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samedi, 03 janvier 2026

Venezuela: attaques américaines, la "fenêtre des War powers" – et le retour des sphères d'influence

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Venezuela: attaques américaines, la "fenêtre des War powers" – et le retour des sphères d'influence

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Les États-Unis ont frappé militairement (https://www.welt.de/politik/article6958bd00fb77630dac275f... ). La Maison Blanche a confirmé les frappes aériennes contre le Venezuela. Caracas invoque l’article 51 de la Charte des Nations Unies et revendique le droit à l’autodéfense. Un appel téléphonique entre Nicolás Maduro et Donald Trump est resté sans effet.

La destruction précédemment rapportée de navires vénézuéliens apparaît rétrospectivement comme un test – tant sur le plan militaire que politique.

Le véritable cœur de cette escalade n’est pas militaire, mais juridique. Trump opère dans une "fenêtre de pouvoir", précisément calculée et inscrite dans le droit constitutionnel américain.

L’instrument juridique : War Powers

Selon la War Powers Resolution de 1973, le président doit informer le Congrès des États-Unis dans les 48 heures. Sans mandat explicite, une opération ne peut durer plus de 60 jours (plus jusqu’à 30 jours de retrait).

Important : le président peut commencer immédiatement les hostilités. C’est précisément cette "fenêtre" que Trump utilise – pendant la pause du Congrès. Plus il y a de faits établis avant le retour du parlement, plus la limite politique pour une cessation est haute.

Le récit pour légitimer

Trump argumentera que les États-Unis ont réagi à une attaque. Selon cette lecture, Washington mène contre le Venezuela une « guerre anti-drogue-terroriste », car ce dernier introduit délibérément des drogues aux États-Unis.

Ce récit est central: l’autodéfense permet d’agir sans l’approbation préalable du Congrès. C’est ici que la discussion ultérieure commence :

Quand commence le compteur de 60 jours ? Une opération anti-drogue devient-elle de facto une guerre contre un État ?

Venezuela en tant que nœud géopolitique

Le Venezuela n’est pas un théâtre isolé, mais un point de convergence de plusieurs intérêts des grandes puissances.

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Chine :

Pékin est depuis plusieurs années un acteur stratégique au Venezuela : crédits, infrastructures, technologie, énergie. Juste avant l’attaque américaine, il aurait eu des accords oraux sur une coopération militaire – pas un traité, mais un signal clair.

Du point de vue américain, le Venezuela n’est pas seulement un « État problème », mais aussi une porte d’entrée pour la présence chinoise dans l’hémisphère occidental – exactement ce que la doctrine Monroe veut empêcher.

Russie :

Moscou a investi environ 20 milliards de dollars au Venezuela – principalement dans l’énergie et la défense. Le facteur déterminant reste cependant le pétrole : le Venezuela possède certaines des plus grandes réserves prouvées au monde.

Si les États-Unis y accèdent ou les contrôlent directement, Washington pourrait mieux contrôler le marché mondial du pétrole – avec des conséquences indirectes pour la Russie : prix, revenus, stabilité budgétaire.

Il ne s’agit donc pas seulement d’investissements perdus, mais d’un déplacement stratégique du marché et du pouvoir.

La logique plus large – miroir de Monroe

En profondeur, l’escalade suit une vieille logique froide.

L’« opération spéciale » de la Russie en Ukraine reflète une application miroir de sa propre logique Monroe: pas de projection d'une puissance étrangère dans la zone immédiate.

L’approche américaine au Venezuela est une version pure de la doctrine Monroe : pas d’acteurs externes dans l’hémisphère occidental – si nécessaire, leur imposer militairement cette interdiction.

Deux grandes puissances, deux sphères d’influence, deux « opérations spéciales » – même logique, mais avec des étiquettes différentes.

Conclusion pour l’Allemagne

Pour l’Allemagne, la leçon ne réside pas dans une appréciation morale, mais dans une compréhension correcte de la réalité.

Cette escalade montre que les grandes puissances n’agissent pas selon des valeurs, mais selon leurs intérêts – à travers des sphères d’influence, des ressources, la sécurité et le contrôle du marché.

Des termes tels que « ordre basé sur des règles » ou « défense de la liberté » servent principalement à légitimer, et non à gérer le pouvoir.

Une politique extérieure allemande réaliste commence là où l’on accepte que le monde est plus complexe, plus dur et plus cynique – et que des États qui n’y définissent pas eux-mêmes leurs intérêts deviennent l’objet de stratégies étrangères.

#geopolitik@global_affairs_byelena

vendredi, 02 janvier 2026

La course aux armements devient un état permanent – et ce que cela signifie pour l’Europe

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La course aux armements devient un état permanent – et ce que cela signifie pour l’Europe

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

L’Institut de Kiel pour l’économie mondiale vient de révéler quelque chose (https://www.kielinstitut.de/de/publikationen/aktuelles/au... ), qui a cependant été réalisé depuis longtemps sur le plan politique, mais a été soigneusement dissimulé dans la communication: la confrontation avec la Russie n’est pas une exception temporaire, mais un facteur structurel à long terme dans la politique de l’UE, avec des conséquences fiscales directes pour l’Europe.

L’étude utilise des données historiques couvrant environ 150 ans et montre un schéma stable et récurrent: le renforcement militaire est d’abord financé par la dette, puis par des impôts plus élevés, ponctionnés de façon permanente. Pas ponctuellement, pas temporairement, mais de manière systématique.

Le mécanisme est clairement décrit. Dans la première phase, la dette publique augmente rapidement. Fonds spéciaux, budgets d’exception, dépenses de défense financées par crédit. Cela paraît d’abord abstrait: mais historiquement, la deuxième étape suit de manière parfaitement prévisible: des augmentations d’impôts, de nouvelles taxes, des charges indirectes plus élevées, qui ne sont pas entièrement annulées après la fin des tensions militaires. Dix ans après le début d’une phase de renforcement, les recettes fiscales sont en moyenne supérieures de 20 à 30 % par rapport au niveau initial. Ce n’est pas un cas extrême, mais la norme.

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La comparaison historique, que les chercheurs de Kiel eux-mêmes établissent, est particulièrement révélatrice. La montée actuelle des armements des pays de l’OTAN fait partie des plus grands cycles de militarisation des pays industrialisés occidentaux depuis 150 ans — comparable aux périodes qui ont précédé les guerres mondiales ou ont suivi la guerre de Corée. Ceux qui prennent ces références au sérieux le savent: de tels cycles laissent des cicatrices fiscales durables.

Pour l’UE, cela signifie un déplacement silencieux mais profond des priorités. L’état d’urgence politique se transforme en une logique de planification permanente. La guerre — ou au moins une capacité de guerre permanente — passe d’un cas exceptionnel à une normalité calculée dans la gestion budgétaire de l’État.

Ce que cela signifie concrètement pour l’Europe peut être clairement déduit des données: des charges fiscales croissantes, moins d’espace fiscal, une pression accrue sur les budgets sociaux et d’infrastructure. Pas nécessairement par des coupes ouvertes, mais par un sous-financement insidieux et des charges croissantes pour de larges couches de la population. La marge financière de l’individu se réduit, tandis que l’État consacre des moyens toujours plus importants à la défense et au service de la dette.

Ce qui est frappant — et politiquement révélateur —, c’est ce qui n’est plus discuté dans l’analyse. La question du sens de cette course aux armements n’apparaît pas. Elle est considérée comme tranchée. Seules la mise en œuvre, le rythme et le financement sont soumis à débats — pour l’instant encore, on tient compte de l’acceptation publique. Le débat fondamental a été clôt silencieusement avant d’être ouvert en Europe en général et en Allemagne en particulier.

En résumé, l’Institut de Kiel ne fournit pas matière à polémique, mais un diagnostic sobre. C’est justement pourquoi il est si éclairant: l’UE se prépare structurellement à une crise fiscale de longue durée.

La facture n’est pas immédiatement présentée. Mais elle est déjà prise en compte.

#geopolitik@global_affairs_byelena

Tierra y Libertad – Eternel désir au Mexique

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Tierra y Libertad – Eternel désir au Mexique

Peter Backfisch

Source: https://opposition24.com/politik/tierra-y-libertad-ewige-sehnsucht-in-mexico/

393-RHZ_2024_3_Web-2830206869.pngLes lecteurs du portail opposition24.com connaîtront probablement peu de choses sur les périodiques de l’organisation d’aide patronnée par l’extrême gauche, porte-voix d'Antifa en Allemagne, « Die Rote Hilfe ». On pourrait aussi supposer qu’on préfère généralement jeter ce genre de publications à la poubelle plutôt que de les feuilleter.

L’auteur de ces lignes les as feuilletées et est tombé sur des choses plutôt intéressantes ! D’une part, il y a le point central du magazine, 4.2025, « Resistencia – Luttes et répressions au Mexique », qui débute par une introduction assez instructive sur l’histoire du pays. La Révolution mexicaine (1910-1917) y est traitée en détail, notamment la lutte du légendaire chef paysan Emilio Zapata. Sous la devise « Tierra y Libertad » (Terre et Liberté), il mena une lutte armée contre les grands propriétaires fonciers pour la restauration de droits ancestraux sur la terre. « La terre doit appartenir à ceux qui la cultivent. » Il jouit encore aujourd’hui d’un grand respect auprès de la population rurale.

Cela est particulièrement vrai pour les États de Chiapas et Oaxaca, où j'ai séjourné en 1992/1993, exactement un an avant l’insurrection de l’« Armée zapatiste ». Dans le numéro du magazine que j'ai examiné, les événements sont rapportés de manière bien informée et majoritairement correcte. J’ai pu ressentir l’atmosphère pré-révolutionnaire lors de mes échanges avec les Indigènes, entre Noël 1992 et le Nouvel An 1993. Quelque chose flottait dans l’air, et il était conseillé, lorsqu’on demandait si l’on était un « Gringo », de nier et d’affirmer que l’on était « Alemán », ce qui passa sans problème.

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Au cœur du Chiapas, à San Cristóbal de las Casas, l’ancienne ville de « Ciudad Real », fondée en 1528 et dite « Ville Royale », les Indigènes se rassemblèrent la veille de Noël 1992 sur la place Zócalo devant la magnifique cathédrale construite dans le style colonial espagnol, et débattaient passionnément des événements qui se dessinaient à l’horizon. La participation du Mexique au traité de libre-échange NAFTA (North American Free Trade Agreement) était prévue pour le 1er janvier 1994, ce qui devait aggraver encore la situation des Indigènes de Chiapas et Oaxaca.

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L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) rappelle les anciennes revendications du chef révolutionnaire Emilio Zapata, les reprend et ajoute à « Terre et Liberté » les revendications de « Pain, Éducation et Meilleure Santé », appelant en janvier 1994 à la révolte contre le traité NAFTA et le statu quo. L’armée mexicaine n’a pas été en mesure de rétablir la paix et l’ordre, et de longues négociations avec des représentants du gouvernement s’engagèrent.

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Samuel Ruiz, évêque de Chiapas (photo), joua le rôle de médiateur. Il s’était déjà engagé dans la défense des droits des Indigènes lors de ses sermons, notamment lors de la messe de Noël 1992 dans la cathédrale de San Cristóbal de las Casas, à laquelle j'ai eu la chance d’assister. L’évêque Ruiz, qui s’était attiré la colère des grands propriétaires terriens par son engagement, mit fin aux combats par un accord. Les revendications de la population furent partiellement satisfaites, les insurgés reçurent la garantie de liberté de mouvement et d’impunité, assurée par l’Église catholique de Chiapas.

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En lisant les articles relatant ces événements dans le magazine, on remarque que beaucoup de paragraphes sont écrits à travers le prisme d’une vision historique de gauche, tandis que d’autres aspects importants de la situation des Indigènes dans le sud du Mexique ne sont pas mentionnés. Par exemple, la situation des Indigènes lacandones (photo), « les derniers gardiens de la forêt ». Ils restent aujourd’hui les seuls habitants humains de la vaste forêt tropicale du sud du Mexique, jusqu’à la frontière guatémaltèque. Ils parlent toujours une langue maya et maîtrisent peu ou pas du tout l’espagnol. Ils chassent encore à l’arc et à la flèche des sangliers, des cerfs, des tapirs et d’autres animaux de la forêt tropicale.

Les turbulences de l’insurrection dans le Chiapas ont probablement peu affecté les Iacandones/Lacandones (les deux graphies existent), ce qui explique aussi pourquoi ils ne sont pas mentionnés dans un magazine de gauche.

Pour les renégats et les activistes de gauche des années 1970, l’histoire de « Rote Hilfe » pourrait aussi être intéressante. Peut-être fête-t-elle aujourd’hui ses 50 ans ? Mais on ne le sait pas avec certitude. Au début des années 70, il existait en tout cas deux organisations « Rote Hilfe », créées par la KPD/ML: la Rote Hilfe Deutschland (RHD) et celle de la KPD/AO, la Rote Hilfe e.V. Elles se sont affrontées violemment jusqu’à ce que le Comité central du Parti communiste chinois intervienne et exige l’unification immédiate des deux organisations. Après un voyage de délégation à Pékin, cela fut effectivement mis en œuvre. Un document d’unification était prêt en 1975, mais fut à plusieurs reprises saboté par différentes sections locales. La description des événements est divertissante et montre encore une fois que la gauche n’est pas capable de donner vie à ses propres objectifs.

Mis à part les textes qui m'intéressent, le périodique « Rote Hilfe » est imbuvable. Les contributions que je ne mentionne pas, qui sont autant d'hommages propagandistes de mouture antifa, et, par suite, illisibles, méritent vraiment d’être jetées à la poubelle.

Qui est Peter Backfisch?

