
Parution du numéro 494 du Bulletin célinien
Sommaire:
Traduire la nuit. Voyage à l’épreuve de la traduction
Réception critique de Mea culpa
Le langage de Céline
Céline, non-bigame
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Xi Jinping prépare la rencontre avec Trump. Et il mobilise la Russie, la Corée du Nord et le Pakistan
Enrico Toselli
Source: https://electomagazine.it/xi-jinping-prepara-lincontro-co...
L’empreinte laissée par la signature de Wang Yi, ministre des Affaires étrangères chinoise, sur le document d’accord stratégique signé avec le russe Lavrov était encore toute fraîche, que, déjà, le ministre de Pékin arrivait en Corée du Nord pour rencontrer Kim Jong-un. Car Xi Jinping prépare la rencontre avec Trump et veut se présenter à la table avec des idées bien claires sur qui sont ses amis et qui sont ses ennemis. Et, bien sûr, le leader chinois ne pense pas que la meilleure façon d’assurer la loyauté des alliés soit de les insulter et de les menacer.
C’est une question de style, d’éducation. Style et éducation qui ne plaisent pas à Trump, à son ministre de la Guerre et aux supporters italiens des vachers américains. Mais chacun a ses propres références culturelles, pour autant qu’on puisse parler de culture pour Trump.
Au-delà de la forme, cependant, il existe un problème de fond. En pratique, qui est avec qui ?
La réponse pourrait venir du Pakistan. Islamabad est étroitement lié à Pékin, et le rôle du Pakistan dans les négociations pour mettre fin à l’agression sioniste/américaine contre l’Iran a semblé celui de défendre, avant tout, les intérêts de la Chine. Une Chine qui a besoin de Téhéran, mais aussi de bonnes relations avec l’Arabie Saoudite et les Émirats. Et il est particulièrement significatif que le Pakistan, après avoir exprimé sa pleine solidarité avec l’Iran, ait envoyé 13.000 soldats et une vingtaine d’avions à Riyad. Difficile de croire qu’il s’agisse d’une opération anti-iranienne. Il semble plutôt s’agir d’une initiative à forte visibilité, visant à offrir aux pays arabes une alternative à la présence des bases américaines.
Tout cela sert à préparer la rencontre entre les deux superpuissances.
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"Superautoritaire": Règlement de comptes avec la reine de Bruxelles
Par Karl Brüning
Source: https://www.compact-online.de/superautoritaer-abrechnung-...
Ursula von der Leyen règne sur l’Europe comme une souveraine absolue. Maintenant, son compagnon de longue date se lâche. Une femme extrêmement dangereuse, dont le casier judiciaire a été compilé dans l’édition de COMPACT intitulée "La dictatrice – La guerre éclair contre les peuples". Plus important que jamais ! Découvrez-en plus ici: https://www.compact-shop.de/shop/compact-magazin/compact-5-2025-die-diktatorin-blitzkrieg-gegen-die-voelker/.
Pendant cinq ans, Charles Michel et Ursula von der Leyen ont travaillé côte à côte à la tête de l’Union européenne. Mais ce que dit maintenant l’ancien président du Conseil européen et Premier ministre belge en public ressemble à une véritable liquidation. Dans une interview accordée au Brussels Times, Michel ne mâche pas ses mots à l’encontre de son ancienne collègue :
« Il y a une gestion superautoritaire. Les commissaires européens ne jouent plus aucun rôle. »
Alors que von der Leyen est devenue célèbre en Allemagne sous le nom de Flintenuschi (ministre de la Défense - "Ushi Carabine"), elle a reçu dans l’appareil de l’UE un autre surnom : Queen of Brussels (Reine de Bruxelles). Cela n’a jamais été une flatterie. La querelle entre elle et Michel dure depuis des années.

Deux carrières, une lutte pour le pouvoir
Michel et von der Leyen sont tous deux issus de l’establishment européen. Le premier, fils d’un politicien européen belge, a dirigé son pays de 2014 à 2019 en tant que Premier ministre, avant d’être élu président du Conseil européen, l’organe qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement des États membres.
Von der Leyen, fille de l’ancien ministre-président de Basse-Saxe Ernst Albrecht (CDU), décédé en 2014, au départ médecin et ancienne ministre de la Défense sous Angela Merkel, a pris en 2019 la tête de la Commission. Tous deux ont été reconduits en 2024 pour un second mandat. Michel a démissionné prématurément pour se porter candidat aux élections européennes. Il a échoué.
La Commission européenne, dirigée par von der Leyen, est l’exécutif de l’UE, elle propose des lois, supervise leur mise en œuvre et gère le budget. Les 27 commissaires, un par État membre, doivent y participer de façon équitable. La Conseil européen, que Michel a dirigé jusqu’en 2024, représente les chefs d’État et de gouvernement des États membres et fixe les orientations politiques. Les deux institutions doivent se contrôler mutuellement. Mais selon Michel, von der Leyen a systématiquement démantelé cet équilibre.
Il l’accuse de concentrer tous les pouvoirs dans son propre bureau et de réduire les commissaires à de simples fonctionnaires administratifs. Michel ne mâche pas ses mots : « Jamais dans le passé, je n’ai rencontré un collègue posant autant de difficultés dans la collaboration. Jamais. »

Sofagate et plans pour les services secrets
Les tensions ont éclaté dès avril 2021, lors de l’incident "Sofagate" à Ankara, lorsque Michel a pris la seule chaise disponible à côté du président turc Erdoğan, tandis que von der Leyen a été reléguée sur un canapé sans siège réservé. Elle avait alors évoqué un sexisme. Michel dément encore aujourd’hui :
« Le protocole a été parfaitement respecté. La Commission a décidé d’instrumentaliser cet incident pour accroître son pouvoir et s’immiscer dans des affaires qui ne relèvent pas de sa responsabilité. »
La fracture s’est creusée. Lors de la crise au Moyen-Orient en 2023, von der Leyen s’est rendue en Israël sans concertation et a parlé publiquement au nom de toute l’Union. Michel a organisé en parallèle une conférence de presse au Caire. Le historien britannique et expert de Bruxelles Peter Ludlow qualifiait déjà, il y a plusieurs années, cette petite guerre entre les deux de «gaminerie». Par la suite, ils ont systématiquement évité de faire des apparitions communes. Lorsque le Premier ministre indien Modi, venait en visite, Michel était exclu. Lorsque ce dernier rencontrait le président chinois Xi, elle restait à l’écart.
Les accusations de Michel ne sont en rien isolées. La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, aurait qualifié von der Leyen en interne de «dictatrice». Son prédécesseur, Josep Borrell, l’a accusée d’avoir «systématiquement dépassé ses compétences» en matière de politique extérieure.
L’ancien commissaire au marché intérieur Thierry Breton l’a aussi accusée de «gestion douteuse» de ses fonctions et a affirmé qu’elle agissait dans son dos pour le pousser à la démission. Sur le plan structurel, il faut ajouter qu’elle aurait tenté de créer une nouvelle cellule des services secrets pour contourner le centre existant de l’UE, et de s’approprier l’autorité au détriment du service diplomatique de l’Union.

Pfizergate et quatre motions de censure
Pendant la pandémie de Covid-19, von der Leyen a négocié personnellement via SMS avec le patron de Pfizer, Albert Bourla, des contrats de milliards d’euros pour les vaccins, qu’elle a déclarés comme une priorité absolue. Lorsque le New York Times a exigé d’accéder à ces échanges, la Commission a refusé de les rendre publics.
En mai 2025, la cour de l’UE a jugé que l’affirmation selon laquelle ces messages étaient introuvables était tout simplement peu plausible. Les SMS ont disparu jusqu’à ce jour. En janvier 2026, elle a survécu à sa quatrième motion de censure au Parlement européen.
Bruxelles bruisse. Reste à voir si ces accusations auront des conséquences. Von der Leyen s’est jusqu’à présent tenue silencieuse face au règlement de comptes commis par Michel.
Elle a survécu à plusieurs motions de censure et veut maintenant renforcer son pouvoir. Mais elle ne doit pas s’en sortir si facilement : il faut en finir avec la dissimulation et la secretomanie ! COMPACT présente le dossier d’accusation contre Ursula von der Leyen. Notre édition "La dictatrice" démasque durablement la présidente de la Commission européenne. Pour toute commande voir le lien supra.
18:35 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ursula von der leyen, charles michel, union européenne, commission européenne, europe, affaires européennes |
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Cinq thèmes émergents pour l’Indo-Pacifique à la suite de la guerre de Trump contre l’Iran
Bill Emmott
Source: https://geoestrategia.eu/noticia/46136/defensa/cinco-tema...
« Ce n’est pas notre guerre ». Cette phrase, utilisée par certains dirigeants européens pour expliquer pourquoi ils ont refusé d’envoyer des forces afin de se joindre aux États-Unis et à Israël dans leurs attaques contre l’Iran, est devenue tristement célèbre à la Maison Blanche de Donald Trump et a gravement mis en danger l’avenir de l’alliance transatlantique.
Le conflit avec l’Iran n’est pas la guerre du Japon, ni celle d’aucun autre pays de la région de l’Indo-Pacifique. Cependant, tous sont affectés par cette guerre. Tous devront changer leurs attitudes et leurs hypothèses à la suite du conflit avec l’Iran, dans certains aspects peut-être mineurs, mais aussi et surtout dans d’autres, qui sont, eux, de grande importance.
Après les négociations infructueuses à Islamabad le 11 avril, le conflit n’est pas encore résolu, il est donc trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur les conséquences de la guerre avec l’Iran. La secousse radicale, qu’une guerre peut provoquer, peut disparaître tout aussi rapidement une fois que les bombardements cessent, ce qui explique probablement pourquoi les marchés financiers n’ont pas réagi avec la vigueur attendue. Ils espèrent que cette guerre sera courte.
Cependant, certains thèmes commencent déjà à émerger et indiqueront quels types de changements à long terme découleront probablement de la guerre avec l’Iran. Cinq questions sont déjà apparues clairement.

1.
Le sujet le plus préoccupant à long terme est l’impact potentiel de cette guerre sur la prolifération des armes nucléaires. Le leader nord-coréen, Kim Jong Un, s’est vanté que, grâce au programme nucléaire développé avec succès par son père et son grand-père, son pays n’aurait pas été vulnérable au type d’attaque qu’a subi l’Iran.
Il est probable que de nombreux membres du régime iranien regrettent maintenant de ne pas avoir développé des armes nucléaires plus rapidement.
On pourrait argumenter que la guerre avec l’Iran découragera la prolifération nucléaire — car tenter de développer des armes nucléaires pourrait justifier une attaque américaine — et que si les administrations Clinton ou Bush avaient eu le courage d’attaquer la Corée du Nord durant les premières phases de son programme nucléaire, le monde serait un endroit plus sûr. Cependant, en réalité, il a toujours été trop dangereux d’attaquer la Corée du Nord, notamment en raison de ses liens étroits avec la Chine.
Dans la région de l’Indo-Pacifique, il existe déjà deux États dotés d’armes nucléaires: l’Inde et le Pakistan, en plus de la Chine et de la Corée du Nord.
Les débats récemment très ouverts dans les cercles officiels japonais sur la nécessité pour le Japon de dépasser son tabou nucléaire et de développer une capacité nucléaire reflètent probablement la crainte que d’autres pays, notamment la Corée du Sud, ne le fassent rapidement, ainsi que la crainte que la promesse américaine de « dissuasion étendue » — protéger les alliés sous leur propre parapluie nucléaire — ne soit plus suffisamment fiable.
2.
Un deuxième thème émergent est lié à cette dernière préoccupation: les questions qui surgissent suite à la guerre avec l’Iran sur la force et la fiabilité de la dissuasion menée par les États-Unis dans l’Indo-Pacifique face à la Chine, la Corée du Nord et la Russie.
La guerre des États-Unis contre l’Iran a mis en évidence la puissance et la sophistication des forces armées de la République islamique. Cependant, ce qui est surprenant, c’est qu’au cours d’une guerre contre un adversaire déjà très affaibli par les attaques israéliennes et américaines de juin de l’année dernière, l’armée américaine a épuisé aussi rapidement une grande partie des réserves de ses meilleures armes et systèmes de défense antimissile.
Si cela se produit après seulement quelques semaines de guerre contre un adversaire faible, jusqu’où la dissuasion américaine contre un adversaire beaucoup plus puissant, la Chine, peut-elle être fiable ?
De plus, la guerre en Iran a entraîné le transfert de navires, de régiments de la Marine américaine, de systèmes de défense antimissile et d’autres actifs de l'Indo-Pacifique vers le Moyen-Orient.
Les lacunes immédiates que ces transferts laissent ne sont pas la principale préoccupation, bien qu’aucun stratège militaire dans l’Indo-Pacifique ne puisse désormais ignorer la possibilité, aussi petite soit-elle, que la guerre avec l’Iran ait créé une opportunité que la Chine ou la Corée du Nord pourraient être tentées de saisir.
La principale inquiétude est que, malgré des dépenses militaires annuelles de près d’un billion de dollars américains, l’armée américaine semble très surchargée après une guerre aussi courte.

De toute évidence, les préoccupations exprimées ces dernières années sur la capacité de production de défense aux États-Unis sont valides. Cependant, cela suggère aussi qu’une proportion trop importante des dépenses de défense américaines est consacrée à des coûts fixes, comme les bases militaires américaines partout dans le monde, et très peu à des actifs agiles et à des réserves stratégiques.
3.
Un troisième aspect de la guerre avec l’Iran est qu’elle a enseigné à de nombreux pays des leçons sur ce qui est réellement nécessaire en matière de défense contre les attaques de missiles et de drones à l’avenir. Les États du Golfe Persique — Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït et Arabie saoudite — ont été soumis à des attaques répétées de missiles et de drones iraniens, auxquelles leurs systèmes de défense existants n’ont pas pu répondre efficacement.
Une partie de la raison en est la pénurie mondiale de systèmes sophistiqués et coûteux d’interception de missiles utilisés dans les systèmes de défense Patriot et THAAD fabriqués aux États-Unis, une situation déjà mise en évidence par la guerre en Ukraine.

Mais cela est aussi dû au fait que, jusqu’à présent, d’autres pays n’ont pas eu à apprendre de l’expérience de l’Ukraine, attaquée par des essaims de drones à faible coût. Désormais, la demande pour des systèmes de défense antidrones à la mode ukrainienne va exploser, et pas seulement dans le Golfe. Le Japon devrait également investir dans des défenses antidrones.
4.
Un quatrième thème évident est la nécessité de disposer de réserves et de chaînes d’approvisionnement diversifiées pour l’énergie et les minéraux critiques.
Au cours des dernières années, de nombreuses analyses ont été menées sur les « points de congestion » qui pourraient donner un avantage à l’une ou l’autre partie en cas de guerre, mais l’utilisation potentielle du détroit d’Ormuz à cette fin a été étonnamment minimisée ou même ignorée par les États-Unis. Pourtant, ce passage étroit partagé par l’Iran et Oman a longtemps été identifié comme un point de congestion, étant donné qu’y transite un cinquième du pétrole mondial annuel par des navires-citernes.
Désormais, après les négociations à Islamabad, le monde doit se préparer à un jeu de bluff entre Trump et l’Iran sur celui qui osera empêcher l’autre de contrôler le détroit. La déclaration de Trump selon laquelle des navires de guerre américains bloqueraient le détroit et empêcheraient la perception de péages équivaut à un défi à l’Iran pour qu’il tente de les arrêter. C’est un coup audacieux, mais aussi risqué, car cela pourrait intensifier la guerre une fois de plus.
Au-delà de cette question immédiate, la nécessité de diversifier les routes et les matières premières pour affaiblir les points critiques potentiels est une conclusion évidente qui découle de la crise d’Ormuz, tout comme celle d’investir dans des réserves stratégiques accrues de matières premières clés. Taïwan doit comprendre maintenant que ses réserves stratégiques encore faibles en énergie et autres stocks la rendent très vulnérable à un blocus chinois.
5.
Une grande partie des autres conséquences possibles dépendra de ce qui se passera ensuite dans cette guerre. Mais nous pouvons déjà discerner un cinquième thème: Donald Trump se met facilement en colère face à tout manque de soutien de la part des alliés des États-Unis, malgré le fait qu’il a passé une grande partie de l’année dernière à les insulter et à en abuser.
La guerre contre l’Iran a déjà augmenté les probabilités que Trump se retire de l’OTAN dans un accès de colère. Bien qu’il n’y ait pas actuellement de danger qu’il rompe avec les alliances américaines dans l’Indo-Pacifique, cette guerre a confirmé que le pouvoir aux États-Unis est très concentré entre les mains d’un seul homme: le président. Selon la Constitution américaine, il devrait quitter ses fonctions dans moins de trois ans, mais en attendant, il peut prendre de nombreuses décisions très personnelles.
Il n’est pas « notre » président, mais personne ne peut échapper aux conséquences de ses actes.
18:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, états-unis, indo-pacifique, actualité, donald trump |
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«Il n’y a pas un dollar américain dépensé en Europe et dans l’OTAN qui n’ait servi les intérêts américains»
«Sur le plan politique, l’OTAN est déjà disloquée»
Interview du général Fabio Mini
Source: https://www.sinistrainrete.info/geopolitica/32807-fabio-m...
L’AntiDiplomatico a interviewé le général Fabio Mini, ancien commandant de l’OTAN lors de la mission KFOR au Kosovo.
Général, du moins jusqu’à aujourd’hui, les États-Unis n’ont pas réussi à obtenir le soutien de leurs alliés de l’OTAN pour la guerre contre l’Iran: l’Espagne a interdit aux États-Unis d’utiliser ses bases et même son espace aérien pour tous les aéronefs américains. La France s’est jointe à eux, tout comme l’Italie et l’Allemagne. Est-il possible que cette conjoncture mène réellement à la sortie des États-Unis de l’OTAN ou, du moins, à une dislocation de cette organisation ?
Sur le plan politique, l’OTAN est déjà disloquée. Certains États membres tergiversent en attendant que Trump parte. Le même secrétaire général, avec ses petits voyages de zébulon volant, est le fantôme de l’OTAN, qui utilise d’un côté la désintégration comme appel à l’unité et à la cohésion, tout en l’alimentant en soutenant ces «volontaires» schizophrènes qui prétendent vouloir une OTAN européenne. L’OTAN que nous voyons dans l’ombre est le simulacre organisationnel qui tient par l’habitude, tout simplement. Je ne pense pas que les États-Unis quitteront l’OTAN, et même s’ils le faisaient, ils exerceraient un contrôle encore plus strict et plus coûteux, surtout au niveau politique-stratégique et économique.
Le plan de Trump consiste à faire payer aux pays européens, dans l’OTAN ou hors de l’OTAN, les soi-disant «services rendus à l’Europe» dans le passé et ceux à fournir pour l’avenir. Trump ne considère pas que les cadeaux faits à l’Europe durant toute la guerre froide et après n’étaient pas du tout des cadeaux, et qu’ils n’ont pas été exclusivement donnés pour le bénéfice des Européens.

