, roupies, yens, yuans, rials. En somme, toute devise provenant de n'importe quelle partie du monde est la bienvenue. Tout comme en Italie. La seule différence est qu'ici, les acheteurs potentiels se montrent difficiles lorsqu'il s'agit d'acheter l'ancienne Ilva ou les nombreuses entreprises métallurgiques en difficulté, tandis que l'industrie allemande profite encore d'une image d'efficacité.
Le résultat, cependant, est le même. On vient faire ses achats en Europe parce que les entrepreneurs du Vieux Continent ne sont plus à la hauteur de leurs pères et grands-pères qui ont bâti les entreprises. Avec les exceptions incontournables, bien sûr. Ferrero s'engage à se développer tant en interne que par des acquisitions à l'étranger. Mais c'est justement une exception. Avec quelques autres. En Italie comme en Allemagne. Et aussi en France, à part Arnault et quelques autres rares entrepreneurs.

Pour le reste, mieux vaut beaucoup d'argent, puisqu'on est fichu, et tout de suite. Volkswagen s'apprête, pour la première fois, à fermer une usine sur le sol allemand. Et il y a déjà des étrangers prêts à prendre la relève. Cela vaut pour la chimie, les technologies de pointe, les secteurs innovants, les services qui attirent les Américains.
Les acquisitions étrangères ont augmenté ces dernières années, représentant un cinquième de toutes celles effectuées dans l'Union européenne, et concernent non seulement les grands groupes, mais aussi, de plus en plus souvent, les PME.
Les données relatives aux investissements étrangers greenfield, c'est-à-dire ex novo, sont également particulièrement intéressantes. L'Espagne occupe la première place en Europe, suivie de près par l'Allemagne. Cela signifie que les entrepreneurs étrangers croient au potentiel des travailleurs européens, ainsi qu'aux opportunités offertes par les différents pays. Ce sont les entrepreneurs européens qui manquent de courage et de compétences. Ils sont remplacés par des collègues venus du monde entier.
Ils rachètent des entreprises mécaniques, automobiles et électroniques. Mais les Chinois sont également sur le point de finaliser l'acquisition d'activités commerciales telles que celles du groupe allemand Ceconomy, qui détient, en Italie, le réseau Mediaworld. Sans oublier le secteur de la mode et de l'alimentation.
16:46 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, allemagne, europe, affaires européennes, économie |
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L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace

L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace
Markku Siira
Source: https://geopolarium.com/2025/12/12/kiinan-laajeneva-strat...
La politologue et sinologue Elizabeth Economy examine dans Foreign Affairs comment la Chine cherche systématiquement à approfondir sa présence et son influence dans des domaines stratégiquement importants : en haute mer, dans la région arctique, dans l’espace, dans le cyberespace et dans le système financier international. Economy met en avant la cohérence de la politique chinoise – investissements massifs dirigés par l’État, pénétration des institutions existantes, création de forums alternatifs et engagement des pays émergents dans sa sphère d’influence – ainsi que l’objectif du président Xi Jinping de remettre la Chine au centre de la politique mondiale.

Concernant les ressources minérales en haute mer, Economy décrit de manière fiable la montée en puissance de la Chine. Le pays possède la plus grande flotte de navires de recherche civile au monde, cinq contrats d’exploration minière accordés par l’Autorité internationale des fonds marins (ISA) (le plus grand nombre au monde) et une représentation importante dans les organes décisionnels de l’organisation. La Chine poursuit une accélération de l’exploitation minière et a bloqué l’adoption de moratoires environnementaux au sein de l’ISA. Cependant, la majorité des membres de l’ISA – près de 40 pays – s’oppose à cette ligne et demande des mesures de protection plus strictes. La supériorité technologique de la Chine est indiscutable, mais lors de la définition des normes, elle a jusqu’à présent perdu.
Dans la région arctique, Economy met en avant la Route de la soie polaire et le premier transport direct de fret maritime vers l’Europe, réalisé en octobre. La coopération de la Chine avec la Russie s’est renforcée suite à la guerre en Ukraine, menant à de nouveaux projets miniers, portuaires et ferroviaires. Cependant, seulement 18 des 57 propositions d’investissements arctiques de la Chine ont été réalisées – les autres États arctiques (Canada, Danemark, Islande, Norvège, Suède et Finlande) ont rejeté ces financements chinois pour des raisons de sécurité. La Russie a ouvert ses portes sous prétexte d’un partenariat stratégique, mais maintient fermement le contrôle décisionnel et insiste sur le fait que la Chine ne possède pas le statut de véritable puissance arctique.