Peter Backfisch, né en 1954, est diplômé en pédagogie et a travaillé pendant 40 ans pour une organisation (ONG) du secteur social. Il a été notamment conseiller du président du conseil d’administration en politique internationale. Il a aussi travaillé jusqu’en 2004 en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans les États de la CEI en tant que collaborateur indépendant pour divers prestataires internationaux. Depuis 2019, il écrit en tant qu’auteur indépendant, notamment pour Junge Freiheit, Abendland, Wochenblick, Attersee Report et Tumult (en ligne).

Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

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Chinois, Arabes, Indiens, Américains: tous s'arrachent les reliquats d'une Allemagne en déroute

Enrico Toselli

Source: https://electomagazine.it/cinesi-arabi-indiani-statuniten...

À qui revient l'Allemagne ? À eux ! Non, non, pas aux Allemands. Mais à tous ceux qui mettent sur la table des industriels de l'ancienne locomotive de l'Europe une somme considérable en dollars, roupies, yens, yuans, rials. En somme, toute devise provenant de n'importe quelle partie du monde est la bienvenue. Tout comme en Italie. La seule différence est qu'ici, les acheteurs potentiels se montrent difficiles lorsqu'il s'agit d'acheter l'ancienne Ilva ou les nombreuses entreprises métallurgiques en difficulté, tandis que l'industrie allemande profite encore d'une image d'efficacité.

Le résultat, cependant, est le même. On vient faire ses achats en Europe parce que les entrepreneurs du Vieux Continent ne sont plus à la hauteur de leurs pères et grands-pères qui ont bâti les entreprises. Avec les exceptions incontournables, bien sûr. Ferrero s'engage à se développer tant en interne que par des acquisitions à l'étranger. Mais c'est justement une exception. Avec quelques autres. En Italie comme en Allemagne. Et aussi en France, à part Arnault et quelques autres rares entrepreneurs.

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Pour le reste, mieux vaut beaucoup d'argent, puisqu'on est fichu, et tout de suite. Volkswagen s'apprête, pour la première fois, à fermer une usine sur le sol allemand. Et il y a déjà des étrangers prêts à prendre la relève. Cela vaut pour la chimie, les technologies de pointe, les secteurs innovants, les services qui attirent les Américains.

Les acquisitions étrangères ont augmenté ces dernières années, représentant un cinquième de toutes celles effectuées dans l'Union européenne, et concernent non seulement les grands groupes, mais aussi, de plus en plus souvent, les PME.

Les données relatives aux investissements étrangers greenfield, c'est-à-dire ex novo, sont également particulièrement intéressantes. L'Espagne occupe la première place en Europe, suivie de près par l'Allemagne. Cela signifie que les entrepreneurs étrangers croient au potentiel des travailleurs européens, ainsi qu'aux opportunités offertes par les différents pays. Ce sont les entrepreneurs européens qui manquent de courage et de compétences. Ils sont remplacés par des collègues venus du monde entier.

Ils rachètent des entreprises mécaniques, automobiles et électroniques. Mais les Chinois sont également sur le point de finaliser l'acquisition d'activités commerciales telles que celles du groupe allemand Ceconomy, qui détient, en Italie, le réseau Mediaworld. Sans oublier le secteur de la mode et de l'alimentation.

 

L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace

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L’espace stratégique en expansion de la Chine – De la grande profondeur marine à l’Arctique, de la Lune au cyberespace

Markku Siira

Source: https://geopolarium.com/2025/12/12/kiinan-laajeneva-strat...

La politologue et sinologue Elizabeth Economy examine dans Foreign Affairs comment la Chine cherche systématiquement à approfondir sa présence et son influence dans des domaines stratégiquement importants : en haute mer, dans la région arctique, dans l’espace, dans le cyberespace et dans le système financier international. Economy met en avant la cohérence de la politique chinoise – investissements massifs dirigés par l’État, pénétration des institutions existantes, création de forums alternatifs et engagement des pays émergents dans sa sphère d’influence – ainsi que l’objectif du président Xi Jinping de remettre la Chine au centre de la politique mondiale.

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Concernant les ressources minérales en haute mer, Economy décrit de manière fiable la montée en puissance de la Chine. Le pays possède la plus grande flotte de navires de recherche civile au monde, cinq contrats d’exploration minière accordés par l’Autorité internationale des fonds marins (ISA) (le plus grand nombre au monde) et une représentation importante dans les organes décisionnels de l’organisation. La Chine poursuit une accélération de l’exploitation minière et a bloqué l’adoption de moratoires environnementaux au sein de l’ISA. Cependant, la majorité des membres de l’ISA – près de 40 pays – s’oppose à cette ligne et demande des mesures de protection plus strictes. La supériorité technologique de la Chine est indiscutable, mais lors de la définition des normes, elle a jusqu’à présent perdu.

Dans la région arctique, Economy met en avant la Route de la soie polaire et le premier transport direct de fret maritime vers l’Europe, réalisé en octobre. La coopération de la Chine avec la Russie s’est renforcée suite à la guerre en Ukraine, menant à de nouveaux projets miniers, portuaires et ferroviaires. Cependant, seulement 18 des 57 propositions d’investissements arctiques de la Chine ont été réalisées – les autres États arctiques (Canada, Danemark, Islande, Norvège, Suède et Finlande) ont rejeté ces financements chinois pour des raisons de sécurité. La Russie a ouvert ses portes sous prétexte d’un partenariat stratégique, mais maintient fermement le contrôle décisionnel et insiste sur le fait que la Chine ne possède pas le statut de véritable puissance arctique.

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Dans l’espace, la Chine progresse de manière convaincante : elle dispose de plus de 700 satellites, d’une station spatiale habitée (Tiangong - photo) et prévoit de construire une base lunaire permanente. Dans le cadre du projet ILRS dirigé par la Chine et la Russie, 11 pays participent, tandis que l’Accord d’Artemis, signé par 60 États, n’est pas représentatif d’un affaiblissement diplomatique chinois, mais d’une stratégie délibérée, où les objectifs nationaux priment sur le consensus international. La Chine peut atteindre ses principaux objectifs spatiaux sans réseau de partenaires étendu.

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Dans les secteurs du cyberespace et de la technologie, Economy souligne la volonté de la Chine de remodeler l’architecture fondamentale d’Internet. Un exemple clé est le New IP, une architecture réseau proposée par Huawei et l’Union internationale des télécommunications (UIT). La proposition aurait permis un contrôle étatique beaucoup plus strict et des moyens intégrés pour couper des parties du réseau si nécessaire. Présentée comme une avancée technologique, elle a été largement perçue comme une menace pour Internet ouvert, et le projet a été rejeté par les pays occidentaux et le secteur civil. Il est notable que même des pays bénéficiant du soutien financier chinois ont rejeté la proposition. Bien que le nombre de propositions de normes chinoises ait explosé, leur influence dans les organes clés reste limitée.

Dans le système financier, la montée du renminbi chinois s’est arrêtée à un niveau faible: sa part dans les paiements SWIFT (2,5-3,2 % en 2025) et ses réserves en devises dans les banques centrales (environ 2,1-2,2 %) restent marginales. Alors que la politique de sanctions des États-Unis a accéléré la dédollarisation en Iran, en Russie, au Brésil et en Inde, le renminbi ne devient pas une alternative au dollar. Une internationalisation totale nécessiterait une libéralisation des flux de capitaux et une soumission de la banque centrale aux normes du système financier occidental, ce qui est impossible pour la Chine sans renier son modèle économique dirigé par l’État et renoncer à sa souveraineté économique.

Un analyste américain reprend finalement les clichés habituels: face à la concurrence chinoise, les États-Unis doivent investir dans leurs capacités militaires et technologiques, renforcer leurs alliances et restaurer leur réputation en tant que leader responsable. Ces lignes directrices sont compréhensibles, mais semblent optimistes, car les propositions de solution ne prennent pas suffisamment en compte les dommages causés par la politique américaine elle-même. Par exemple, la critique de Trump envers l’Europe, ses menaces d’ignorer les règles de l’ISA ou d’interpréter unilatéralement des accords, pourrait affaiblir l’Occident plus rapidement que la montée de la Chine.

Economy propose une vision américaine de la stratégie à long terme de la Chine, mais son interprétation est parfois alarmiste. La Chine a certes progressé dans de nombreux domaines, mais son influence dans le système mondial reste limitée. Les préoccupations environnementales, les peurs sécuritaires, les différends réglementaires et l’attrait d’un modèle plus ouvert se sont révélés plus puissants que prévu. La question décisive n’est pas seulement la persévérance de la Chine, mais aussi si les États-Unis ou tout autre pays peuvent offrir une vision crédible et attrayante d’un avenir commun pour la communauté mondiale. À l’heure actuelle, cela ne semble pas être le cas.

16:31 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, asie, affaires asiatiques | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

jeudi, 01 janvier 2026

Échec du F-35: le Pentagone et Lockheed Martin refusent d’en assumer la responsabilité

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Échec du F-35: le Pentagone et Lockheed Martin refusent d’en assumer la responsabilité

par Drago Bosnic

Source: https://steigan.no/2025/12/f35-fiaskoen-pentagon-og-lockh...

Le prétendu programme Joint Strike Fighter était censé fournir aux États-Unis et à leurs alliés un «avion miracle» pouvant remplacer toute une génération d’avions de chasse. Au lieu de cela, le Pentagone se retrouve avec une flotte de F-35 à peine disponible la moitié du temps, avec des coûts d’entretien énormes, des défaillances techniques constantes – et un fournisseur toujours récompensé par des milliards de primes. Par ailleurs, tant les exercices que l’expérience de guerre réelle montrent que l’appareil ne remplit ni ses fonctions de plateforme d’armement ni ses fonctions de système de renseignement.

Défaillances chroniques sans solution

À un moment donné dans un avenir proche, quelqu’un établira une liste des pires avions militaires de l’histoire. La question n’est pas de savoir si le F-35 y figurera, mais à quel rang.

Ce jet de combat américain a échoué à passer en revue tous les audits et révisions en dix ans de service. L’organe de contrôle américain, le Government Accountability Office (GAO), a publié plusieurs rapports sur près de 900 écarts et défauts dans le programme Joint Strike Fighter (JSF) – allant de la disponibilité et de la préparation au combat à la robustesse et à la fiabilité.

Selon le dernier rapport, aucun de ces problèmes n’a été résolu. Au contraire, de nouvelles faiblesses ont été découvertes, aggravant la réputation déjà catastrophique du programme F-35.

Disponibilité inférieure à 50% – mais des milliards de bonus pour Lockheed

Le contrôleur général du ministère de la Défense affirme que la flotte totale de F-35 dans les forces armées américaines – tous les branches qui utilisent cet appareil – n’a pas amélioré sa disponibilité opérationnelle. La flotte reste sous la barre des 50%.

Dans une révision publiée le 19 décembre dernier, il est indiqué que «même si les avions n’étaient pas disponibles pour le vol la moitié du temps, et que des problèmes d’entretien empêchaient de répondre aux exigences minimales pour un service militaire», le Pentagone a tout de même versé 1,7 milliard de dollars en primes à Lockheed Martin.

Le rapport met en garde contre le fait que le ministère de la Défense « n’a pas systématiquement tenu Lockheed Martin responsable des défaillances liées à l’entretien du F-35, dont l’entreprise est contractuellement responsable».

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Avions de combat plus récents – mais une disponibilité inférieure à celle des appareils vétérans

Les audits précédents ont montré que la faible disponibilité, les besoins extrêmes en entretien et les coûts élevés de cycle de vie du F-35 ont considérablement affaibli la capacité de combat, souvent jusqu’à seulement 29%. Lockheed Martin a, à plusieurs reprises, promis des améliorations, mais a systématiquement échoué.

Ce qui est particulièrement inquiétant pour le Pentagone, c’est que les avions les plus récents de l’arsenal ont une disponibilité en opération bien inférieure à celle d’avions vieux de plusieurs décennies comme le F-15, le F-16 et le F/A-18E/F. Ces appareils plus anciens ont une disponibilité opérationnelle nettement meilleure, malgré plus de 30 ans d’utilisation intensive.

Plus alarmant encore, cela indique une disponibilité encore plus faible pour le F-35 à mesure que les appareils vieillissent, tandis que la maintenance deviendra plus coûteuse et plus complexe – ce qui réduira encore la capacité de combat, probablement en dessous de 30%.

Courte durée de vie et retrait anticipé

La situation est si grave que le Pentagone prévoit probablement de commencer à retirer certains F-35 dès 2026, moins de dix ans après leur mise en service officielle.

L’US Air Force (USAF) doit acheter des variantes fortement modernisées du F-15 pour compenser le manque d’avions modernes réellement combatifs, afin d’avoir au moins une chance théorique face aux avions russes et chinois.

Cela s’explique par le fait que la durée de vie prévue du fuselage du F-35 n’est que de 8000 heures de vol, tandis que le nouveau F-15EX est conçu pour atteindre 20.000 heures – 2,5 fois plus.

En pratique, cela signifie que le F-15, un modèle des années 1970, durera plus longtemps que le tout récent F-35. Un F-15EX, introduit au début des années 2020, pourra voler jusqu’au 2080, soit plus de cent ans après la mise en service de la première version du F-15. En comparaison, le dernier F-35 devrait être retiré d’ici la fin des années 2070, à condition que le programme JSF survive aussi longtemps.

À l’exception du F-35I, auquel Israël a le droit d’apporter des modifications selon ses besoins, le programme JSF a été une série ininterrompue d’échecs – y compris les moteurs Pratt & Whitney F135 peu fiables et sujets à la surchauffe, et une multitude de bugs logiciels.

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F-35 comme « plateforme de capteurs » – une mythologie qui a éclaté

L’armée américaine a souvent affirmé que l’atout principal du F-35 ne réside pas dans ses capacités militaires, mais dans ses qualités de plateforme de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) – une sorte de «multiplicateur de puissance» pour d’autres systèmes.

Mais la seule fois où l’avion a eu réellement la chance de prouver cela, il a échoué complètement.