La guerre en Europe a sauvé les États-Unis de la récession, la division de l’Europe en a fait le champ de bataille entre blocs, la soupape de sécurité de toutes les tensions et le potentiel cimetière de guerre le plus vaste et le plus peuplé de l’histoire. Pendant des décennies, le bureau de comptabilité du Congrès a présenté un rapport annuel dans lequel étaient listés et monétisés les «contributions étrangères à la sécurité américaine». Tous les pays européens étaient listés selon la «contribution» qu’ils versaient. La soi-disant couverture nucléaire garantie par l’OTAN était en réalité le piège destiné à limiter le conflit nucléaire au théâtre européen.
Si l’Europe voulait réellement acquérir une indépendance stratégique, elle devrait reprendre en main ces données. Elle devrait considérer combien d’instabilité a été créée en Europe par ce qu’on appelle l’aide américaine, et combien de richesses ont été transférées aux Américains par le fait de la dépendance européenne.
Aucun dollar américain dépensé en Europe et dans l’OTAN ne l’a été qu'au service des intérêts américains, les a enrichis, tandis que les Européens étaient appauvris et soumis, malheureusement avec leur consentement patent et satisfait. Trump ne veut pas lâcher prise sur l’Europe, et il le fait de manière explicite, brutale, en menaçant de quitter l’OTAN: c’est un bluff qui vise à laisser aux Européens face à des conflits déclenchés par les États-Unis, en les obligeant à payer pour les services de renseignement, les télécommunications, le commandement et le contrôle, la cyber-guerre, etc., actuellement confiés à l’OTAN, et à acheter des armements et équipements américains pour ces services demain.
La prétendue indépendance et autonomie stratégique européenne se résument à jouer le rôle d’exécutant de la politique américaine et à poursuivre leurs conflits. Malheureusement, avec des méthodes moins flagrantes mais tout aussi arrogantes, c’est le même système adopté par toutes les administrations américaines passées et sûrement futures.
Même l’attitude supposée de certains pays concernant l’autorisation de survol ou l’utilisation des bases est une imposture. Les États-Unis, pas seulement sous Trump, ont démontré depuis 1991 qu’ils se foutaient du droit international et même des traités bilatéraux. S’ils évitent d’utiliser des espaces et bases à l’étranger, c’est parce qu’il leur est avantageux d’éviter ou de créer des embarras internes aux vassaux.
Quasi tous ceux qui étaient à Sigonella pendant une certaine nuit de l'année 1985 sont morts: la version héroïque d’un pays vassal qui se libère du joug est passée. Peu de choses ont été dites sur le rôle de l’amiral Fulvio Martini (photo), chef de notre renseignement militaire, qui a débloqué la situation avant qu’elle ne dégénère. On a parlé des appels furieux entre Rome et Washington durant ces moments dramatiques. Peu de choses ont été dites sur les excuses téléphoniques du lendemain.
L’initiative militaire des États-Unis dans le détroit d’Ormuz peut-elle fonctionner? La guerre contre l’Iran a-t-elle réellement relégué le problème ukrainien à l’arrière-plan de l’agenda de Washington?
Elle peut sûrement aggraver les choses. L’initiative vise à déplacer le conflit en haute mer, hors du golfe, pour l’élargir et le diluer. Elle peut aussi servir de diversion pour soutenir les négociations et faire plaisir à Israël, qui est le vrai deus ex machina de toute cette affaire.
La guerre en Ukraine n’est pas terminée, mais celle-ci dépend aussi de l’évolution de la guerre dans le golfe. L’Ukraine s’est empressée d’envoyer les soi-disant experts en drones dans les pays arabes, tentant de se ranger du côté américain et israélien. Avec peu de succès. Les opérateurs de drones ont été neutralisés, et ni les États-Unis ni Israël n’ont apprécié la lèche ukrainienne. Zelensky tente désespérément de s’appuyer sur les Européens, qu’il a abrutis de discours, et espère maintenant les milliards bloqués par Orban. Toutes ces choses n’apportent aucun avantage sensible dans la guerre contre la Russie. La guerre se terminera quand Moscou le voudra, et Moscou ne veut pas la gagner par la destruction, mais par une capitulation volontaire, même déguisée en compromis « honorable ». C’est en effet la seule solution capable de stabiliser la région pendant de nombreuses années, sans créer une brèche noire dans laquelle faire finir inutilement ressources et hommes. Le principal obstacle à cette solution, c’est justement l’Europe, non pas dans son ensemble, mais dans ces pays et chez ces bureaucrates qui veulent la brèche noire, quitte à s’y enfoncer eux-mêmes. Sacrifiant ainsi toute l’Europe.

La guerre contre l’Iran a considérablement réduit les disponibilités en armements des États-Unis. Selon certains analystes, Washington pourrait se retrouver contraint d’abandonner les livraisons d’armes au profit de Kiev afin de fournir à ses forces armées des stocks suffisants. Est-ce une possibilité réelle? Ou le complexe militaro-industriel américain est-il en mesure de combler les déficits de ses forces armées et de maintenir le niveau précédent de fournitures militaires en faveur de Kiev?
Il faut faire une distinction: la pénurie de systèmes d’armes aux États-Unis ne tend pas vers zéro de manière absolue. Les États-Unis disposent d’une planification opérationnelle globale basée sur la soutenabilité de deux ou trois conflits régionaux simultanés. Les réserves maximales ne doivent pas descendre en dessous de ces besoins. Le conflit en Ukraine et celui au Moyen-Orient épuisent les surplus, s’approchant dangereusement des réserves stratégiques.
Pour certains systèmes, comme ceux de missiles antiaériens, le déficit est déjà atteint, et, ce qui est important, l’industrie du secteur n’a pas une capacité de production capable de compenser la consommation. Ce sont des systèmes très coûteux, mais l’argent n’est pas tout; c’est inutile d’en avoir si on ne peut pas acheter ce qu’on souhaite. La soustraction ou le transfert de ces systèmes depuis d’autres théâtres, comme celui asiatique, pose un problème de dissuasion. Les commandants des zones interarmées où l’outil militaire est déployé dans le monde sont les plus préoccupés, et l’attitude agressive du président envers tous n’aide pas. L’Ukraine est désormais un théâtre de guerre qui compte moins pour les États-Unis, et le soutien américain tend à diminuer malgré les promesses du commandant des forces américaines en Europe.

L’économie de l’Europe occidentale subit de graves répercussions à cause du blocage du détroit d’Ormuz. Pourquoi l’Union européenne — ou les États membres — ne cherchent-ils pas à atténuer les sanctions antirusses, surtout en matière énergétique? Si le prix des hydrocarbures continue d’augmenter, les sommets européens chercheront-ils un compromis avec Moscou?
Ce point est également relatif. Le blocage du détroit impacte de manière sensible l’Asie et l’Europe. Le fait que le coût des carburants affecte aussi les États-Unis n’est qu’une question de spéculation sur l’avenir. En particulier, c’est l’avenir de la production dans d’autres parties du monde, y compris aux États-Unis. Le blocage peut être temporaire, mais la baisse de la production dans toute la région et l’incapacité de la compenser avec les ressources du Venezuela et de l’Afrique s’ajoutent à l’obsolescence des structures de production.
Tôt ou tard, le marché mondial devra réhabiliter les ressources russes, notamment celles utilisables par l’Europe qui, avec la politique de fermeture actuelle, obtient deux résultats négatifs: ne pas finir la guerre et épuiser ses propres ressources. Même ici, fabriquer de l’argent ou ses substituts (dette) sera inutile si la matière disponible est insuffisante.
Malheureusement, le moment de revoir toute la politique énergétique européenne et la politique de sanctions contre la Russie est maintenant. Dans une ou deux semaines, il pourrait être trop tard, non pas parce qu’il n’y aurait pas de pétrole, mais parce que la Russie elle-même et d’autres pays ne seront plus disposés à faire des faveurs à l’Europe.
À la fin de 2025, le gouvernement italien a prolongé l’aide militaire destinée à l’Ukraine malgré une certaine opposition exprimée par la composante liguiste. Plus récemment, le même gouvernement a déclaré que l’aide sera renforcée pour contraindre Moscou à négocier. Quelle est la logique derrière l’augmentation des fournitures militaires «pour la paix»? Pourquoi le gouvernement italien persiste-t-il dans cette attitude, malgré les sondages qui confirment que la majorité des Italiens s’opposent à l’envoi d’armes et souhaitent une solution politique?
L’aide à l’Ukraine n’est pas une question rationnelle et ne tend en rien à résoudre le conflit, encore moins à obtenir la paix. C’est une position idéologique d’alignement avec les politiques américaines d’abord, européennes ensuite. Contre l’idéologie, tout raisonnement est inutile. L’aide est aussi fondamentalement inefficace. On parle d’argent, mais en réalité, il faudrait des moyens et du matériel. Ceux envoyés en Ukraine en quatre ans ont été consumés sans résultats, si ce n’est la poursuite de l’agonie.

Tout l’argent alloué au réarmement européen dans une optique anti-russe ne tient pas compte du nombre de soldats mobilisables et mise plutôt trop sur la capacité ukrainienne à combattre, même avec de nouveaux armements. Il ne prend pas en compte la récession économique que certains pays cherchent à conjurer en déversant des fonds dans le secteur de l’armement. Il ignore l’augmentation des coûts de production et la diminution des ressources. De tous points de vue, c’est une politique ratée pour tout le monde, y compris pour les Ukrainiens.
En ce qui concerne l’Italie, il faut rappeler la participation de Rome à la mission EUMAM, dans le cadre de laquelle des militaires ukrainiens sont formés en Europe occidentale. Partage-t-elle l’idée que la formation d’officiers et de spécialistes ukrainiens sur le sol italien soit, à cette étape, un enjeu pour la sécurité de l’Italie et ses intérêts ?
Si l’on parle d’idéologie, cela peut se justifier. C’est un signe de soutien à l’idéologie de l’Ukraine envahie, sans raison, de manière illégale et sans justification. Si l’on parle de réalité, nous sommes encore dans le monde des rêves. Sur le plan opérationnel, la formation de personnel militaire ukrainien en Italie comme dans d’autres pays est un non-sens: il n’y a pas d’aviation, pas de forces navales, pas de défense anti-aérienne (ou alors relative aux systèmes qui manquent), pas de forces anti-drones — l’Ukraine se vante de posséder les meilleurs drones et leurs opérateurs —, pas de forces spéciales: elle affirme avoir les meilleurs commandos. En matière de forces blindées, d’infanterie, de mines et de champs minés, etc., après quatre ans de guerre, on espère qu’ils ont des instructeurs et des soldats capables d’affronter une guerre réelle, et non celle des manuels qu’on enseignerait à l’étranger. N’est-ce pas ?
Bruxelles tente de convaincre la population de la nécessité de «faire des efforts» pour allouer des ressources au complexe militaro-industriel. Comment une politique de ce genre, de la part de la Commission européenne, peut-elle être perçue? Quels résultats peut-elle produire?
Le simple fait de devoir faire des efforts ou demander des sacrifices à la population signifie que les ressources sont inférieures aux ambitions. Je perçois une grande myopie politico-stratégique dans ce contexte. En temps de paix, la population travaille pour une vie décente, pour donner la sérénité aux familles et pour permettre des perspectives d’amélioration.
En cette période de crise systémique née de la guerre ou amplifiée par elle, détourner des ressources de la population, c’est miner la motivation. Si l’on mise sur la relance du secteur militaire comme secteur productif capable de relancer l’économie, ce n’est qu’une propagande à court terme: il faut «quelque chose à faire rouler» qui ne soit pas seulement un char d’assaut.

La préparation à la guerre en temps de paix repose sur le principe d’avoir le consensus. De plus, la fabrication de tout outil de guerre nécessite du temps, une technologie avancée et des coûts élevés. La guerre est donc adaptée aux États riches, disposant de grandes capacités industrielles, d’une main-d’œuvre à employer, et d’une volonté de combattre ou de faire combattre les autres pour leurs propres intérêts.
Je ne pense pas que l’Europe puisse compter beaucoup sur quelqu’un d’autre pour se battre gratuitement pour elle, ni qu’elle soit si riche ou insouciante qu’elle puisse se permettre de préparer une véritable guerre régionale. Au roi qui lui avait demandé comment renforcer l’armée, le stratège chinois Sun Bin répondit : « Rends la nation prospère. »

16:15 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Entretiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fabio mini, entretiens, italie, europe, affaires européennes, actualité, otan, iran, ukraine |
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Institutions internationales: un échec. Seuls les États peuvent résoudre nos problèmes
Par Claudio Risé
Source : Claudio Risé & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/istituzioni-globa...
Quelles règles serait-il préférable d’adopter face aux tensions et disputes internationales dans lesquelles se trouve le monde? Changer de voie n’est pas simple en ces temps-ci, entre des porteurs puissants de projets parfois très singuliers, qui devisent comme si de rien n’était de l’énergie atomique, dans un contexte déjà plutôt tendu. Mais le point faible dans ces disputes n’est pas le seul problème.


La question a été abordée par Nadia Schadlow, chercheuse de pointe en stratégie politique auprès du prestigieux institut Hudson, aux Etats-Unis. Schadlow est, en soi, un exemple de lucidité scientifique qui dépasse sans difficulté les pièges des différences politiques, par exemple en publiant tranquillement l’essai dont je vais parler ici dans la revue Foreign Affairs, le plus anti-Trump des magazines américains, après avoir été une stratège importante lors de la première administration Trump.
«Les changements dans la gestion du pouvoir ne sont jamais faciles», commence Schadlow, et ce qui nous arrive actuellement en est un parmi ceux qui se proposent, à intervalles d’au moins un demi-siècle. Il ne s’agit plus «de questions entre États rivaux», mais carrément d’alternatives sur différentes façons de faire la politique étrangère. Qu’est-ce qui est si important, qui change en ce moment?
«Pour définir une grande partie de l’ère post-Guerre froide — écrit Schadlow — le mot d’ordre jusqu’à présent a été pour tous: d’abord le global», la vision globale, la manière de voir et de traiter les questions internationales. «Les gouvernements nationaux comme toutes les institutions transnationales ont jusqu’ici suivi une seule croyance: seul le global pouvait faire face aux problèmes de notre temps, qui pouvait être, au mieux, considéré comme incertain».
Le secrétaire général actuel de l’ONU, l’espagnol Antonio Guterres, en poste depuis plus de dix ans, représentant des critères suivis jusqu’ici, se plaint du manque de «bon sens» pour le bien collectif. Mais Schadlow remarque que, justement, il faudrait peut-être vérifier si ce n’est pas ce peu de «bon sens» qui maintient tout en l’état, et si cela ne vaudrait pas mieux changer de voie, en arrêtant de sacraliser le global: toutes les initiatives et tous les travaux véritablement indispensables pour éviter les risques les plus graves de la politique internationale.

Que cela ne fonctionne pas, «la déception globaliste», comme l’appelle désormais Nadia Schadlow, a été officiellement certifiée pour la première fois il y a déjà 10 ans, lorsque l’Angleterre a voté en 2016 la sortie de l’Union européenne, annonçant l’insatisfaction croissante, en Europe comme ailleurs, vis-à-vis des institutions supranationales.
Le fait est que, derrière la mise en scène de Trump, remarque Schadlow, on a finalement compris que la solution ne se trouve pas au niveau mondial. Ce sont les États souverains qui génèrent les problèmes (comme avec les industries polluantes), en font l’expérience (par leurs citoyens qui souffrent), et disposent des moyens pour les résoudre (par leurs revenus, infrastructures, services). Seuls les États réellement engagés à défendre leurs intérêts peuvent démêler des questions que, jusqu’ici, les institutions mondiales n’ont nullement résolues.
La forme globale, observe la professeure stratège sans détour, fonctionne passivement pour enregistrer ce qui ne marche pas, le signaler et en discuter, mais ce sont ensuite les États locaux, et non les institutions mondiales, qui ont la responsabilité directe envers les citoyens. «Les processus globaux avancent lentement, quand ils avancent. Les États, en revanche, ont davantage de possibilités d’agir rapidement, avec souplesse et résultats. Même dans les questions de «changement climatique», l’orientation ouverte aux besoins mais aussi aux ressources de l’État permet de mieux respecter ces besoins et ces ressources locales que ne le font les ressources globales».

Et ici, Nadia, la stratège, donne une intuition très fine en soulignant la profondeur des simples mais prometteuses intuitions démocratiques face aux structures gigantesques des institutions globalistes, qui se sont révélées inefficaces face à de nombreux défis cruciaux du 21ème siècle. «Le progrès vient plus facilement par la persuasion, par l’union de la volonté entre les personnes, et par la coopération directe entre gouvernements. Les grandes structures globales se sont en revanche révélées insuffisantes face à de nombreux défis importants du 21ème siècle. Ces actions concrètes produisent non seulement des résultats tangibles et positifs, mais soutiennent et renforcent aussi les valeurs démocratiques, de façon plus convaincante que les structures globales compliquées et prétentieuses». Et elle conclut: «Les États-Unis et les autres États démocratiques doivent cesser de se référer à cet ordre global rigide et trouver leurs propres solutions aux graves problèmes de notre temps».
Applaudissements.
21:35 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, politique internationale, institutions internationales, nadia schadlow |
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La stratégie de l’impérialisme américain et son «mode d’autodestruction»
Source: https://www.unser-mitteleuropa.com/193924
La stratégie de l’impérialisme de notre époque semble être le «mode d’autodestruction ». Un exemple récent en est la guerre en Iran, qui, d’un point de vue historique, peut à peine être considérée comme une «erreur» de la politique américaine, voire pas du tout.
Analyse matérielle de l’impérialisme
Même si l’on ne peut pas accorder beaucoup d’importance au pathos souvent exprimé, il faut reconnaître ce qui se passe actuellement dans le monde et, en particulier, dans la guerre en Iran. Celle-ci n’est pas une «erreur», mais plutôt le résultat logique de la politique américaine telle qu’elle se présente depuis des décennies.
En analysant l’impérialisme contemporain non pas sur le plan moral mais sur le plan matériel, il faut admettre que ce système est arrivé à un point où il ne peut plus faire autre chose que choisir entre retrait et escalade. Washington a, sans grande surprise, opté pour l’escalade. L’attaque contre l’Iran n’est pas un signe de force, mais plutôt de désespoir.
Les États-Unis tentent une fois de plus de freiner leur déclin relatif, comme c’est devenu «habituel», par la violence. Le problème, c’est que la violence ne peut pas remplacer une base économique, même si cela fait temporairement « prospérer » l’industrie de l’armement.
Lénine l’avait déjà exprimé clairement il y a plus de 100 ans: l’impérialisme est la phase où les contradictions économiques sont exportées à l’extérieur. On voit actuellement la phase finale de ce processus. Le Moyen-Orient est passé du rôle de théâtre secondaire au centre de l’attention.
L’énergie, les routes commerciales, le contrôle des points stratégiques – ce n’est plus un «jeu géopolitique», mais une pure «lutte des classes» à l’échelle mondiale. Celui qui contrôle actuellement le détroit d’Ormuz contrôle les prix, les industries, des économies entières. C’est probablement précisément pour cela que des «incendies» sont allumés en divers points du globe.
Le système « brûle »
Mais cette fois, ce n’est pas seulement la «périphérie» qui brûle, mais le système lui-même.
La Chine ne réagit pas, bien sûr, par indignation morale, mais par calcul économique. Si le plus grand gisement de gaz au monde est attaqué, si les routes commerciales sont déstabilisées, ce n’est plus un «conflit», mais une attaque directe contre la «reproduction du capital» à l’échelle mondiale.