Dans l’espace, la Chine progresse de manière convaincante : elle dispose de plus de 700 satellites, d’une station spatiale habitée (Tiangong - photo) et prévoit de construire une base lunaire permanente. Dans le cadre du projet ILRS dirigé par la Chine et la Russie, 11 pays participent, tandis que l’Accord d’Artemis, signé par 60 États, n’est pas représentatif d’un affaiblissement diplomatique chinois, mais d’une stratégie délibérée, où les objectifs nationaux priment sur le consensus international. La Chine peut atteindre ses principaux objectifs spatiaux sans réseau de partenaires étendu.

Dans les secteurs du cyberespace et de la technologie, Economy souligne la volonté de la Chine de remodeler l’architecture fondamentale d’Internet. Un exemple clé est le New IP, une architecture réseau proposée par Huawei et l’Union internationale des télécommunications (UIT). La proposition aurait permis un contrôle étatique beaucoup plus strict et des moyens intégrés pour couper des parties du réseau si nécessaire. Présentée comme une avancée technologique, elle a été largement perçue comme une menace pour Internet ouvert, et le projet a été rejeté par les pays occidentaux et le secteur civil. Il est notable que même des pays bénéficiant du soutien financier chinois ont rejeté la proposition. Bien que le nombre de propositions de normes chinoises ait explosé, leur influence dans les organes clés reste limitée.
Dans le système financier, la montée du renminbi chinois s’est arrêtée à un niveau faible: sa part dans les paiements SWIFT (2,5-3,2 % en 2025) et ses réserves en devises dans les banques centrales (environ 2,1-2,2 %) restent marginales. Alors que la politique de sanctions des États-Unis a accéléré la dédollarisation en Iran, en Russie, au Brésil et en Inde, le renminbi ne devient pas une alternative au dollar. Une internationalisation totale nécessiterait une libéralisation des flux de capitaux et une soumission de la banque centrale aux normes du système financier occidental, ce qui est impossible pour la Chine sans renier son modèle économique dirigé par l’État et renoncer à sa souveraineté économique.
Un analyste américain reprend finalement les clichés habituels: face à la concurrence chinoise, les États-Unis doivent investir dans leurs capacités militaires et technologiques, renforcer leurs alliances et restaurer leur réputation en tant que leader responsable. Ces lignes directrices sont compréhensibles, mais semblent optimistes, car les propositions de solution ne prennent pas suffisamment en compte les dommages causés par la politique américaine elle-même. Par exemple, la critique de Trump envers l’Europe, ses menaces d’ignorer les règles de l’ISA ou d’interpréter unilatéralement des accords, pourrait affaiblir l’Occident plus rapidement que la montée de la Chine.
Economy propose une vision américaine de la stratégie à long terme de la Chine, mais son interprétation est parfois alarmiste. La Chine a certes progressé dans de nombreux domaines, mais son influence dans le système mondial reste limitée. Les préoccupations environnementales, les peurs sécuritaires, les différends réglementaires et l’attrait d’un modèle plus ouvert se sont révélés plus puissants que prévu. La question décisive n’est pas seulement la persévérance de la Chine, mais aussi si les États-Unis ou tout autre pays peuvent offrir une vision crédible et attrayante d’un avenir commun pour la communauté mondiale. À l’heure actuelle, cela ne semble pas être le cas.
16:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, asie, affaires asiatiques |
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