En février 2022, après que la Russie a lancé son opération spéciale en Ukraine, des F-35 de la 388ème et 419ème escadre de chasse, déployés en Allemagne, ont été utilisés pour la collecte de renseignements électroniques (ELINT) afin de capter les signaux des défenses aériennes russes.

Malgré des capteurs avancés et une connexion au vaste réseau ISR de l’OTAN, le F-35 n’a pas pu identifier les systèmes de missile sol-air russes (SAM). Le pilote d’un des appareils raconte que toutes les ressources de surveillance dans la zone indiquaient la présence d’un S-300, mais que les capteurs très sophistiqués de l’appareil n’ont pas pu classifier le système correctement.

«Nous avons identifié le système SA-20 [nom OTAN pour le S-300PMU-1/2]. Je savais que c’était un SA-20, et le renseignement a confirmé qu’un système SA-20 était en opération dans la zone, mais mon avion n’a pas pu le reconnaître – probablement parce que la défense aérienne fonctionnait en "mode réserve de guerre" que nous n’avions jamais rencontré», a déclaré le pilote de l’US Air Force.

Performances inférieures – même face à de vieux F-16

En termes de performance pure, le F-35 reste très inférieur même aux vieux F-16 – sans parler des chasseurs russes et chinois modernes.

L’idée JSF pouvait en théorie sembler attrayante: un avion unique pour couvrir les besoins de la défense aérienne, des attaques, de la marine et de l’infanterie de marine – une «plateforme universelle» pour remplacer plusieurs avions différents.

Mais dans la pratique, c’est tout autre chose: les plateformes spécialisées sont presque toujours supérieures aux solutions universelles qui tentent de tout faire en même temps.

Trois variantes coûteuses – faible standardisation commune

La famille F-35 en est la preuve. À l’origine, il était exigé que les trois principales variantes – F-35A (USAF), F-35B (US Marine Corps) et F-35C (US Navy) – partagent au moins 80% de leurs composants.

En réalité, le taux de partage était de seulement 20 à 40%, selon la version. On s’attendait à ce que le F-35B, avec son décollage court et son atterrissage vertical, soit la plus différente. Mais personne n’avait prévu que les variantes A et C deviendraient aussi différentes qu’elles le sont finalement lors de leur approbation pour la production en série.

Le résultat est que le Pentagone a en fait trois avions différents intégrés dans un seul modèle. Il aurait été plus économique et plus simple de développer trois avions séparés, adaptés à leurs missions spécifiques, plutôt qu’une solution bâtarde qui ne fonctionne bien dans aucun rôle.

La Marine et le Corps des Marines condamnés à des solutions médiocres

L’insistance sur le F-35 a laissé les trois branches des armées américaines avec des solutions médiocres qui deviendront à terme plus coûteuses et moins efficaces que des systèmes spécialisés alternatifs.

La Marine américaine continue donc d’acheter le F/A-18E/F «Super Hornet» et de l’équiper de nouveaux missiles longue portée air-air, comme le AIM-174B. Transporter ces armes sur le F-35 est presque impossible, ce qui oblige la Marine à maintenir le « Super Hornet » en première ligne – simplement parce que le F-35 ne peut pas rivaliser avec la portée des missiles air-air russes et chinois.

Le Corps des Marines n’est pas non plus satisfait du F-35B. L’avion est beaucoup moins robuste et beaucoup plus cher que l’AV-8B « Harrier II », qui aurait dû être retiré il y a plus de dix ans.

Pourtant, le USMC doit encore maintenir le F-35B en service au moins jusqu’en 2027 – probablement plus longtemps, en raison des nombreux retards, même si l’avion est déjà dépassé.

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Avertissements de la GAO ignorés – les intérêts de l’industrie militaire dominent

Comme mentionné, la GAO (Office of the U.S. Government Accountability) a à plusieurs reprises averti des nombreuses faiblesses du programme F-35 – sans que cela n’ait eu de conséquences concrètes.

Bien que la hiérarchie militaire ne soutienne pas vraiment le F-35, le complexe militaro-industriel (MIC) et le secteur «du renseignement et de la sécurité» ont des intérêts importants à la poursuite du programme JSF – respectivement pour le profit et pour un accès électronique étendu chez les alliés.

Le résultat est un avion imposé aux États-Unis et à leurs alliés, malgré ses évidentes faiblesses opérationnelles. Comme le démontre le rejet constant de l’Inde, aucun État souverain et respecté ne veut acheter volontairement le F-35. La liste des clients se limite en pratique aux États-Unis, à leurs vassaux et à leurs États satellites.

Cet article a été publié par Info-BRICS. Traduit en norvégien et publié par Derimot.no.

Gaspillage d’argent pour la Norvège pour une génération

La Norvège s’est engagée à acheter 52 chasseurs F-35A, tous livrés à ce jour (avril 2025). L’engagement total pour l’achat (incluant avions, équipements de soutien, simulateurs, armes, formation et infrastructure) est estimé à environ 104 milliards de couronnes norvégiennes (environ 9 milliards d’euros).

Les coûts de cycle de vie (exploitation, maintenance, modernisations jusqu’en 2054 environ) sont estimés à plus de 394 milliards de couronnes norvégiennes au total.

Parution du numéro 490 du Bulletin célinien

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Parution du numéro 490 du Bulletin célinien

Sommaire : 

2025-12-BC-Cover.jpgCollaboratrices (Lucienne Delforge, Maud de Belleroche, Simone Mittre,…) 

Une fausse citation d’Erasme chez Céline 

Dans la bibliothèque de Céline : Hamlet 

James Salter lecteur de Waugh et de Céline.

Stigmate

Céline fut un “collaborateur” pour le moins atypique. Henri Godard a indiqué qu’il s’est tenu à l’écart de toute collaboration officielle. C’est le moins que l’on puisse dire. Pendant l’Occupation, cet électron libre n’a pas arrêté de morigéner les uns et les autres (politiques et journalistes) estimant qu’ils n’étaient pas à la hauteur de la situation. Histoire de doper les ventes, les historiens ne rechignent pas à le mettre en couverture de leur livre.  Ce fut le cas d’un spécialiste de l’Épuration en France¹ ; c’est aujourd’hui celui d’un jeune historien qui publie sa thèse de doctorat sur les écrivains collaborateurs. Il y analyse ce que sont devenus les deux cents (!) écrivains frappés à la Libération.  Et de s’interroger sur  la  postérité  littéraire d’écrivains mineurs mais aussi de Rebatet, Morand, Maurras,… et Céline auquel il consacre tout un chapitre.

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D’entrée de jeu, il passe en revue les éléments de nature, on le conçoit aisément, à exaspérer ceux qui honorent la mémoire des intrépides ayant combattu l’envahisseur. C’est le cas de l’auteur, attaché scientifique à un musée de la Résistance. Quels sont ces éléments qui datent tous du début de ce siècle ? Dans l’ordre : l’inscription (suivi du retrait) de Céline au recueil des Célébrations nationales du ministère de la Culture (2011) ; l’entrée de Drieu la Rochelle dans la “Bibliothèque de la Pléiade” (2012) ; l’édition de la correspondance de Morand et Chardonne (2013) ; la réédition des Décombres de Rebatet (2015) ; l’initiative (avortée) de la réédition des pamphlets par Gallimard (2018) ; la présence de Maurras et Chardonne dans Le Livre des Commémorations nationales (2018) ; la réapparition de manuscrits inédits (2021) suivie de leur publication avec succès. Cela fait beaucoup. Et montre que, pour ce qui le concerne, Céline est tout sauf un écrivain maudit². 

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L’auteur affirme pourtant que celui-ci est auréolé de ce statut par ses biographes. Et, selon lui, Céline, seul, sut convertir sa déchéance en littérature. Là où il serait magistral, c’est que, devenu un “auteur canonique” (Voyage au bout de la nuit fut inscrit au programme de l’agrégation des lettres modernes en 1993 et en 2003), il n’en devient pas pour autant un écrivain figé. L’intérêt suscité est entretenu par sa légende sulfureuse qu’il a contribué à bâtir par ses romans d’après-guerre dans lesquels il raconte son exil ignominieux aux yeux de ceux qui n’accepteront jamais de le lire. Céline renverse en outre le stigmate en imposant l’image qu’il a de lui-même, évitant dans ses romans d’expliquer son engagement en faveur de l’Axe. C’est la conclusion de l’auteur, un tantinet jargonnante: «Il s’agit d’élaborer et de diffuser une narration qui s’empare de la marque infamante pour la réajuster à une illusion biographique acceptable. Cependant, si le renversement du stigmate est unanimement reconnu, alors la provocation qu’il porte disparaît. Afin d’éviter cette routinisation du charisme, tout l’enjeu revient alors à entretenir la tension entre la canonisation et l’impiété.» Pari réussi pour Céline au grand dam de ses contempteurs qui auraient préféré que son œuvre ne lui survive pas.

• Tristan ROUQUET, Les écrivains collaborateurs (Engagement, stigmate et postérité), CNRS Éditions, coll. “Nationalisme et guerres mondiales”, 2025, 448 p. (26 €)

  1. (1) Marc Bergère, Lignes de fuite (L’exil des collaborateurs français après 1945), P.U.F., 2024.
  2. (2) Voir Marc Laudelout, « Céline, écrivain maudit ? » in Pierre Saint-Servant (éd.), Les Maudits. Ces écrivains qu’on vous interdit de lire, Éd. La Nouvelle Librairie, 2019, pp. 113-118.

BB "vue de droite"...

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DÉBATS :
 
BB "vue de droite"...
 
Pierre Robin
 
Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121
 
Dans les (premiers) hommages officiels, politiques et médiatiques, à la grande - et chère - disparue, il y a en général un non dit, ou rapidement dit, sur le côté "sombre", c.a.d. l'orientation "idéologique", globale et constante, de BB (c'est sans doute moins vrai des élus haineux LFI/PCF/Verts et du quotidien gauchisto-maastrichien Libération, qui ne lâchent rien et n'ont d'ailleurs honte de rien). De toutes façons les commentateurs "de base" facebookiens et des autres réseaux sociaux ont moins de ces pudeurs: j'ai aperçu deux ou trois fois des réactions du genre "une électrice du RN en moins" ou "Fachotte". Bon c'est humain - humain de gauche ou macronien hardcore en l'occurrence - et les passions politiques peuvent, j'en sais parfois quelque chose, gravement altérer les perspectives et appréciations.
 
Caillou réac dans la chaussure progressiste
 
Oui, donc une certaine vigilance "citoyenne" et hargneuse nous rappelle avec gravité que Brigitte Bardot était d'"extrême droite", avant que d'être l'actrice sexy ultime, la protectrice des animaux et un phénomène socioculturel de dimension internationale. Outre que ce "label" (comme dirait Macron) renvoie à des positions contradictoires ou à des circonstances historiques assez variées, on pourrait dire, comme le faisait - dès les années 80 - dans son Journal l'écrivain "sulfureux" (et d'ailleurs souvent assimilé à l'ex. dr. par les professionnels de la profession) Marc-Edouard Nabe qu'au fond la seule vraie droite c'est justement l'extrême droite, vu les glissements au centre de la droite chiraco-giscardienne. Mais bon c'est pas la question. On en veut à BB, même à son cadavre encore chaud, de ses amitiés avec JMLP, de sa critique de la classe politique "normale" et des médias afférents, de sa détestation sonore et permanente d'une société française effondrée dans la laideur et l'inculture quotidienne, et subvertie à grande échelle par l'immigration de masse (elle est allée assez loin sur le sujet dans ses Mémoires).
 

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On lui en veut d'autant plus que ce "côté sombre" gâcherait le versant "lumineux", c.a.d. féministe au quotidien, bousculant - comme en 1956 dans Et Dieu... créa la femme - les hypocrisies et la grisaille de l'ancien monde, au nom de la liberté des femmes et de leurs corps. Et s'attirant pour ça les éloges de Simone de Beauvoir et les digressions favorables de Roland Barthes, émus par la modernité et la liberté de cette jeune femme "new look". Oui, pour cette gauche culturelle Brigitte aurait pu être une Jane Fonda à la française, 100% progressiste. Mais non, elle a tout gâché par ses amitiés particulières - et son éducation bourgeoise classique après tout, en dépit des mini-jupes et de l'érotisme XXL qu'elle irradiait (et, peut-être, les LGBT ont-ils des problèmes avec sa sexualité certes libérée mais quand même vachement binaire).

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J'ai vu, au hasard des réseaux, une photo - qui se voulait évidemment accusatoire - où vers la fin des années 50, BB est entourée de Le Pen, alors député pro-Algérie française, et de Lagaillarde, futur animateur de barricades algéroises et factieuses. BB était sans doute d'une droite Algérie française. Mais là où l'on voit vite que c'est plus compliqué que ça, c'est que plus tard elle a fait l'objet d'une tentative de racket de la part de l'OAS. A cette maladresse insigne de l'organisation activiste, BB a d'ailleurs répondu par une déclaration assez radicale, elle aussi, où elle exprimait son refus de payer et assimilait plus ou moins les OAS à des nazis. Un épisode qui n'a en rien, d'ailleurs, affecté ses relations d'estime et d'amitié avec Jean-Marie, ni bien plus tard son soutien à Marine.

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On pourrait dire que son ami et égal en gloire fantasmatique Alain Delon a présenté de ce point de vue un profil assez proche. Mais moi tout ça me fait penser à d'autres figures culturellement importantes de notre modernité. Ainsi bien sûr Louis-Ferdinand Céline, aussi incontournable qu'"embarrassant" au rayon "littérature du XXème siècle". Ainsi encore Salvador Dali, incontournable lui aussi dans la catégorie "Art moderne" mais aussi "Dandysme post-moderne": le Divin Dali poussait la provocation et la facétie jusqu'à soutenir - jusqu'au bout - Franco et son régime (et ce n'était pas uniquement par provocation), et cet aspect du maître gênait moult commentateurs systémiques. On pourrait dire que BB, comme Dali, est une dissidente de la modernité, qui prend à revers ladite modernité généralement considérée comme la propriété intellectuelle exclusive de la ou des gauches.
 