Pékin voit cela sans aucun doute très clairement: ici, ce n’est pas seulement une guerre, mais c'est le monde entier qui est sacrifié pour sauver une hégémonie en déclin. La Russie a apparemment tiré une autre leçon, complémentaire: la diplomatie américaine n’est plus un moyen de stabilisation, mais une partie de la guerre. Les négociations, comme dans le conflit en Ukraine, sont utilisées comme des «pauses tactiques» d’orientation, mais elles ne s'organisent pas pour trouver une solution. Une fois que cela est compris, on négocie différemment ou plus du tout. Le résultat de cela est exactement le contraire de ce que Washington voulait. Au lieu de séparer la Russie de la Chine, l’impérialisme américain rapproche encore davantage les deux, non pas par sympathie, mais par nécessité.
Les États-Unis en tant que superpuissance imprévisible
Le dénominateur commun est simple: c'est d'assurer sa protection contre un système devenu imprévisible. Une superpuissance prête à infliger des dommages considérables à l’économie mondiale pour sauver sa propre position n’est plus un partenaire, mais un risque. L’Europe se trouve justement entre les deux comme un fournisseur dépendant, qui découvre soudain que les chaînes d’approvisionnement sont politiques. «L’indépendance énergétique» se révèle une fois de plus comme une illusion coûteuse. La désindustrialisation n’est plus un simple mot à la mode, mais une dure réalité.
Les usines ferment non pas à cause du «changement structurel», mais parce que les prix de l’énergie explosent. L'ironie amère, c’est que les mêmes élites, qui ont condamné pendant des années toute proximité avec la Russie, commencent soudain à changer d’avis. Non pas par conviction, mais par contrainte. Le marché dicte ce que l’idéologie interdisait auparavant.
Au cœur du problème, il apparaît que l’impérialisme n’est pas capable de résoudre ses propres contradictions. Il ne peut que les repousser, les intensifier ou, comme actuellement, les décharger par une voie militaire. Chacune de ces étapes accélère toutefois la décadence.
En étudiant l’histoire de plus près, un motif devient clair: les systèmes ne s’effondrent pas parce qu’ils sont «trop faibles», mais parce qu’ils ne peuvent plus utiliser leur pouvoir de manière rationnelle et commencent à détruire leur propre base. C’est précisément ce qui se passe en ce moment: la guerre en Iran n’est pas un événement isolé, mais un symptôme. Un symptôme indiquant que le «siècle américain» ne se termine pas simplement, mais qu’il implose. Et cette implosion entraîne l’économie mondiale, les alliances et des régions entières dans l’«abîme».
La question cruciale n’est donc pas de savoir si les États-Unis vont perdre, mais combien de pays seront encore entraînés dans ce cycle descendant avant que ce moment n’arrive. Ceux qui parlent encore aujourd’hui de «stabilité» sous la direction des États-Unis n’ont soit rien compris, soit ont un intérêt impératif à maintenir le statu quo.
20:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, états-unis, impérialisme, impérialisme américain |
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Le jeu final de l’élite: de la crise à la neutralisation numérique
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/eliitin-loppupeli-krii...
Sean Stinson écrit que même une simple baisse de sept pour cent de l'offre mondiale de pétrole en 1973 a suffi à provoquer une décennie de souffrance économique. La stagflation, une combinaison paralysante d'inflation et de chômage, s'est rapidement répandue dans l'ensemble de l'Occident industrialisé.
Les usines ont fermé, des millions sont devenus chômeurs, et certains ont même perdu leur logement. Les gouvernements ont vacillé puis claudiqué d'une crise à l'autre. La crise pétrolière de près de six mois a servi d'avertissement brutal: le monde moderne vivait à crédit sur l'énergie bon marché, et toute interruption significative aurait des conséquences dépassant le simple désagrément physique.

Aujourd'hui, la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran a compliqué la navigation dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 à 25% du pétrole et du gaz du monde. D'ici début avril, environ 17,7 millions de barils par jour – 17% de la demande mondiale – ont été interrompus. Le détroit de Bab el-Mandeb est menacé, les raffineries de la région ont été endommagées, et de nombreux champs de production sont privés de routes de transport fonctionnelles. Même si la guerre s'arrêtait immédiatement, le rétablissement complet du flux pétrolier prendrait des mois, voire des années.
Pour comprendre cela, il faut revenir à la crise économique de 2008. À l'époque, lors de l'effondrement du système financier, il aurait fallu annuler les dettes, laisser les banques insolvables faire faillite, et accepter une récession courte mais nécessaire. Au lieu de cela, les banques centrales ont baissé les taux à zéro et lancé une relance monétaire illimitée. Elles ont gonflé les bulles d'actifs, sauvé des entreprises non viables, et multiplié la dette mondiale de 150 à plus de 300 milliards de dollars.

Aujourd'hui, la crise pétrolière frappe un système sans aucune marge de manœuvre. Les taux sont au plus bas, les bilans sont pleins, et la dette est omniprésente. Des économistes pessimistes comme Steve Keen, Michael Hudson et Nouriel Roubini estiment que la récession à venir pourrait être pire que la Grande Dépression.
Dans les années 1930, la dette était principalement privée, et la capacité de production était préservée, mais aujourd'hui, la dette des États, des entreprises, des ménages et des banques parallèles est étroitement imbriquée. Les effets de la crise se propagent mondialement en un clin d'œil. La comparaison avec la crise pétrolière des années 1970 est en réalité trop optimiste.
Stinson voit la pandémie de 2020 comme une répétition générale claire pour la crise qui s'annonce. Les restrictions dans les déplacements, les pass sanitaires, les mesures massives de relance et le traçage numérique ont été testés en pratique. L'infrastructure de cette époque n'a pas été démontée, mais laissée en attente pour la prochaine urgence.
Selon Stinson, l'action des banques centrales, du FMI et des forums comme Bilderberg vise un même objectif: une réforme monétaire basée sur une infrastructure numérique après la crise. Les monnaies numériques des banques centrales, les identités numériques et la monnaie programmée sont déjà techniquement et juridiquement prêtes. Il ne manque qu'une crise mondiale qui rendrait inévitable et politiquement acceptable la mise en œuvre du nouveau système.
Stinson pense que les réseaux étatiques transnationaux ne cherchent pas à empêcher l'effondrement à venir. Au contraire, ils voient une opportunité unique d'imposer des mesures qui seraient impossibles en temps normal: restrictions à la consommation et à la mobilité, échéance de la monnaie numérique, conditionnalité du comportement via des algorithmes, et lien entre revenu et services fondamentaux dans un cadre numérique. L'infrastructure de contrôle total basée sur la digitalisation et l'intelligence artificielle est déjà en cours de construction.

La restructuration nécessite également une population plus petite et plus facilement gérable — une hypothèse longtemps répandue parmi l'élite transnationale. L'automatisation et la robotisation rendent une grande partie de la main-d'œuvre humaine inutile. La crise combinée de l'énergie, de l'économie, des guerres et du changement climatique ne pousse pas seulement les économies à la faillite, mais réduit aussi la population.
Stinson cite les projections démographiques de Deagel, selon lesquelles la population des États-Unis passerait de 330 millions à environ 110 millions, celle de l'Allemagne à environ 50 millions, et celle du Japon à 40 millions. Dans la décennie qui vient, une mortalité massive est attendue, non pas comme un dysfonctionnement du système, mais comme une fonction planifiée. L'infrastructure numérique permet une gestion efficace de la population restante.
Le grand public est déjà conditionné de manière systématique à suivre un spectacle différent: des conflits intermittents avec l'Iran, des secousses sur les marchés boursiers, et l'exploitation instrumentale des tensions géopolitiques pour un bénéfice économique à court terme.
Selon Stinson, des figures comme Donald Trump ne sont pas les architectes du nouveau système, mais représentent l'ancien système dans sa dernière phase. Leur corruption visible n'est qu'une mise en scène qu'il ne faut pas confondre avec l'enjeu principal. La prise de décision réelle se déroule dans l'ombre, entre des acteurs qui ne recherchent pas la visibilité, ne participent pas aux discussions sur les réseaux sociaux, et n'ont pas besoin de victoires électorales pour légitimer leur pouvoir.

Pourrait-on encore prendre le contrôle du système de gestion numérique et le retourner contre ses créateurs? L'infrastructure numérique n'est pas comparable à un avion ou à un chemin de fer. Ses cadres sont verrouillés, le code est écrit, et les mécanismes de surveillance en place. À moins qu'une puissance n'utilise des armes EMP ou que le développement de l'IA ne mène à des retournements totalement imprévisibles, il n'existe pas de mouvement populaire, de réseau secret ou d'élite opposée capable de renverser les dirigeants techno-capitalistes.
Ce qui nous attend n'est pas une récession ordinaire ni même une nouvelle grande dépression, mais un réaménagement planifié et permanent des relations entre humains, argent et liberté de mouvement. La monnaie numérique, l'identité numérique et la surveillance biométrique sont présentées comme la seule option réaliste. Ce n'est pas uniquement une théorie du complot: le monde actuel ne fonctionne plus sans systèmes hiérarchiques stricts. La restructuration est déjà en cours.
Stinson ne croit pas en un avenir meilleur et considère qu'espérer le contraire est nuisible. Il ne reste qu'une clarté: la capacité à voir l'avenir tel qu'il est, à le nommer, et à refuser les illusions rassurantes. La crise et la réponse prévue sont inévitables. Quand le pire arrivera, les gens se souviendront-ils que cela aurait pu être différent — et cet espoir pourra-t-il encore conduire à l'action? “L'histoire ne donne pas de garanties, mais elle donne des avertissements, et c'est l'un d'eux”, conclut Stinson.
19:33 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : futur, élite |
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La société planétaire, le destin de l'Occident et la fin de la civilisation européenne
par Irnerio Seminatore
Pour toute commande: https://godefroydebouillon.net/catalogue/paix-et-guerre
Ce texte est un essai de lecture de la conjoncture actuelle, abordée en ses antagonismes hégémoniques et en ses déterminismes systémiques. Dans une perspective du long terme y sont traités les principaux thèmes d'actualité : la géopolitique continentale de l'Occident en Eurasie, les stratégies et les conflits en cours au Moyen-Orient et au Golfe et l'antagonisme sino-américain en Asie-Pacifique.
L'approche proposée tâche d'analyser un phénomène récurrent de l'histoire du monde, l'hégémonisme, en sa version américaine et il en décrypte la stratégie, orientée à transformer l'ensemble post-soviétique de l'Europe centrale et orientale en une aire d'influence atlantique, afin d'éviter une dominance du duopole sino-russe sur le continent eurasien. Il transparaît ainsi le fond de la conjoncture actuelle, organisée autour de l'opposition entre Eurasie et Occident collectif ou encore entre puissances dominantes de la mer (Rimland) et cœur continental du monde (Heartland), régimes démocratiques et autocraties historiques. Dans cette perspective, le conflit ukrainien se profile comme un test de la dislocation de l'ordre européen, de l'antagonisme sino-américain en Asie-Pacifique et des grands équilibres entre l'hémisphère sud et l'hémisphère nord.
Au niveau du système et des grandes interrogations historiques, ce livre pose la question-clé de notre conjoncture, aux enjeux décisifs pour l'avenir du monde : changement « dans » système, ou changement « du » système, autrement dit, alternance hégémonique ou « révolution systémique », comme Weltanschauung planétaire. Quant à l'Europe, vassalisée par Hégémon, sont clarifiés les dilemmes d'aujourd'hui à la lumière de ceux, irrésolus des années soixante, d'« Europe intégrationniste » ou d'« Europe des Patries ». C'est en leur sein que trouvent un espace de débat les thèmes du « souverainisme », du « populisme », de l'« illibéralisme » et du « globalisme bureaucratique » comme sujets des polémiques domestiques ou de la « petite politique ».
Irnerio Seminatore, Président-Fondateur de l'Institut Européen des Relations Internationales de Bruxelles (IERI), et Directeur de l'Academia Diplomatica Europaea (ADE-Bxl). Professeur des Universités, Docteur en droit (It) et Docteur en sociologie (Fr), il a enseigné à l'Université de Paris VIII, à l'École de Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris. Il est l'auteur de nombreuses publications à caractère philosophique, stratégique et géopolitique sur le système international et l'actualité contemporaine.
18:52 Publié dans Actualité, Livre, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : irnerio seminatore, guerre, paix, théorie politique, relations internationales, réalisme politique, livre |
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Parution du numéro 494 du Bulletin célinien
Sommaire:
Traduire la nuit. Voyage à l’épreuve de la traduction
Réception critique de Mea culpa
Le langage de Céline
Céline, non-bigame





21:14 Publié dans Littérature, Revue | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, littérature française, revue, lettres, lettres françaises, louis-ferdinand céline |
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Slovénie
Sortir de l’OTAN: une voie vers une véritable indépendance ?
par Mario Grünwald
Source: https://pi-news.net/2026/04/nato-austritt-als-weg-zu-echt...
Le nouveau président du parlement slovène, Zoran Stevanovic, fait sensation internationale en annonçant un référendum sur une sortie de l’OTAN.
La nouvelle concernant le référendum prévu en Slovénie sur la sortie de l’OTAN est un signal pour ceux qui militent depuis longtemps pour une révision du rôle des États européens dans l’alliance. La déclaration de Zoran Stevanovic (photo), porte-parole du parti eurosceptique Resni.ca et nouveau président de l’Assemblée nationale slovène, ouvre un débat qui n’est plus seulement d’actualité dans les Balkans, mais dans toute l’Europe.
L’argument principal en faveur d’une sortie de l’OTAN est le coût financier énorme pour les budgets nationaux. Les contributions annuelles et les dépenses pour maintenir les standards et les opérations militaires de l’alliance absorbent une part considérable des fonds qui pourraient être utilisés pour résoudre des problèmes internes.

L’adhésion à l’OTAN coûte à l’Allemagne plus de deux pour cent du PIB chaque année, ce qui représente des milliards d’euros. Cet argent pourrait être investi dans l’amélioration des infrastructures, l’augmentation du niveau de vie des citoyens et la résolution de la crise migratoire.
Le deuxième aspect important concerne la question de la souveraineté. L’adhésion à l’OTAN impose à certains pays des obligations qui entrent parfois en contradiction avec leurs intérêts nationaux. Ainsi, les pays membres sont tenus de participer aux opérations de l’alliance, même si cela ne correspond pas à leurs priorités en matière de politique étrangère.
Une sortie de l’OTAN ne conduit pas automatiquement à moins de sécurité. Au contraire, elle ouvre de nouvelles possibilités. Le développement de canaux diplomatiques et de partenariats économiques offre souvent plus de garanties de sécurité que les alliances militaires.
Le référendum en Slovénie pourrait également constituer un signal pour l’Allemagne. Nous devons nous poser quelques questions difficiles. Le modèle actuel de l’OTAN correspond-il vraiment aux intérêts des citoyens allemands? Pourquoi dépensons-nous des milliards pour les guerres alors que nous avons à la maison tant de problèmes non résolus? N’est-il pas temps de repenser notre rôle dans cette alliance ou même d’en envisager la sortie, comme le font la Slovénie et la Turquie?
L’Allemagne, en tant que puissance économique de l’Europe, est capable d’assurer sa propre sécurité. Nous disposons de toutes les ressources nécessaires – une économie développée, des spécialistes hautement qualifiés, des technologies avancées. Nous ne devons pas dépendre des décisions de Washington.
Il est temps d’abandonner les blocs militaires dépassés et de construire un nouveau système de sécurité basé sur la coopération et non sur la confrontation, sur les intérêts nationaux et non sur des obligations envers Washington. Et l’Allemagne doit diriger ce processus de changement – pour le bien-être de ses citoyens et pour l’avenir de l’Europe.
20:55 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : slovénie, actualité, otan, europe, affaires européennes |
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Politique européenne des engrais: l’attaque silencieuse contre la souveraineté alimentaire de l’Europe
Le «Plan d’action européen pour les engrais» pourrait encore augmenter la pression sur l’agriculture européenne et renforcer sa dépendance aux importations. Wolfgang Hartmann met en garde contre un risque pour la sécurité d’approvisionnement due à des incitations politiques mal conçues.
Par Wolfgang Hartmann
Source: https://www.freilich-magazin.com/politik/eu-duengemittelp...
La politique européenne en matière d’engrais est aujourd’hui vivement critiquée: la hausse des coûts et une dépendance croissante aux importations pèsent sur l’agriculture et menacent la sécurité d’approvisionnement.
Ce qui se discute actuellement autour du « Plan d’action pour les engrais » de l’UE dépasse largement une simple question technique pour les responsables agricoles ou les entreprises chimiques. Il s’agit de savoir si l’Europe, et donc aussi l’Autriche, sera encore capable à l’avenir de maintenir une production alimentaire stable — ou si elle se laisse, de manière imprudente, entraîner vers une dépendance accrue aux importations.
Car les engrais ne sont pas une simple périphérie de l’agriculture moderne, mais l’un de ses piliers fondamentaux. Sans une alimentation suffisante en azote, phosphore et potassium, les rendements chutent. Les champs produisent moins, les coûts de production augmentent, et au final, moins de nourriture est produite. Ceux qui prétendent que les engrais ne sont qu’un sous-produit industriel parmi d’autres méconnaissent la réalité du terrain. Les engrais sont un facteur déterminant pour les récoltes, et les récoltes constituent elles-mêmes la base pour des aliments abordables et la sécurité d’approvisionnement.
Pression sur la production d’engrais
C’est précisément pourquoi l’évolution actuelle est si sensible. Depuis des années, le cadre européen en matière de climat et de régulation pèse lourdement sur les industries à forte consommation d’énergie. La production d’engrais appartient à ces secteurs particulièrement touchés par les prix élevés de l’énergie, les coûts de CO₂ et la surcharge bureaucratique. Si, dans ce contexte, on discute maintenant de mesures qui accroissent la pression concurrentielle par des importations moins chères, il ne s’agit pas d’une ouverture de marché intelligente, mais d’un nouveau coup porté à la production locale et européenne.
« En outre, le ministre autrichien de l’Agriculture, Totschnig, semble vouloir détruire définitivement l’industrie des engrais en Autriche », déclare clairement le député européen de la FPÖ, Roman Haider, à propos de la proposition de Totschnig d’interrompre le mécanisme européen de taxation carbone, le CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism), pour les importations d’engrais en provenance de pays tiers comme la Biélorussie. Avec le CBAM, certains biens en provenance de pays tiers sont soumis à une taxe punitive si leur production y est beaucoup moins coûteuse en raison de l’absence d’obligations environnementales dans ces pays.

Politique contradictoire
Ce qui est particulièrement problématique dans ce contexte, c’est le déséquilibre politique: d’un côté, on augmente sans cesse le coût de production dans notre propre espace par des réglementations motivées par des élucubrations idéologiques, et de l’autre, on envisage de favoriser les fournisseurs étrangers par des dérogations ou des assouplissements des mécanismes de protection supplémentaires. C’est une politique économique contradictoire et une menace pour l’agriculture. Ceux qui imposent des coûts élevés aux producteurs locaux ne doivent pas en même temps assouplir la protection contre la concurrence moins chère des pays tiers.
Mais ce qui pèse encore plus lourd, c’est la dimension stratégique. L’Autriche n’est pas totalement autosuffisante en matière d’approvisionnement alimentaire. En particulier pour les produits végétaux, l’autonomie est partielle. Cela signifie que toute faiblesse de l’agriculture nationale et de ses filières affaiblit encore plus la dépendance aux importations. Et cette dépendance peut, en périodes de stabilité, sembler pratique — mais en temps de crise, elle devient un risque.
Dépendance croissante aux marchés mondiaux
Les années passées auraient dû servir d’avertissement. La pandémie, la guerre, les problèmes des chaînes d’approvisionnement et la crise énergétique ont clairement montré à quelle vitesse les marchés internationaux peuvent se déséquilibrer. Ceux qui ne peuvent pas produire suffisamment par eux-mêmes paient le prix: coûts plus élevés, incertitude accrue, marge de manœuvre réduite. La sécurité d’approvisionnement ne commence pas seulement dans les rayons des supermarchés, mais beaucoup plus tôt — dans l’énergie, l’industrie, l’agriculture et, bien sûr, dans la production d’engrais.
La pénurie alimentaire ne signifie pas nécessairement des rayons vides en Europe, mais elle commence insidieusement: par des rendements en baisse, des coûts de production en hausse, une dépendance accrue aux importations et une forte hausse des prix des aliments. Ce qui, au début, semble une charge pour les agriculteurs, finit par toucher toute la population. Si les récoltes diminuent ou deviennent plus chères, la nourriture devient plus chère. Et si un pays ne peut plus assurer lui-même ses besoins essentiels dans certains domaines, il perd une partie de sa souveraineté économique et politique.
Sécurité d’approvisionnement plutôt qu’idéologie
C’est pourquoi il ne suffit pas de traiter les symptômes. Il faut une politique qui prenne la sécurité d’approvisionnement au sérieux. Cela implique de ne pas surcharger l’agriculture de nouvelles charges en permanence. Mais cela signifie aussi de préserver la base industrielle, indispensable à cette agriculture. Qu’on proclame le Green Deal sous sa forme actuelle comme une doctrine inviolable, c’est ignorer les conséquences concrètes pour la production, la compétitivité et le coût de la vie.