Oui BB demeurera pour ça comme un caillou réac dans la chaussure progressiste (comme pas mal d'autres que je ne me fatiguerai pas à citer) et ça, comme elle le disait dans une de ses plus belles chansons, "C'est rigolo - C'est rigolo - C'est rigolo!"
 
 
 

Brigitte Bardot (1934-2025)

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Ma jeunesse s'en souviendra! 

Brigitte Bardot (1934-2025)

Pierre Robin

Source: https://www.facebook.com/pierre.robin.121

C'était là le grand rdv que je redoutais, ces mauvais temps-ci. Peut-être par paresse "littéraire", si je puis dire, car que raconter, qu'écrire d'Elle, après? Oh, on peut déjà rappeler que c'était l'autre grand astre français survivant après son ami Delon, et cet astre il brille bien au-delà du cinéma, bien au-delà d'une vie, d'une époque. Il y a trop de Bardot en vérité: la Femme créée soudain par Dieu au beau milieu de la peu sexy IVème République. Bardot  en Notre-Dame du désir moderne (j'ai dû collecter, mâle vieillissant et complétiste, pas loin de mille photos d'elle et s'il y en a une vingtaine où elle n'est pas troublante...), vierge folle qui a démodé tout (et toutes) autour d'elle. Bardot et son féminisme pro-mecs (jetables ou un peu durables), à gêner rétrospectivement toutes les Adèle Haenel et les Judith Godrèche d'Occident wokeux ou, plus tôt, les miss Météo formatées de Canal+. Quoi encore ? Bardot et l'antique civilisation (disparue de son vivant) de Saint-Trop'. Bardot et le binôme Islam-Immigration (la même que Bardot imprécatrice, parfois maladroite toujours courageuse). Bardot et Gainsbourg avec tous les émouvants scopitones que cette aventure à suscités (et aussi ce bel hymne à l'amour, Initials BB). Bardot et les animaux bien sûr, quand elle attendit moins du genre humain...

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Indépassable désirable... 

Bardot et le cinéma au fait. Je crois qu'elle s'en foutait un peu du Septième Art même si elle lui doit tout. On pouvait toujours ricaner de sa voix nunuche, mais quand elle dansait en 1956 dans Et Dieu... ce mambo signalant des temps nouveaux - oh d'ailleurs le film n'est pas le navet qu'on a dit, avec son casting solide et ses dialogues marrants. Du reste BB a tourné pas mal de films "marrants", qui étaient souvent de bonnes comédies - revoyez seulement Voulez-vous danser avec moi de Michel Boisrond (1959) ou même Les Femmes de Jean Aurel (1969), ou encore L'Ours et la Poupée de Michel Deville (1970).

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Ah vous voulez du grand art tragique, comme chez les Grecs antiques et Jean Vilar ? Dans En cas de Malheur d'Autant-Lara (1958), où elle affronte un Gabin installé, elle est une splendide racaille blanche qui montre (sous René Coty !) ses fesses et apporte le chaos dans la bourgeoisie et puis la Mort ; et dans La Vérité de Clouzot (1960) son personnage de bombe sexuelle malheureuse se suicide, juste avant qu'elle-même tente de le faire pour de vrai, éprouvée par le difficile tournage et sans doute pas mal de déceptions de superstar - elle joue à cet égard son propre rôle de super-vedette victime de sa gloire dans le moyen Vie Privée de Louis Malle (1962) .

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C'est vrai, Clouzot n'était pas gentil, et Jean-Luc Godard non plus sur le tournage du Mépris (1963), lui peut-être par frustration de timide. Quelle frustration inspirée ! Bardot, cheveux noirs ou cheveux blonds, est à tomber, elle a là sa plus belle moue méprisante (ça tombe bien) pour le personnage d'amant de Piccoli ou le dragueur yankee Jack Palance, et tout ça se passe dans le bleu hellénistique de Capri, sur le blockhaus inspiré de la Villa Malaparte, et aux accords du beau thème triste de Camille signé Georges Delerue. Et puis citons encore les westerns foutraques, 2ème degré, de Viva Maria (1965) de Louis Malle en Pétroleuses de Christian-Jaque (1971) en passant par Shalako d'Edward Dmytryck (1968), avec leurs bagarres et leur révolution pour rire - et l'immense Sean Connery reparti la queue basse ! Et à chaque fois, quoiqu'elle joue, toujours sexy - j'allais écrire "bandante" mais je me suis retenu à temps !

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Bon, j'en oublie sûrement, des films et des amants de prestige. Mais on retiendra qu'elle a quitté tout ça, un beau jour de l'an 73, pour ne pas faire un film de trop, de plus. Après, les bébé phoques et la défense de tout le genre animal, la croisade contre l'Islam migratoire et la sainte colère contre les "élites" politiques et médiatiques de sa deuxième moitié de vie, je ne les mettrais certes pas au passif de cette vie. C'est méritoire de persister à être clivante quand on pourrait se contenter d'être une icône rituellement vénérée par tous les cool-nomenklaturistes de l'époque, je trouve. C'est méritoire et puis c'est tout simplement courageux.

Bon Dieu Brigitte Bardot est morte ! Le Troisième millénaire peut officiellement commencer avec juste un quart de siècle de retard, un peu comme le XXème siècle a débuté en 1914. Sa France, la mienne par la même occasion, est officiellement morte elle aussi...

https://youtu.be/VPOYtC1n5bE?si=Tf8XQ0GC9TCmMQ6a

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Bonne année 2026

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Gelukkig Nieuwjaar 2026
Bonne année 2026
Glückliches Neujahr 2026
Happy New Year 2026
Feliz Ano Nuevo 2026
Felice Anno Nuovo 2026

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lundi, 29 décembre 2025

Cirque médiatique et diversion identitaire

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Cirque médiatique et diversion identitaire

Nicolas Maxime

Source: https://www.facebook.com/nico.naf.735

Il n’aura pas fallu quelques jours de répit pendant les fêtes pour que le cirque médiatique se remette en marche.

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De l’autre côté, le député de LFI Carlos Bilongo a tenu des propos misogynes en déclarant que Rachida Dati aurait bénéficié d’une “promotion canapé” pour en arriver là. Un épisode révélateur qui démontre que l’intersectionnalité des luttes ne semble pas véritablement fonctionner. On constate que le combat antiraciste n’empêche ni la reproduction de schémas sexistes, ni l’usage d’une violence symbolique dirigée contre une femme, y compris lorsqu’elle appartient au camp adverse. Ici, la domination ne s’additionne pas mécaniquement, et certaines grilles militantes peinent à penser leurs propres angles morts.

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Bref, heureusement que le cirque médiatique — pour reprendre Guy Debord — est là pour assurer une diversion identitaire, permettant d’occuper l’espace public avec des polémiques morales et émotionnelles, pendant que l’essentiel disparaît du champ de vision.

Car pendant que l’on commente caricatures et dérapages verbaux, on ne parle pas du projet de loi spéciale sur le budget 2026, pourtant lourd de conséquences sociales et révélateur de la crise institutionnelle actuelle, sur les choix économiques à venir et le débat démocratique à mener.

Mais cela, évidemment, fait moins d’audience que le spectacle permanent des indignations sélectives. Le spectacle, écrivait Debord, n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social médiatisé par les images. Et une fois encore, il remplit parfaitement sa fonction en détournant l'attention et en récupérant les colères.

Platonisme et spéculations philosophiques dans la Troisième Rome

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Platonisme et spéculations philosophiques dans la Troisième Rome

La philosophe russe Natalia Melentiëva publie chez Aga Éditeur l’essai Philosophie verticale, ouvrage en lien avec la Révolution conservatrice

par Luca Negri

Dans l’un de ses aphorismes les plus sages, Nicolás Gómez Dávila affirme que le monde moderne représente une révolte contre Platon. Il est difficile de lui donner tort, surtout si l’on considère le glissement supplémentaire vers le postmodernisme, où les ombres sur le mur de la caverne se sont multipliées, comme les opinions et revendications déconnectées de l’objectivité de la nature et du logos.

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La véritable révolte contre Platon est plus précisément un nivellement sur la ligne horizontale des identités fermées, du bavardage alimenté par les médias. C’est l’oubli de l’Être, donc de la verticalité qui permet de sortir de la caverne, de se connecter au monde objectif de l’esprit.

Nous avons donc besoin d’une pensée verticale qui secoue la stagnante mare horizontale du postmodernisme, d’une philosophie tellurique capable de faire tomber les fausses et confortables certitudes pour faire surgir de nouvelles hauteurs.

Il existe néanmoins une communauté néoplatonicienne dispersée à travers le monde, capable de se révolter contre le postmodernisme. Et il y a en Russie la famille platonicienne des Douguine. Non seulement les livres du penseur moscovite, souvent cités accompagnés de tristes préjugés mais peu lus, sont précieux comme exemples de renouvellement du platonisme, mais aussi les écrits de sa fille Daria Douguina, qui a choisi très jeune le surnom de «Platonova», ressentant une affinité particulière avec le philosophe grec. On pourrait même penser que sa mort tragique par attentat en août 2022 pourrait représenter un équivalent (post)moderne de la condamnation à mort de Socrate, coupable d’avoir invité les jeunes à dépasser l’opinion pour accéder enfin à la Vérité.

Philosophie verticale

Le lecteur italien a toutefois maintenant la possibilité de lire en volume un recueil significatif d’écrits de la mère de Daria et épouse de Douguine: la philosophe Natalia Melentiëva. Tout récemment publiée par AGA Éditeur, Philosophie verticale suggère déjà, par son titre, un contenu capable de stimuler le mouvement tellurique que nous avons invoqué.

Il s’agit précisément d’une anthologie de textes abordant divers thèmes, d’abord philosophiques, avec des applications politiques d’une extrême actualité. Ce sont des contributions qui illustrent bien la fécondité de la pensée actuelle provenant de Russie, qui redevient en ce sens et véritablement une « Troisième Rome » comme le prophétise Paolo Borgognone dans sa préface précise.

67_mohler_rgb_285x255-3480939886.jpgLa lecture commence par une intervention qui se rattache au sentier interrompu de la «Révolution Conservatrice» allemande, analysant l’essai d’Armin Mohler sur le «style fasciste». Un texte à lire et méditer en ces jours où cet adjectif est surtout utilisé pour discréditer et effacer tout interlocuteur qui se place en dissidence par rapport à la narration libérale dominante et aux identifications fossilisées par la gauche du 20ème siècle.

Suit une réflexion aiguë sur un penseur fondamental pour la pensée socialiste: Auguste Blanqui. Sa conception d’univers multiples peut devenir un stimulant puissant pour ne pas accepter la civilisation présente, pour devenir révolutionnaires en étant conscients que d’autres mondes sont toujours possibles et qu’il ne faut pas céder au fatalisme du fait accompli, simple organisation d’un seul univers.

La philosophe russe s’intéresse aussi au cinéma, trouvant dans les longs-métrages de David Fincher et Lars von Trier des éléments, parfois involontaires, de critique du système libéral.

Melentiëva invite également à découvrir le philosophe allemand Gerd Berfleth, décédé en 2023, spécialiste de Bataille et de Nietzsche, défenseur d’une pensée en révolte au diapason de l’idée jüngerienne de l’Anarque.

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De grande importance, le souvenir du « navire des philosophes » (photo) qui a forcé à l’exil, aux débuts du bolchevisme, les penseurs russes les plus incisifs et les plus véritablement verticaux (comme Berdiaev et Merejkovski), appauvrissant énormément la civilisation soviétique et la conduisant vers l’échec.

Puis, des pages précieuses sur la déconstruction du paradigme mental libéral, où – en accord avec son mari Douguine – elle en tire les conséquences inévitables de la perte de contact avec les Idées platoniciennes et les «universaux» du thomisme. Lorsque le monde occidental a fini par céder au nominalisme, niant la réalité métaphysique des concepts, il ne restait que l’individu nu, qui n'était plus membre d’une société, d’une communauté ou d’une tradition plus grande que les parties elles-mêmes. La voie de la guerre de tous contre tous pour l’appropriation des biens, véritable filigrane du capitalisme, était déblayée. Dans un monde précisément aplati horizontalement.

9780241269152-3552298567.jpgEt de l’horizon, on creuse même vers le sub-humain avec la philosophie de l’Ontologie Orientée Objet, d’origine anglo-saxonne, qui nie toute centralité et spécificité à l’être humain dans un horizon où chaque entité a les mêmes droits et la même dignité: animaux, plantes et même objets matériels. Cette philosophie postmoderne était un objet d’étude critique particulier pour Daria, dans ses derniers temps incarnés.

Et c’est précisément avec des souvenirs et hommages à sa fille que se clôt le volume de Melentiëva.

Daria est partie beaucoup trop tôt, à moins de trente ans, pour réaliser pleinement sa «philosophie verticale», notamment les concepts et pratiques de ce qu’elle appelait «l’optimisme escatologique» (à laquelle AGA avait déjà consacré un volume). En s’appuyant notamment sur Platon, Hegel, Nietzsche, Evola, Cioran et Jünger, Daria a proposé une vision du monde qui accepte courageusement l’illusion, les ombres projetées sur le mur de la caverne, et la condition tragique dans laquelle se trouve l’être humain emprisonné, mais qui réagit non avec un pessimisme fataliste, mais avec l’optimisme de ceux qui se battent aussi pour des causes apparemment désespérées, sortant de la caverne, passant dans la forêt, forçant la rupture pour accéder à un stade supérieur de conscience.

Le chemin laissé inachevé par la mort brutale de Daria, rappelle sa mère, attend des sujets courageux prêts à le reprendre, à redresser la colonne vertébrale, à redécouvrir la verticalité pour laquelle l’être humain existe sur la face de la Terre.

L’armement européen comme logique Maginot du 21ème siècle – une contextualisation historique

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L’armement européen comme logique Maginot du 21ème siècle – une contextualisation historique

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Lorsque l’on parle aujourd’hui d’une «ligne Maginot du 21ème siècle», il ne s’agit pas d’une directive concrète, mais d’un schéma de pensée. Le terme fait référence à la Ligne Maginot – cette gigantesque fortification française des années 1930, qui promettait la sécurité, suggérait la stabilité, mais qui s’est finalement avérée stratégiquement inefficace.

La leçon historique est claire: la France n’a pas échoué par manque de ressources, mais en raison d’une hypothèse erronée sur la sécurité. On a compté sur la technologie, le béton et une défense rigide – alors que la guerre, les systèmes d’alliances et les dynamiques politiques avaient déjà changé depuis longtemps. L’adversaire n’a pas été arrêté, mais a contourné le système. La sécurité s’est révélée une illusion.

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Ce même schéma revient aujourd’hui à l’échelle européenne.

L’Union européenne prévoit un armement sans précédent: 800 milliards d’euros, coordonnés au niveau central, politiquement chargé, moralement justifié. Mais comme dans les années 1930, on confond à nouveau argent et stratégie, structure et capacité d’action.

L’antenne bruxelloise du think tank hongrois Mathias Corvinus Collegium (MCC) parle donc à juste titre (https://europeanconservative.com/articles/news/mcc-report... ) d’une nouvelle ligne Maginot. Car même aujourd’hui, les ambitions financières ne correspondent pas à la réalité industrielle, à l’unité politique ou à la capacité sociale.

Industrie plutôt que politique anxiogène

L’UE ne dispose ni d’une industrie de défense indépendante et résiliente, ni de chaînes d’approvisionnement sécurisées. Munitions, drones, renseignement, communication, capacités satellitaires – tout cela reste dépendant de pays tiers, notamment des États-Unis. Des programmes se chiffrant à des milliards n’y changent pas grand-chose à court terme. Sur le papier, cela donne de la force, dans la réalité, cela crée une dépendance.

Sécurité bureaucratisée

Comme pour la ligne Maginot historique, c’est d’abord la question du «Combien?» qui est posée. Les questions cruciales restent sans réponse :

- Pourquoi cet armement? Contre qui précisément? Avec quel objectif politique? Et à quelles conditions de désescalade? La sécurité est administrée, non pensée stratégiquement. La coordination ne remplace pas le leadership.

Le facteur oublié: la société

Les armées ne sont pas faites de budgets, mais de personnes. Et c’est là que se situe la rupture centrale:

- Il n’existe pas de demos européen, pas d’identité politique commune pour laquelle les gens seraient prêts à risquer leur vie.

- Pour leur nation, leur patrie, leur ordre social – oui.

- Pour une gestion supranationale abstraite – non.

L’UE a relativisé les liens nationaux pendant des décennies, délégitimé la souveraineté, délimité la responsabilité politique. Et voilà qu’on doit soudain se mobiliser, se montrer disponible au sacrifice – sans lien démocratique, sans ancrage culturel, sans consensus social.

Le vrai danger

Historiquement, ce n’est pas le manque de technologie militaire qui s'avère le plus risqué, mais la militarisation sans raison politique. L’armement crée ses propres dynamiques: on crée images de l’ennemi, on se réfère à des logiques d’escalade, à des logiques de blocs. Particulièrement problématique est la fixation croissante sur la Russie, fixation qui devient un récit identitaire. Elle remplace l’analyse par la morale et la diplomatie par la rhétorique de la dissuasion.

La ligne Maginot est née de la peur, du traumatisme et du désir de contrôle. Elle a créé une fausse sécurité – et a empêché, par là même, une réflexion stratégique.

Conclusion

L’armement européen suit une logique historique bien connue :

- beaucoup d’argent, beaucoup de technologie, peu de stratégie.

- Tant que l’Europe croit que la sécurité peut être gérée plutôt que négociée, financée plutôt que politiquement justifiée, elle ne bâtit pas une capacité de défense, mais une illusion de contrôle.

Une ligne Maginot – hier comme aujourd’hui – ne protège pas contre les conflits.

#géopolitique@global_affairs_byelena

samedi, 27 décembre 2025

Les influences celtes dans la littérature moderne

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Les influences celtes dans la littérature moderne

Source: https://www.facebook.com/groups/269177069889276

Les Celtes, avec leur riche héritage mythologique, leurs légendes envoûtantes et leur culture profondément ancrée dans la nature et le surnaturel, ont laissé une empreinte indélébile sur la littérature moderne. Leur univers, peuplé de héros comme Cú Chulainn, de fées, de druides et de quêtes magiques, continue d’inspirer les auteurs du monde entier. Que ce soit à travers le fantastique, la fantasy ou même la poésie contemporaine, les motifs celtiques apportent une dimension mystique et intemporelle aux récits.

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Un héritage mythologique riche

Les mythes celtes, transmis oralement avant d’être consignés par écrit, regorgent de récits épiques et de symboles puissants. Des œuvres médiévales comme les Mabinogion gallois ou les cycles irlandais (comme le Cycle d’Ulster ou le Cycle du Graal) ont posé les bases d’une narration où se mêlent aventure, magie et moralité. Ces récits ont influencé des générations d’écrivains, notamment au 19ème siècle, lors du renouveau celtique. Des auteurs comme William Butler Yeats ont puisé dans le folklore irlandais pour créer une poésie mystique, mêlant mythologie et nationalisme culturel. Ses poèmes, comme The Stolen Child ou The Wanderings of Oisin, évoquent un monde où les frontières entre le réel et l’autre monde (Tir na nÓg) sont ténues, un thème récurrent dans la littérature moderne.

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La fantasy : un terrain de prédilection

Le genre de la fantasy doit beaucoup aux Celtes. J.R.R. Tolkien, par exemple, s’est inspiré des langues et des légendes celtiques pour façonner l’univers de La Terre du Milieu. Bien qu’il ait surtout puisé dans la mythologie nordique, des éléments comme les elfes, les quêtes héroïques et les forêts enchantées trouvent des échos dans les récits celtes. Plus directement, des auteurs comme Alan Garner (The Moon of Gomrath) ou Lloyd Alexander (Les Chroniques de Prydain) ont puisé dans les Mabinogion pour créer des mondes où la magie celtique est omniprésente.

La série Harry Potter de J.K. Rowling n’est pas exempte d’influences celtiques: le choixpeau magique rappelle les objets enchantés des légendes, tandis que les créatures comme les farfadets ou les kelpies sont directement issus du folklore celtique. Même Game of Thrones de George R.R. Martin emprunte aux Celtes, avec des personnages comme les "Enfants de la Forêt", qui évoquent les Tuatha Dé Danann, le peuple féerique irlandais.

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Le réalisme magique et le surnaturel

Les Celtes ont aussi marqué le réalisme magique, un genre où le surnaturel s’immisce dans le quotidien. Des écrivains irlandais comme Lady Gregory ou John Millington Synge (photo) ont retravaillé les contes traditionnels pour les adapter à une audience moderne. Aujourd’hui, des romanciers comme Alice Hoffman (La Prophétie des sorcières) ou Juliet Marillier (La Fille du brouillard) intègrent des éléments celtes pour créer des atmosphères où la magie est palpable. Les fées, les malédictions et les métamorphoses, thèmes chers aux Celtes, y occupent une place centrale.

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La poésie et la quête identitaire

La poésie moderne, notamment en Irlande et en Bretagne, a souvent utilisé les symboles celtes pour explorer des questions d’identité et de résistance culturelle. Seamus Heaney, prix Nobel de littérature, a réinterprété les mythes irlandais dans des recueils comme North, où la légende de Sweeney Astray devient une métaphore de l’exil et de la quête de soi. En Bretagne, des poètes comme Xavier Grall ou Anjela Duval ont célébré la langue et les paysages breton en s’inspirant des anciens récits.

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Les héros et les archétypes celtiques

Les héros celtes, comme le roi Arthur (dont la légende est en partie d’origine celtique) ou Finn MacCool, incarnent des archétypes universels: le guerrier noble, le sage, le trickster. Ces figures réapparaissent dans des œuvres contemporaines, comme Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley, qui réinterprète la légende arthurienne sous un angle féminin et celtique. Même les super-héros modernes, comme Thor dans les comics Marvel, empruntent des traits aux dieux celtes (comme le marteau de Thor, qui rappelle celui du dieu celtique Sucellos).

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La nature et le sacré

Les Celtes vénéraient la nature, et cette spiritualité se retrouve dans des œuvres écologistes ou animistes. Robert Holdstock, dans Mythago Wood, explore une forêt où les mythes prennent vie, un thème typiquement celtique. De même, Diana Gabaldon (Outlander) mêle histoire et légendes écossaises, où les pierres dressées et les cercles de mégalithes jouent un rôle clé.

Un héritage vivant

Aujourd’hui, les influences celtes se retrouvent aussi dans la littérature jeunesse (Les Chroniques de Spiderwick de Tony DiTerlizzi) ou les romans graphiques (Sláine, de Pat Mills, inspiré des guerriers celtes). Les jeux vidéo (The Witcher, Dragon Age) et les séries (The Witcher, Cursed) perpétuent cette tradition, prouvant que les récits celtes continuent de captiver.

En conclusion, les Celtes ont offert à la littérature moderne un réservoir inépuisable de symboles, de récits et de magie. Leur héritage, à la fois poétique et sauvage, permet aux auteurs d’explorer des thèmes universels : la quête, la frontière entre les mondes, et la connexion profonde entre l’humain et la nature. Que ce soit pour évoquer un passé mythique ou pour créer des mondes imaginaires, leur influence reste vivace, témoignant de la puissance intemporelle de leurs légendes.

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Les six raisons pour lesquelles l’Occident périra selon Jiang Xueqin

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Les six raisons pour lesquelles l’Occident périra selon Jiang Xueqin

de Riccardo Paccosi

Source : Riccardo Paccosi & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/i-sei-motivi-per-...

Puisque ce fut Noël tout récemment, que Noël est une tradition, et que la tradition est quelque chose que la culture néolibérale dominante en Italie et en Europe considère comme “de droite”, essayons de faire un post de Noël qui fasse le point sur ce type de problèmes.

Jiang-Xueqin-2193036597.jpgDans une vidéo très intéressante, dont les réflexions émises dans l’espace des commentaires – et en vérité peu rassurante concernant les scénarios de guerre futurs – l’analyste géopolitique chinois Jiang Xueqin (photo) énumère les raisons pour lesquelles le système occidental est arrivé à la fin de sa propre existence.

La réflexion, bien sûr, reprend la thèse d’Oswald Spengler selon laquelle chaque civilisation est soumise à un cycle de naissance, de maturation et de mort. De plus, certaines des critiques énumérées coïncident avec celles exposées par Emmanuel Todd dans son récent essai La Défaite de l’Occident.

Je pense qu’il vaut la peine de mettre en lumière la liste établie par le chercheur chinois en précisant cependant que la division aujourd’hui se fait entre ceux qui considèrent les phénomènes historiques/antropologiques rapportés ci-dessous comme des problèmes, et ceux qui, au contraire, leur donnent une lecture positive ou nient leur existence.

Je pense également que ceux qui considèrent leur position sur ces questions selon le schéma droite-gauche ne font qu’exprimer une fausse conscience et une mystification rhétorique.

Ces phénomènes, au contraire, ont détruit la raison d’être des catégories de droite et de gauche lorsque le concept de progrès apparaît aujourd’hui déconnecté de celui de justice sociale, alors que le concept de justice sociale exprime une exigence de conservation dès qu’il est évoqué.

Revenant à Jiang Xueqin, il affirme que “ce qui se passe en Occident, ce n’est pas un déclin dont on pourrait peut-être se relever dans quelques décennies, mais une phase terminale, un lit de mort”.

Il énumère ensuite les raisons de cette conviction : 

1. L’hyperurbanisation, c’est-à-dire le pourcentage croissant de la population qui s’entasse dans des mégapoles finissant par avoir, par rapport au reste de la nation environnante, une fonction parasitaire (c'est là un problème réel – je tiens à le noter – mais qui ne concerne pas uniquement l’Occident.)

2. La répulsion pour la famille et la procréation, en partie générée par le sentiment de précarité et en partie par l’exaltation philosophique de l’individu seul et privé de tout lien. Or, si le rejet de la famille implique la dissolution des fondements de la cohésion sociale, le refus de la procréation constitue tout simplement une condamnation à mort par effondrement démographique.

3. L’inégalité sociale, qui fait qu’au-delà de la part toujours plus élevée de la classe moyenne entraînée dans la pauvreté, il existe un 0,1% de riches capables de contrôler toutes les ressources et tous les actifs stratégiques.

4. Le fait que, pour faire la guerre, l’Occident doit – à l’instar de l’Empire romain à son stade terminal – recourir à des barbares et des mercenaires (les djihadistes en Libye et en Syrie, les Ukrainiens face aux Russes, etc.).

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5. La décadence générale exprimée par des phénomènes comme OnlyFans, où plus de 10% des jeunes femmes vendent leur nudité, et où, en même temps, la culture libérale-progressiste qualifie cet acte d’émancipation (note personnelle: ce point est lié au point 2, car OnlyFans est un phénomène de clôture de la sexualité dans le marché, avec une désexualisation parallèle de la culture mainstream, ainsi qu’un effondrement statistiquement constaté de l’activité sexuelle chez les jeunes.)