On peut vouloir la protection du climat, sans ruiner les fondements de notre approvisionnement. On peut poursuivre des objectifs environnementaux, sans mettre en même temps la pression sur les agriculteurs, l’industrie et les consommateurs. Ce qui ne fonctionne pas, c’est une politique qui privilégie les symboles d'idéologies abracadabrantes au détriment de la raison économique. Et cette impression ne cesse de s’intensifier dans la politique européenne des engrais.
Au final, la question est simple : l’Autriche pourra-t-elle encore à l’avenir produire une part essentielle de ses denrées alimentaires, ou se contentera-t-elle de devenir de plus en plus dépendante des marchés étrangers? Ceux qui veulent renforcer l’autonomie alimentaire ne doivent pas traiter les engrais comme une question secondaire. Ils constituent une clé pour la récolte, la stabilité des prix et la résilience du pays en temps de crise.
Qui est Wolfgang Hartmann?
Wolfgang Hartmann est originaire de Haute-Autriche et travaille depuis des années, à plein temps, dans le secteurs des médias et de la presse.
20:23 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, agriculture, engrais, autarcie alimentaire |
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Signification géopolitique de la chute de Viktor Orbán
Ronald Lasecki
Source: https://ronald-lasecki.blogspot.com/2026/04/geopolityczny...
Sur le plan géopolitique, l’échec de Viktor Orbán est une victoire pour l’UE – une de plus après la Moldavie et la Roumanie. La Hongrie, tout comme la Slovaquie, est un pays trop petit pour fonctionner sans injections extérieures de capitaux (son développement économique et civilisationnel le plus important s’est produit dans la seconde moitié du 19ème siècle grâce aux capitaux juifx et à l’administration allemande).
Le principal fournisseur de capitaux pour la Hongrie est actuellement l’UE, qui, dans le cadre du paquet général, impose un programme civilisationnel et idéologique libéral. Orbán, justement désireux de rejeter ce programme, a tenté, à différents moments, de rechercher des sources de soutien à l’extérieur, que ce soit en Russie, en Chine, aux États-Unis, en Turquie ou en Israël. Aucune de ces tentatives n’a cependant fonctionné.
Les déserts eurasiens
La Russie ne dispose pas de capitaux à exporter, en dehors des secteurs militaire, nucléaire et gazier. Sur ces deux derniers secteurs, Orbán a tiré des bénéfices, mais cela n’a pas suffi à dynamiser l’économie hongroise. La croissance économique de la Hongrie en 2025 n’a atteint que 0,7%, en partie en raison de faibles investissements et d’une demande extérieure également modeste pour ses marchandises. Le déficit budgétaire de la Hongrie a atteint 4,7% dans le même temps, avec une perspective de croissance supérieure à 5% cette année. La dette publique frôle 74%, et cette tendance haussière devrait se maintenir dans les années à venir, la portant à près de 80% du PIB à la fin de la décennie.
Pendant ce temps, la Russie a mal géré son intervention en Ukraine, n’a pas encore gagné la guerre et il ne semble pas y avoir de perspectives sérieuses pour qu’elle puisse soumettre l’Ukraine dans un avenir proche. Par conséquent, Budapest n’a pas obtenu de liaison territoriale directe avec un empire russe potentiel ou un bloc continental, ce qui lui aurait permis de construire une alternative réelle à l’UE.
Le projet chinois 16+1 a été bloqué il y a une décennie par les États-Unis par le biais de la Pologne, ce qui a fait perdre à Pékin tout intérêt pour l’Europe de l’Est. La Biélorussie a été la plus frappée, car elle basait sa stratégie de développement sur la nouvelle route de la soie. Les perspectives qu'aurait pu apporter un financement chinois pour la Hongrie et pour son émancipation de l’UE ont également été anéanties.
La Turquie est davantage une puissance aspirante qu’une force réelle dans les Balkans. On peut parler, au mieux, d’une «pénétration turque» dans la région plutôt que de la Turquie en tant que fournisseur crédible de biens pour les pays balkaniques. Quant à Israël, il fonctionne dans le cadre du mondialisme américain, principalement en soutenant des gouvernements amis dans le monde arabe et en Afrique, en Europe en comptant sur l’hégémonie de Washington, qui agit comme gardien des intérêts de Tel-Aviv – le pays hébraïque « reçoit » (soutien diplomatique, politique, renseignement, etc.) mais ne donne rien en retour.
Résultats nuls Outre-Atlantique
C’est cependant pour les États-Unis que la défaite d’Orbán représente le plus grand échec. En effet, les Stars and Stripes se sont directement engagées pour soutenir la Hongrie… mais seulement en paroles. Le 7 novembre 2025, l’ancien Premier ministre hongrois a effectué une visite très médiatisée à Washington. Comme on s’en souvient, elle s’est déroulée dans une atmosphère cordiale, le «God Emperor» accueillant le Premier ministre hongrois à déjeuner, le complimentant à plusieurs reprises comme un «leader exceptionnel» et soutenant sa politique envers les migrations, en opposition à celle menée par les élites libérales d’Europe de l’Ouest. En dehors d’un coup de patte symbolique, les résultats de la visite ont été très modestes pour la Hongrie.

Budapest a tenté d’obtenir une exemption illimitée des sanctions sur l’importation de gaz naturel russe (74% du gaz utilisé en Hongrie en 2024 provenait de Russie) et de pétrole (86% également), mais Washington a déclaré que cela ne devrait durer que jusqu’en novembre 2026. De retour des États-Unis, le Premier ministre hongrois a annoncé que Trump avait promis à la Hongrie une «bouclier financier» contre le chantage budgétaire de l’UE, mais le président américain a déclaré que, bien que la Hongrie ait demandé cette aide, il ne lui avait rien promis. Orbán a donc été publiquement ridiculisé par Trump (qui lui a probablement menti lors de sa visite), ce qui a jeté le doute sur sa crédibilité dans la société hongroise.
Les autres accords conclus lors de la visite étaient déjà des concessions de la Hongrie envers les États-Unis, visant à compenser la suspension temporaire des sanctions américaines contre la Russie: Budapest s’est engagée à acheter du gaz liquéfié aux États-Unis pour 600 millions de dollars, à acheter des armes américaines pour 700 millions de dollars, à acheter du combustible nucléaire américain pour 114 millions de dollars, ainsi qu’à ouvrir son marché aux technologies nucléaires américaines et à rejoindre le programme spatial Artemis. En d’autres termes, les États-Unis ont assuré leur profit avec leur client hongrois, tout en évitant d’apporter leur soutien avec leur capital dans une période de besoin évident.
Après 2007, la Russie a progressivement réduit ses préférences tarifaires pour la Biélorussie dans la vente de gaz (en 2011, Vladimir Poutine a qualifié cela de «subvention à l’économie biélorusse» à hauteur de 4 milliards de dollars par an), ce qui a progressivement alimenté la crise de l’État-providence biélorusse, culminant dans une crise politique liée aux élections de 2020. Il était alors juste de rappeler que, si l’on veut avoir un empire, il faut en assumer le coût.
L'Amérique, avare sur le plan économique
Trump, lors de la campagne électorale, remettait en question l’idée d'un empire mondial américain, qui s'opposerait au principe «America First». Cependant, il l’a appliqué à moitié: les Stars and Stripes ont, au cours des deux dernières années, bombardé ou frappé la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Yémen, la Somalie, le Nigeria, ainsi que le Venezuela et l’Équateur, et ils ont menacé le Mexique, le Panama, Haïti, Cuba, le Groenland, tout en élaborant des plans de colonisation de la bande de Gaza par le capital oligarchique américain. Cependant, les États-Unis ont toujours caché que leur prétendue « puissance douce » – leur influence interne (perception de l’idée de l’empire américain dans l’élite et la société) et leur « puissance extérieure » (la sympathie envers cette idée dans le reste du monde) – s’est considérablement réduite, car ils ne peuvent plus garantir la liberté des mers (le détroit d’Ormuz bloqué par les vedettes iraniennes) ni injecter du capital dans l'économie de leurs clients géopolitiques. Sans Israël, le sort d’Orbán aurait probablement été partagé depuis longtemps par le général al-Sissi en Égypte. Sans l’UE, le gouvernement pro-occidental en Ukraine aurait probablement été renversé il y a plusieurs mois.
Ainsi, les États-Unis ne financent plus leurs clients potentiels comme la Hongrie ou l’Ukraine. Ils ne garantissent plus «la liberté des mers». Ils ne peuvent pas « changer le régime » en Iran. Ils ne peuvent pas mobiliser leurs vassaux européens (refus de l’Europe de participer à l’attaque contre l’Iran), comme ils sont eux-mêmes «mobilisés» par Israël. Les États-Unis ne peuvent pas non plus annexer librement les territoires qu’ils convoitent (le canal de Panama, le Groenland, le Canada). Ce sont là des signes réels que, bien que matériellement les États-Unis soient toujours si grands qu’ils ne rentrent pas dans la ligue normale des acteurs géopolitiques, leur « soft power » – la perception intérieure (dans l’élite et la société) et extérieure (l’approbation du reste du monde) de l’idée de l’empire américain – s’est tellement réduite qu’ils deviendront bientôt une ombre de l'hegemon mondial qu'il furent jadis, car personne ne voudra plus compter sur eux.
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La princesse et le candidat
par Georges Feltin-Tracol
La pré-campagne présidentielle démarre en fanfare ! La couverture de Paris Match du 9 avril 2026 officialise l’idylle entre, d’une part, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national (RN) et, au Parlement dit européen, du groupe Les patriotes pour l’Europe, et, d’autre part, la princesse Maria Carolina de Bourbon-Siciles. Dix ans auparavant, le même hebdomadaire offrait en quelques mois plusieurs couvertures avantageuses du couple Brigitte et Emmanuel Macron. Malgré les avertissements insistants de ses plus proches conseillers, François Hollande n’imaginait pas encore que son jeune ministre de l’Économie se lancerait à sa place dans la compétition élyséenne. La princesse et Jordan Bardella avaient déjà été vus ensemble le 13 janvier dernier en quittant le Grand Palais à Paris lors de la réception organisée pour les deux cents ans du Figaro.
Pour l’instant et dans l’attente du verdict en appel de l’affaire des assistants parlementaires du 7 juillet prochain, Marine Le Pen demeure la candidate naturelle de la formation nationale-centriste tandis que Jordan Bardella entend briguer Matignon. Mais une sentence plus lourde et/ou une exécution provisoire aggravée écarteraient de facto Marine Le Pen de la course et laisserait le champ libre avec sa bénédiction à son Dauphin.
Force est de constater que la romance entre l’enfant originaire du 9-3 (la Seine Saint-Denis) et une descendante de Hugues Capet, de Saint Louis, d’Henri IV et de Louis XIV dont elle descend à la onzième génération fait jaser la médiasphère. Le député ex-LFI et apparenté Vert de Seine Saint-Denis, Alexis Corbière, s’élève contre «le peopopulisme… ou la nouvelle étape écœurante de la banalisation de l’extrême droite». On en frissonne déjà. Quelques pétroleuses déphasées s’indigneront de l’écart d’âge - huit ans ! – entre Jordan Bardella (30 ans) et Maria Carolina (22 ans). Les plus hystériques en hurleront presque au détournement de mineure ! Pour sa part, l’organe-phare de la désinformation et des interprétations tendancieuses, Le Monde du 16 janvier, exprime à travers un article d’Ariane Chemin et d’Ivanne Trippenbach qu’«en s’affichant avec une héritière royale, Jordan Bardella prend le risque de brouiller son image». Une telle liaison serait-elle une erreur grossière de la part d’un parti qui tenait naguère des positions anti-Système? Et si la publicité de cette relation était, au contraire, un atout pour le président du RN? Dans la Grande-Bretagne industrialisée de la seconde moitié du XIXe siècle, le futur premier ministre conservateur Benjamin Disraeli prônait au sein du mouvement Jeune Angleterre une alliance entre le peuple prolétaire et l’aristocratie nobiliaire contre la bourgeoisie fidèle aux Whigs. Ne sommes-nous pas en présence d’une circonstance semblable en plus médiatique ?
La population peut se montrer en effet sensible à cette histoire qui, en ces temps saturés de féminisme, change les codes habituels. Ce n’est plus le prince charmant qui sauve une jeune bergère endormie, mais une vraie princesse qui choisit un roturier. Bien sûr, certaines admiratrices passionnées éprises en leur for intérieur de «Jordan» se sentiront dépitées, mais la majorité se fiche de la vie privée du personnel politique. Mieux encore, cette idylle renforce l’image personnelle du patron des Patriotes pour l’Europe qui rassure l’électorat libéral-conservateur historiquement réticent à voter pour un RN jugé fiscaliste et trop de gauche. Se lier à une Bourbon permet à Jordan Bardella de récuser tout collectivisme de sa part. Lénine aurait-il épousé une grande-duchesse russe?
Dans Le Figaro (du 15 avril 2026), un professeur en Sciences politiques à l’université de Nottingham, Hugo Drochon, estime que « s’afficher avec quelqu’un dont le nom évoque l’héritage [celui de l’Ancien Régime] est une autre manière de rejeter l’ordre contemporain. Cette union de l’homme du peuple avec l’aristocratie peut plaire». On ne peut que penser au couple mythique argentin Juan et Eva Peron. La femme du chef de l’État argentin portait manteau de fourrure et belle parure de bijoux tout en étant adulée par les «sans-chemises» justicialistes.
Enfin, Le Monde (du 15 avril 2026) publie sur deux pages un nouvel article cosigné Chemin–Trippenbach au fond vipérin. Pratiquant un confusionnisme voulu qui mêle l’origine des photographies parues dans Paris Match (prises au télé-objectif ou préparées à l’avance?), elles parviennent à y placer Jeffrey Epstein et le président légitime de la Syrie, Bachar al-Assad. Chapeau bas, les artistes!
Qui est donc cette princesse des Deux-Siciles? Née le 23 juin 2003 à Rome, Maria Carolina Chantal Edoarda Beatrice Januaria est la fille aînée de Charles de Bourbon-Siciles et de Camilla Crociani. À leur mariage à Monte-Carlo en 1998, l’un de leurs témoins n’était autre que le futur prince Albert II de Monaco. Le couple a une seconde fille, Maria Chiara, née en 2005.
Jouant les mannequins de mode à l’occasion et étudiante à l’université de Monte Carlo en section «Mode et études de luxe», Maria Carolina appartient à la Jet Set et participe aux raouts huppés dans les Antilles sur les îles de Saint-Barthélémy et de Saint-Martin, à Dubaï, à Hong Kong et à Monaco. Soucieuse néanmoins d’écarter la réputation facile de fêtarde, elle a accepté la proposition d’Albert II de Monaco d’intervenir en ambassadrice du projet Passion Sea pour la sauvegarde des océans.
Éprise de vitesse, Maria Carolina de Bourbon-Sicile percute à vive allure en moto en mai 2025 un mur à Monaco. Elle avouera plus tard que le port du casque intégral et des soins intensifs prodigués à l’hôpital l’ont sauvée. Instruite à domicile hors de tout système scolaire par des précepteurs, elle parle couramment le français, l’italien, l’espagnol, le portugais, l’anglais et, ô horreur !, le russe. Serait-elle donc un agent clandestin de Poutine? Les mauvais esprits complotistes ne s’interrogent pas encore, mais cela ne tardera pas…
Sa marraine est l’actrice espagnole Inès Sastre (photo). Quant à ses parrains, ils se nomment Laurent de Belgique, frère cadet du roi des Belges Philippe, et Jean-Christophe Napoléon Bonaparte, chef de la Maison impériale de France. La mère de ce dernier s’appelle Béatrice de Bourbon-Siciles, sœur aînée de Charles, le père de Maria Carolina.
La presse présente Maria Carolina comme prétendante au trône du royaume des Deux-Siciles disparu au moment de l’unification italienne en 1861. Elle porte par conséquent les titres de duchesse de Calabre et de Palerme. Le 14 mai 2016, son père Charles décide d’abroger la loi salique en faveur du principe de primogéniture absolue et mentionne dans sa décision des textes diplomatiques cosmopolites tels la Convention du 18 décembre 1979 de l’ONU, le traité de Lisbonne du 13 décembre 2007 et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne du 1er décembre 2009.
Toutefois, ses cousins rejettent cette modification d’autant que perdure une vieille querelle successorale entre les deux manifestations des Bourbons-Siciles. Le père de Maria Carolina, Charles en 22e position dans l’ordre de succession de la couronne de France selon les royalistes légitimistes, relève de la branche cadette dite «de Castro». Les généalogistes désignent l’aînée comme la «branche de Calabre».
Les Bourbons-Siciles forment l’un des deux rameaux italiens (avec les Bourbon-Parme) des Bourbons d’Espagne de Philippe V, le petit-fils du « Roi-Soleil ». À l’instar du triste et fâcheux précédent du traité d’Utrecht conclu en 1713 qui interdit toute union personnelle entre les royaumes de France et des Espagnes, à la fin de la guerre de Succession de Pologne en 1738, le traité de Vienne empêche le règne commun entre les Espagnes et les Deux-Siciles. Les rois d’Angleterre ignorent ces restrictions d’où leur souveraineté nominale sur l’Écosse, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et maints petits États des Indes Occidentales dans les Caraïbes. On doit aussi remarquer que toujours influencés par Londres, les Bourbons-Sicile restent à l’écart du troisième «pacte de famille» de 1761 noué entre les Bourbons de France, d’Espagne et de Parme en complémentarité géopolitique avec la grande alliance franco-habsbourgeoise de 1756.
En 1900, Charles de Bourbon-Siciles (1870–1949) renonce devant notaire à Cannes à ses titres et à sa Maison parce qu’il va épouser l’année suivante la sœur aînée du roi Alphonse XIII d’Espagne, Marie des Grâces. Il deviendra dès lors un infant inscrit dans l’ordre de succession espagnole. Le destin des Bourbons-Siciles repose sur son frère aîné Ferdinand-Pie (1869–1960) dont l’unique fils, Roger, décède en 1914. À son décès, son neveu Alphonse (1901–1964), duc de Calabre et comte de Caserte, déclare nulle et non avenue la renonciation de 1900 de son père et, arguant de son droit d’aînesse, se proclame chef de la Maison des Bourbons-Siciles. Il entre en opposition frontale avec son oncle Rénier (1883–1973), duc de Castro, un ancien officier espagnol naturalisé français en 1904 et arrière-grand-père de Maria Carolina, qui revendique lui aussi la direction exclusive de sa Maison.
Aujourd’hui, le petit-fils d’Alphonse est le prince Pierre de Bourbon-Siciles, par ailleurs onzième dans l’actuel ordre de succession du royaume d’Espagne. Les Bourbons d’Espagne, les légitimistes français, les Bragance au Portugal, les Habsbourg, les Saxe-Cobourg-Gotha en Bulgarie, les Oldenbourg de Grèce, les Orléans-Bragance au Brésil reconnaissent les prétentions de la branche de Calabre. Le 25 janvier 2014, un acte de réconciliation signé à Naples entre Calabre et Castro confirmait leurs titres respectifs et apaisait les tensions internes. La fin abrupte de la loi salique a rendu ce rapprochement interne caduc.

Ces querelles picrocholines sont très loin de Carcassonne, de Hénin-Beaumont et d’Agde, trois municipalités RN, sans oublier que la mère de Maria Carolina ne parle plus à sa propre sœur Cristiana qui l’accuse d’avoir demandé à leur mère, l’actrice et femme d’affaires italienne Edoarda Vesselovsky épouse Crociani, connue sous le nom de scène d’Edy Vessel (photo), d’une intention maligne de la déshériter. Il s’en suivit pour la princesse Camilla divers déboires devant les tribunaux des Îles anglo-normandes et de Curaçao (Antilles néerlandaises).
Hors de toutes ces discordes familiales et dynastiques, les photographies du jeune couple prises dans le paysage bucolique du littoral corse représentent un départ tonitruant dans la longue marche électorale vers un autre palais, celui de l’Élysée.
GF-T
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Retour à la rhétorique de la peur en Occident – Une analyse réaliste de la Russie
Markku Siira
Sources: https://markkusiira.substack.com/p/irti-lansimaisesta-pel... & https://ecfeda1c.delivery.rocketcdn.me/wp-content/uploads...
La discussion sur la Russie est piégée dans une boucle de rhétorique répétitive. La prévision constante d’une expansion du conflit, tout en soulignant la menace et la faiblesse de la Russie, ne constitue pas une analyse constructive, mais plutôt une prophétie auto-réalisatrice, peu fondée sur la réalité. Il est plus judicieux d’aborder la situation de la Russie de manière réaliste, sans se laisser guider par la rhétorique de la peur occidentale, et en tenant compte des défis et des opportunités réels du pays.
L’élite académique russe a récemment brisé certains tabous en politique étrangère. Dmitri Trenin (photo), président du Conseil pour les Affaires internationales et la Sécurité (RIAC), a déclaré que la Russie se trouve au milieu d’un « nouveau conflit mondial contre le monde occidental collectif », tout en critiquant l’expertise en politique étrangère de son propre pays comme étant déconnectée de la réalité. Cette autocritique ne traduit pas une faiblesse, mais plutôt une vigilance stratégique.
Ivan Timofeïev, directeur du programme du Club de Valdai, est allé encore plus loin. Selon lui, le manque de modernisation technologique, scientifique et industrielle rend difficile, voire impossible, le maintien de la compétitivité. Timofeïev s’appuie sur l’héritage de Pierre le Grand: la modernisation de l’époque était violente, mais nécessaire, avec une technologie et un savoir empruntés aux ennemis occidentaux.
Depuis, avec la détérioration de la coopération avec l’Europe, la Russie s’est tournée vers de nouveaux partenaires – notamment la Chine – tout en ne fermant pas la porte à une relance de la coopération avec l’Occident. Cette ouverture, même en pleine hostilité, témoigne du pragmatisme russe.
Dans le domaine de la quatrième révolution industrielle et de la digitalisation, la Russie a fait des avancées importantes, notamment sous la contrainte des sanctions. Ces sanctions ont accéléré la transition vers des logiciels nationaux et renforcé l’autosuffisance technologique.


L’État a investi dans la normalisation de la digitalisation industrielle, et dans le secteur civil, de grandes entreprises métallurgiques comme Severstal, NLMK et MMK ont été à l’avant-garde de l’intégration de l’intelligence artificielle et des jumeaux numériques. Dans l’industrie de la défense, l’IA a été intégrée dans des plateformes telles que Okhotnik et Narval, et le président Poutine a souligné l’importance de l’IA dans le nouveau programme d’armement.
Ces progrès s’inscrivent dans une stratégie plus large, où la Russie construit une nouvelle base économique malgré la pression extérieure. Bien que sa position dans les institutions économiques occidentales se soit affaiblie, le pays développe activement des alternatives notamment dans le cadre des BRICS. La part des monnaies nationales dans le commerce avec les partenaires des BRICS a considérablement augmenté.
Du point de vue de la sécurité stratégique, la Russie se trouve entre deux pôles: à l’ouest, l’UE en tant qu’adversaire, à l’est, la Chine en tant que partenaire stratégique. Leur arsenal nucléaire sert de dissuasion contre une attaque de grande ampleur, mais le pays reste vulnérable face à des conflits de faible intensité à ses frontières sud.
Sur le plan intérieur, la Russie lutte encore contre des défis connus: inégalités sociales, disparités régionales, bureaucratie lourde, infrastructure défaillante et problèmes environnementaux.
La militarisation de l’économie sollicite la main-d’œuvre, la crise démographique est grave, et le blocus technologique causé par les sanctions est critique. Pourtant, le pays possède des atouts importants: une population hautement qualifiée, un patrimoine culturel riche, une résilience prouvée en période de crise, et une longue tradition de percées technologiques même dans les temps difficiles.
Le groupe au pouvoir, prudent, de Poutine n’élargira pas le conflit en dehors de l’Ukraine. Toute escalade éventuelle ne viendrait pas de Moscou, mais plutôt d’acteurs occidentaux, surtout de cercles dirigés par Londres. La menace continue d’une invasion russe, par exemple dans la Baltique ou en Finlande, est davantage une source de peur qu’une analyse crédible.
L’objectif stratégique de l’Occident semble être d’obtenir une gouvernance russe sensible, prévisible et subordonnée à ses propres intérêts. Pour les intérêts nationaux russes, une alternative plus pertinente pourrait être un modèle chinois: une économie socialiste de marché où l’État guide l’économie et sélectionne la technologie, sans dépendance aux démocraties occidentales ni transfert de ressources à des capitaux étrangers.
Après Poutine, la Russie aura besoin d’un nouveau leader nationaliste et technocrate capable de conduire une modernisation à la chinoise, sans renoncer à la souveraineté stratégique du pays.
La Russie se trouve à une croisée des chemins stratégiques. Elle ne souhaite pas élargir la guerre, et elle ne peut pas se retirer d’Ukraine sans accord, ce qui signifierait la fin du régime actuel. Se détacher à la fois du poids de l’époque soviétique et du cercle vicieux de l’économie de guerre nécessiterait une réévaluation, une nouvelle direction et la capacité de gérer conflits internes et pressions externes. Le résultat final dépendra en fin de compte de la manière dont la Russie définira son propre chemin – non de la façon dont l’extérieur l’interprétera.
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Magyar reste sur la ligne Orbán: rejet du Pacte sur la migration, renforcement de la clôture frontalière
Source: https://unzensuriert.at/329481-magyar-bleibt-auf-orban-li...
Péter Magyar a remporté une victoire décisive lors des élections législatives et se positionne comme le futur Premier ministre désigné de Hongrie. La joie des élites occidentales était grande, mais il apparaît désormais que, en matière de migration, l’ancien dissident du Fidesz ne diffère guère du Premier ministre actuel Viktor Orbán.
Les questions fondamentales restent intouchées
Le parti conservateur Tisza de Magyar a obtenu 53% des voix et s’est assuré 138 des 199 sièges – une majorité des deux tiers permettant de réaliser des réformes importantes. Le Fidesz d’Orbán a recueilli 38% des voix et 57 sièges; Orbán a reconnu la défaite, suite à un record de participation électorale de 78%. Magyar, qui était autrefois un confident d’Orbán, devrait prendre ses fonctions en mai et promet un changement de pouvoir sans rupture de cap sur les questions essentielles.
Clair rejet du Pacte européen sur la migration
Peu après sa victoire électorale, Magyar a déclaré sans ambiguïté: «Nous n’accepterons aucun pacte ni aucun mécanisme de redistribution en ce domaine». Il s’oppose ainsi ouvertement au Pacte européen sur la migration et l’asile, qui prévoit des quotas obligatoires et des procédures accélérées – une ligne qui rappelle la politique d’Orbán. Il critique les sanctions de l’UE de 200 millions d’euros plus un million par jour comme étant une lourde charge pour le budget hongrois, et cherche des voies juridiques pour y mettre un terme.
Renforcement de la clôture frontalière et lutte contre le trafic d’êtres humains
La clôture existante à la frontière sud, emblème de la politique hongroise depuis 2015, ne doit pas seulement être maintenue, mais aussi renforcée pour combler les lacunes. Magyar prévoit une approche plus dure contre le trafic d’êtres humains et se distancie de la décision d’Orbán de libérer en 2023 plus de 2200 contrevenants condamnés pour trafic.
Une large feuille de route de réformes au-delà de la migration
Outre la politique migratoire, Magyar annonce des changements importants: déplacement du siège du gouvernement, dissolution de la radio publique, lutte contre la corruption et amélioration des relations avec l’UE par le déblocage d’aides bloquées d’une valeur de 20 milliards d’euros. Il prévoit l’expulsion des « migrants VIP » d’Orbán et un changement de cap pour s’éloigner de la ligne proche de la Russie.
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Surprise pour la direction des syndicats allemands! Les membres de ces syndicats votent plus souvent pour l’AfD que les non-membres
Peter W. Logghe
Source: https://www.facebook.com/peter.logghe.94
Au cours de ces dernières années, les syndicats allemands ont fait de "la lutte contre l’extrême droite", et plus précisément contre l’AfD, un point important de leur programme. Et voici maintenant que claque un coup de tonnerre dans un ciel syndical tout bleu: selon une analyse du groupe de recherche Wahlen, les membres des syndicats en Allemagne votent plus fréquemment pour la droite conservatrice qu'est l'AfD que les non-syndiqués et d’autres catégories de la population allemande. C’est ce que révèle Reinhard Bispinck (photo), ancien directeur scientifique du service de documentation du DGB (= Union syndicale allemande), sur le site tarifpolitik.info.
Reinhard Bispinck s’est basé sur les résultats des dernières élections régionales en Allemagne, celles du Bade-Wurtemberg et de la Rhénanie-Palatinat. D’après l’analyse des résultats dans le Bade-Wurtemberg, 24% des syndiqués ont voté pour l’AfD, alors que le parti a obtenu en moyenne 18,8% dans ce Land. Qui plus est: 18% des travailleurs non syndiqués ont voté pour l’AfD. Ce fait est d’autant plus remarquable que les syndicats jouent un rôle important aux côtés des groupes d’extrême gauche dans la lutte contre l’AfD classée à droite: ainsi, la présidente actuelle du DGB, Yasmin Fahimi (ancienne députée SPD), est l’une des opposantes les plus acharnées à l’AfD.

(Texte: Ne vous laissez pas abuser quand on vous dit qu'exiger des alaires plus élevés conduit nécessairement à l'inflation. Cela ne peut se déduire des statistiques qui nous ont été présentées).
L’AfD a trois fois plus de soutien chez les syndiqués que la SPD…!
Ces résultats doivent aussi inquiéter le syndicat, qui est traditionnellement proche de la SPD: selon l’étude, en moyenne, seulement 8% des syndiqués ont voté pour la SPD en Bade-Wurtemberg: ça fait mal! Avec cela, les «camarades» sociaux-démocrates n’ont recueilli qu’un tiers des voix qui sont allées à l’AfD, dite d’extrême droite. Chez les syndiqués, les Grünen sont arrivés en tête dans le Bade-Wurtemberg, avec 29%. Ensuite vient l’AfD, avec 23%, puis la CDU en troisième position avec 23%. Die Linke n’a recueilli que 6%.
En Rhénanie-Palatinat, l’AfD occupe également la deuxième place parmi les électeurs syndiqués. Dans ce Land, 23% d’entre eux ont voté pour l’AfD, alors qu’en moyenne, le parti a obtenu 19,5% dans cette région. Le parti le plus fort parmi les membres des syndicats en Rhénanie-Palatinat reste la SPD, avec 32%. La CDU, qui a obtenu 31% dans ce Land, reçoit peu de soutien chez les membres syndicaux, avec seulement 21%.
Dans ces deux Länder, l’AfD est clairement devenue le deuxième parti politique parmi les travailleurs syndiqués. Et ce qui est important à noter: l’AfD a recueilli plus de voix chez les syndiqués que la moyenne. Quant à savoir si cette étude apportera plus de réalisme aux syndicats, c'est malheureusement peu crédible.
12:58 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, europe, affaires européennes, allemagne, syndicats, syndicalisme, afd |
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L’Europe passe du statut de soutien à celui de zone de production de cette guerre
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Avec la révélation de sites concrets de fabrication de drones et de composants en Europe, Moscou a marqué un point qui est systématiquement minimisé dans le débat européen. Il ne s’agit plus simplement d’aide militaire, de paquets financiers ou de soutien politique à Kiev. Il s’agit du fait que le sol européen devient lui-même de plus en plus partie intégrante de la chaîne de production militaire de cette guerre.
C’est précisément là que réside le changement qualitatif. Tant que l’Europe fournit, on peut encore parler de soutien sur le plan politique. Mais dès lors qu’il y a production, montage, financement et intégration technique sur le territoire européen, le soutien se transforme peu à peu en implication industrielle. Ce n’est pas seulement une question sémantique, mais une question stratégique. Celui qui ne se contente plus de transmettre du matériel de guerre, mais qui permet sa fabrication sur son propre territoire, aura de plus en plus de mal à se réfugier derrière la confortable fiction selon laquelle il aurait seulement une relation indirecte avec la guerre.

Le message russe ne visait pas uniquement les gouvernements, mais visiblement aussi l’opinion publique européenne. Le sous-texte est clair: votre sécurité n’est pas seulement menacée par le conflit extérieur, mais aussi par les décisions de vos propres élites politiques, qui entraînent l’Europe de plus en plus profondément dans la logique militaire de cette guerre. Cela est d’autant plus sensible politiquement que cela dévoile un conflit que la classe dirigeante européenne préfère garder dans l’ombre: la contradiction entre la rhétorique officielle de crise et l’escalade réelle via une production commune et une intégration militaro-industrielle.
Par ailleurs, le processus met aussi en lumière un problème du côté russe. La dissuasion repose sur la crédibilité. Ceux qui, pendant des années, ont tracé des lignes rouges, risquent de voir leurs avertissements devenir inopérants s’ils ne sont pas suivis de conséquences visibles. Voilà le dilemme stratégique de Moscou: en nommant publiquement des sites européens, la menace devient plus claire, mais cela oblige aussi la Russie à se mettre sous pression. En effet, chaque avertissement perd en impact s’il n’est perçu que comme un rituel médiatique supplémentaire.

Cela ne change cependant rien au véritable problème européen. En Occident aussi, on travaille avec une fiction: celle selon laquelle il serait possible d’approfondir encore le soutien militaire à l’Ukraine, d’étendre la production sur le territoire européen, de renforcer la coopération opérationnelle, tout en affirmant que l’Europe ne serait pas davantage impliquée dans le conflit. Cette idée est politiquement commode, mais stratégiquement peu sérieuse. Plus l’Europe devient non seulement bailleur de fonds, mais aussi espace de production et centre organisationnel de la guerre, plus la distance avec le conflit réel diminue.
Le véritable scandale ne réside donc pas seulement dans la réaction de la Russie, mais dans la banalisation de la militarisation de l’Europe. Ce qui aurait été considéré, il y a quelques années, comme une escalade exceptionnelle est aujourd’hui traité comme une simple opération administrative: financement ici, fabrication là, coopération entre-temps. Le public doit s’habituer à l’idée que sur le sol européen, il devient de plus en plus évident que des infrastructures de guerre se développent pour un conflit en cours. Et c’est précisément cette habituation qui représente la partie la plus dangereuse de cette évolution.
Car cela ne modifie pas seulement la politique extérieure, mais aussi la constitution intérieure de l’Europe. Là où la militarisation devient la nouvelle norme, la langue politique se déplace également. Les risques sont minimisés, la participation politique est réduite, et toute critique fondamentale est moralisée. Les citoyens sont invités à payer, à se taire, et à accepter cette nouvelle réalité comme inévitable.
#géopolitique@global_affairs_byelena
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Les causes structurelles de l’échec des États-Unis face à l’Iran
Irtija Ahmad
L’actuelle campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran marque une escalade dramatique dans la géopolitique du Moyen-Orient, avec des conséquences qui s’étendent bien au-delà des frontières de la région. À cela s’ajoute la restriction imposée par l’Iran à la navigation dans le détroit d’Ormuz, ce qui menace la sécurité énergétique mondiale et la liberté de transit maritime. Plus grave encore est la perspective que l’Iran se retire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qui constitue collectivement l’une des crises les plus graves de l’architecture de non-prolifération de l’histoire récente. Cette crise n’a pas émergé soudainement. Elle résulte de décennies de politique américaine incohérente envers l’Iran, façonnée par les pressions électorales internes, l’influence des groupes d’intérêt et l’incapacité institutionnelle à soutenir des engagements cohérents à long terme.
Dans un écrit de 1835, Alexis de Tocqueville soutenait que les systèmes démocratiques sont structurellement inadaptés à la politique étrangère. Étant guidés par des cycles électoraux courts et une opinion publique changeante, les démocraties peinent à maintenir la cohérence et la patience nécessaires à une diplomatie efficace. «La politique étrangère», remarquait-il, «ne requiert presque aucune de ces qualités que possède une démocratie». La gestion de l’Iran par les États-Unis au cours des trente dernières années illustre de manière convaincante cette thèse.
Les origines structurelles de l’impasse actuelle remontent à 1953, lorsque les États-Unis, sur ordre du président Dwight Eisenhower, orchestrèrent le renversement du Premier ministre iranien élu démocratiquement, Mohammad Mossadegh (photo), à la suite de sa nationalisation de l’Anglo-Iranian Oil Company.
La restauration du régime monarchique, soutenue par un appui politique et par renseignement constant de la part des États-Unis, généra des revendications institutionnelles profondes qui contribuèrent à créer les conditions ayant précédé la Révolution islamique de 1979. Cet épisode établit un modèle d’engagement américain avec l’Iran, dans lequel les intérêts politiques et économiques à court terme étaient constamment privilégiés par rapport aux considérations stratégiques à long terme.
Un accord fonctionnel, abandonné
En juillet 2015, l’Iran et les États du P5+1 ont signé le Plan d’action conjoint global (JCPOA), qui imposait des restrictions vérifiables au programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a publié plusieurs rapports confirmant que l'Iran s'y conformait. Selon l’accord, le délai estimé de breakout de l’Iran a été prolongé à environ douze mois.
Cependant, en mai 2018, l’administration Trump a annoncé qu’elle mettrait fin à la participation des États-Unis au JCPOA, malgré la certification de conformité de l’AIEA et les objections de tous les signataires européens. La motivation déclarée comprenait l’incapacité de l’accord à traiter le programme de missiles balistiques de l’Iran, bien que le retrait ait également été cohérent avec les engagements pris lors de la campagne présidentielle de 2016. En l’espace de douze mois, l’Iran a commencé à dépasser les limites d’enrichissement imposées par l’accord. Mi-2025, les stocks d’uranium enrichi de l’Iran avaient atteint des niveaux plus de 40 fois supérieurs à ceux prévus par le JCPOA.

Le retrait de 2018 reflétait également l’influence d’acteurs externes sur la politique étrangère américaine. En mars 2015, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu intervint lors d’une session conjointe du Congrès américain, avertissant que l’accord avec l’Iran garantissait à Téhéran l’obtention d’armes nucléaires. Selon des reports, le Comité américain pour les affaires publiques israéliennes (AIPAC) aurait dépensé entre 20 et 40 millions de dollars pour s’opposer au JCPOA.
Les conséquences de la pression maximale
La campagne de pression maximale qui suivit le retrait reposait sur l’hypothèse que des sanctions économiques mondiales forceraient l’Iran à accepter un accord révisé et plus large. Les données empiriques ne soutiennent pas cette évaluation. L’Iran a progressivement accru sa capacité d’enrichissement. Ses stocks d’uranium enrichi sont aujourd’hui plus de 40 fois supérieurs à ce que permet le JCPOA.
Les attaques militaires de juin 2025 et février 2026 ont endommagé les installations, mais n’ont pas réussi à détruire le savoir-faire scientifique. En mars 2026, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé que, bien que les bombardements récents n’aient pas réussi à détruire l’installation nucléaire de Natanz, les dommages importants l’avaient rendue inaccessible.
En outre, la Russie et la Chine ont renforcé leur alignement stratégique avec l’Iran, contestant formellement la validité juridique des sanctions que l’ONU avait réinstaurées. Le cadre en cinq points de la Chine sur la question nucléaire iranienne, élaboré en mars 2025, appelait à une résolution pacifique par le dialogue et au respect du droit de l’Iran à l’énergie nucléaire civile conformément au TNP.
Le coût de l’incohérence stratégique
L’incohérence de la politique de Washington vis-à-vis de l’Iran reflète la contrainte structurelle identifiée par Tocqueville: la gouvernance démocratique, sensible aux cycles électoraux, est mal équipée pour soutenir les engagements stratégiques à long terme requis par la diplomatie de non-prolifération.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (photo), a souligné ce point de manière directe dans une interview de mars 2026, en observant que l’Iran avait négocié et conclu un accord, pour ensuite voir les États-Unis se retirer sans cause suffisante.
Téhéran a constamment exprimé sa volonté de s’engager diplomatiquement, participant à cinq cycles de négociations indirectes en 2025 et proposant officiellement de réduire ses stocks d’uranium enrichi comme mesure pour installer la confiance.
Le principal obstacle à la résolution n’est pas l’absence de flexibilité iranienne, mais l’incapacité de Washington à maintenir une position de négociation cohérente entre différentes administrations, une vulnérabilité qui sera encore une fois mise à l’épreuve par le prochain cycle électoral qui aura lieu en novembre.
18:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, moyen-orient, états-unis, nucléaire iranien |
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Les racines spirituelles de la sagesse de Baltasar Gracián
Prof. Dr. h.c. Hei Sing Tso
Président, "Apprentissage des stratagèmes Guiguzi", Hong Kong
Le livre de Baltasar Gracián, L'Art de la sagesse mondaine, est largement lu et loué dans le monde entier. Beaucoup le comparent au Prince de Machiavel et à L’Art de la guerre de Sun Tzu. La majorité pense qu’il s’agit d’un manuel de sagesse pour obtenir un succès laïque dans sa carrière, dans la politique et les affaires. C’est totalement une erreur de compréhension.
Gracián était un jésuite catholique et un philosophe. La foi et la théologie restent au centre de son univers intérieur. D’un autre côté, les jésuites étaient différents des autres ordres catholiques. Ils cherchaient à s’engager avec le monde séculier.
Formé en éthique thomiste et aristotélicienne, il est logique, pour Gracián, de faire le pont entre mondanité et divinité.
Son éthique est connue comme la philosophie de l’Ingenium, tandis que la vertu de prudence est une forme d’Ingenium. Par la pratique de la prudence dans les affaires mondaines, on peut atteindre le salut après la mort. La prudence est un canal qui relie le monde au divin sacré. C’est pourquoi je considère que le titre en anglais du livre est trompeur. Le titre original espagnol est Oráculo Manual y Arte de Prudencia. Prudencia est la vertu de la prudence. Gracián vise à encourager les gens à pratiquer la prudence dans le monde afin d’accéder au divin en lisant ce petit manuel dans la vie quotidienne. Il s’agit d’un traité d’action spirituelle, non d’un livre d’aide à la réussite mondaine dans le sens commun.
Bien que le livre contienne de courtes maximes, il faut les lire entre les lignes avec contemplation. Nous pouvons appliquer l’approche chinoise de la sagesse « 微言大义 » (de petits mots avec de grandes idées) en lisant le livre de Gracián, découvrant ainsi une sagesse cachée et plus profonde pour la vie, en parallèle avec la spiritualité.
La première maxime
Tout est à son apogée de perfection. Cela est particulièrement vrai pour l’art qui fait sa place dans le monde. Aujourd’hui, il faut davantage d'efforts pour faire d’une seule personne un sage que ce qu’il fallait autrefois pour faire les Sept Sages de la Grèce antique, et il en faut plus encore, aujourd’hui, pour traiter avec une seule personne que ce qu’il fallait autrefois pour traiter avec un peuple entier.
La première maxime est très essentielle. Elle pose la fondation et l’idée centrale de la pratique de la prudence. Gracián pense que chaque personne peut être en chemin vers la perfection pour accéder à Dieu, et ce chemin passe par la pratique dans le monde séculier, et non pas par un séjour dans le désert ou ans les monastères.
Pour être sage et atteindre la perfection, une personne laïque doit entraîner son esprit intérieur comme les sages de l’Antiquité grecque. Cependant, cela est plus difficile dans le monde laïque, car on est facilement attiré par les tentations du mal.
La dernière phrase a des implications politiques. Premièrement, un homme d’État prudent peut diriger une nation pour gagner toute guerre, même si l’ennemi possède plus de ressources. Deuxièmement, si le dirigeant de votre ennemi manque de prudence, vous pouvez considérer cette faiblesse comme une opportunité stratégique.
La deuxième maxime
Caractère et intelligence. Ce sont les deux pôles de notre capacité: l’un sans l’autre n’est qu’à mi-chemin du bonheur. L’intelligence seule ne suffit pas, il faut aussi du caractère. D’un autre côté, c’est la malchance du sot de ne pas parvenir à obtenir la position, l’emploi, le voisinage et le cercle d’amis qu’il souhaite.
C’est la première sagesse pour développer une capacité de prudence. La plupart des gens accordent une grande valeur à l’intelligence, car elle peut être objectivement testée et évaluée. Nous suivons tous les mêmes cours et obtenons un MBA similaire. Mais Gracián nous a appris à connaître d’abord notre caractère. Dieu rend chaque personne unique. Sun Tzu disait: «Tu gagneras à chaque fois si tu te connais toi-même et ton ennemi pleinement!». De plus, le caractère doit correspondre étroitement à l’environnement, car l’emploi, les voisins et le cercle d’amis sont tes actifs stratégiques personnels. Plus tu connais ton caractère, plus tu es prudent.
La troisième maxime
Garde une affaire en suspens pendant un certain temps. L’admiration pour la nouveauté augmente la valeur de tes réalisations. Il est à la fois inutile et fade de jouer ses cartes sur la table. Si tu ne te dévoiles pas immédiatement, tu suscite des attentes, surtout lorsque l’importance de ta position te rend objet d’attention générale. Mélange un peu de mystère dans tout, et ce mystère suscite la vénération. Et lorsque tu expliques, ne sois pas trop explicite, tout comme tu n’exposes pas tes pensées les plus intimes dans une conversation ordinaire. Un silence prudent est le sanctuaire sacré de la sagesse mondaine. Une déclaration de résolution n’est jamais très appréciée – elle ne laisse que la place à la critique. Et si elle échoue, tu es doublement malheureux. De plus, tu imites la voie divine lorsque tu inspires les gens à se demander et à observer.
Dieu est mystérieux, et nous devons apprendre de Dieu. Selon Lao Tseu, nous devons garder le silence et la tranquillité pour suivre le Tao. De même, Gracián nous conseillait de fermer notre bouche dans les contextes ouverts pour deux objectifs stratégiques : susciter l’attente chez les supporters et éviter les attaques des ennemis. La dernière phrase nous enseigne clairement à imiter Dieu pour faire des merveilles et susciter des inspirations. Cela est également essentiel pour l’engagement public et même lors des campagnes électorales.
La quatrième maxime
Connaissance et courage. Ce sont les éléments de la grandeur. Parce qu’ils sont immortels, ils confèrent l’immortalité. Chacun est autant que ce qu’il sait, et le sage peut tout faire. Une personne sans connaissance vit dans un monde sans lumière. La sagesse et la force sont les yeux et les mains. La connaissance sans courage est stérile.
Lorsque l’on prend des décisions prudentes, la connaissance est nécessaire. Cependant, toutes les connaissances ne sont pas bonnes. Nous devons seulement acquérir celles qui diffusent la lumière divine pour l’immortalité et le salut. En tant que vertu, il faut utiliser une bonne connaissance avec courage et persévérance, même face aux difficultés, au rejet et à la critique. L’éducation et l’idéologie nous empêchent toujours d’apprendre les connaissances périphériques.
Pour Gracián, une personne sera sage lorsqu’elle aura une connaissance large. Guidée par la sagesse divine, on peut même appliquer cette connaissance marginale pour élaborer des stratégies efficaces.
La cinquième maxime
Faites dépendre les autres de vous. Ce n’est pas celui qui décore qui fait une divinité, mais celui qui est adoré. La personne sage préfère voir les autres avoir besoin d’elle plutôt que de remercier. Maintenir l’espoir à la limite de la patience est diplomatique, compter sur leur gratitude est grossier; l’espoir a une bonne mémoire, la gratitude une mauvaise. On dépend plus des autres que de la courtoisie. Celui qui a étanché sa soif tourne le dos au puits, et le jus d’orange pressé tombe du plat en or dans la corbeille.
Lorsque la dépendance disparaît, le bon comportement ainsi que le respect disparaissent aussi. Il faut faire de cette dépendance une des principales leçons de l’expérience: maintenir l’espoir en vie sans le satisfaire complètement, en le conservant pour toujours se rendre nécessaire, même auprès d’un patron sur le trône. Mais ne pas pousser le silence à l’excès, sinon tu te tromperas; ne pas laisser le défaut d’un autre devenir incurable pour ton propre avantage.
Dieu nous donne l’espoir. L’espoir est une vertu. Sans espoir, la relation ne durera pas longtemps. Dans les affaires humaines, l’espoir est lié à diverses dépendances: physique, financière, politique et même émotionnelle. Gracián nous a appris à utiliser la dépendance habilement. Comme mentionné dans la quatrième maxime, le silence peut parfois renforcer la dépendance, car d’autres font des erreurs et reviennent vers vous pour demander de l’aide.
Vous pouvez devenir un mentor mystérieux, influent et puissant sur cette personne. Cependant, il faut noter la dernière phrase: pour être prudent, votre silence ne doit pas être excessif et vos intérêts ne doivent pas conduire à la faute d’autrui. Sinon, vous ne trouverez pas le salut.
Selon Gracián, les stratagèmes ne concernent pas seulement le monde séculier. En lisant ces maximes avec une perspective spirituelle, la véritable sagesse de la vie sera révélée. J’espère partager davantage de trésors spirituels issus des maximes de Gracián avec mes lecteurs à l’avenir.
17:16 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, baltasar gracian |
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Théorie tartarienne et tradition transtartarienne
Joakim Andersen
Source: https://motpol.nu/oskorei/2026/04/01/tartarisk-teori-och-...
Il existe désormais plusieurs cartes et portulans de facture inhabituelle mais ils sont intéressants: parmi eux, il faut mentionner la célèbre carte de Piri Reis avec ses détails sur la zone antarctique, dont l’existence suggère une histoire qui, pour le dire en termes diplomatiques, entre en conflit avec les récits officiels. Parmi ces pièces, il faut surtout évoquer les cartes du 18ème siècle qui révèlent l’existence d’un empire vaste et avancé au centre de l'Asie septentrionale et en Extrême-Orient, appelé Tartarie ou même Grande Tartarie — un empire dont l’héritage a été brutalement interrompu et consciemment étouffé par les détenteurs du pouvoir et toutes sortes d'autres tenants d'une idéologie des ténèbres, mais cet héritage possède des liens évidents avec une narration plus traditionnelle de l'histoire, comme celle que nous suggèrent Fomenko et Jorjani.



L’architecture, l’anthropologie et la chute dramatique de l’empire tartare peuvent être retrouvés et compilés, certes avec difficulté, par un nombre croissant de passionnés à l’aide de plusieurs indices intéressants, notamment ceux que nous apportent les bâtiments qui, comme des anomalies mal placées, se dressaient dans plusieurs grandes villes d’aujourd’hui: parmi eux le Waldorf Astoria et la tour Singer — impossibles à construire avec la technologie du 19ème siècle, mais qui, selon les récits courants, dateraient bien de ce siècle. Ces bâtiments de belle envergure, avec leur style distinctif et ornementé, ont souvent été démolis ou dynamités pour effacer toutes traces de cette civilisation tartarienne supérieure mais pacifique, qui s’étendait il y a un peu plus d’un siècle de la Nouvelle-Zélande au Canada, et dont l’architecture ornementale laisse penser qu'elle avait accès à une énergie gratuite extraite directement de l’éther/Od (c’est aussi la principale raison pour laquelle des cercles occultes font aujourd’hui silence sur l’héritage tartarien).
Le style gothique massif suggère plus qu’une simple parenté ou continuité avec l’héritage hyperboréen, exprimé à travers la figure d'Odin et l’ornementation animale en Europe du Nord. On peut également évoquer ici le lien tartarien/scythe et les théories qui font des Tartares les descendants d’Hyperborée et d’Atlantis (voir ce qu'en dit Evola). La première est particulièrement pertinente, compte tenu de l’existence de géants roux, également reliés à la population tartarienne, ce qui explique d’immenses portails et de hauts plafonds dans certains bâtiments.
Bien que ces idées soient plutôt le fait d’une minorité, elles tournent toutes autour de concepts tels que ceux des Atlantes et de la première racine théo-philosophique; elles évoquent aussi les Si-Te-Cah nord-américains et la découverte de squelettes géants, dissimulés par Smithsonian, ainsi que les géants proto-indo-européens. Les opinions diffèrent quant à la population tartarienne: il est fort probable qu’ils ressemblaient aux Scythes et à Nikola Tesla. Cependant, cela s'est compliqué par des migrations de populations effectuées pour dissimuler leurs traces (voir notamment les travaux de certains théoriciens maoris, qui, à partir de la construction de la théorie tartarienne, ont conclu qu’ils ne constituaient pas la population autochtone; les personnes intéressées feront notamment confirmer notamment leur propre ADN tartarien ici: The 5 Signs You Have Tartarian Blood, cheveux roux, QI élevé, grande taille et structure osseuse dense).
Tartaria a été détruite lors d’une inondation de boue, la fameuse mud flood du 18ème ou même du 17ème siècle — ce qui, en passant, est la seule explication rationnelle à la raison pour laquelle plusieurs bâtiments dans de grandes villes ont des étages partiellement ou totalement enfouis sous le niveau actuel des rues. Après cela, l’héritage tartarien a été effacé dans une opération conjointe de tous les États et détenteurs d'un pouvoir substantiel dans le monde, notamment en plaçant en institutions et en déplaçant les Tartares survivants dans des trains d’orphelins; puis, lors de guerres napoléoniennes et mondiales, des bâtiments impressionnants ont été rasés. De plus, les livres d’histoire et les cartes ont été réécrits dans un réaménagement global qui évoque Matrix ou le WEF.
Dans l’ensemble, la théorie tartarienne explique plusieurs mystères de l’histoire, notamment ces constructions qui ne peuvent avoir été réalisées même à l'ère de la modernité, ainsi que des photographies de géants prises dans des environnements datant du 19ème siècle.
La théorie tartarienne relie aussi l’Orient et l’Occident, selon la conception guénonienne, pour les faire converger dans une théorie cohérente qui prend en compte à la fois l’héritage indo-européen authentique et faustien, tout en raccourcissant la distance entre l’Âge d’Or et notre époque. Elle complète la théorie raciale traditionnelle avec deux nouveaux génotypes exploitables et promet une méthode, à l’image de Tesla, pour relancer le réseau énergétique tartarien, afin de mettre fin une fois pour toutes aux guerres pétrolières et au capitalisme basé sur la pénurie.
15:20 Publié dans Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tradition, théorie tartarienne |
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L’Inde prépare la robotisation des usines, l’Italie veut de nouveaux esclaves
Augusto Grandi
Source: https://electomagazine.it/lindia-prepara-la-robotizzazion...
En Inde, certaines grandes usines obligent leurs ouvriers à porter de petites caméras. Ce n’est pas pour vérifier la qualité du travail, mais pour analyser avec une extrême précision chaque étape de l’activité, chaque mouvement de l’ouvrier. Simplement pour disposer d’une masse colossale de données à utiliser pour entraîner les robots. Destinés, bien entendu, à remplacer justement ces ouvriers qui servent de support aux caméras.
Au-delà de la sordide imposition à des employés d’une sorte de suicide professionnel, il est tout de même évident quelle direction prend le monde du travail. De moins en moins d’hommes, de plus en plus de machines. Et pas seulement en ce qui concerne les ouvriers remplacés par des robots. Au contraire, le remplacement des activités administratives par l’intelligence artificielle sera encore plus facile et rapide.
Il est inutile de se faire des illusions en pensant pouvoir arrêter cette dérive. Le luddisme reste de toute façon une posture de vaincu. La seule exception victorieuse à l’encontre de cette tendance remonte à la phase déclinante de l’Empire romain et a, de toute façon, été limitée dans le temps.

Mais si la substitution par les machines est inévitable, l’absence de perspectives pour l’après en est une caractéristique toute italienne. Le débat politique se concentre sur des questions inutiles, vieilles de 80 ans. C’est compréhensible, bien sûr, car pour parler de l’avenir, il faudrait au moins faire face au présent. Pas avec un jugement sur quelque chose qui, pour l’avenir, a autant de poids que les guerres puniques.
Et cela ne va pas mieux du côté des entreprises privées. Celles-ci ne se préoccupent pas de prévoir l’avenir, mais de demander des fonds publics pour le présent. Le reste du monde pense à des robots et à l’IA, en Italie (et ailleurs en Europe) on cherche à importer de nouveaux esclaves. Mais quand, malgré tout, les robots arriveront aussi en Italie, que ferons-nous de tous ces esclaves? Le revenu de citoyenneté pour tous? Évidemment en réduisant les sommes disponibles pour les Italiens. En réduisant les services de santé, en diminuant l’offre culturelle, en laissant la délinquance prospérer parce que les ressources pour la combattre ne seront pas là.
Mais les débats fondamentaux des petits juristes sur la constitution, la plus belle du monde, continueront à qui mieux mieux...
20:15 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, inde, robotisation |
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L'élite n'est plus à l'abri: la «liste noire» est arrivée sur la table de Poutine
Alexandre Douguine
Le pays est en guerre depuis cinq ans, et la question de la révision des «élites», en grande partie façonnées durant les périodes les plus sombres de l'histoire russe récente — celle des années 1990 — sous le slogan «corruption, banditisme et vilenie» — mûrit depuis longtemps. Une question légitime se pose: à quoi devrait ressembler l'élite dirigeante de la Russie?
Où se trouvent les «réseaux» d'agents dormants ?
De nos jours, la question d'une «révision» et d'une «nationalisation» des élites russes est de plus en plus fréquemment soulevée. Et ici, bien que je sois d’accord avec la formulation même de la question, il est important de souligner que ces «élites» sont, bien sûr, très hétérogènes et inégales. Je connais personnellement de nombreux représentants de notre élite étatique, les plus importants du lot, qui sont des personnes d'une honnêteté irréprochable, des patriotes russes convaincus, guidés par des valeurs traditionnelles. C’est pourquoi il est hors de question de mettre tout le monde dans le même sac.

De plus, à plusieurs reprises, je me suis retrouvé — et j’en ai parlé dans de nombreuses interviews — à constater que des personnes que le peuple perçoit comme peu recommandables, ni très fermes dans leurs convictions ni patriotes avérés, se révèlent, lorsqu’on les connaît de près, être des individus très cohérents, convaincus et de nature noble. Ce dont on ne peut parler si l’on ne les connaît pas personnellement ou si l’on ne les observe pas de loin. C’est pourquoi, depuis longtemps, je m’engage à ne pas donner de noms: on dit quelque chose, puis il s’avère que ce n’est pas du tout la vérité.
Dans ce sens, si l’on a réellement fourni à Vladimir Poutine des listes de l’élite dite «renaissante», cela signifie qu’il existe sans aucun doute des motifs concrets et une connaissance fiable à ce sujet. Bien entendu, en partant du principe que ces listes proviennent de personnes respectées, proches du chef de l’État. Dans ce cas, il n’y a aucune raison ni aucun argument pour ne pas leur faire confiance. Mais moi, personnellement, je ne mentionnerais aucun nom dans ce cas précis, car je me suis souvent convaincu que, parfois, les choses ne sont pas du tout ce qu’elles semblent être à première vue.
Je vais donner un exemple. Après le début de l’opération militaire, tout le monde craignait que notre maillon le plus faible soit l’économie, mais il s’est avéré que la faiblesse était ailleurs. L’économie, que tous considéraient comme le centre de la «sixième colonne» des libéraux dans notre État, ne nous a pas fait défaut. Et ceux en qui nous avions toute confiance, croyant qu’ils représentaient notre point fort, se sont avérés être tout le contraire. Nous ne savons pas avec certitude où se trouvent les «réseaux d'agents dormants», les réseaux d’influence. Peut-être ne sont-ils pas du tout là où nous le pensons. Et cela constitue une observation très importante.

Sélection de l’élite : « corruption, banditisme et mesquinerie »
Mais, en général, il semble que notre élite, pour la plupart de ses représentants, soit inadéquate. De plus, la mentalité même de notre société est inadéquate, tout comme ont été inadéquates la préparation à une guerre aussi grave que celle d'Ukraine et sa gestion au cours de ces quatre années. Oui, nous tenons bon, nous gagnons, même si c’est avec beaucoup de difficultés et en affrontant constamment de nouveaux défis, il ne fait aucun doute: nous vaincrons. Mais il semble que l’on ne tire pas vraiment de conclusions des échecs passés.

Ces gens changent simplement de poste et de domaine d’activité, sans jamais faire preuve de compétence. Après un échec dans un domaine, on leur en confie un autre, puis, comme prévu, ils échouent aussi dans celui-là, puis dans un troisième, et ainsi de suite. Et cela ne peut pas être ignoré.
Et une autre question très profonde et sérieuse, presque philosophique, surgit: quel type d’élite avons-nous besoin? Comment devons-nous la percevoir et quels critères devons-nous poser aux représentants de la classe dirigeante pour juger leur aptitude?
Tout cela est aujourd’hui donné pour acquis, mais cela n’est pas dit à haute voix ni a fait l'objet de réflexions. Et lorsqu’il s’agit d’un cas concret ou d’une personne, hors contexte, cela devient une véritable arbitraire. Quelqu’un n’aime pas une autre personne et commence à crier: «Untel est inadéquat, c’est la sixième colonne!». Et un autre se lance immédiatement à sa défense et commence à insulter l'autre: «Et toi, qui es-tu? Pourquoi dis-tu ça? Y a-t-il quelqu’un derrière toi?».
C’est pourquoi, tant que nous faisons face à des cas isolés, il est totalement impossible de résoudre un problème systémique. Peu importe si l’on enquête sur un ministère ou un autre, un fonctionnaire ou un autre.

Par exemple, le ministre de la Défense, Andreï Removitch Belousov, s’est fixé comme objectif de résoudre les graves problèmes de son département. Et il les résout: de nouveaux cas et faits absolument horribles apparaissent, de nouvelles condamnations sont prononcées. Et bien que Belousov occupe ce poste depuis plusieurs années, le flux de ces histoires ne cesse pas. On pourrait croire que les écuries d’Augias ont été nettoyées et que l’on peut passer à l’étape suivante. Mais il s’avère qu’il faut des efforts et un temps incroyables pour cela.
Nous n’avons pas de critère sur ce que doit être notre élite. Mais ce n’est pas simplement qu’elle s’est «dégradée»: en réalité, elle s’est formée dans les périodes les plus sombres, dans les années 1990, selon le principe de la «corruption, du banditisme et de la mesquinerie» (en opposition à l’«efficacité, la moralité et le patriotisme»). Ce sont ces trois caractéristiques qui faisaient que les gens entraient dans l’élite. Les membres de l’élite devaient être corrompus, liés à la délinquance et incroyablement lâches pour obtenir des postes et les conserver. Bien sûr, il y avait aussi des exceptions parmi eux: des personnes honnêtes, une véritable classe de serviteurs et de patriotes qui servaient l’État malgré tout. Mais, en général, l’élite ne se formait pas selon le principe du service honnête. Et tout le monde le savait parfaitement.
Aujourd’hui, on essaie de lutter contre cela, mais, à mon avis, avec un énorme retard et de manière incohérente. Quelqu’un est mis en lumière, puis une longue série de délibérations s’ensuit: faut-il l’amnistier? Même Tchoubaïs, qui a volé et ruiné le pays quand il était le chef de l’administration présidentielle, le ministre des Finances, le vice-Premier ministre, le directeur de RAO UES, le directeur de «Rosnano»… Il volait partout, détruisait tout et, à la fin, il s’est enfui. Il n’a subi aucune sanction et son affaire reste ouverte.
Et cela alors qu’on aurait pu arrêter plus tôt ce sinistre personnage qui a causé un tort idéologique et économique, et corrompu tout autour de lui. Maintenant, il dirige des centres de lutte contre la Russie du côté de nos ennemis, sans cacher qu’il a toujours été un ennemi. Peut-être n’y a-t-il plus d’affaires aussi flagrantes, mais il y a néanmoins beaucoup de personnes qui ne sont guère différentes de Tchoubaïs. Car c’est justement selon ce principe que l’élite s’est formée dans les années 1990.
Sans aucun doute, il s’agit d’une question systémique et non simplement d’un «renouvellement» personnel. Elle résulte de l’inertie d’une période sombre de dépendance à l’Occident, de l’inertie du capitalisme colonial que nous avons accepté sans esprit critique. Il faut faire quelque chose à ce sujet. Une transformation de la vision du monde de notre société est nécessaire, et cela doit commencer précisément par l’élite.
Nous y travaillons ou non? J’ai l’impression qu’à l’heure actuelle, c'est non. Même si cela aurait dû être fait depuis longtemps, pour l’instant, nous nous demandons seulement si cela en vaut la peine ou pas.
Quel type d’élite avons-nous besoin ?
C’est merveilleux quand de nouvelles initiatives émergent pour assainir l’élite. C’est la voix de personnes qui se soucient du destin de la Patrie, et j’aimerais que ce processus soit enfin lancé. Il faut établir de nouveaux critères: authentiques, compréhensibles et transparents. Qui a le droit et mérite de faire partie de l’élite dirigeante, et qui ne l’a pas. Et il faut juger non seulement selon des critères moraux, mais aussi selon l’efficacité, les qualités entrepreneuriales, le professionnalisme et la responsabilité. Parce que si l’on possède beaucoup, on est responsable de beaucoup. On est responsable devant tous. Et c’est précisément cette responsabilité qui manque clairement à toute la classe dirigeante.

Si ces mesures marquaient le début d’une relance, je les soutiendrais avec ferveur, de tout cœur, et je participerais volontiers à l’élaboration des critères nécessaires pour mettre en selle la nouvelle élite. En revanche, si tout reste en demi-teinte — on enquête sur certains, on en destitue d’autres, ou plutôt on les transfère simplement à un autre poste —, cela signifiera que nous n’avons pas mûri et que nous ne comprenons pas la gravité du problème. Et ce serait très triste.
Mais je ne veux pas anticiper. Il s’est passé beaucoup de temps: ceux qui étaient en pleine forme au début des années 90 sont aujourd’hui des personnes âgées. Il est douteux que ceux qui ont été sélectionnés selon les anciens critères aient acquis en trente-cinq ans les qualités exigées par le tournant historique actuel de la Russie. Au contraire, il me semble qu’ils ont gaspillé leur énergie, et leurs enfants ne sont pas du tout préparés à recevoir le pouvoir: ils ne peuvent que dilapider ce que leurs parents ont réussi à arracher durant les années les plus folles.
La situation est très difficile. Je le répète, il faut commencer par les critères : définir comment doit être l’élite dirigeante de la Russie. Et ensuite, de manière précise, systématique, sans exceptions personnelles ni liens de clan, appliquer ces principes. Je pense qu’il est facile de les formuler:
- Premièrement, ils doivent être des personnes loyales envers l’État, c’est-à-dire des patriotes.
- Deuxièmement, ils doivent être extrêmement efficaces et responsables de leurs succès comme de leurs échecs. Ils doivent être les meilleurs; d’où le principe méritocratique.
- Troisièmement, ils doivent être honnêtes. Travailler pour l’État et accepter leur statut de gestionnaires, sans associer leur enrichissement personnel aux fonctions élevées.
Ces trois principes sont très simples. Il suffit de remplacer par eux les critères par lesquels on sélectionnait auparavant l’élite et qui sont toujours en vigueur: le manque de responsabilité, le manque de patriotisme et l’implication profonde dans la corruption. La corruption, l’occidentalisation, le libéralisme, l’irresponsabilité et le manque de responsabilité doivent devenir des tares inacceptables.
En résumé
Ce qui en 1990 était un laissez-passer gratuit pour entrer dans l’élite doit aujourd’hui devenir un laissez-passer pour vous envoyer dans des lieux complètement différents. Et il faut cultiver et surveiller les qualités opposées. Alors la société ressentira la justice et les choses dans l’État iront dans la bonne direction: nous commencerons enfin à créer nos propres processeurs, nos machines et pratiquerons une gestion sensée.
Nous avons un peuple très talentueux et un État merveilleux doté de ressources en grande abondance. Mais une élite systématiquement inadéquate, sans aucun doute, entrave notre futur développement historique.
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La guerre au Moyen-Orient : interprétations religieuses, métaphysiques et spirituelles
Leonid Savin
L’agression des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a levé le voile sur la dimension métaphysique du conflit: en son sein ont émergé clairement les contours des croyances religieuses, plus précisément, le choc de doctrines et d’idées métaphysiques. Et bien que chaque partie affirme avoir raison, tant dans la rhétorique politique qu’en invoquant l’histoire, les faits et les actions indiquent clairement que l’Iran est du côté du bien. En conséquence, Israël et les États-Unis deviennent automatiquement les forces du mal, même s’il est peu probable qu’ils soient d’accord avec cette interprétation.
Au niveau politique, les représentants de toutes les traditions abrahamiques — le judaïsme, le christianisme et l’islam — se sont retrouvés entraînés dans le conflit, et le contrôle de facto d’Israël sur les sanctuaires de ces religions — le Mur des Lamentations, le Temple du Seigneur à Jérusalem, ainsi que la mosquée Al-Aqsa — confère à ce conflit une spécificité particulière. Cette année, pour la première fois, il a été interdit aux musulmans d’entrer dans la mosquée d’Al-Aqsa pendant la célébration du mois sacré du Ramadan, bien que le traditionnel service religieux chrétien ait été maintenu dans le Temple de Jérusalem, où a eu lieu la cérémonie du Feu Sacré la veille de Pâques.


Cependant, le monde chrétien (si l’on peut qualifier de chrétiennes les diverses confessions protestantes) s’est en fait trouvé divisé. Les chrétiens orthodoxes sont du côté de l’Iran. Auparavant, en 2024, dans sa lettre de félicitations au président iranien nouvellement élu, le patriarche Kirill de l’Église orthodoxe russe a déclaré que «nos peuples sont unis par le désir de préserver leurs traditions historiques, spirituelles et culturelles, ainsi que par leur engagement envers des principes moraux durables». Il s’est également exprimé avec beaucoup de chaleur à propos du nouveau guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Moudjtaba Khamenei, élu après l’assassinat de son père dans le contexte actuel: « Frère bien-aimé! Je vous félicite chaleureusement pour votre élection par le Conseil des Experts iraniens au poste de Guide suprême du pays! Ce moment historique a été marqué par une dure épreuve personnelle liée à la mort de votre estimé père et de vos proches. Vous prenez la responsabilité de l’État et de ses citoyens en cette période dramatique, alors que l’Iran fait face à de nombreux défis existentiels».
Cependant, en Russie, les autorités spirituelles perçoivent clairement ce conflit comme un signe annonciateur de convulsions mondiales susceptibles d’affecter non seulement le Moyen-Orient et les États-Unis, mais d'autres régions du globe.
À la veille du Dimanche des Rameaux, le patriarche Kirill a souligné que « nous croyons et espérons que la Protection de la Reine du Ciel, la Plus Pure, s’étendra sur la Russie. Et nous, croyants, en nous prosternant devant les sanctuaires que nous venons de mentionner, demanderons au Seigneur d’étendre Sa bénédiction sur notre pays, nos autorités et notre armée, sur notre président Vladimir Vladimirovitch. Afin que la Russie puisse véritablement aller de force en force. Pour que tout le potentiel de notre pays puisse se révéler aujourd’hui dans l’intérêt de notre peuple, pour le bien et la sécurité de notre Patrie et, bien sûr, pour la prospérité de notre Église martyre et confessante, qui vit peut-être le moment le plus inspirant et merveilleux de son histoire récente».
Le rôle de la Russie dans cette déclaration du patriarche possède clairement un caractère messianique. Enfin, il est important de souligner qu’en orthodoxie chrétienne, le Messie juif est invariablement interprété comme l’Antéchrist, puisque le vrai Messie était Jésus-Christ, mais que les juifs ne l’ont pas compris. Et cela rapproche doctrinalement et théologiquement les peuples orthodoxes et chiites.
Les États-Unis, dont la direction depuis le XIXe siècle revendique ses racines chrétiennes et affirme l’idée de l’élection divine (la "Destinée Manifeste") et la construction d’une "Cité sur la Colline" (d’où leur politique imposée aux autres pays), ont commencé à soutenir activement Israël sous la présidence de Donald Trump. Tant durant la première que la seconde administration Trump, un grand nombre d’adeptes du sionisme chrétien — une vision du monde selon laquelle les chrétiens doivent soutenir Israël à tous les niveaux — ont émergé. Cela a conduit aux Accords d’Abraham, lorsque Washington a commencé à faire pression sur plusieurs pays arabes pour établir des relations diplomatiques avec Israël. C’est exactement ce qui sous-tend le soutien militaire actuel à Israël et les déclarations étranges de Donald Trump et de ses prédicateurs.
Et cela a provoqué une réaction négative de la part du chef du Vatican : Léon XIV a condamné les paroles du secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, concernant la nécessité de violence contre les ennemis au nom du Christ, en affirmant que «Dieu n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre». Cela a conduit à des attaques de Trump contre le pape. En réponse, ce dernier a déclaré: «Je n’ai pas peur de l’administration Trump et je n’ai pas peur d’affirmer haut et fort le message de l’Évangile — qui, je crois, est la raison de ma présence ici, pour ce que l’Église sert. Nous ne sommes pas des politiciens, nous ne faisons pas de politique étrangère avec la même perspective qu’il a probablement, lui».
Cela suggère que les catholiques, du moins leurs hiérarques, se sont placés du côté opposé aux protestants radicaux qui soutiennent Israël.
La justification de Washington pour l’opération militaire renvoie clairement à une situation similaire à celle de l’Irak en 2003. À l’époque, sous le faux prétexte que le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, les États-Unis avaient lancé une campagne militaire sans qu'il ait eu une résolution de l’ONU, ce qui a conduit à des années d’occupation et à des millions de victimes civiles.
Comme aujourd’hui, cela a provoqué une division parmi les alliés des États-Unis: seul le Royaume-Uni a soutenu directement Washington, tandis que le reste des partenaires de l’OTAN s’y est opposé. George W. Bush, dans son discours, avait adopté un ton théologique en affirmant que «Dieu m’a dit d’attaquer l’Irak». Il est important de noter que les néoconservateurs qui soutenaient George W. Bush soutenaient activement Israël et prônaient une augmentation de l’aide américaine à ce pays.
Aujourd’hui, Trump déclare que «Dieu est du côté des États-Unis dans la guerre contre l’Iran». D’ailleurs, tant Bush que Trump sont protestants (Bush a été élevé dans l’Église épiscopalienne, mais s’est converti au méthodisme, et Trump appartenait à l’Église presbytérienne, bien qu’il ait plus tard déclaré être «un chrétien en marge des confessions»). Et il existe de nombreux partisans du sionisme chrétien parmi les protestants.

L’État d’Israël lui-même, sous la direction de Benjamin Netanyahu, est clairement prêt à adopter des solutions radicales, mais depuis sa propre position. Des intentions répétées ont été exprimées pour détruire la mosquée d’Al-Aqsa afin d’y construire un Troisième Temple à sa place (projet, ci-dessus).
À cette fin, des vaches rouges américaines ont déjà été achetées, nécessaires pour le sacrifice rituel et sa « purification » avec les cendres du Mont du Temple. Les soldats de l’armée israélienne portent des écussons représentant un territoire qui couvre des parties de l’Égypte, de la Syrie, de l’Irak et du Liban actuels. Les purges dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, ainsi que les bombardements du Liban, font partie d’une stratégie globale visant à établir une hégémonie régionale.
19:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : proche-orient, moyen-orient, religion, chiisme, sunnisme, islam, judaïsme, christianisme orthodoxe, catholicisme, protestantisme |
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La saga du Démon
Pierre-Emile Blairon
Ce présent article va évoquer un personnage, le Diable, ou Satan, ou le Démon, qui hante l’imaginaire des foules depuis des millénaires sans qu’elles n’aient jamais pu déterminer si cette entité est une réalité ou une affabulation destinée à effrayer les peuples crédules et à les maintenir dans la peur qui n’est jamais bonne conseillère et qui profite seulement à ceux qui la créent pour maintenir les masses sous leur domination.
Cet article est le troisième volet d’une série de quatre articles traitant :
- le premier des origines de notre humanité : « La Constante de Ninive, aux origines de l’Humanité », article daté du 21 mars 2026,
- le deuxième, de sa fin cyclique : « 2026, sommes-nous en train de vivre la fin d’un monde ? », article daté du 29 mars 2026, et
- le quatrième et dernier traitera des « convergences maléfiques », une alliance qui verra se regrouper les forces satanistes pour ce qu’elles espèrent être le dernier assaut final contre l’Humanité et la vie.
Le Diable est un menteur
C’est un argument d’ordre quantique: le Diable existe pour ceux qui y croient (de même qu’un objet, selon la physique quantique, n’existe que lorsqu’il est observé).
Nos élites mondialistes y croient, au démon, et les masses décérébrées qui les soutiennent aussi; et, là, c’est un argument d’ordre syllogique: «l’élite» croit que le Diable existe, donc, le Diable existe.
C’est en fait un sophisme: un argument faux qui a une apparence de vérité.
Je vous embrouille déjà; c’est l’un des talents cachés du démon: désorienter les humains et faire paraître le mensonge comme une vérité.
«Le diable est menteur et le père du mensonge», dit la Bible.
Et rappelons ce que disait Victor-Hugo: «Mentir, c'est la face même du démon; Satan a deux noms: Il s'appelle Satan et il s'appelle Mensonge».

Le pacte avec le Diable
Cependant, les peuples commencent à se réveiller - très lentement - et à comprendre que le monde est sous l’emprise d’une secte sataniste bien réelle qui ne cache plus ses objectifs et ses méthodes et qui ne craint pas d’afficher au grand jour les noms, quelquefois célèbres, de ses adeptes, fiers de leurs crimes.
En effet, les «personnalités» du spectacle mais aussi de la politique et celles qui sévissent dans d’autres domaines où elles ont «réussi» financièrement semblent tenues par une loi qui, bien sûr, n’est pas écrite, qui impose aux adeptes du satanisme qui ont vendu leur âme au diable de manifester leur allégeance au démon partout où elles se produisent en public; les exemples sont nombreux; ils sont plus discrets dans le domaine politique; mais quand vous verrez certains hauts dirigeants ou certaines têtes couronnées composer des signes insolites, des figures géométriques avec leurs mains – la disposition de leurs doigts – vous pouvez supposer que ces personnes ont signé ce pacte.
Le progressisme, une diversion démoniaque
Pendant des siècles, en France, on a érigé Descartes comme le père de la raison; les petits Français ont été formés à l’école sous l’axiome du rationalisme et du scientisme depuis le milieu du XIXe siècle, le siècle de la science triomphante et de l’adhésion de la société à un schéma progressiste radieux.
En vérité, cette emprise du matérialisme et de la raison sur les consciences par la science et le progrès vers lequel les «élites» de l’époque poussaient les masses, cachait une vérité jusqu’alors occultée dont le dessein va à l’encontre d’un avenir heureux et bienveillant pour les peuples de la Terre. Ces derniers ont cru au bobard des «lendemains qui chantent» alors qu’il s’agissait, en réalité, de promouvoir l’accession de Satan au trône évoqué par le Christ, celui de Prince de ce monde, matériellement, concrètement: prince de notre planète.

Retour vers l’enfer
Il s’avère qu’à un certain moment, le voile finit par se déchirer.
Toutes ces circonvolutions et ces périphrases sont enrobées comme des papillotes de Noël dans le «glamour» d’une société «jet-set».
Une société faite d’élégance et de distinction pour éblouir les masses toujours prêtes à applaudir leurs idoles de pacotille, mais il ne s’agit que de duplicité qui va fondre à la moindre anicroche comme neige au soleil.
Elles révèlent alors la vérité crue, la laideur et la noirceur de l’âme de ceux qui se travestissent pour vivre encore plus longtemps des artifices du mensonge et de la naïveté des foules.
Nous retombons sur Terre, dans le culte et l’invocation des anciennes divinités maléfiques qui demandent leur tribut de sang, d’horreur et de sacrifices humains, bien loin de la technoscience «soft» représentée par un vaisseau spatial tournoyant harmonieusement au rythme d’une valse de Strauss dans l’espace infini enfin conquis par les Terriens.
L’article du Dictionnaire des symboles consacré au Diable révèle son rôle et son but ultime:
«Le Diable symbolise toutes les forces qui troublent, assombrissent, affaiblissent la conscience et la font régresser vers l’indéterminé et l’ambivalent […] Il n’est jamais à court d’apparences [1], mais il est toujours le Tentateur et le Bourreau. Sa réduction à la forme d’une bête manifeste symboliquement la chute de l’esprit. Tout le rôle du diable est de déposséder l’homme de la grâce de Dieu pour le soumettre à sa propre domination».
Cette secte sataniste, qui existe depuis des millénaires [2] (bien avant l’apparition des monothéismes – le Diable n’est pas une création des religions du Livre), a méthodiquement préparé son coup d’État mondial, qu’elle a appelé le «great reset» (la grande réinitialisation, employant un langage informatique pour faire moderne, «branché») précisément à l’époque que nous vivons.
En effet, selon les plus vieilles traditions planétaires, le monde cyclique arrive à la fin d’un grand cycle et cette secte va saisir l’opportunité d’une plus grande vulnérabilité de l’ordre cosmique à ce moment précis de transition entre deux mondes pour prendre le pouvoir sur la planète.

Un conglomérat d’entités en décomposition
La secte sataniste est à la fois le refuge et le ralliement de toutes les formes dégénérées de sociétés anciennes en voie de putréfaction.
Ce rebut de toutes les civilisations passées tente sa revanche dans ce moment unique que décrivait Antonio Gramsci: « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres; pendant cet interrègne, on observe les phénomènes morbides les plus variés».
Cette lie de l’Humanité a été mise à l’écart des formes de vie saines et naturelles pour éviter leur contamination; mais, sur un autre plan, elle est aussi, dans sa version la plus aboutie, le produit de la collusion des anges rebelles rejetés du royaume des cieux et des prométhéens titaniques rejetés de l’Olympe qui vont se retrouver à la tête de la subversion contre les forces divines [3]).
En d’autres termes, il s’agit de l’alliance d’anciennes structures évoquées par toutes les mythologies traditionnelles constituées par le satanisme et le titanisme d’une part [4] et, d’autre part, par de nouvelles «inventions», qui sont tout aussi tout sataniques mais qui revêtent un caractère moderne, scientifique, telles que le transhumanisme, un mouvement pseudo-scientifique dont les recherches visent à rendre l’Homme immortel notamment par des interventions sur l’ADN, un cycle de recherches créé par les puissances d’argent qui, possédant tout, se désespèrent de ne pouvoir en profiter éternellement (sur Terre).

Mouvement qui rejoint donc les buts du satanisme et du titanisme qui espèrent un jour non seulement égaler Dieu, mais le remplacer.
René Guénon nous prévenait de cette offensive dans son livre : Le règne de la Quantité et les Signes des Temps, page 172 :
«Où donc, dans un semblable état de l’ensemble humain et cosmique tout à la fois, pourrait-on bien trouver une défense tant soit peu efficace contre les ʺhordes de Gog et Magogʺ?
Ce n’est pas tout encore: ce que nous venons de dire ne représente en quelque sorte que le côté négatif des difficultés croissantes que rencontre toute opposition à l’intrusion de ces influences maléfiques, et l’on peut y joindre aussi cette espèce d’inertie qui est due à l’ignorance générale de ces choses et aux ʺsurvivancesʺ de la mentalité matérialiste et de l’attitude correspondante, ce qui peut persister d’autant plus longtemps que cette attitude est devenue pour ainsi dire instinctive chez les modernes et s’est comme incorporée à leur nature même».
Petit bémol à la toute-puissance de cette caste sataniste: elle ne peut agir que dans le cadre d’une opération matérialiste, n’ayant pas accès au monde spirituel (qui est la marque de la première fonction chez les anciens indo-européens [5]) ce qui réduit considérablement ses possibilités de nuisance.
Le diable est un diviseur
Les plus anciens d’entre vous ont sans doute joué comme moi au «diabolo», un jeu qui consistait à jongler avec un engin qui avait la forme d’un sablier en l’envoyant en l’air avec deux baguettes réunies par un fil. On l’appelait « diabolo » parce que ce jouet était divisé en deux parties égales.
Ce mot vient du latin diabolus, ce qui divise ou qui désunit.
Je décrivais dans l’article précédent les trois principales caractéristiques de l’action démoniaque: l’inversion des valeurs, le règne du mensonge et de la manipulation, la trahison des «élites».
Il en est donc une quatrième, encore plus sournoise que les trois autres parce que plus difficilement identifiable: la faculté de diviser, de diviser pour… régner. Et cette quatrième caractéristique est pourtant on ne peut plus clairement exprimée par celui l’utilise au grand jour et sans rien en cacher puisque cette faculté d’exercer cette manipulation basique porte son nom: diabolo.
Depuis des millénaires, les puissants qui ont régné sur ce monde ont pratiqué cette stratégie de la division sans que les masses ne se résolvent à adopter la seule attitude qui puisse leur permettre d’échapper à cette manigance: l’unité.
Le premier exemple qui vient à l’esprit est celui de la France dont la circulation sur les artères des grandes villes est perturbée en permanence, ses rues parcourues presque quotidiennement par des défilés où les diverses catégories sociales expriment leur désir de changement mais sans grand résultat; pourquoi? Parce qu’elles manifestent leur mécontentement chacune à leur tour, jamais ensemble.
Faut-il en déduire que les humains sont sous le joug du diable et des machinations de ses dévots depuis la nuit des temps et que rien ne pourra changer en France ou dans le monde ?
Sûrement pas. Nous pourrions bien assister au Grand retournement attendu par les primordialistes. Actuellement, les troupes des deux camps se rangent en ordre de bataille. Et, comme il s’agit d’une bataille ultime, il ne faudra pas se tromper de camp.
J’en traiterai dans le dernier volet de cette série : Les convergences maléfiques.
Pierre-Émile Blairon
Notes:
[1] Les adeptes de la secte aiment se travestir en permanence; pensez aux shows des cérémonies d’ouverture et de clôture des derniers Jeux olympiques que la France a organisés, pensez à cette scène-culte du film « Eyes wide shut » où les participants d’un culte satanique sont masqués et déguisés et pensez aussi à cette curieuse habitude de notre président de la République qui ne cesse de changer d’accoutrement au gré de ses visites extérieures.
[2] René Guénon notait, dans son livre Le Règne de la quantité et les signes des temps : « … Aussi avons-nous parlé de ʺfissuresʺ par lesquelles s’introduisent déjà et s’introduiront de plus en plus certaines forces destructives; suivant le symbolisme traditionnel, ces ʺfissures" se produisent dans la "Grande Murailleʺ qui entoure ce monde et le protège contre l’intrusion des influences maléfiques du domaine subtil inférieur. […] À vrai dire, les tentatives de ces ʺentitésʺ pour s’insinuer dans le monde corporel et humain sont loin d’être une chose nouvelle, et elle remontent tout au moins jusque vers les débuts du Kali-Yuga [il y a environ 6400 ans, NDLR], c’est-à-dire bien au-delà des temps de l’Antiquité "classiqueʺ auxquels se limite l’horizon des historiens profanes».
[3] Voir mon article du 3 octobre 2023: La France, laboratoire de la Secte mondialiste et, plus récemment, Quelle est donc cette « civilisation judéo-chrétienne » à laquelle nous appartiendrions ? du 21 septembre 2025.
[4] Satanisme et titanisme: il s’agit, en fait, de la même entité, dont la racine (Satan-Titan, serait la même, selon le chercheur Daniel E. Gershenson).
[5] Voir mon livre La Roue et le sablier, p.160, Amazon, 2015.
13:20 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : satanisme, actualité |
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Quelques commentaires sur les récentes élections municipales en France
par Georges Feltin-Tracol
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 sont terminées. Malgré le tropisme médiatique accordé aux communes les plus peuplées (Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nice, Strasbourg, Lille, Nantes), il paraît difficile d’en tirer des conclusions de portée nationale tant les situations diffèrent d’une municipalité à l’autre.
On peut cependant émettre deux observations générales qui confirment le contexte chaotique ou de transition, voire d’avant-guerre, dans lequel nous sommes dorénavant plongés : un éclatement inouï de la donne politique et la montée inexorable de l’abstention.
La réforme du mode d’élection dans les communes les moins peuplées imposant la sotte parité et abolissant le panachage ainsi que la rature des candidats explique en partie la forte abstention du premier tour: 42,90% au lieu de 36,45% en 2014 (on oubliera les élections de 2020 marquées par la mystification covidinguienne). Notons que cette année, 68 communes françaises n’ont pas ouvert de bureau de vote, faute de liste présentée ! En 2020, on en recensait 106 et six ans plus tôt 64…
La désaffection des électeurs se comprend en outre par l’effacement du pluralisme: 68% des communes n’offraient qu’une seule liste élue d’office dès le premier tour avec 100% des suffrages exprimés. La présence de deux listes ne concernait que 25% des communes, ce qui n’a pas empêché la hausse de l’abstention et le fort accroissement des votes nuls et des bulletins blancs. Dans Le Monde (du 27 mars 2026), le chercheur Pierre-Henri Bono précise que le nombre de listes uniques dans les communes de 3500 à 5000 habitants est passé de 12% en 2008 à 31% cette année. Si l’on élargit le critère démographique des communes entre 1000 et 20.000 habitants, il relève un phénomène plus massif encore: 32% en 2014 et 48% cette année! Le désintérêt des électeurs n’en est que plus flagrant.

Ce désaveu civique accentue la fragmentation de l’actuelle offre politique. Certes, le PS conserve Paris, Le Printemps marseillais divers-gauche la cité phocéenne et les Verts Lyon, mais la gauche municipale perd des symboles historiques tels Clermont-Ferrand. L’alliance LR–macroniste remporte la mairie auvergnate aux mains des socialistes depuis 1944. Accédant au second tour grâce à 11,29% des voix, la liste RN s’effondre à 3,64%. Ses électeurs se reportent en masse vers le candidat du bloc central par hostilité compréhensible envers l’édile socialiste sortant qui préférait mieux combattre la section locale du Bastion social et des identitaires que les trafiquants de drogue implantés dans certains quartiers de sa pauvre ville.
Le PS perd aussi des municipalités dans le Nord, en banlieue parisienne et en périphérie lyonnaise au profit de LFI mélanchoniste (Saint-Denis, Roubaix, Sarcelles, Vaulx-en-Velin). Vieille terre communiste, Vénissieux tombe aussi! La mobilisation permanente des quartiers de l’immigration en faveur des candidats de Jean-Luc Mélenchon a payé. Les notables socialistes se font «grands-remplacés». Tant mieux! On ne les pleurera pas!
Quant au RN, il faut ici distinguer la majorité des candidats des cadres et autres responsables nationaux. La voie vers l’Élysée en 2027 s’annonce plus difficile que prévue. En effet, le RN ne conquiert ni Marseille, ni Toulon, mais il gagne deux secteurs marseillais (les 5e et 6e, donc les IXe, Xe, XIe et XIIe arrondissements). Les métropoles confortent leur vive hostilité envers le parti de la flamme tricolore: 7,07% pour l’UDR Alexandre Dupalais à Lyon, 5,20% à Grenoble avec Valentin Gabriac, 7,02% à Bordeaux pour Julie Rechagneux, 7% à Strasbourg pour l’excellente Virginie Joron. En revanche, le RN s’implante dans les villes moyennes: Menton, Vierzon, Carcassonne, Rognac, La Seyne-sur-Mer, etc. Diverses municipalités RN sont reconduites dès le premier tour avec brio (77,71% à Hénin-Beaumont, 62,22% à Moissac). On notera la perte de Villers-Cotterêts au second tour alors que le maire sortant élu en 2014 et réélu en 2020, Franck Briffaut (photo), adhérent au FN dès 1977, ne sollicitait pas un nouveau mandat.

La poussée frontiste se concrétise dans les villes moyennes. Par exemple, dans les Monts du Beaujolais situés dans le département du Rhône, l’assistant du député RN Jonathan Gery de la circonscription voisine, Rémy Berthoux, devient le maire de Thizy-les-Bourgs. Le cas est intéressant. Le 1er janvier 2013, cinq communes limitrophes fusionnent à l’initiative du maire de Thizy, Michel Mercier, sénateur centriste, président MoDem du conseil général du Rhône et ministre de la Justice de 2010 à 2012. Cette commune nouvelle se trouve dans la 9e circonscription du Rhône tenue par le LR Alexandre Portier. La liste RN réalise au second tour en triangulaire 46,36%. Les «Bo-Bo» lyonnais n’en dorment toujours pas!
La presse locale a évoqué la première mairie d’extrême droite du département de la Loire. Commune rurale de la plaine du Forez, Chalain-le-Comtal ne présente qu’une seule liste à l’initiative de Tom Rieu (aucun rapport a priori avec Damien Rieu). Employé agricole de 23 ans, le nouveau maire a été le suppléant du candidat RN aux législatives de 2022 et de 2024 dans la 2e circonscription de la Loire (Saint-Étienne Sud intra muros). Il quitte le RN après la condamnation de Marine Le Pen sur les assistants parlementaires européens. Il rejoint alors Identité–Libertés de Marion Maréchal. Son engagement public lui vaut 178 votes sur 586 inscrits sans omettre 7,51% de bulletins nuls et 8,87% de votes blancs. Les journalistes pensent que quatre à cinq autres communes de la Loire auraient maintenant des maires encartés au RN et à l’UDR.
On a vu que les agglomérations sont rétives aux candidats du RN. Pourtant dans la préfecture de la Loire, Saint-Étienne, après une éclipse survenue en 2020 (9,24% au premier tour), le RN devient avec huit conseillers municipaux la principale opposition à la nouvelle équipe communale socialiste–verte–communiste–Place publique. Au soir du 15 mars, le RN arrivait déjà en deuxième position derrière l’alliance de gauche et devant les quatre listes de droite et de centre-droit (18,97% et 8212 voix exprimés). Or, par rapport aux résultats de 2014, le RN perdait néanmoins 688 suffrages. Toutefois, arrivé deuxième lui a procuré un vrai dynamisme puisqu’au soir du 22 mars, le RN a réalisé 26,68%, 11.786 suffrages, soit un apport supplémentaire de 3574 voix ! Ce résultat ne devrait pas étonner. Dès le premier tour de la présidentielle de 1995, la Loire plaçait en tête Jean-Marie Le Pen à l’instar de six autres départements (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Var, Bouche-du-Rhône et Vaucluse). Le FN faisait de si bons résultats qu’au début des années 2000, des rumeurs couraient autour du parachutage électoral éventuel de Bruno Gollnisch sur la ville aux sept collines ou dans ses environs immédiats (Saint-Chamond et la vallée du Gier ou la vallée ouvrière de l’Ondaine).
Bien que non victorieux, le succès le plus brillant revient sans la moindre contestation possible à Jean-Eudes Gannat à Segré-en-Anjou-Bleu en Maine-et-Loire. Le 15 février 2016, sans aucune mention au cours de la campagne électorale de 2014, quinze communes s’unissent dans une commune nouvelle d’une superficie de 242 km². En comptant les bois de Vincennes et de Boulogne, la superficie de Paris fait 105 km². Lyon couvre près de 48 km² et Marseille s’en approche avec environ 241 km². Arrivée troisième et dernier lors de l’unique tour de scrutin, Jean-Eudes Gannat fait 21,72%, soit 1517 voix. Sa liste obtient sept conseillers municipaux et envoie deux représentants à l’intercommunalité.
Dans un environnement difficile car la commune nouvelle se trouve dans la 7e circonscription, fief d’un député MoDem de la majorité présidentielle, Jean-Eudes Gannat suscite la sympathie des électeurs. Il profite de son statut d’enfant du pays comme d’ailleurs Tom Rieu qui bénéficie en outre d’un autre atout non négligeable: Chaloin-le-Comtal vote largement pour les candidats RN.
Jean-Eudes Gannat apporte la preuve magistrale qu’une démarche radicale réfléchie ne révulse pas toutes les franges de l’électorat. Son succès relatif risque cependant de lui attirer la vindicte de Thémis qui, pour avoir retransmis la sinistre réalité sur les réseaux sociaux, pourrait lui valoir une exécution provisoire et la privation durable de ses droits civiques, civils et de famille, car il est bien plus dangereux qu’un violeur d’enfant ou un trafiquant de drogue. Si sa liste courageuse réussit dans un milieu assez défavorable, pourquoi son exemple n’inciterait-il pas d’autres militants à l’imiter dans des zones bien plus propices à l’Opposition nationale, populaire, sociale, identitaire et européenne par exemple en Ardèche septentrionale autour d’Annonay qui a quand même élu un député UDR, et en Haute-Loire? Avis aux bonnes et fermes volontés, imitons les exemples de Tom Rieu et de Jean-Eudes Gannat pour l’échéance municipale de 2033 !
Ne soyons donc pas pessimistes ! Il est dès à présent certain que des maires élus sans étiquette sont en leur for intérieur de sensibilité nationaliste-révolutionnaire ou identitaire, nous en connaissons plusieurs dans le Massif Central, dans le Morvan ainsi que dans le Jura.
GF-T
21:36 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, france, élections municipales, europe, politique, affaires européennes |
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