6. Enfin, le problème de l’immigration sans limite. Aujourd’hui, ce phénomène explose dans les métropoles occidentales non pas tant pour des raisons liées aux graves problèmes du travail, mais surtout en raison d’une question anthropologique que, bien qu’évidente, l’idéologie dominante a réussi à dissimuler pendant trente ans: une société où ses différentes composantes ne partagent ni langue, ni coutumes, ni surtout mémoire historique, est simplement une non-société, un amas informe où des segments sociaux totalement étrangers les uns aux autres cohabitent de force.

Pour donner un cadre philosophique à tous ces phénomènes, il y aurait la vision qui est à la racine de la pensée libérale, selon laquelle on peut se passer du passé ou même le supprimer.

Mais cela fera l’objet d’une autre contribution.

Une ligne ferroviaire contre les sanctions: la Russie et l'Iran comblent le vide dans le corridor nord-sud

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Une ligne ferroviaire contre les sanctions: la Russie et l'Iran comblent le vide dans le corridor nord-sud

Moscou/Téhéran. Un tournant géopolitique important au cœur du continent eurasien vient de se produire: grâce à une nouvelle liaison ferroviaire, la Russie et l'Iran comblent le dernier vide dans le corridor international de transport nord-sud (INSTC). Le tronçon Rasht-Astara, long de 162 kilomètres, relie le réseau ferroviaire iranien au Caucase du Sud et crée une route multimodale directe entre l'Inde et la Russie via l'Iran. Ce corridor de 7200 kilomètres devrait à l'avenir servir d'alternative au canal de Suez. L'achèvement prévisible de la ligne ferroviaire est également un coup géopolitique destiné à contrer les sanctions occidentales contre les deux partenaires.

Le financement du projet de 1,6 milliard de dollars est pris en charge par Moscou, tandis que Téhéran fournit les terrains. Un accord initial avec l'Azerbaïdjan portant sur 500 millions de dollars avait échoué en 2018, par crainte des sanctions américaines après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire. La recherche par la Russie d'alternatives commerciales, rendue plus urgente par la guerre en Ukraine, l'a amenée à devenir un acteur décisif. Lors d'une visite à Moscou en janvier 2022, le futur président iranien Ebrahim Raisi a obtenu une ligne de crédit de cinq milliards de dollars pour les infrastructures.

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La ligne ferroviaire est plus qu'une simple voie de transport. Elle marque un rapprochement encore plus étroit entre les deux pays. Alors que Moscou soutenait autrefois les sanctions occidentales, elle est aujourd'hui le principal allié stratégique de Téhéran. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un partenariat global qui englobe également l'armement, l'énergie et, malgré les inquiétudes internationales, la technologie nucléaire. En septembre dernier, les deux pays ont signé un accord portant sur la construction de quatre petites centrales nucléaires d'une valeur de 25 milliards de dollars.

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Les obstacles techniques liés au relief montagneux du nord de l'Iran et les coûts élevés font de ce projet un véritable défi. Mais les arguments stratégiques sont plus forts: le corridor devrait être jusqu'à 30% moins cher et de 40% plus court que la route maritime passant par le canal de Suez. Jusqu'à dix millions de tonnes de marchandises sont prévues pour la première année. Pour l'Iran isolé et la Russie qui s'oriente de plus en plus vers l'Est, la nouvelle ligne ferroviaire est une artère vitale – et un coup indirect porté à l'Occident et à sa politique de sanctions (mü).

Source: Zu erst, Décembre 2025. 

Netflix et Warner Bros., la consolidation du monopole narratif à l’ère du capitalisme des histoires

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Netflix et Warner Bros., la consolidation du monopole narratif à l’ère du capitalisme des histoires

Jaime DQVA

Source: https://geoestrategia.eu/noticia/45523/seguridad/la-europ...

Un nouveau siècle de “storytelling” sous un même baldaquin

La récente annonce de Netflix qui évoque l’acquisition de Warner Bros. Discovery pour une valeur d’entreprise de 82,7 milliards de dollars n’est pas simplement une nouvelle fusion d’entreprises. C’est une étape stratégique dans l’évolution du capitalisme tardif, où la concentration du capital et la production de récits se fusionnent en un seul mouvement. Dans sa publication sur X, Netflix déclare: «Together, we’ll define the next century of storytelling» ("Ensemble, nous définirons le prochain siècle du storytelling"). Cette phrase, apparemment anodine, révèle une ambition démesurée : contrôler le flux d’histoires qui façonneront l’imagination mondiale dans les décennies à venir.

La concentration du capital comme moteur de la concentration narrative

La transaction, qui inclut des studios de cinéma et de télévision, HBO Max et un catalogue historique allant de “Casablanca” à “Game of Thrones,” consolide un oligopole du divertissement. Netflix, déjà leader mondial du streaming, absorbe non seulement des actifs, mais aussi un capital narratif symbolique. Cela dépasse la logique économique traditionnelle: il s’agit de l’accumulation d’imaginaires.

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Comme l’analyse Christian Salmon dans son livre Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, nous sommes face à l’émergence de “mutations d’entreprises” dans la nouvelle ère du capitalisme. Ces entreprises ne se limitent plus à produire des biens ou des services, mais s’organisent en “organisations de storytelling”, où le récit constitue l’actif principal et le mécanisme de contrôle. La fusion Netflix-Warner Bros. est l’incarnation de cette mutation: une machine à fabriquer et diffuser des histoires à l’échelle planétaire, dotée d’une capacité sans précédent à standardiser archétypes, valeurs et cadres culturels.

Le chapitre des “entreprises mutantes”, lorsque le capitalisme se pare de ses habits de conteur

Dans le chapitre “Les entreprises mutantes de la nouvelle ère du capitalisme”, Salmon décrit comment des sociétés comme Nike, Apple ou Enron (avant sa chute) opéraient comme des entités narratives, construisant des mythologies de marque qui dépassaient leurs produits. Netflix a perfectionné ce modèle dès ses débuts, mais avec cette acquisition, elle franchit une étape qualitative: elle ne produit plus seulement des récits, elle acquiert et canonise la mémoire audiovisuelle du 20ème siècle. L’“héritage centenaire” de Warner Bros. s’intègre dans un algorithme de consommation à la demande, où classiques et nouveautés coexistent sous une même logique d’engagement et de data mining.

Cette concentration engendre une paradoxe: alors qu’on promet “plus d’options pour le consommateur”, la diversité des sources et des voix créatives diminue. Le contrôle des canaux de distribution et de production par une seule entité menace la pluralité, essentielle à une culture démocratique. Ce n’est pas seulement un monopole de marché, mais un oligopole de l’attention et de la signification.

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Le récit de la politique, la story d’Ashley et la fabrication du consensus

Un autre chapitre crucial, “Le récit de la politique”, nous offre une clé pour comprendre les implications de cette fusion. Salmon analyse le cas de “L’histoire d’Ashley”, le clip utilisé lors de la campagne de réélection de George W. Bush en 2004. Cette vidéo, montrant le président réconfortant une jeune femme dont la mère est morte le 11 septembre, ne défendait pas des politiques publiques; elle racontait une histoire à forte charge émotionnelle qui fabriquait du consensus. Son efficacité résidait dans son pouvoir narratif, pas dans sa véracité ou sa profondeur programmatique.

Netflix, en se proclamant architecte du “prochain siècle du storytelling”, vise un rôle similaire: devenir le grand narrateur de l’ère mondiale. Ses algorithmes curent et priorisent déjà les contenus selon des profils psychologiques et de consommation. En intégrant le catalogue de Warner Bros., elle renforce sa capacité à modeler les perceptions, à normaliser certaines visions du monde et à en marginaliser d’autres. Dans un contexte où la politique se joue de plus en plus dans le domaine des émotions et des identités narratives (comme le montrent les campagnes populistes dans le monde entier), celui qui contrôle les histoires dominantes aura une influence profonde sur l’espace public.

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Qui nous contera nos récits?

L’acquisition de Warner Bros. par Netflix est un symptôme d’une tendance plus large: la financiarisation de la culture et la concentration du pouvoir narratif entre les mains de méga-corporations. Ce processus n’est pas neutre. Comme Salmon le met en garde, le storytelling corporatif et politique cherche à “formater les esprits”, à créer des réalités sur mesure et à remplacer tout débat rationnel par de l’adhésion émotionnelle.

Face à ce panorama, il est urgent de promouvoir, au niveau international, des politiques antitrust adaptées à l’ère numérique, qui considèrent la diversité culturelle comme un bien public. Et, en tant que citoyens et spectateurs, nous devons cultiver une alphabétisation critique face aux récits dominants, en gardant à l’esprit que les histoires les plus puissantes ne sont pas toujours celles avec le plus grand budget, mais celles qui préservent l’autonomie, la mémoire collective et la pluralité des voix.

Le “prochain siècle du storytelling” ne devrait pas s’écrire à partir d’un seul scénario. Le défi est de faire en sorte qu’il reste une conversation ouverte, et non un monologue corporatif.

Sources consultées:

Bravo, S. (2011, 23 de enero). Storytelling – El arte de dominar el relato [Blog]. Sandra Bravo. https://sandrabravo.wordpress.com/.../storytelling-%E2.../

Netflix [@netflix]. (2025, 5 de diciembre). Today, Netflix announced our acquisition of Warner Bros. Together, we’ll define the next century of storytelling, creating an extraordinary entertainment offering for audiences everywhere [Publicación en X]. X. https://x.com/netflix/status/1996912825508462707?s=20

Netflix. (2025, 5 de diciembre). Netflix to acquire Warner Bros. from Discovery Global for total enterprise value of $82.7 billion (equity value of $72 billion). https://about.netflix.com/.../netflix-to-acquire-warner-b...

Salmon, C. (2008). Storytelling. La máquina de fabricar historias y formatear las mentes. Ediciones Península.

Storytelling. (2024, 2 de diciembre). En Wikipedia. https://en.wikipedia.org/wiki/Storytelling

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vendredi, 26 décembre 2025

Escalade sans limite: pourquoi l’UE veut croire à la guerre

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Escalade sans limite: pourquoi l’UE veut croire à la guerre

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

L’ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn formule une accusation (https://x.com/i/status/2002518869609431458 ) qui touche au cœur de l’architecture du pouvoir occidental: la pression pour promouvoir l’escalade vis-à-vis de la Russie ne vient pas de Moscou – mais des structures occidentales de sécurité et d’intérêts elles-mêmes.

Le déclencheur a été l’intervention de la coordinatrice du renseignement américain Tulsi Gabbard, qui a publiquement contredit la thèse selon laquelle la Russie planifierait de prendre le contrôle total de l’Ukraine. Rien que cette rupture avec le récit établi constitue une transgression du tabou. Flynn va plus loin – et nomme acteurs et motifs.

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La thèse centrale de Flynn (photo) – synthétisée:

La CIA agit en collaboration avec le MI6 britannique et certaines parties de la bureaucratie sécuritaire européenne pour stabiliser un conflit permanent avec la Russie. Non par nécessité de défense, mais parce que le conflit est institutionnellement utile: pour les budgets, l’influence et la présence politique.

La logique structurelle:

- Les appareils sécuritaires ont besoin d’une menace.

- Sans escalade, pas de légitimité, pas de moyens, pas de projection de puissance.

- La “guerre sans fin” n’est donc pas une erreur, mais un état du système.

Flynn fait référence à l’Afghanistan et à l’Irak : 20 ans d’engagement, des milliards de coûts, une perte de prestige – sans conséquence stratégique.

L’UE comme accélérateur:

Ce qui est particulièrement frappant, c’est l’indication de Flynn que la volonté d’escalade vient aujourd’hui plus de l’Europe que des États-Unis. Alors que certaines élites américaines sont fatiguées de la guerre, l’Europe agit de plus en plus comme un vecteur moral de la confrontation – sur les plans politique, financier, rhétorique.

L’analyse du Premier ministre hongrois Viktor Orbán entre en jeu ici. Il dit ce qui, à Bruxelles, est considéré comme inavouable:

Une partie de la politique européenne croit sérieusement qu’un État doté d’armes nucléaires peut être vaincu dans une guerre conventionnelle. « Bonne chance », dit Orbán sèchement.

L’illusion dangereuse:

Orbán désigne trois groupes moteurs:

- Les fabricants d’armes qui veulent la guerre à tout prix.

- Les banques qui misent sur l’accès aux actifs russes.

- Et les politiciens qui ne sont pas suffisamment lucides pour voir où cette logique s’arrête. Sa conclusion est sombre: il ne faut pas compter sur une régulation en temps voulu par les élites européennes.

La dimension américaine:

Flynn appelle Donald Trump à rester ferme. Le public américain n’est pas prêt à financer une nouvelle guerre par procuration, encore moins le président ukrainien Volodymyr Zelensky, que Flynn qualifie délibérément de “petit dictateur”. Cette provocation n’est pas un hasard, mais une tentative de briser l’immunité morale de Zelensky.

Synthèse:

Ce qui se profile ici, ce n’est pas une question de narratifs, mais de puissance économique et géopolitique.

L’Europe joue avec l’illusion d’une “guerre non nucléaire” contre la Russie.

Flynn et Orbán confirment, sous différents angles, la même chose: le moteur de l’escalade se trouve en Occident lui-même.

Qui le contrôle et qui en profite ?

#géopolitique@global_affairs_byelena

À quoi sert la population pour les capitalistes?

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À quoi sert la population pour les capitalistes?

Jan Procházka

Source: https://deliandiver.org/k-cemu-je-kapitalistum-obyvatelst... 

Pour les travaux qualifiés, artisanaux et autres, après trente ans de campagnes de diffamation contre l’enseignement professionnel, il faudra tout de même importer des travailleurs.

Pour réaliser des bénéfices. Et si les actionnaires étrangers, bénéficiaires, ne veulent pas se donner la peine de travailler dans les plantations ou dans les ateliers de montage, alors on élimine la population de souche et on en importe d’autres, peut-être d’Afrique, d’Inde ou d’Indonésie. Nos propriétaires étrangers ont des siècles d’expérience dans cette pratique. Propos exagérés? Pourtant, c’est ainsi qu’est née, par exemple, la population des îles, colonies britanniques et néerlandaises, où l'on cultivait des épices (Bandy, Ambon, Zanzibar, Maurice), celle des îles à sucre (Antilles) et des Indes occidentales (Jamaïque, Honduras britannique, etc.). Les habitants originels étaient trop fiers pour se plier aux desiderata des exploiteurs et se sont rebellés contre les monopoles. C’est pourquoi les Européens les ont «éliminés» et ont fait venir à leur place des «agents de service» d’Afrique équatoriale. Grand Remplacement ! Cela vous semble familier?

La situation, ici, est bien sûr différente. Les autochtones d’Europe centrale ne seront probablement pas éliminés si facilement, et une part significative d’entre eux a d’ailleurs (volontairement ?) suivi des études universitaires auto-détruisantes, qui ne leur permettent d’occuper que des emplois précaires, voire de survivre comme un prolétariat diplômé, ou plutôt comme un «précariat de service». Il n’est même pas nécessaire d’attendre la première grande crise financière («lorsque les subventions seront coupées»). Autrefois, on appelait ces gens des domestiques, et il est étonnant de voir comment ce peuple (peu fier) de serviteurs, de servantes, de sous-hommes, de paysans et de cochers (nos ancêtres directs ! Non pas les Celtes antiques, les Indo-Européens proto-historiques, etc.) — dont les nationaux ont formé le peuple tchèque au 19ème siècle (toujours rempli de dénonciateurs notoires ou occasionnels de la monarchie "impériale et royale") — retourne sans problème dans la hiérarchie de l’humanité à un état de soumission, dans lequel il vivait depuis des siècles… Pour les travaux qualifiés et autres, il faudra importer des travailleurs après trente ans de campagnes de diffamation contre l’enseignement professionnel (on importera donc des Polonais, et pas seulement en Grande-Bretagne!).

Dépouiller une couche entière des autochtones, pour que leur groupe humain devienne déficitaire et donc non-autonome, est aussi une pratique coloniale-impérialiste éprouvée — autrefois principalement avec les «hautes classes» («religieux», guerriers), mais cela continue en fait encore aujourd’hui, car qu’est-ce sinon une «fuite des cerveaux» des périphéries vers les centres? Le capitalisme est une hiérarchie, une pyramide avec des zones centrales au sommet. Le capitalisme ne fonctionne toujours que sur la base d’une relation inégale entre le noyau et la périphérie. Le noyau, avec un pouvoir d’achat plus élevé, exploite la périphérie comme elle exploiterait un élevage, comme une source de main-d’œuvre peu coûteuse, comme un centre de transit et une décharge, tout en la maintenant dépendante et empêchant son développement. On crée des plantations, des usines de montage et des centres de transit, les bénéfices sont privatisés et sortis du pays — de la «zone» (selon les méridiens de Greenwich), tandis que les pertes sont socialisées. Les coûts et la charge pour maintenir l’infrastructure nécessaire sont supportés par la population locale. Qui nomme son enfant Oliver, Mia ou Emma et l’inscrit à une «école maternelle anglaise», qui augmente ainsi ses chances que cet enfant devienne une partie de la caste de service ou même de gestion. Par exemple, devienne un fonctionnaire colonial dans un secteur à but non lucratif.

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Pas d’économie de marché libre. Pas que chaque petit État (survivant) puisse librement commercer avec les biens et denrées qu’il veut et dont il a besoin. «L’ordre international basé sur des règles» signifie monopoles, oligopoles, embargos, sanctions, droits de douane contre les rivaux, traités coloniaux asymétriques, blocus navals et bombardements. Les vassaux jouent dans la hiérarchie comme semi-périphérie, c’est-à-dire comme une périphérie qui a sa propre périphérie, dont elle peut manger des morceaux. Comme nous le savons, l’Hegemon n’a ni amis ni ennemis, seulement des intérêts. Il n’a pas d’alliés, seulement des rivaux ou des concurrents, rien entre les deux. Le format colonial est la seule norme que reconnaissent les relations internationales. Et avec l’oppression des révoltes coloniales et la pacification de continents entiers, il a aussi des siècles d’expérience en ce domaine.

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La pacification et l’intimidation des populations indigènes ont toujours été effectuées par des soldats venus d’autres colonies. Ainsi, pour pacifier les Arabes à Zanzibar, on a envoyé des Perses, pour pacifier les Chinois dans la Victoria britannique (Hong Kong actuel), on a envoyé des Gurkhas, des soldats coloniaux du Népal. Pour pacifier Macao, possession portugaise en Chine, on a envoyé des Noirs, souvent ivres, du Mozambique et d’Angola. Cela se pratiquait depuis des siècles, et finalement — par exemple — ce sont aussi des Tchèques qui ont été déployés contre les paysans afghans. À Kaboul, on combattait pour Prague, n’est-ce pas? Et n’oublions pas que, pendant la Seconde guerre de l’opium, les Gurkhas ont également combattu pour Katmandou.

En Inde, la même chose s’est produite: dans les régions majoritairement hindoues, des musulmans ont été nommés comme administrateurs et soldats coloniaux. Lorsque les Indiens se sont rebellés contre les monopoles, ils ont été confrontés à des sicaires islamiques. Étudions attentivement l’histoire de la Compagnie des Indes orientales pour mieux comprendre notre avenir. Car même si — comme par miracle — un jour, un mouvement de libération nationale se levait, prêt à lutter, tout le système de réseaux d’experts, de mercenaires et de collaborateurs serait contre lui. Et importer de nouveaux habitants du Sud global, où il y a encore un surplus de ressources humaines, comme on nous les appelle maintenant, ne poserait aucun problème à nos propriétaires: ouvriers du bâtiment d’Asie centrale, personnel frigorifique de Roumanie, soudeurs d’Indonésie, personnels de santé d’Afrique, chauffeurs de taxi du Pakistan ou de Biélorussie. Tout cela commence déjà à se produire lentement. Où en sommes-nous quant à la mobilisation, où les «gars» de notre région centre-européenne seront envoyés pour faire la guerre à la Russie, pendant que la police coloniale, dans le cadre de l’intégration, forme ses policiers coloniaux? Nous devrions en discuter.

La philosophie de l’histoire de Hegel - Sur la dialectique non linéaire de Hegel

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La philosophie de l’histoire de Hegel

Sur la dialectique non linéaire de Hegel

Alexandre Douguine

Alexandre Douguine explique, dans ce bref article, que, pour Hegel, la fin de l’histoire correspond à un retour à l’origine.

L’Esprit Absolu n’est pas un début, mais le résultat du cycle complet de l’épanouissement de la subjectivité — c’est pourquoi Hegel n’est pas un idéaliste, mais un phénoménologue. Cependant, il est un phénoménologue du Sujet Radical. Si Hegel déclare que l’Absolu est un résultat, alors une immanence absolument radicale apparaît — semblable à celle de Fichte. Hegel écrit: «Il faut dire de l’Absolu qu’il est essentiellement un résultat, qu’il n’est ce qu’il est vraiment qu’à la fin» (1).

L’Absolu est ce qui doit encore devenir lui-même, non seulement en purgeant son côté sombre, comme chez Böhme (2), mais en passant par l'auto-aliénation de soi — du vide universel au concret catastrophique, puis en revenant du concret catastrophique à l’origine dans une nouvelle qualité. Autrement dit, l’Absolu se trouve devant nous comme un but, comme une fin. Cependant, ce n’est pas un mouvement linéaire, et cela est également crucial à comprendre: c’est un mouvement du centre vers la périphérie, puis, du périphérique, de retour vers le centre. Ce n’est pas le mouvement qui se déroule sur le cercle extérieur de la conscience, c’est-à-dire là où se produit une transformation constante (derrière l’éternité, dans l’élément du temps).

Pour Hegel, l’histoire n’est pas ce qui se déploie dans le temps; plutôt, c’est ce qui unit le départ de l’éternité dans le temps et le retour du temps dans l’éternité. L’histoire de Hegel, le temps de Hegel, est un mouvement du centre vers la périphérie, puis de la périphérie vers le centre. Cette histoire détermine à l’avance les structures et les moments du temps. Le temps lui-même n’a pas d’orientation, de sens ou de contenu; il ne porte aucun événement en lui. Tous les événements et contenus du temps proviennent de l’intérieur de la conscience (le temps en tant que processus linéaire est fondamentalement étranger à la pensée platonicienne, hégélienne et phénoménologique (3)). Tous les événements du temps proviennent de l’intérieur de la conscience. Si nous utilisons ses éléments situés à sa périphérie, ou encore plus à l’extérieur (dans le domaine hypothétique des «choses en soi»), ou si nous considérons l’histoire comme un processus linéaire, nous dévions au maximum de Hegel.

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L’histoire selon Hegel est l’histoire de l’épanouissement de l’Esprit subjectif dans le temps et de son retour et de sa transformation en l’Esprit Absolu. L’histoire selon Hegel est transversale au processus temporel en soi. C’est-à-dire que l’histoire n’est pas simplement « non temps » — elle est perpendiculaire au temps. Les événements qui se produisent dans l’histoire ne sont pas ceux qui se produisent dans le temps, mais ceux qui ont lieu dans les structures de la conscience. Et c’est cette conscience qui marque le temps par ses événements. Par conséquent, lorsque nous parlons de «la fin de l’histoire», cela signifie atteindre le point originel dans une nouvelle qualité. Cependant, ce déploiement de la structure de l’Esprit et cette progression de la dialectique de l’actualité (Wirklichkeit) n’ont jamais eu de début dans le temps — elles existaient au point de l’éternité. Ce point est ce que nous identifions comme le Sujet Radical, comme Homo Intimus (4), ou comme νοῦς ποιητικός. À partir de là, comme à partir d’un état vide et non manifesté, la négation se déplace vers la périphérie, puis une retour se produit. Dans ce retour, le centre se révèle comme quelque chose d’absolu. C’est le résultat de l’histoire, mais il n’existe ni dans une dimension linéaire ni dans une dimension cyclique. Dans un cycle, comme le montre Aristote, il n’y a ni début ni fin. Le mouvement d’une planète est éternel; elle n’a jamais commencé à partir d’un seul point — elle a toujours existé. Son début est à la fois le début et la fin, deux relations d’un seul point autour duquel tournent les planètes, non un point situé sur l’orbite elle-même. Cela nécessite une perspective totalement différente sur la dialectique de Hegel, qui ne peut pas être interprétée du point de vue des processus se produisant à la périphérie de notre conscience, mais qui se présentent comme indépendants et autonomes.

Notes: 

(1) Hegel. Phénoménologie de l'esprit.

(2) Dans les enseignements de Jakob Böhme, Dieu contient dans son fondement (Grund) un commencement obscur («la nature en Dieu»), dont il se purifie (s'absout) dans le processus de devenir-Esprit. Voir Alexander Douguine, Noomachie : Les guerres de l'esprit. Le Logos germanique. L'homme apophatique.

(3) Voir le cours magistral d'A. Douguine «Doxas et paradoxes du temps» (2021-2022).

(4) Homo intimus — « l'humain le plus intime », situé encore plus profondément que le simple «humain intérieur», homo interior. Une catégorie cruciale dans le système de Dietrich Freiberg et parmi les mystiques rhénans. Voir Douguine. Noomachie : Les guerres de l'esprit. Le Logos germanique. L'homme apophatique.

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jeudi, 25 décembre 2025

Le Venezuela comme cas d’essai – sur les intérêts, les règles et les limites de la multipolarité

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Le Venezuela comme cas d’essai – sur les intérêts, les règles et les limites de la multipolarité

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena

Le président américain Donald Trump a affirmé que les navires-citernes saisis par les États-Unis, et chargés de pétrole vénézuélien, seraient retenus. Le pétrole doit être vendu ou ajouté aux réserves stratégiques. À première vue, cela ressemble à une étape supplémentaire dans la politique de sanctions bien connue. En réalité, il s’agit de plus: d’un précédent qui en dit long sur l’état réel de l’ordre international.

Car il ne s’agit pas seulement du Venezuela, mais de la question de la signification des règles encore en vigueur, lorsque celles-ci entrent en collision avec des intérêts géopolitiques et économiques concrets. Sur le plan juridique, la démarche des États-Unis peut être juridiquement sécurisée ou du moins argumentée. Sur le plan politique, en revanche, un modèle familier se manifeste: la mise en œuvre factuelle de ses propres intérêts prime sur le droit international, tant que la résistance anticipée reste gérable.

C’est précisément pour cette raison que le cas du Venezuela est si instructif. Le pays n’est pas pertinent parce qu’il serait un acteur géopolitique central, mais parce qu’il fonctionne comme un maillon faible dans la chaîne internationale. Les réactions restent limitées, les protestations sont ritualisées, et aucune conséquence sérieuse ne se produit. Pour Washington, cela envoie un signal: la marge de manœuvre est plus grande qu’on ne le croit dans les déclarations officielles relatives à l’ordre fondé sur des règles.

De nombreuses analyses évoquent actuellement une transition irréversible vers la multipolarité. Cette hypothèse paraît rassurante, mais elle ne tient que partiellement devant une analyse plus approfondie. La multipolarité n’est pas une loi de la nature, elle ne se produit pas automatiquement par la perte relative de pouvoir d’un acteur dominant. Elle suppose que d’autres acteurs soient prêts et capables de répondre politiquement à toute violation des règles. Ce qui fait souvent défaut.

Les États-Unis n’agissent donc pas comme une puissance en retrait structurel, mais comme un acteur qui teste activement son espace de manœuvre restant. Dans ce contexte, le Venezuela n’est pas une exception, mais un laboratoire d’essai: jusqu’où peut-on aller sans provoquer une réaction sérieuse ? Quelles normes résistent – et lesquelles ne sont que de la rhétorique ?

La véritable leçon de cette affaire ne se trouve donc pas tant dans les Caraïbes, mais dans la politique d’ordre mondial. Tant que les violations des règles restent sans conséquences, il n’y a aucune incitation pour les acteurs hégémoniques à la retenue. Parler d’un monde multipolaire stable sans prendre en compte ces asymétries de pouvoir, c’est méconnaître la réalité.

En résumé : le Venezuela ne montre pas la force des États-Unis, mais la faiblesse du système qui aurait dû leur imposer des limites.

#géopolitique@global_affairs_byelena

La guerre intérieure aux États-Unis - Aristocratie nationale-industrielle vs oligarchie financière de Wall Street

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La guerre intérieure aux États-Unis

Aristocratie nationale-industrielle vs oligarchie financière de Wall Street

Lorenzo Carrasco

Source: https://jornalpurosangue.net/2025/12/20/a-guerra-interna-...

La nouvelle Stratégie de Sécurité Nationale (SSN) des États-Unis représente une rupture à plusieurs égards avec les versions précédentes de ce document doctrinal, reflétant l’intention du “noyau dur” des supporters du président Donald Trump de repositionner le pays sur la scène mondiale, en retrouvant les lignes directrices qui ont fait des États-Unis la première puissance économique mondiale, qui ont promu le système américain d’économie politique, tout en s’éloignant de l’agenda “globaliste” favorisé par ses prédécesseurs.

Parmi celles-ci, l’économie mérite une attention particulière, avec un concept de sécurité économique basé sur:

1 – un commerce équilibré;

2 – la réindustrialisation;

3 – un accès sécurisé aux chaînes d’approvisionnement et aux matériaux critiques;

4 – la domination énergétique (avec le rejet des “politiques désastreuses de ‘zéro émission de carbone’ et du changement climatique”, ainsi que la promotion des combustibles fossiles et de l’énergie nucléaire);

5 – le renforcement de la base industrielle de défense; et

6 – la préservation de la domination dans le secteur financier.

imaalhamges.jpgUne mention particulière revient au secrétaire au Trésor Alexander Hamilton (illustration), père intellectuel du système américain, qui repose historiquement sur le protectionnisme des industries naissantes/stratégiques, d’importants investissements publics dans l’infrastructure et un crédit orienté vers les activités productives.

En substance, le gouvernement Trump s’efforce d’inverser la désindustrialisation américaine, en promouvant ce que l’on pourrait appeler un “national-industrialisme stratégique”. Cet élan provient d’un groupe d’entrepreneurs et d’investisseurs réunis autour du vice-président J.D. Vance et dirigé par Chris Buskirk (photo, ci-dessous), fondateur du réseau Rockbridge, qui vise à rétablir et consolider une “aristocratie productive” au commandement du pays. Selon ses mots : “Soit vous avez une élite extractive — une oligarchie —, soit vous avez une élite productive — une aristocratie — dans chaque société.”

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Ce sont des concepts qui devraient faire l’objet d’études approfondies par d’autres pays de l’hémisphère occidental, y compris le Brésil, pour leur adaptation et leur emploi propre, leur permettant ainsi de se positionner de manière non manichéenne face à ce que la SSN qualifie de zone d’influence prioritaire des États-Unis.

Jacob Savage et la génération perdue

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Jacob Savage et la génération perdue

par Joakim Andersen

Source: https://motpol.nu/oskorei/2025/12/21/lastips-jacob-savage...

G8S80dqbMAAhEmu.jpgLa discrimination envers les hommes blancs est devenue systématique au cours des dernières décennies, notamment dans des sphères telles que le monde académique, les médias et le divertissement. Cela a conduit de jeunes hommes blancs à ressentir beaucoup plus de difficultés à faire carrière que leurs frères et pères un peu plus âgés, et cela a également contribué à leur radicalisation, remettant en question la société et l’idéologie qui les ont diabolisés et marginalisés. Ce genre de choses arrive lorsqu’on essaie de faire cuire la grenouille trop rapidement. Quoi qu’il en soit, l’esprit du temps a quelque peu changé depuis la présidence de Trump, et on accepte plus aisément maintenant de parler de cette discrimination. Ce qui était connu depuis des années dans les cercles de droite peut désormais aussi être abordé par des libéraux (de gauche), ce qui constitue en soi un pas positif dans la bonne direction. Un signe en est la large diffusion de l’article de Jacob Savage, The Lost Generation.

Le texte de Savage est bien écrit et approfondi. Il décrit, à l’aide de statistiques et de récits personnels, comment les hommes blancs ont commencé à être discriminés autour de 2014, à la suite de mouvements comme BLM et MeToo, et comment plusieurs institutions d’élite ont collectivement fait tout leur possible pour en embaucher le moins possible.

Savage cite le souvenir d’un recruteur de cette période, qui disait: «Il était évident que nous n’allions pas embaucher la meilleure personne… C’était choquant de parler d’exclure les hommes blancs». Le résultat a été dramatique. Un exemple dans le monde académique est celui de Brown: «Depuis 2022, Brown a recruté quarante-cinq professeurs en tenure-track dans les sciences humaines et sociales. Seuls trois étaient des hommes américains blancs (6,7%)». Savage écrit aussi que, «en 2011, l’année où j’ai déménagé à Los Angeles, les hommes blancs représentaient 48% des scénaristes de télévision de niveau inférieur; en 2024, ils ne représentaient plus que 11,9%. La rédaction de The Atlantic est passée de 53% d’hommes et 89% de blancs en 2013 à 36% d’hommes et 66% de blancs en 2024. La proportion d’hommes blancs est passée de 39% des postes fixes dans les sciences humaines à Harvard en 2014 à 18% en 2023. Rétrospectivement, 2014 a été le tournant, l’année où la DEI est devenue institutionnalisée dans la vie américaine». Les conséquences pour ces hommes blancs millenials qu’il a rencontrés ont été déterminantes: on leur a refusé des missions et des emplois encore et encore, leur indiquant plus ou moins clairement que cela était dû à leur race et à leur genre. Ces hommes ont en outre exigé qu’il ne publie pas leurs noms. Beaucoup d’entre eux sont bloqués dans leur vie, sans possibilité de fonder une famille.

L’article de Savage aborde un aspect important du phénomène, celui qui relève du générationnel. Beaucoup de décideurs clés, professeurs et autres, sont toujours des hommes blancs. Mais ils ont bloqué les opportunités de carrière pour les jeunes hommes blancs, par peur ou par sympathie envers l’esprit woke et ses défenseurs agressifs. Savage évoque aussi le lien entre la politique anti-blanc et l’idéologie anti-blanc («le changement démographique a remodelé non seulement qui énonçaient les narratifs, mais aussi lesquels étaient racontés »). Un journaliste soupçonnait aussi que cette politique contre les blancs contribuait à la dérive à gauche des institutions: les blancs qui y étaient encore se sentaient obligés d’adopter «une sorte de coloration protectrice, une mentalité d’allié» pour survivre. Ce n’est généralement pas suffisant, il faut le souligner. L’article vaut la peine d’être partagé avec des amis libéraux: les statistiques et les interviews sont frappantes et confirment que «au cours des années 2010, presque tous les mécanismes que l’Amérique libérale utilisait pour conférer du prestige ont été réévalués selon des lignes identitaires». Quiconque prend encore au sérieux la rhétorique sur les «privilèges blancs» après avoir lu le texte de Savage ne mérite pas non plus d’être pris au sérieux.

71vPORUO1nL._UF1000,1000_QL80_.jpgCependant, le texte présente aussi des lacunes. La conclusion est accablante : au lieu de légitimer la colère légitime, Savage aurait dû écrire quelque chose comme «la vérité, c’est que je ne suis pas un talent exceptionnel qui a été ignoré ; je suis un talent ordinaire — et en temps ordinaires, cela aurait suffi». Un complément précieux et nécessaire à cet article viral est donc celui de Compact, intitulé Lost Generation, too little, too late, du penseur qui se cahce derrière le pseudonyme de "Bronze Age Pervert" ("BAP"). BAP voit l’article comme globalement positif: il diffuse la connaissance nécessaire parmi les libéraux. Mais il identifie aussi des faiblesses cruciales et un focus erroné. Au lieu de promouvoir un récit de victime, où les hommes blancs ne doivent que prendre leur place parmi les groupes de victimes, BAP veut clairement mettre l'accent sur sur les échecs médiocres de l’establishment. Il écrit que «à mesure que ce récit se répand, cet article sera compris comme une victimisation et une supplication sentimentale, quémandant de la sympathie, plutôt que comme une condamnation juste d'un pouvoir corrompu et maladroit». Il n’a pas tout à fait tort. La discrimination que Savage décrit, et l’esprit qui la pousse et la traverse, sont anti-faustiennes et anti-méritocratiques. Les élites qui ont expulsé des hommes et femmes compétents et créatifs ont pratiquement menée notre civilisation au bord du gouffre. Une question que Savage ne pose pas, et qu’en 2025 il ne peut pas ne pas poser, est la suivante: une méritocratie ininterrompue aurait-elle garanti une surreprésentation des hommes issus de l’Occident faustien? Il s’agit du conflit entre l’Occident faustien et son esprit indo-européen d’un côté, et d’un monstre chimérique issu de l’ancien despotisme oriental de Marx et de la modernité managériale de l’autre. C’est aussi un point abordé par BAP : plutôt que de se lamenter, on pourrait rompre avec ces institutions anti-blanches et, comme Pewdiepie, créer soi-même quelque chose.

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BAP remarque aussi que le processus décrit par Savage est bien plus ancien que 2014. les Blancs ont été discriminés dans divers contextes depuis des décennies, pas seulement en tant que groupe blanc. Plus important encore, des types de personnalité rares ont été exclus de l’université, de Hollywood, etc., même avant 2012 (« pas d’emplois pour les freaks, excentriques ou créatifs audacieux à Hollywood avant 2012 »). Le résultat était une culture interne repoussante et une production également repoussante. BAP note: «Je me souviens de l’époque avant 2012, et ce n’était pas beaucoup mieux, surtout dans les domaines qu’il met en avant : journalisme, université, Hollywood ou médias».

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En somme, les articles de Savage et de BAP sont tout à fait dignes d’être lus. Une idéologie et un esprit anti-faustiens ont envahi la plupart des institutions que Althusser qualifiait d’AEI, d'Appareils d’État Idéologiques. Cela a empêché les jeunes hommes blancs d’accéder à des carrières, à l’élite et à la participation à la culture. Les hommes blancs plus âgés ont survécu de justesse tant qu’ils s’adaptaient. Le résultat a été un glissement idéologique clair et un déclin culturel, où Trump peut finalement être considéré comme une réaction. Il s’agit aussi d’une « génération de vengeance », pour reprendre une expression alt-right déjà ancienne. Cette génération s’est en grande partie construite en dehors des institutions, et en a créé de nouvelles. Leur but n’est pas d’être reconnus comme une autre groupe dans la hiérarchie officielle des victimes, mais de la remplacer par d’autres, plus saines.

Liens :

- Jacob Savage – The Lost Generation: https://www.compactmag.com/article/the-lost-generation/

- BAP – Compact « Lost Generation » DEI article: too little, too late: https://www.bronzeagepervert.yoga/p/compact-lost-generation-dei-article

Daria Douguina: des idées trempées dans le sang

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Daria Douguina: des idées trempées dans le sang

Mémoire, sacrifice et la bataille des idées

Alexander Douguine

Alexandre Douguine a déclaré que la mort de sa fille, une jeune femme qui n’avait jamais brandi aucune arme, a choqué tout le monde — du président aux citoyens ordinaires.

Lors de la Journée du Souvenir des Journalistes tués en service (15 décembre), une commémoration annuelle russe honorant les journalistes décédés dans l’exercice de leur métier, Douguine a noté que, même trois ans après le meurtre de Daria Douguina, les gens continuent d’exprimer leurs condoléances. Aujourd’hui aurait été son 33e anniversaire. Il a déclaré :

- Je pense qu’on peut même avoir des attitudes différentes envers l’Opération Militaire Spéciale, mais la mort de cette jeune, belle, jeune fille inspirée, qui n’a jamais pris les armes, qui n’a jamais participé à des opérations de combat — c’est quelque chose qui ne peut laisser indifférent aucun être humain digne, aucune personne dotée d'une conscience, d'une âme. Cela a touché absolument tout le monde, du président aux citoyens ordinaires. Cela s’est reflété dans le fait que le président a décerné à Dasha (1) l’Ordre du Courage.

- Les gens ordinaires, lorsqu’ils me rencontrent, continuent d’exprimer leurs condoléances — trois ans ont passé, et sa mémoire est vivante. Et la mémoire de chacun de nos héros — journalistes, nos guerriers — vit dans nos cœurs. C’est une force active. Les idées comptent. Les idées trempées dans le sang comptent encore plus. Elles font bouger le monde. C’est pourquoi un journaliste est vraiment quelque chose de plus qu’un simple journaliste — plus qu’un simple reporter, plus qu’un simple informateur. Un journaliste est un guerrier, une personne qui accomplit un acte héroïque, qui entre en bataille — une bataille dans le royaume des idées.

Note: 

(1) Note du traducteur : Dasha est le diminutif russe courant du prénom Daria.

16:26 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hommage, daria douguina, russie, alexandre douguine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 24 décembre 2025

Y2026

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Gelukkig Kerstfeest & Nieuwjaar 2026
Joyeux Noël & Bonne année 2026
Fröhliche Weihnachten & Glückliches Neujahr 2026
Merry Christmas & Happy New Year 2026
Feliz Navidad & Feliz Ano Nuevo 2026
Buon Natale & Felice Anno Nuovo 2026

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Robert Steuckers & Ana Robleda

14:44 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voeux | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook