vendredi, 13 mars 2026
La sagesse de la République populaire de Chine face à l’instabilité mondiale

La sagesse de la République populaire de Chine face à l’instabilité mondiale
Luca Bagatin
Source: https://amoreeliberta.blogspot.com/2026/03/la-saggezza-de...
En marge de la quatrième session de la 14ème Assemblée nationale populaire, qui s’est tenue à Pékin, le ministre chinois des Affaires étrangères a répondu, lors d’une conférence de presse, aux questions relatives à la position de la République populaire de Chine en cette période de grande turbulence internationale.
Concernant les relations entre la Chine et les États-Unis, le ministre Wang a expliqué qu’aucune des deux parties ne peut remodeler l’autre, mais que les deux doivent s’efforcer d’interagir de manière constructive, en éliminant les interruptions inutiles dans leurs rapports.
Tout en critiquant fermement les actions militaires américaines au Moyen-Orient, le ministre Wang souhaite stabiliser les relations avec Washington.
Il a affirmé que la Chine ne partage pas la logique de la « co-gouvernance des grandes puissances », mais qu’il faut tenir compte du fait qu’il y a plus de 190 pays sur la planète et que l’Histoire mondiale doit être écrite collectivement par toutes les nations. L’avenir de l’humanité – selon le ministre Wang – doit donc être créé conjointement par les peuples de tous les pays.
La position chinoise se fonde sur la « diversité et la coexistence », qui sont les fondements mêmes de la nature de la communauté humaine, et il a affirmé que la coexistence multipolaire est la forme la plus appropriée pour le paysage international.
Le ministre a rappelé que l’Histoire nous enseigne que la rivalité entre grandes puissances et l’affrontement entre blocs ne mènent qu’à la souffrance et aux désastres pour l’humanité.
C’est pour cette raison que la Chine ne souhaite pas suivre le principe selon lequel «une nation forte est destinée à rechercher l’hégémonie».

Les lignes directrices de la politique étrangère chinoise resteront fondées sur la construction d’un monde «multipolaire, équitable et ordonné». «Équitable», a expliqué le ministre Wang, signifie que les pays, quelle que soit leur taille ou leur puissance, doivent être considérés comme des membres égaux de la communauté internationale. «Ordonné» signifie que tous les pays doivent respecter les règles internationales reconnues, c’est-à-dire les buts et principes de la Charte des Nations unies et les normes qui régissent les relations internationales.
Selon le ministre Wang, pour construire un ordre multipolaire, les grandes puissances, dotées de plus de ressources, doivent assumer davantage de responsabilités afin d’atteindre ces objectifs d’équité et d’ordre.
Concernant l’agression des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, le ministre a souligné, citant un ancien proverbe chinois, que «les armes sont des instruments menaçants et ne devraient pas être utilisées à la légère».
Il a affirmé que «c’est une guerre qui n’aurait pas dû avoir lieu, une guerre qui n’apporte de bénéfice à personne», expliquant que l’Histoire du Moyen-Orient enseigne que la force n’a jamais apporté de solution et que les conflits armés n’ont fait qu’attiser la haine et engendrer de nouvelles crises.
Le ministre Wang a également souligné que la Chine entend poursuivre son soutien et sa coopération avec les pays du Sud global; qu’elle souhaite sauvegarder et renforcer le rôle de l’ONU et s’oppose à toute forme d’hégémonie, tout en promouvant l’indépendance, la paix et le développement mondiaux.
Concernant les tensions avec un Japon de plus en plus belliciste et militariste, gouverné par l’extrême droite, le ministre Wang a déclaré que la Chine ne permettra plus à quiconque de justifier le colonialisme et que «l’avenir des relations entre la Chine et le Japon dépend du choix du Japon».
Luca Bagatin
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Les Kurdes en conflit avec Reza Pahlavi

Les Kurdes en conflit avec Reza Pahlavi
Les minorités ethniques d’Iran : Quelle est l’intégration des Kurdes, Louris, Arabes, Baloutches, Azéris et autres peuples turciques ? Préparent-ils une révolte ?
Felix Hagen
Alors qu’à Washington on parle encore de « frappe ciblée », le Moyen-Orient s’embrase. Parmi les morts des frappes aériennes figure également le grand ayatollah Ali Khamenei, qui avait marqué la politique du pays depuis plus de trente ans. Pourtant, le soulèvement populaire espéré par l’Occident n’a pas eu lieu. En Iran, au lieu d’un climat révolutionnaire, on observe un mélange de choc, de colère et d’unité nationale. La frappe aérienne contre une école de filles dans la ville d’Hormozgan, où la minorité arabe est très présente, et qui a coûté la vie à plus d’une centaine d’enfants, est diffusée en boucle à la télévision d’État ; même des opposants déclarés au régime parlent soudain de défendre la patrie. L’ancienne star du football Ali Daei, autrefois figure de l’opposition, déclare préférer mourir que de trahir, et l’ancien prisonnier politique Mohsen Borhani « baise les mains de tous les défenseurs de la patrie ».
Même les militantes du mouvement « Femme, Vie, Liberté » – qui, après la mort de Mahsa Amini en 2022 pendant une garde à vue, avait déclenché des manifestations nationales – se montrent nettement réservées à l’idée de s’allier à une intervention militaire étrangère.
Cela tient aussi à la composition ethnique du pays, car qui veut peser sur l’avenir de l’Iran doit se départir de l’image d’un État religieux homogène. L’Iran n’est pas un bloc monolithique mais un État multinational dont l’histoire est impériale. À peine la moitié de la population est d’origine persane. Le reste se répartit entre Azéris au nord-ouest, Kurdes à l’ouest, Arabes dans le sud-ouest pétrolier, Baloutches au sud-est, Lors/Louris dans le Zagros, ainsi que de nombreuses petites communautés tribales et religieuses. Cette mosaïque ethnique est une réalité politique – et c’est précisément là que misent ceux qui, de l’extérieur, espèrent un basculement.

Reza Pahlavi, le fils du shah renversé en 1979, tente par exemple de s’ériger en défenseur des minorités. Dans une récente allocution sur Internet, il s’adresse explicitement aux provinces du Khouzistan, d'Ilam, de Kermanshah, du Kurdistan et d'Azerbaïdjan occidental, aux « courageux Azéris, Kurdes et Lors », à la communauté Yarsan, ainsi qu’aux petites tribus comme les Jaff, Kalhor, Sanjabi et Bakhtiari. La stratégie se comprend: qui veut renverser la République islamique doit mobiliser la périphérie. Les Kurdes, Arabes et Baloutches sont depuis des décennies considérés comme plus enclins au conflit que les Azéris, mieux intégrés. Qui sème le trouble ici, affaiblit le centre.

Mais le problème de Pahlavi n’est pas la logique de son discours, mais son manque de légitimité. Dans le pays même, il ne dispose d’aucun réseau solide, d’aucune structure de parti ni de base organique. Son soutien provient surtout des cercles d’exilés aisés aux États-Unis et en Europe. Pour de nombreux Iraniens, il est moins un porteur d’espoir que l’héritier d’une dynastie autrefois très liée à Washington et à Londres. Le souvenir du renversement de Mossadegh en 1953 (photo) et du caractère autoritaire de la dynastie Pahlavi n’a nullement disparu. Le reproche de ses compatriotes restés au pays: quiconque appelle à la révolte depuis l’étranger apparaît vite comme un entrepreneur politique qui cherche à tirer profit de la chute du régime.
S’y ajoute un problème structurel: les groupes auxquels s’adresse Pahlavi sont certes mécontents, mais pas automatiquement monarchistes ou pro-occidentaux. Les Kurdes de l’ouest réclament depuis des décennies des droits culturels et l’autonomie, pas le retour d’une couronne persane. Les Arabes du Khouzistan se plaignent de leur marginalisation économique, non de l’absence de monarchie. Les Baloutches du sud-est luttent contre la pauvreté, la discrimination religieuse et la répression étatique – leur agenda est local, non dynastique. La proposition de Pahlavi d’un État-nation laïc peut séduire les think tanks occidentaux, mais elle se heurte à l’intérieur à des intérêts fragmentés.
Pahlavi tente aujourd’hui de fédérer les tensions ethniques existantes sans faire partie de ces milieux, promet l’égalité sans être perçu comme un garant crédible dans le pays, et appelle à l’unité nationale, alors que sa propre existence politique repose sur le récit fabriqué par ses soutiens extérieurs. En période de menace extérieure, cela ressemble, pour beaucoup d’Iraniens, plus à de l’opportunisme qu’à du leadership. Il n’est donc pas étonnant que Pahlavi, dans sa tentative de séduction des minorités, suscite surtout moqueries et colère; «nous avons subi des nettoyages ethniques tant sous la République islamique que sous les Pahlavi», répond par exemple le séparatiste kurde Karim Parwizi aux tentatives de recrutement de Pahlavi, qualifiant ensuite le monarchiste de «fasciste». Dans d’autres régions aussi, le soutien au prince héritier reste limité; le retour de la monarchie perse ne semble pas être un objectif politique désirable pour de nombreux Iraniens de diverses origines ethniques.



De plus, de nombreux observateurs occidentaux sous-estiment la capacité d’intégration de la République islamique. Aussi conflictuelle soit-elle, la relation entre centre et périphérie: les Azéris, deuxième groupe ethnique du pays, sont profondément ancrés dans l’appareil d’État, et de nombreux religieux de haut rang sont issus de leurs rangs. Des familles kurdes, lores ou arabes sont également présentes dans l’administration et l’armée; le président Masoud Pezechkian, par exemple, est le fils d’une mère kurde et d’un père azéri. Les frontières ethniques dans le pays suivent rarement des lignes territoriales nettes, mais se recoupent dans les familles, les villes et les régions. Tout ce qui risquerait une désintégration ethnique mènerait à une longue guerre civile – un scénario qui effraie même beaucoup d’opposants au régime.
Les minorités religieuses officiellement reconnues en Iran ont aussi beaucoup à perdre. Outre les chrétiens orthodoxes et catholiques, les juifs et les zoroastriens bénéficient de la liberté de culte et de sièges parlementaires garantis par la Constitution. Une particularité dans la région, qui assure notamment la loyauté des Arméniens chrétiens – et permet une diplomatie secrète efficace avec le Saint-Siège. Une désintégration sur des lignes ethniques serait pour ces minorités urbaines une catastrophe, semblable à l’exode des chrétiens d’Irak ou de Syrie après la chute des dictatures locales. Mais ce ne sont pas seulement les minorités religieuses qui craignent un tel sort, aussi les classes moyennes et supérieures urbaines sont hostiles aux conflits ethniques: en Iran, l’identité ethnique passe souvent au second plan derrière l’identité sociale et économique. Les Kurdes et les Arabes issus de la classe moyenne se considèrent plus souvent comme «Iraniens» que les paysans ou ouvriers agricoles locaux. Plus un Iranien gravit les échelons sociaux, moins son appartenance tribale ou linguistique a d’importance. Être «iranien» est pour beaucoup moins une question d’appartenance ethnique au groupe perse qu’une question de langue et de culture. Si la foi chiite commune a perdu de son pouvoir d’intégration, la religion, l’histoire et la langue communes restent des liens essentiels pour l’ensemble du pays.
Enfin, la République islamique ne se présente pas non plus politiquement comme un État-parti idéologique. Au sein des institutions officielles, plusieurs courants et groupes d’intérêt luttent pour le pouvoir ; à Khamenei décédé succède ainsi un triumvirat composé du président libéral Masoud Pezechkian, du conservateur Gholam-Hossein Mohseni-Ejei et du religieux mais peu politisé Alireza Arafi. Quel camp l’emportera reste incertain, mais une chose est sûre : le calcul occidental d’une décapitation rapide et d’un bouleversement consécutif ne s’est pas, jusqu’à présent, réalisé.
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Le conflit en Iran et en Méditerranée orientale

Le conflit en Iran et en Méditerranée orientale
Lucas Leiroz
Source: https://jornalpurosangue.net/2026/03/05/o-conflito-no-ira...
Aujourd'hui, l'Iran a lancé deux attaques contre des bases de l'OTAN en Turquie et une en Grèce. Toutes ont été interceptées. Auparavant, des missiles étaient déjà tombés sur la base britannique à Chypre, causant des dégâts.
L'une des spirales potentielles d'escalade du conflit actuel se trouve précisément dans la région de la Méditerranée orientale. Nous avons là une poudrière proche de l’explosion.
Récemment, la Grèce, Chypre et Israël ont élevé leur partenariat politique préexistant au statut d’alliance militaire. En pratique, ils ont formé une sorte de "mini-OTAN" en Méditerranée orientale.
Cette manœuvre s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la Turquie et Israël, qui se sont fortement aggravées depuis la chute d’Assad en Syrie. Les deux pays combattaient Assad parce que la Syrie servait de zone tampon, bloquant autant le projet néo-ottoman d’Erdogan que le projet du Grand Israël de Netanyahu.
Sans Assad, les expansionnismes turc et israélien ont commencé à s’affronter et l’on est désormais à la veille d’un conflit armé. Le gouvernement du HTS en Syrie a plutôt bien géré la situation et équilibré les relations avec les deux pays, mais il est clair qu’il penche du côté israélien.
Cela a amené la Turquie à réduire ses liens avec Israël et à renforcer sa coopération avec l’Iran. Récemment, il a été révélé que la Turquie avait fourni des renseignements à l’Iran lors de la Guerre des Douze Jours. On ne sait pas encore quelle est la situation dans le conflit actuel.
Je suis de près l’opinion turque sur les réseaux sociaux et j’observe des sentiments ambigus. D’un côté, un soutien total à l’Iran ; de l’autre, de l’indifférence, voire une inclination vers Israël. Et les deux positions ont leurs propres logiques.

Les Turcs constituent un élément important de la composition ethnique de l’Iran. Les Azéris (peuple turcique oghouz) représentent la plus grande minorité ethnique d’Iran. En additionnant Azéris et autres groupes turciques du pays, environ 30 % de la population iranienne parle une langue turcique.
L’ayatollah Ali Khamenei lui-même, par exemple, est d’origine turco-azérie par son père. Le président Pezeshkian aussi. Une grande partie de l’élite politique iranienne est de souche turque. En pratique, l’Iran est presque un empire binational turco-perse. Les Turcs locaux vivent en paix et sont respectés par les Perses, c’est pourquoi une partie des patriotes turcs soutient l’Iran inconditionnellement (j’ai même vu des Turcs demander que l’Iran attaque les bases américaines en Turquie !).
D’un autre côté, les sentiments expansionnistes pan-turcs sont forts en Turquie et de nombreux militants nationalistes locaux veulent annexer les régions d’Iran à majorité turque. Erdogan joue sur tous les tableaux et tire parfois profit de ces sentiments nationalistes. C’est pourquoi la Turquie a aussi laissé entendre que, si l’Iran s’effondrait et perdait le contrôle de ses provinces, il y aurait une incursion militaire turque dans l’Azerbaïdjan du Sud (province iranienne à majorité turco-azérie – à ne pas confondre avec le pays Azerbaïdjan).
Ainsi, la nouvelle des attaques d’aujourd’hui a été reçue de manière ambivalente. Peu de gens les ont soutenues explicitement. Et, parmi ceux qui les ont condamnées, certains demandaient des représailles et une collaboration avec Israël, tandis que d’autres réclamaient l’expulsion des bases et la formation d’une alliance avec l’Iran.

En parallèle, il y a la question de Chypre, une île divisée en quatre parties: un État ethniquement grec au sud, un protectorat militaire britannique, une zone tampon de l’ONU et la République turque de Chypre du Nord, contrôlée par la Turquie. L’Iran a déjà attaqué le protectorat britannique sur l’île dans les premiers jours de la guerre. Et aujourd’hui, il a frappé la base américaine en Grèce, qui est alliée à Chypre "du Sud" (grecque) et à Israël, ce qui signifie que la Grèce et Chypre pourraient éventuellement commencer à soutenir militairement Israël en représailles contre l’Iran.
Je ne sais pas comment Erdogan va gérer tout cela, mais, à sa place, voici l’attitude que j’adopterais : condamnation bureaucratique et formelle de l’Iran pour les attaques contre les bases en territoire turc (pour satisfaire les nationalistes) + attaque contre Chypre grecque et soutien à l’Iran contre Israël. C’est la meilleure façon pour l’Iran et la Turquie de tirer mutuellement profit de cette situation.
De plus, les États-Unis et Israël ont déjà clairement indiqué qu’ils allaient lancer les milices kurdes, leurs marionnettes favorites, pour attaquer l’Iran par voie terrestre. Ces mêmes milices posent de graves problèmes en Turquie et il est dans l’intérêt commun turco-iranien de les éliminer une bonne fois pour toutes.
Enfin, il est grand temps que la Turquie quitte l’OTAN, expulse les bases américaines et mène des politiques d’intégration avec l’Iran, la Russie et la Chine — des pays qui abritent d’importantes populations turciques et qui ont beaucoup plus à offrir à Ankara que le monde occidental en déclin.
18:15 Publié dans Actualité, Affaires européennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : méditerranée, méditerranée orientale, chypre, israël, turquie, iran, europe, affaires européennes |
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Une nouvelle guerre menace l’économie eurasiatique, et ce n’est pas l’Iran

Une nouvelle guerre menace l’économie eurasiatique, et ce n’est pas l’Iran
Le conflit entre l’Afghanistan et le Pakistan, aux portes de la Chine, met à l’épreuve les fondements de l’un des projets géopolitiques les plus ambitieux.
par Ladislav Zemánek
Source: https://jornalpurosangue.net/2026/03/11/uma-nova-guerra-a...
Le début des hostilités ouvertes entre le Pakistan et l’Afghanistan marque l’affrontement le plus grave entre ces deux voisins depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. Après des semaines d’affrontements transfrontaliers croissants et d’attaques en représailles, Islamabad s’est déclaré en « état de guerre ouverte » avec le gouvernement taliban, après avoir mené des frappes aériennes contre des cibles dans des villes afghanes et des provinces frontalières.
La violence a détruit un fragile cessez-le-feu négocié en octobre 2025 et s’est rapidement transformée en l’escalade la plus meurtrière le long de la Ligne Durand — la frontière de 2600 kilomètres entre les deux pays — depuis des années. Des dizaines de milliers de civils ont été déplacés, et le risque d’une crise régionale plus vaste s’accroît.
Le déclencheur immédiat réside dans les différends sur la militance transfrontalière. Le Pakistan accuse Kaboul d’abriter des combattants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), des accusations que les Talibans nient. Cependant, les implications géopolitiques de ce conflit vont bien au-delà de la frontière. Pour la Chine, cette guerre représente non seulement une crise sécuritaire, mais aussi un défi direct à sa vision stratégique d’une intégration régionale élargie.


Parmi les acteurs extérieurs impliqués, la Chine est sans doute celle qui a le plus à perdre en cas de rupture prolongée entre Islamabad et Kaboul.
Depuis des années, Pékin cherche à positionner le Pakistan et l’Afghanistan comme des nœuds centraux dans une architecture économique transrégionale reliant l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’ouest de la Chine. Au cœur de cette vision se trouve le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), l’un des projets phares de l’Initiative "Ceinture et Route" (BRI/Belt & Road Initiative). Construit autour d’infrastructures de transport, d’investissements dans l’énergie et de zones industrielles s’étendant de la région chinoise du Xinjiang jusqu’au port pakistanais de Gwadar sur la mer d’Arabie, le CPEC a été conçu non seulement comme un partenariat économique bilatéral, mais comme la colonne vertébrale d’une connectivité régionale plus large.

Le corridor économique entre la ville chinoise de Kashgar et la côte pakistanaise.
Dans la pensée stratégique chinoise, l’Afghanistan devait devenir une extension périphérique de ce réseau. Pékin a exploré la possibilité de connecter les routes de transport afghanes, les ressources minières et les corridors de transit au système d’infrastructures plus large du CPEC. Une telle intégration donnerait à l’Afghanistan — un pays enclavé — un accès au commerce maritime, tout en rapprochant les marchés d’Asie centrale des provinces occidentales de la Chine.
Une guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan frappe donc au cœur géographique de cette vision économique.
Les relations de la Chine avec les deux pays permettent de comprendre pourquoi les enjeux sont si élevés. Le Pakistan est depuis longtemps le « partenaire stratégique de coopération toutes saisons » de la Chine. Cette relation englobe la coopération en matière de défense, les transferts de technologies militaires et des liens économiques profonds. La Chine est le principal partenaire commercial du Pakistan et l’investisseur principal derrière les projets du CPEC, qui vont des autoroutes et chemins de fer aux centrales électriques et zones économiques spéciales. Les entreprises chinoises ont engagé des dizaines de milliards de dollars dans les infrastructures pakistanaises, tandis que Pékin voit le pays comme une porte d’entrée cruciale reliant l’ouest de la Chine à l’océan Indien.

L’engagement de la Chine avec l’Afghanistan, bien que plus prudent, s’est également développé depuis le retour des talibans au pouvoir. Pékin a maintenu des canaux diplomatiques avec les talibans même avant le retrait des États-Unis en 2021 et a depuis intensifié les contacts économiques. Des entreprises chinoises ont montré de l’intérêt pour l’immense richesse minérale encore peu exploitée de l’Afghanistan, y compris les gisements de cuivre et de terres rares. Parallèlement, Pékin a encouragé le commerce transfrontalier et une coopération limitée en matière d’infrastructures, espérant intégrer progressivement l’Afghanistan aux réseaux économiques régionaux.
Pour gérer les sensibilités politiques de ces relations, la Chine a mis en place un mécanisme diplomatique trilatéral — le dialogue Chine-Pakistan-Afghanistan — visant à promouvoir la coopération économique et la coordination sécuritaire entre les trois pays. Cette initiative reflète la conviction de Pékin que le développement et la connectivité peuvent progressivement réduire l’instabilité dans l’une des régions les plus volatiles du monde.
Le déclenchement d’une guerre entre deux membres de cet arrangement expose désormais la fragilité de cette approche.
Au cœur du dilemme chinois se trouve un décalage fondamental entre les outils dont elle dispose et les forces qui alimentent le conflit. Les principaux instruments de Pékin dans la région sont économiques : investissements dans les infrastructures, incitations commerciales et financements pour le développement. Mais les dynamiques qui façonnent le conflit entre le Pakistan et l’Afghanistan impliquent des réseaux militants, des frontières contestées, des rivalités idéologiques et des pressions politiques internes.
L’intégration économique peut favoriser la coopération à long terme, mais elle ne résout pas facilement des insurrections actives ou des dilemmes sécuritaires profondément enracinés.
Le discours public de la Chine reflète l’équilibre délicat qu’elle doit maintenir entre ses deux partenaires. Pékin a exhorté Islamabad et Kaboul à résoudre leurs différends par le dialogue et la négociation, tout en faisant savoir qu’elle est prête à faciliter une désescalade. En coulisses, des diplomates chinois restent en contact avec les deux gouvernements par le biais de canaux déjà établis, y compris le mécanisme trilatéral de coordination.

Néanmoins, la diplomatie seule pourrait ne pas suffire à résoudre les tensions structurelles profondes qui alimentent le conflit. La Ligne Durand — frontière tracée à l’époque coloniale qui sépare l’Afghanistan et le Pakistan — reste contestée par Kaboul et est depuis longtemps source de friction. Les réseaux militants transfrontaliers compliquent encore davantage la sécurité régionale, permettant à des groupes armés d’exploiter des frontières poreuses et des rivalités politiques.
À cet égard, la guerre actuelle n’est pas seulement un différend bilatéral, mais l’aboutissement de tensions historiques non résolues.
Le conflit se déroule aussi dans un contexte mondial plus large où le seuil des affrontements entre États dotés de l’arme nucléaire semble évoluer. Au cours de la dernière décennie, les grandes puissances ont de plus en plus recours à des stratégies de pression à haut risque impliquant des acteurs nucléaires — des attaques par procuration contre la Russie aux crises récurrentes entre États nucléaires rivaux. L’Asie du Sud elle-même a déjà connu de tels épisodes, comme l’affrontement entre l’Inde et le Pakistan en 2025.
Le Pakistan est une puissance nucléaire et, bien que la guerre actuelle n’implique pas directement d’autre puissance nucléaire, elle se déroule dans un écosystème régional volatile façonné par la dissuasion nucléaire. Cette réalité augmente les risques d’escalade et met en lumière la normalisation croissante des confrontations à haut risque dans le système international.
Pour Pékin, cette guerre soulève des questions délicates sur un principe central de sa stratégie régionale : l’idée que la connectivité économique peut ouvrir la voie à la stabilité politique. L’Initiative la Ceinture et la Route a été construite sur la conviction que les infrastructures — routes, chemins de fer, oléoducs et ports — peuvent progressivement transformer des régions en proie aux conflits en zones de prospérité économique.
Mais les événements le long de la Ligne Durand montrent les limites de ce modèle.
Les infrastructures peuvent faciliter le commerce, mais ne peuvent pas, à elles seules, surmonter les insurrections idéologiques, les frontières contestées ou les rivalités géopolitiques profondes. Les corridors économiques peuvent encourager la stabilité à long terme, mais ne remplacent pas la réconciliation politique ou une gouvernance efficace.
La guerre entre le Pakistan et l’Afghanistan représente donc bien plus qu’un autre conflit régional. C’est un test majeur pour la stratégie occidentale de la Chine et pour l’hypothèse plus large selon laquelle le développement, à lui seul, peut remodeler le paysage politique de l’Eurasie.
Reste à savoir si Pékin saura naviguer dans cette crise sans compromettre ses partenariats — ou sa vision stratégique.
Ce qui est certain, cependant, c’est que le conflit qui se déroule actuellement à la périphérie occidentale de la Chine menace de redessiner non seulement les alliances régionales, mais aussi les fondements qui sous-tendent l’un des projets géopolitiques les plus ambitieux du 21ème siècle.
17:56 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, géopolitique, asie, affaires asiatiques, afghanistan, talibans, pakistan, chine |
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jeudi, 12 mars 2026
Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»

Trump est un «chrétien sioniste fondamentaliste»
Pierre-Emile Blairon
Tout comme 50 millions d’Américains car, oui, 50 millions d’Américains se réclament de ce mouvement religieux, ce qui n’est pas rien pour un pays de 350 millions d’habitants.
Trump ne changera pas, il a dans son ADN la poursuite du rêve d’hégémonie américaine sur la planète et n’acceptera jamais de voir les États-Unis d’Amérique relégués derrière les BRICS.
Trump suit exactement son modèle biblique: c’est le rêve sioniste du «Grand Israël» étendu à l’échelle de la planète: pour Trump, le «Peuple élu», c’est moins l’Israël sioniste que les Américains du «Nouveau Monde» !
La scène de la Cène
Tout le monde a vu cette photo, ou cette vidéo, de Trump assis à son bureau, le visage baissé et la mine contrite comme s’il s’apprêtait à être lavé de tous ses péchés, ce jeudi 5 mars 2026.
Autour de lui, debout, les mains posées sur son crâne élégamment parcouru d’une vague blonde décolorée, une vingtaine de prédicateurs se pressent, rameutés en urgence des quatre coins du pays afin de constituer un égrégore qui, grâce à ses prières extatiques, serait susceptible de permettre à Trump de gagner sa guerre contre le « Mal ».
Le Mal est représenté en l’occurrence par les méchants Iraniens qui se passeraient bien de cette « fatwa » sionisto-chrétienne puisqu’ils sont blancs comme neige, n’ayant jamais voulu agresser personne.
On dirait une parodie de la Cène, en moins triviale, moins satanique, moins epsteinienne néanmoins que celle présentée par les Macron et leurs suppôts lors des Jeux Olympiques organisés par la France en été 2024.

Cette scène soulève cependant de nombreuses questions, objections et critiques sur la légitimité de ce personnage à jouer ce rôle du héros adoubé par ses preux chevaliers avant de partir au combat pour terrasser le dragon.
Dans plusieurs articles précédents[1], notamment celui de janvier 2026, j’ai tracé un portrait de cet homme qui reste encore (pour combien de temps ?) l’un des plus puissants de la planète.
Donald Trump est un individu que des circonstances et une ascendance favorables ont placé à la tête des États-Unis sans que rien, dans son caractère ou ses aspirations, ne le distingue d’un Américain moyen, voire médiocre. C’est un fils à papa qui, comme tous les gosses de riches, a passé sa jeunesse à trousser les filles et à flamber dans les boîtes de nuit[2] l’argent d’un père qui a réussi lui-même à s’imposer et à s’enrichir grâce à des parents peu regardants sur les moyens d’y parvenir. Ce va-t-en-guerre (pour les autres) n’a pas fait son service militaire, ce qui lui aurait permis d’aller se battre au Vietnam car, après 4 reports d’incorporation, il a réussi à se faire réformer pour une banale épine calcanéenne au talon (ce dont j’ai souffert moi-même sans me faire réformer).
Comme un certain nombre d’Américains, dont la lecture spirituelle se limite souvent à celle d’un seul livre, la Bible, Donald Trump est un individu inculte, rustre et fruste, fasciné par le clinquant, qui n’a retenu de son passage à l’Université, où il a suivi un cursus spécialisé dans les affaires immobilières, que ce qu’un bon Américain doit apprendre, à savoir : respecter la devise sacrée de tous les Américains qui est contenue dans trois mots : Bible and Business.

Le traumatisme originel des Américains
Toute la nation américaine est fortement conditionnée par un traumatisme originel qui explique bien des comportements de ce peuple dirigé par des marchands, des « outlaws » à la gâchette facile, des pasteurs et des psychiatres : le mythe de fondation [3] de l’Amérique est le rejet de leurs ancêtres par le continent européen dont ils sont issus. L’Europe, en l’occurrence l’Angleterre puis la Hollande, les a chassés au début du XVIIe siècle parce qu’ils avaient été atteints d’une sorte de folie religieuse fanatique agressive, le Puritanisme, qui perturbait l’ensemble de leurs comportements et portaient atteinte à la vie normale des voisins qu’ils étaient bien obligés de côtoyer. Pas grand-chose n’a changé depuis.


Le livre, désormais classique, de Christopher Hill sur les sectes extrémistes chassées d'Angleterre au début du 17ème. Catalogue de sectaires établis à la même époque (notons que l'on y inclut les Jésuites). Des Puritains découpent la croix du drapeau anglais, début du 17ème siècle.
Nombre d’Américains d’aujourd’hui ont repris à leur compte ce mythe qu’ils n’ont pas créé mais qu’ils se persuadent d’incarner physiquement, en quelque sorte par procuration tout comme leurs ancêtres revivaient, par leur exil, l’épopée fantasmée des Hébreux dont tous leurs enfants portaient les prénoms. Les biblistes considérèrent dès lors la terre sur laquelle ils venaient de poser les pieds, dont ils ignoraient la vaste étendue (et aussi les habitants), comme la leur, leur terre promise, Israël constituant la nouvelle « maison-mère » des nouveaux Américains, leur véritable patrie spirituelle.
Les premiers présidents des États-Unis vont suivre cette même voie comme nous le montre Prisca Perani, de l’Université de Reims, qui écrivait en 2004, dans un numéro de la revue Matériaux pour notre temps dans cet article : Les chrétiens sionistes aux États-Unis :
« Une certaine identification avec l’Israël biblique semble caractériser les toutes premières colonies. Ainsi, les premiers colons calvinistes ont tendance à s’identifier aux Hébreux, fuyant les persécutions pour trouver une Terre promise où fonder une Nouvelle Jérusalem. Au siècle suivant, des sympathies que l’on pourrait qualifier de philosémites commencent à voir le jour dans certains cercles. Ainsi, des indépendantistes tiennent l’anglais pour la langue de l’oppresseur et veulent faire de l’hébreu la langue nationale.
Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams proposent comme sceau officiel des États-Unis une représentation des Hébreux traversant la Mer Rouge, poursuivis par le pharaon et protégés par Moïse […] John Adams écrit à Thomas Jefferson que les « Hébreux ont fait plus pour civiliser l’homme que toute autre nation ».
Quelle est la doctrine des chrétiens sionistes fondamentalistes ?
Voilà qui n’est pas très simple à expliquer, ce sont des esprits tordus, selon l’expression de Julius Evola.
Selon la revue Études de janvier 2024, fondée par des Jésuites russes en 1856, « Pour les évangéliques américains, fort attachés à une lecture littérale de la Bible, il est certain que les Juifs sont un peuple d’élus, auquel Dieu a promis une terre qui s’étend du ʺNil à l’Euphrateʺ et qui inclut la Judée et la Samarie, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et Jérusalem Est. Pour eux, les territoires occupés après la guerre des Six Jours sont les territoires promis par Dieu à Abraham, d’après la Genèse (Gn 15, 18). Du point de vue évangélique, l’existence des Juifs sert de preuve ou plutôt de témoignage à la véracité de l’Ancien Testament. Le soutien inconditionnel des évangéliques à Israël prend tout son sens dans une perspective eschatologique, centrée sur la ʺFin des tempsʺ, l’ʺenlèvementʺ (the Rapture) des vrais chrétiens avant la Grande Tribulation, le combat de sept ans contre l’Antéchrist, la bataille d’Armageddon (le ʺmont Megiddoʺ, en hébreu), précédant le retour du Christ en gloire, la Parousie. […]

Selon le plus célèbre des sionistes chrétiens, le pasteur John Hagee (photo), ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ. Pour des raisons eschatologiques, Dieu nous ordonne d’aimer le peuple juif et de défendre sa présence sur la Terre sainte. Or, la Bible, selon les évangéliques, ne mentionne pas l’existence d’un peuple palestinien : les Palestiniens n’existent pas, c’est du moins l’opinion maintes fois exprimée par des évangéliques ultraconservateurs comme Mike Huckabee[4], ancien gouverneur de l’Arkansas et candidat malheureux aux présidentielles de 2008 et de 2016. »
Pour les sionistes chrétiens, « seul le retour de Jésus peut apporter la justice aux hommes incapables de la créer eux-mêmes. Il faut donc hâter le retour du Christ pour qu'advienne le règne millénaire du Christ, mais pour hâter ce retour, il faut organiser celui des Juifs dans la terre qui leur a été donnée par Dieu ». (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)
Où ça se complique, c’est que beaucoup de ces chrétiens sionistes sont violemment… antisémites comme John Hagee, cité plus haut, qui déclare, rappelons-le : ʺil n’est pas possible de dire “Je suis chrétien” et de ne pas aimer le peuple juifʺ pour ensuite clamer son admiration pour Adolf Hitler. C’est le même John Hagee qui a persuadé Trump de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, soulevant l’émoi des pays arabes.
Tout ceci est d’une totale incohérence ; on croit retrouver les discours de Trump (ou ceux de Macron) :

En effet, selon Wikipedia, « ce courant comprend parmi ses principaux représentants des personnalités antisémites, tels que les pasteurs John Hagee, pour qui Adolf Hitler fut « le bras armé de dieu », Robert Jeffress, selon lequel tous les juifs sont destinés à l'enfer. […]
Le Premier ministre israélien de 1977 à 1983, Menahem Begin, encouragea les croyances des sionistes chrétiens. Il cultiva ses liens avec un certain nombre de dirigeants évangéliques fondamentalistes comme Jerry Falwell, David Allen Lewis, Hal Lindsey, Pat Robertson. Menahem Begin entretint d'ailleurs une véritable amitié avec Jerry Falwell, qui reçut le prix Jabotinsky[5], témoignage d'une grande reconnaissance des milieux nationalistes israéliens. » (Wikipedia : article : Sionisme chrétien)
Le sionisme chrétien de l’administration Trump est clairement affiché
Déjà, le 18 janvier 2025, la revue universitaire The Conversation, dans un article intitulé Le sionisme chrétien, une influence majeure sur la nouvelle administration Trump avait pointé la prépondérance des sionistes chrétiens au sein de l’équipe Trump qu’elle appelait encore « nationalistes chrétiens » et relevait l’aspect messianique et mystique de l’entourage de Donald Trump.
« Depuis une dizaine d’années, une nouvelle idéologie s’est fabriquée autour du candidat républicain devenu président en 2016 et réélu en 2024 : le nationalisme chrétien. Cette synthèse de circonstance joue sur la corde d’une identité américaine chrétienne ʺde toujoursʺ qui serait menacée par des ennemis intérieurs, mais que Donald Trump – l’élu du peuple – et de Dieu – va protéger et restaurer, de même qu’il va relever la grande Amérique, nation chérie de la Providence. Le nationalisme chrétien qui définit l’ère Trump a une dimension sioniste assumée, malgré son isolationnisme officiel. Cette dimension est plus ancienne que le nationalisme chrétien. Depuis les années 1970-1980, le Parti républicain a progressivement incorporé, avec la pression exercée sur lui par la droite chrétienne, une grille de lecture religieuse de l’État contemporain d’Israël qui semble être devenue commune parmi ses membres et l’entourage de D. Trump. »

Plaque commémorant l’arrivée de sionistes chrétiens américains à Jaffa en 1866.
TV5Monde Info, dans un article intitulé : « Le sionisme chrétien, une idéologie néfaste : le cri d'alarme venu du saint des saints de la Chrétienté » a diffusé, le 30 janvier 2026, un reportage consacré à la colonie israélienne sioniste dénommée Trump Heigths[6], les « hauteurs de Trump », « offerte » par ce même Trump, fondée le 4 juillet 2020 sur le plateau du Golan syrien occupé et annexé par Israël, un Trump qui ne semble pas s’embarrasser, tout comme l’Israël sioniste, de la souveraineté de ces territoires occupés par la force.
Il est désormais difficile, par cet exemple on ne peut plus probant, de nier la politique assumée de l’administration Trump d’occupation de territoires qu’elle considère comme propriété acquise en vertu des mêmes allégations chimériques de terres supposées « données » par Dieu à l’Israël sioniste et, par délégation, aux christiano-sionistes américains.
Des terres, si ce n’est des pays, qui ne leur appartiennent pas, ni aux uns ni aux autres, sous prétexte de préparer conjointement la « parousie » (second avènement du Christ) pour les uns et la venue du Messiah pour les autres.
Pitoyables marchands du Temple qui exposent à la vue de Dieu et du monde leurs sordides tractations !
Nous sommes en plein délire. Comment des esprits sensés peuvent-il croire qu’il suffit de préparer matériellement, -voire d’en faire table rase- un lieu illégalement acquis au prix de massacres de dizaines de milliers de personnes innocentes pour croire qu’un Dieu, qu’il soit juif ou chrétien, ou autre, accepterait d’y faire sa demeure dans de telles conditions ?
Quand on écoute les prédicateurs évangélistes, ceux-là qui se sont précipités au secours de Trump, on se demande s’ils ne sont pas plus fanatiques que ces islamistes qui appellent à la guerre sainte et à décapiter l’infidèle. On ne comprend pas quel genre de christianisme, à des milliers de kilomètres de la bienveillance, de la charité et de l’amour du prochain qui ont toujours constitué l’armature et la raison d’être de cette religion, pratiquent ces gens hystériques, qui semblent réellement possédés par le démon comme on peut le voir sur certaines vidéos, telle cette femme qui hurle et fait mine de frapper l’infidèle à mort. Cette femme, Paula White[7], est celle qui, dans la scène de la Cène, lors du rassemblement des pasteurs dans le bureau de Trump, est habillée en rouge. N’est-ce pas la couleur de Satan ? Ce choix était-il bien approprié, ou innocent, dans une telle circonstance où on sait que la planète entière regardera cette séquence ?

D’autres personnages, proches de Trump, ont attiré sur eux l’attention des médias par leur comportement pour le moins excessif ; j’en citerai deux qui ont, tous les deux, subi les foudres de l’une des rares personnes à avoir conservé en Amérique un minimum de bon sens, avec Candace Owens, je veux parler de Tucker Carlson ; Tucker Carlson a interviewé Mike Huckabee (photo, ci-dessous) [8], ancien pasteur baptiste, « Il est ambassadeur en Israël depuis 2025. Fervent sioniste chrétien, il défend la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée et s'oppose à la création d’un État palestinien, affirmant que le peuple palestinien est une invention. Il défend également le droit de l’État israélien à étendre son territoire au détriment des pays voisins. » (Wikipedia)

Le deuxième personnage sulfureux est Pete Hegseth[9], actuel secrétaire à la Guerre américain, dont Tucker Carlson a dit qu’il était un agent sioniste : « Je n'imaginais pas qu'il ait des opinions aussi mûrement réfléchies, précises et apparemment très éclairées sur la reconstruction du troisième temple. Ce n'est pas le genre de choses qu'on apprend à l'école du dimanche. »
Je terminerai cet article sur cette remarquable intervention de Pascal Lottaz, intitulée La guerre sans changement : les fondamentalistes ont pris l’armée américaine[10], qui est présentée ainsi, résumant parfaitement ce qui vient d’être dit ici : «Divers rapports indiquent que des commandants militaires américains disent à leurs soldats que le but de la guerre contre l’Iran est de provoquer l’Armageddon et le Second Avènement du Christ. Pete Hegseth est lui-même un évangélique fanatique avec deux tatouages fondamentalistes chrétiens, et il existe un ʺBureau de la foi de la Maison-Blancheʺ dirigé par un évangéliste belliciste. Le sionisme (juif et chrétien) tourne entièrement autour de ces idées. Et si la guerre contre l’Iran n’était pas en réalité une guerre ʺrationnelle et séculièreʺ menée par les néoconservateurs pour projeter la puissance américaine, mais une guerre irrationnelle de fanatiques religieux qui la veulent pour elle-même, parce qu’elle ferait partie du plan divin de Dieu ? Cela changerait fondamentalement la manière d’évaluer la nature de cette tragédie… et cela pourrait mettre directement en danger la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem ».
Pierre-Émile Blairon
Notes:
[1] Le nouveau « Nouveau monde » de Trump, 2 mars 2025
Quelle est donc cette « civilisation judéo-chrétienne » à laquelle nous appartiendrions ? 21 septembre 2025
Trump veut-il vraiment en finir avec la guerre en Ukraine ? 30 novembre 2025
Avis de recherche : l’Occident a été confisqué par deux psychopathes, 19 janvier 2026
[2] Ce qui le mènera à rencontrer Epstein.
[3] Voir Le sacré et le Profane, de Mircea Eliade, Gallimard.
[4] Aujourd’hui ambassadeur des États-Unis en Israël.
[5] C’est le père de Benjamin Netanyahou qui était le secrétaire de Jabotinsky, l’un des fondateurs du nouveau sionisme. Comme le monde est petit !
[6] https://information.tv5monde.com/international/edito-le-sionisme-chretien-une-ideologie-nefaste-le-cri-dalarme-venu-du-saint-des-saints-de-la-chretiente-2807543
[7] Trump et ses fous de Dieu : https://www.youtube.com/watch?v=p8goipwHbag
[8] https://www.facebook.com/reel/1878217349485526
[9] Encore un personnage plus que douteux : « À partir de l'été 2025, Pete Hegseth supervise une série d'attaques militaires contre de petites embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans la mer des Caraïbes. Ces opérations ont provoqué la destruction de dizaines d'embarcations et la mort d'au moins 145 personnes. Aucune preuve n’a été fournie par les autorités américaines sur la présence à bord de chargements de drogue et de nombreux experts en droit international humanitaire estiment que ces frappes constituent des exécutions extrajudiciaires » (Wikipedia)
[10] https://www.youtube.com/watch?v=QSDLCTFFy10
20:12 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fondamentalisme protestant, puritanisme, sionisme chrétien, donald trump, états-unis |
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L’ÂGE D’HOMME: la foi d’un éditeur dans la littérature

L’ÂGE D’HOMME: la foi d’un éditeur dans la littérature
Frédéric Andreu
L’humanité n’est pas encore parvenue au stade de l’homme. Elle se trouve quelque part entre l’animal et l’homme. L’âge de l’homme commencera lorsque l’esprit sera libéré.
Kasimir Malevitch
Alors que certaines jeunes maisons d’édition indépendantes, comme Nouvelle Marge ou Escales, tentent aujourd’hui de rouvrir des espaces de liberté pour la littérature et la pensée, il n’est peut-être pas inutile de se tourner vers une aventure éditoriale qui fit autrefois figure d’exception: L’Âge d’Homme. Fondée en Suisse par Vladimir Dimitrijević, cette maison indépendante fut l’un des lieux les plus singuliers de l’édition européenne de la seconde moitié du XXᵉ siècle. Traducteur, essayiste et collaborateur de la maison pendant près de quarante ans, Gérard Conio en fut un témoin privilégié.
Un éditeur habité par la littérature: « Dimitri était un homme qui avait une passion quasi mystique de la littérature. Une passion du livre. » — Gérard Conio

Pendant près de trente ans, Gérard Conio et Vladimir Dimitrijević (dit Dimitri) ont entretenu une conversation intellectuelle continue. Certaines de ces discussions ont été enregistrées et ont finalement donné naissance à un livre: Béni soit l’Exil, publié par L’Âge d’Homme en coédition avec les éditions des Syrtes.
Mais pour comprendre la vocation de Dimitri, il faut remonter plus loin, dans la jeunesse de l’éditeur, en Yougoslavie, dans les années qui suivent la guerre. Gérard Conio rappelle que cette vocation est née très tôt, dans un contexte personnel difficile: son père ayant été arrêté par le régime, le jeune Vladimir trouva dans les livres ce qu’il appelait « la vraie vie », par contraste avec une réalité politique et sociale en contre plaqué. La littérature devint pour lui une forme de refuge mais aussi de résistance.
Cette expérience marqua durablement sa conception de l’édition. Il voulait partager avec ses « semblables », ses « frères », la révélation que les livres lui avaient apportée. Chez lui, la passion de la littérature se confondait avec une forme de foi chrétienne et avec l’idée d’une communauté spirituelle. Dans une époque dominée par l’exaltation de la « masse » dans les régimes communistes, Dimitri se sentait plutôt attiré par une fraternité d’esprits libres, presque une confrérie de « moines soldats » de la littérature.
Cette attitude explique aussi le surnom qu’il adopta très tôt : Dimitri, forme plus familière et presque épique de son nom, qui évoquait autant une fraternité qu’un esprit de bande.
Dans ces années de formation, il avait fondé à Belgrade avec quelques amis un cercle littéraire consacré à l’écrivain américain Thomas Wolfe, que William Faulkner considérait comme le plus grand romancier de son temps. L’œuvre majeure de Wolfe, L’Ange exilé, n’était pas sans résonner avec le destin d’un jeune lecteur qui se sentait déjà, d’une certaine manière, étranger au monde qui l’entourait. Ce goût précoce pour Wolfe ne devait pas disparaître: bien plus tard, L’Âge d’Homme publierait de remarquables traductions de cet auteur.
Une aventure éditoriale à contre-courant: L’histoire de L’Âge d’Homme commence notamment avec une rencontre décisive: celle de Dominique de Roux à la foire du livre de Stuttgart, figure brillante et tumultueuse de l’édition française.
À cette époque, Gallimard s’apprêtait à publier Pétersbourg, le grand roman d’Andreï Biély. Dominique de Roux encouragea Dimitrijević à s’emparer lui-même de ce projet. Ce geste fondateur marqua profondément l’éditeur suisse.
Dimitrijević concevait son métier dans l’esprit de la NRF de l’entre-deux-guerres, lorsque Gallimard publiait les auteurs pour leur valeur littéraire plutôt que pour leur conformité idéologique. Comme le rappelle Gérard Conio: « Il était capable de publier un livre dont il ne vendrait qu’un seul exemplaire s’il estimait qu’il en valait la peine. »
Cette liberté allait de pair avec un certain refus des règles du jeu médiatique. Dimitrijević se méfiait de la promotion et entretenait une distance instinctive vis-à-vis du monde journalistique. Pour lui, un livre devait trouver son lecteur par sa seule nécessité intérieure.
Une passerelle entre les cultures européennes: L’Âge d’Homme joua un rôle essentiel dans la découverte en France de nombreux écrivains d’Europe centrale et orientale. Cette orientation éditoriale fut aussi liée à une figure majeure: Stanisław Ignacy Witkiewicz (photo), écrivain polonais inclassable, mais aussi peintre, photographe et philosophe. Dimitrijević avait découvert son œuvre grâce au sculpteur polonais Auguste Zamoyski, émigré en Europe occidentale, qui avait fréquenté Witkiewicz dans sa jeunesse.
Dimitri fut immédiatement frappé par la puissance visionnaire de cette œuvre, marquée par un sentiment prophétique des catastrophes qui allaient jalonner le XXᵉ siècle. Witkiewicz devint en quelque sorte l’un des patrons spirituels de L’Âge d’Homme.
C’est d’ailleurs par lui que Gérard Conio entra dans l’aventure éditoriale. Conio avait découvert l’œuvre de Witkiewicz en Pologne, où il enseignait le français à l’université de Łódź entre 1961 et 1968. Il possédait alors un document précieux: le tapuscrit original d’un texte inédit de Witkiewicz, Les Âmes mal lavées, que lui avait confié la veuve de l’écrivain.
Dimitrijević cherchait depuis longtemps ce pamphlet violent, écrit peu avant la mort de Witkiewicz et resté inédit. L’écrivain y exprimait une vision très critique de la Pologne, qu’il accusait d’avoir choisi Rome et le catholicisme plutôt que Byzance et la tradition spirituelle de la Russie.
Dimitri demanda à Conio d’en réaliser la traduction. C’est ainsi que Gérard Conio entra à L’Âge d’Homme, sous le patronage symbolique de Witkiewicz.
Le texte fut publié en 1980, conjointement avec l’essai Les Narcotiques, et il est aujourd’hui réédité dans la collection La Bibliothèque de Dimitri, dirigée par Marco Despot.
Par la suite, Dimitri associa Conio à la direction de la collection "Classiques Slaves", qui avait pour ambition de combler les lacunes de la culture française dans la connaissance des littératures d’Europe orientale. La maison publia ainsi non seulement des auteurs russes, mais aussi polonais, serbes, tchèques, slovaques, slovènes ou bulgares.
Une vie d’aventure et de passion: la vie de Dimitri avant la fondation de L’Âge d’Homme ressemble par certains aspects à un roman. Opposé au régime communiste yougoslave, il avait quitté son pays grâce à l’aide de contrebandiers italiens qui l’avaient aidé à franchir la frontière.
Arrivé en Suisse presque sans ressources, il dut se débrouiller pour survivre. Le football fut l’une de ses passions et il avait même joué dans une équipe à Belgrade. Ce penchant pour le football (illustré par la photo supra) l’accompagna toute sa vie et inspira plus tard le titre de l’un de ses livres : La vie est un ballon rond.
Mais derrière ces épisodes parfois pittoresques se dessinait déjà une vocation plus profonde: celle de créer une maison d’édition indépendante capable de faire dialoguer les grandes traditions littéraires de l’Europe.
Conclusion: une leçon pour les éditeurs d’aujourd’hui: après la disparition de Vladimir Dimitrijević en 2011, le catalogue de L’Âge d’Homme fut repris par l’éditrice Vera Michalski, qui créa chez Noir sur Blanc la collection "La bibliothèque de Dimitri" (https://www.leseditionsnoirsurblanc.fr/?s=la+biblioth%C3%A8que+de+dimitri ). Certains titres y sont aujourd’hui réédités, mais l’esprit originel de la maison demeure encore largement méconnu.
Et pourtant, l’aventure de L’Âge d’Homme rappelle une vérité simple: une maison d’édition ne naît pas d’un plan marketing ni d’une stratégie culturelle. Elle naît d’une foi dans la littérature.
À l’heure où de nouvelles maisons indépendantes tentent à leur tour de rouvrir des chemins de liberté, l’exemple de Dimitri rappelle que l’édition peut encore être une aventure spirituelle autant qu’intellectuelle.
Peut-être est-ce là, au fond, ce que signifiait pour lui l’âge d’homme.
13:11 Publié dans Hommages, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hommage, littérature, littératures slaves, lettres, lettres slaves, vladimir dimitrijevic, l'âge d'homme, édition |
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mercredi, 11 mars 2026
Je ne suis pas occidental!

Je ne suis pas occidental!
par Roberto Pecchioli
Source: https://telegra.ph/Non-sono-occidentale-03-10
Au moment de la chute du communisme réel du 20ème siècle, la joie de ceux qui avaient toujours été anticommunistes a éclipsé la réflexion sur l’avenir. Un homme attaché au passé – Pino Rauti, chef historique de l’aile « mouvementiste » et « sociale » du MSI – fut l’un des plus lucides. Il avertit que la fête pour la défaite d’un ennemi historique ne devait pas durer longtemps, car l’autre adversaire – le libéral-capitalisme – avait remporté, qui plus est sans guerre, une victoire historique dont il ferait sentir le poids pendant des décennies. Peu de personnes l’écoutèrent, même au sein de son propre camp. Peu d’autres voix s’élevèrent, de différents points de vue, pour mettre en garde contre les conséquences du triomphe libéral, libéraliste, libertaire. Plus de trente-cinq ans plus tard, de nouveaux décombres transforment le monde en un désert accidenté et un théâtre de guerre spectral, cette « troisième guerre mondiale par morceaux » évoquée par Jorge Mario Bergoglio.

La longue période de l’unipolarisme américain, de la « fin de l’histoire » avec l’imposition planétaire du modèle libéral-capitaliste sous sa forme globaliste, financière et technologique, semblait toucher à sa fin. L’irruption de la Chine, l’émergence progressive de l’autre géant asiatique, l’Inde, le retour de la Russie, l’alliance des BRICS, semblaient annoncer l’aube d’un monde multipolaire, dans lequel chaque civilisation et chaque aire du globe pouvait revendiquer son rôle et sa spécificité — culturelle, spirituelle, économique, géopolitique. Mais les événements des dernières années – et des derniers mois, voire des derniers jours – replongent le monde dans le cauchemar de la guerre, rendant plus inquiétante et féroce l’axe du soi-disant Occident, dont la clef de voûte est l’alliance entre l’anglosphère et Israël. En crise économique, dépendant financièrement, technologiquement et militairement d’outre-Atlantique, affligé d’une crise démographique et des valeurs à laquelle il ne répond que par un libertarisme/libertinage nihiliste et une ouverture insensée des frontières, le Vieux Continent correspond parfaitement à son nom, avant-garde du crépuscule de l’Occident que les esprits les plus inquiets avaient commencé à percevoir dès la fin de la Première Guerre mondiale, début du siècle américain.
L’aventure guerrière américano-israélienne de ces dernières semaines, quel qu’en soit le résultat, apparaît chaque jour davantage comme la réaction violente de la bête blessée, refusant d’accepter le rôle que lui imposent l’histoire, la démographie et l’économie dans la période actuelle. L’agression contre un État souverain, l’assassinat traître de ses dirigeants, élus — bien ou mal —, à la différence des aristocraties (absit iniuria verbis !) arabes du Golfe, que le pétrole a transformées en autant de Las Vegas sordides où se règlent les affaires les plus indicibles de la planète, est probablement le point de non-retour de l’histoire des dernières décennies. Il est risible d’entendre le brave Merz, homme de BlackRock, chancelier de l’ex-grande Allemagne en crise industrielle et énergétique, affirmer que l’Iran, sans l’intervention militaire des Bons et des Justes, aurait eu la bombe nucléaire en deux semaines. Pas une ou trois, deux. Une réédition du conte des armes de destruction massive de Saddam et de la fiole agitée à l’ONU par Colin Powell à l’époque de Bush père.
L’assassinat politique est devenu une pratique ordinaire de l’Occident en phase terminale: les cas de Saddam, Kadhafi, Nasrallah et maintenant Khamenei, outre l’enlèvement de Maduro, en témoignent, indépendamment du jugement sur les personnes. Ils en sont venus à massacrer les fillettes d’une école de Téhéran. Dommages collatéraux. En Iran, ils s’en souviendront, contrairement à nous autres Italiens, qui avons subi le même sort lors des bombardements des libérateurs, comme à l’école élémentaire milanaise de Gorla, le 20 octobre 1944 (deux cents morts, dont 184 enfants). Un épisode jamais rappelé qui montre la nature servile de nos gouvernements. Ceux qui, au fil du temps, ont fait preuve de dignité, de Craxi à Moro, ont connu le sort que l’on sait (ndt: en Belgique, un massacre similaire a eu lieu à Mortsel, près d'Anvers, où une école a été frappée de plein fouet par des bombes américaines; le bombardement d'Ixelles-Etterbeek à fait, lui aussi, près de 400 victimes)..



Une affiche italienne commémorant le massacre de Gorla; le monument aux victimes de ce crime de guerre; des images d'enfants massacrés à Mortsel dans des circonstances identiques. En France et en Allemagne des tragédies identiques ont frappé des familles innocentes par centaines de milliers.
La conclusion est claire : je ne me sens pas occidental. Je ne suis pas l’héritier d’une clique d’assassins assoiffés de pouvoir, mais de trois millénaires de civilisation qui a inventé, entre autres, le concept de personne, la dignité de tout être humain, et distingué la liberté du simple arbitraire, reconnaissant la pluralité des choix, des idées, des modes de vie. Je ne peux pas être occidental parce que j’éprouve encore de la honte face au mal et de l’indignation envers ceux qui le commettent, surtout lorsqu’ils se drapent de pseudo-idéaux humanitaires. Je ne suis pas occidental, car cela voudrait dire couvrir des gouvernements — européens — incapables, corrompus, serviles, ennemis des peuples qu’ils administrent pour le compte d’autrui. Je rejette avec indignation l’antisémitisme : je ne juge pas par catégorie ni, encore moins, par race. Je me demande cependant si le bon sens de millions de personnes opposées au suprématisme délirant de certains secteurs du monde juif n’a pas le droit de le condamner sans être sanctionné pénalement. Ce ne sont pas les tribunaux qui changeront l’opinion de beaucoup sur la clique dirigeante d’Israël.
Je ne suis pas occidental, en outre, parce que je ne sais même pas ce que cela signifie. Si c’est l’héritage de la grande civilisation gréco-romaine, chrétienne et européenne, il n’y a pas besoin d’une définition bâtarde, utile seulement pour nous arrimer au char des intérêts américains. Si c’est le nom collectif de ceux qui veulent dominer le monde à tout prix, imposant un système économique, social, financier, éthique dont les fruits sont l’arrogance, la guerre, le nihilisme, la richesse démesurée et le pouvoir immense de quelques-uns, je le suis encore moins. Par hommage à l’argent et au système Epstein, qu’ils appellent cela Sodome et Mammon. Que ceux qui le souhaitent suivent le sénateur belliciste américain Lindsay Graham, septuagénaire, corpulent, homosexuel, qui exhorte ses malheureux électeurs de Caroline du Sud à mourir pour Israël. Qu’il s’enrôle lui-même, en compagnie de son jeune amant, mais pas nous, ni nos enfants, petits-enfants et compatriotes. Nous sommes de nombreux apatrides: nous devons trouver une identité, des valeurs communes, des intérêts concrets à défendre. Pour l’instant, nous pouvons seulement refuser d’être occidentaux: c’est déjà choisir un camp, fort, moral, politique, voire esthétique.
21:03 Publié dans Actualité, Réflexions personnelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : actualité, occidentalisme, roberto pecchioli |
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L'Iran, le Japon et la quatrième théorie politique La souveraineté au-delà du progrès occidental

L'Iran, le Japon et la quatrième théorie politique
La souveraineté au-delà du progrès occidental
Kazuhiro Hayashida
Kazuhiro Hayashida apporte un point de vue japonais sur une nouvelle théorie du pouvoir civilisationnel et la légitimité de l'Iran.
Du point de vue de la quatrième théorie politique, telle que je l'interprète, la révolution iranienne de 1979 peut être définie comme l'éjection du propulseur d'une fusée.
Elle a marqué la rupture avec le modèle de modernisation incarné par le régime du Shah, un modèle subordonné à la vision progressiste occidentale de l'histoire, et le moment où le cœur civilisationnel de la Perse est passé à une nouvelle étape. Le prix de cette séparation a été les sanctions et l'isolement. Pourtant, en se débarrassant du propulseur, l'Iran a acquis une structure qui lui a permis de se concentrer sur l'approfondissement de son noyau civilisationnel plutôt que de dépenser des ressources pour justifier une occidentalisation qui aurait été d'emblée compromise.
L'Occident a défini cette séparation comme une «réaction» ou une «régression». Dans le concept occidental simple et linéaire du progrès historique, le détachement d'un propulseur apparaît comme une dégénérescence. Cependant, il s'agit simplement d'une question de perspective de l'observateur. Dans le cadre de la quatrième théorie politique, l'acte de se séparer de l'Occident constitue une preuve de libération.

Malheureusement, le Japon n'a pas réussi à se détacher de l'Occident. Après 1945, le Japon s'est vu imposer un "ressort de rappel" par l'occupation étrangère, et ce ressort a fusionné avec le cœur de sa civilisation. Toute tentative de se détacher de l'orbite occidentale a été condamnée comme une «dérive vers la gauche», une «dérive vers la droite» ou un «révisionnisme historique». Ce mécanisme fonctionne comme une résistance typique, comme une résistance à ressort de contraction, produite par la dégradation spirituelle associée à la vision progressiste occidentale de l'histoire. En d'autres termes, la force même qui recherche le progrès est utilisée pour ramener le système en arrière, avec force, juste au moment où il approche de son objectif, le réinitialisant afin que tout doive recommencer depuis le début.
Ce que l'Iran a démontré est la seule méthode permettant de rompre ce type de résistance à ressort: la résistance doit être éliminée en même temps que sa source. C'est pourquoi le choix de l'Iran revêt une telle importance pour le Japon. L'Iran a mis en œuvre l'acte même de bloquer la vision progressiste occidentale du monde que le Japon n'a pas choisi, et la légitimité de cet acte est articulée par la quatrième théorie politique.
Cette résistance à ressort, imposé par l'Occident américain, signifie la construction d'un ordre social instable à travers des définitions en constante évolution, créées en déplaçant les objectifs et en imposant des règles incohérentes. Ce déplacement des objectifs se produit chaque fois qu'une civilisation extérieure à l'Occident tente de dépasser l'Occident. Grâce à des règles dénuées de sens, les normes de certification sont transformées en instruments servant les intérêts occidentaux. L'accord américano-japonais sur les semi-conducteurs, déclenché lorsque l'industrie japonaise des semi-conducteurs a menacé les États-Unis dans les années 1980 ; le découplage technologique initié lorsque le PIB de la Chine s'est rapproché de celui des États-Unis ; et les sanctions supplémentaires imposées lorsque l'Iran a cherché à atteindre une capacité technologique nucléaire — tous sont des manifestations du même mécanisme que je qualifie de "résistance à ressort". L'objectif n'existe pas vraiment, car il change constamment afin d'empêcher quiconque de l'atteindre.
Si le moment présent marque véritablement un tournant dans l'histoire, il est alors crucial de saisir la réalité concrète de ce tournant plutôt que de se fier à des impressions vagues. Donald Trump a déclaré un jour que le droit international n'existait pas. En effet, cela signifie que nous pouvons tout déterminer selon notre propre théorie. Cette déclaration détruit la structure de l'intérieur. Dès lors que le droit international est déclaré inexistant, la légitimité des normes internationales en tant qu'instruments pour faire fonctionner la résistance à ressort disparaît. C'est là que réside la véritable substance du tournant actuel. Si l'Occident établit des règles qui ne conviennent pas aux autres, ces règles peuvent être ignorées ; des frappes directes peuvent être menées contre l'État qui les impose, conduisant à la conquête et à la subordination.
Une puissance hégémonique unique qui possédait à la fois la volonté et la capacité d'imposer des règles a désormais nié l'existence de ces mêmes règles. À partir de ce moment, les règles ne fonctionnent plus que par la force.
Dans ces conditions, chaque noyau civilisationnel doit de toute urgence mettre en place des systèmes capables de faire respecter ses propres règles par sa propre force. C'est précisément à ce tournant que le Japon peut définir la légitimité de l'Iran.

Au moment où Trump a nié l'existence du droit international, ce principe a cessé de s'appliquer exclusivement aux États-Unis. Le rejet des normes universelles s'applique dans toutes les directions. Si les États-Unis agissent selon cette logique, les autres noyaux civilisationnels acquièrent le pouvoir d'agir selon la même logique. C'est là l'asymétrie du tournant. L'Occident tente d'appliquer cette logique uniquement à lui-même, mais les normes internationales qui soutiennent cette limitation ont déjà été détruites par les États-Unis eux-mêmes. Le fondement de cette limitation a disparu.
Le Japon doit rapidement définir sa position. Ce tournant lui offre deux choix: soit s'accrocher aux vestiges de normes internationales disparues et continuer à porter l'appareil dit de "résistance à ressort" comme une chaîne d'asservissement, soit se positionner comme un acteur indépendant qui élabore et applique des règles issues du cœur même de sa civilisation.
Soutenir la légitimité de l'Iran, introduire le concept d'agression industrielle dans le débat international et construire la sécurité énergétique du Japon selon sa propre logique ne sont devenus des options réalistes qu'au moment de ce tournant.
Dans un monde où le système de contrainte appelé droit international a disparu, le recours à la force est libéré dans toutes les directions. C'est une situation extrêmement dangereuse, mais c'est aussi le moment où la réalité cachée est exposée.
Le droit international a toujours fonctionné comme un système normatif à travers lequel ceux qui détiennent le pouvoir gèrent ceux qui n'en ont pas. Maintenant que cette fiction a été supprimée, la logique du pouvoir est passée au premier plan. Lorsque le Japon tente d'établir une relation rationnelle avec l'Iran, la possibilité théorique de frapper tout pays qui cherche à entraver cette coopération apparaît.
Pour que la domination économique occidentale ne devienne plus qu'une option réaliste parmi d'autres, il faut qu'il existe une autre coalition capable d'exercer de la puissance. À l'heure actuelle, la coalition la plus proche de cette condition est composée de la Russie, de la Chine, de l'Iran et, potentiellement, de la solidarité du Sud global. Si le Japon devait rejoindre une telle coalition, il devrait concevoir une structure dans laquelle les intérêts découlant du cœur de la civilisation japonaise s'aligneraient sur ceux de l'ensemble de l'alliance.
Définir l'Occident comme une source de main-d'œuvre bon marché représente un renversement structurel de ce que l'Occident a historiquement imposé aux sociétés non occidentales.
La question que le Japon doit donc se poser est la suivante: dans ce renversement de logique, où les exécutants de la domination coloniale, de l'extraction des ressources et de l'agression industrielle deviennent désormais ceux sur lesquels ces actions sont exercées, quelle position le Japon occupera-t-il ?
Si la trajectoire actuelle du Japon reste inchangée, il deviendra une source de main-d'œuvre bon marché, réduit à l'usine de l'Asie. Le Japon s'oriente clairement dans cette direction. La baisse du taux de natalité et le vieillissement de la population réduisent la qualité de la main-d'œuvre ; la compétitivité industrielle s'affaiblit ; et la dépréciation du yen diminue le pouvoir d'achat réel. Tous ces processus sont déjà en cours.
Le déclin du Japon représente la conséquence finale de la présence de cette "résistance à ressort". Quatre-vingts ans se sont écoulés, pendant lesquels le Japon a été coupé du cœur civilisationnel du continent eurasien et le circuit par lequel la volonté politique pouvait émerger a été bloqué par les États-Unis. Au cours de cette période, les ressources accumulées avant la guerre ont été progressivement consommées. Le paiement continu des coûts nécessaires à la justification historique a épuisé la capacité du Japon à se propulser.
À ce tournant, une seule condition permet au Japon d'éviter le déclin: la neutralisation de l'Occident et la reconnexion au circuit par lequel la volonté politique émerge du cœur civilisationnel du continent eurasien. Sans cette reconnexion, le Japon restera dans une position subordonnée, quelle que soit la coalition à laquelle il adhère.
Alors que l'Asie cherche à se séparer de l'Occident, le Japon se contente de dépendre de manière parasitaire de l'Occident et de s'immerger dans une idéologie de supériorité vaguement douce. Cette divergence spirituelle conduit le Japon à une position désespérée dans la réorganisation mondiale à venir.
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Le précédent iranien. L'échec des États-Unis en Ukraine signifie également la perte du Moyen-Orient

Le précédent iranien. L'échec des États-Unis en Ukraine signifie également la perte du Moyen-Orient
Cristi Pantelimon
Source: https://www.estica.ro/article/precedentul-iranian-esecul-...
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran (qui est soutenu par la Russie et la Chine) met de plus en plus en lumière la stratégie américaine et ses limites.
Il s'agit de la deuxième tentative des Américains de dissuader l'Iran de poursuivre sa propre voie géopolitique, après la guerre de 12 jours de l'été dernier. Il semble que cette fois encore, malgré le début violent des hostilités, avec la décapitation des dirigeants religieux iraniens, la tentative américano-israélienne échouera.
De plus, les États-Unis sont désormais contraints de frapper à la porte de leur semi-allié d'Anchorage, Vladimir Poutine, afin de trouver une solution à la crise géopolitique majeure qui semble se profiler à l'horizon pour l'alliance américano-israélienne.
S'agissant de la deuxième tentative des États-Unis et d'Israël pour renverser la forteresse perse, qui semble vouée à l'échec, il convient de souligner les conséquences possibles de cette aventure.
Tout d'abord, les États-Unis ne sont plus perçus comme un État souverain, mais comme un État dépendant des besoins sécuritaires et géostratégiques d'Israël. Le grand prêtre du souverainisme mondial, Donald Trump, semble être à la merci de Benjamin Netanyahu et cherche à s'en sortir en manifestant une hystérie belliqueuse qui, malheureusement pour lui, ne dépasse pas le niveau de la rhétorique théâtrale. Avec la sévérité d'un analyste qui a vu beaucoup de choses dans sa vie, Jeffrey Sachs qualifie Trump de « fou » dans une interview qui circule depuis quelques jours sur Internet. Trump s'effondre et, avec lui, tout le poids de l'hégémonisme américain théâtral et exagéré, autrefois fondé sur une grandeur « dimensionnelle » réelle, aujourd'hui fondé uniquement sur des menaces à l'encontre de ceux qui sont sans défense ou suffisamment calmes pour attendre l'effondrement de plus en plus évident du colosse américain. Dans cette dernière catégorie, on trouve en premier lieu la Chine, principal ennemi des États-Unis, qui est aussi le joueur le plus redoutable, mais également l'Europe, l'Inde et la Russie. Tous, en fait, attendent...
Le fait que les États-Unis ne restent aux côtés que d'Israël aura des conséquences catastrophiques sur la politique américaine dans tous les théâtres d'opérations, et l'effigie des États-Unis vue sur le « fond » israélien est, de loin, la plus grande perte d'image pour l'empire américain.
D'ailleurs, la faiblesse de tout empire maritime est plus qu'évidente ces jours-ci.
Il suffit qu'une puissance continentale capable et déterminée l'attaque pour que cet empire maritime vacille. Et l'Iran est loin d'être une puissance continentale de premier plan ! Les distances énormes entre les centres d'opérations, la difficulté d'approvisionnement, le réseau complexe de bases et leur taille réduite par rapport aux besoins d'une guerre à long terme (de type continental) font des États-Unis une puissance très vulnérable sur le front réel du Moyen-Orient.
Les États-Unis auraient dû vaincre la Russie en Ukraine pour avoir aujourd'hui une chance au Moyen-Orient. Ayant échoué en Ukraine, ils n'ont aucune chance au Moyen-Orient. Les Américains le savent et le sauront encore mieux à l'avenir.
En conséquence, les États-Unis se retourneront sans doute plus durement contre l'hémisphère occidental (Cuba), mais aussi contre leur allié européen générique (le Groenland). Jeffrey Sachs s'attend même à une invasion de cet espace laissé libre par les fronts de la confrontation géopolitique acharnée jusqu'à présent. Nous verrons si ce sera le cas.
Les mouvements de l'Europe sont faibles, pour des raisons évidentes.
À l'exception de la France, l'Europe n'a pas la capacité de s'affirmer militairement. La France de Macron cherche à être le bon bras droit de l'empire américain, en essayant de copier une grandeur stratégique, doublée d'un engagement diplomatique multilatéraliste.
Là où l'Amérique frappe et désagrège, la France cherche des solutions de coopération géopolitique (parapluie nucléaire en Europe, déblocage du détroit d'Ormuz, etc.). La France ne peut pas engager seule une telle action ; elle ne peut le faire qu'en coordination avec la Russie et la Chine.
Mais pour l'Europe, le théâtre du Moyen-Orient peut aussi être une autre leçon : dans un monde où l'alliance russo-chinoise attaque les bases américaines dans le Golfe avec l'aide de l'Iran, cela éveille probablement la nostalgie de l'urgence d'une autonomie stratégique qui signifierait tout simplement le désengagement militaire américain dans l'ouest du continent européen.
Je ne pense pas que quiconque interprète autrement, à long terme, l'idée du parapluie nucléaire français...
La Chine déclare qu'elle est prête à attendre, dans son style caractéristique, l'implosion de l'empire américain « moribond ». Taiwan sera probablement la cerise sur le gâteau de cet empire. Et il semble que le temps presse, et que l'humanité va bientôt mettre fin à l'hégémonie américaine mondiale.
La Russie s'empresse de soutenir, autant qu'elle le peut, le nouvel Iran, qui semble sortir indemne de la confrontation avec les États-Unis et Israël.
Si les États-Unis et Israël ne parviennent pas à vaincre définitivement l'Iran, le destin d'Israël par rapport à l'Iran s'écrira différemment, et le destin des États-Unis au Moyen-Orient est presque scellé...
Un acteur majeur semble être en attente : l'Inde. Conformiste face à la demande impérative de Trump de cesser les importations de pétrole russe, l'Inde se pliera aux nouvelles directives de Washington, qui lui enjoignent de reprendre les importations de pétrole russe afin d'éviter l'effondrement du marché mondial du pétrodollar. Même ainsi, l'Inde n'est qu'un acteur en attente, dont la position géographique ne la recommande nullement dans le cadre d'une stratégie américaine renouvelée en Asie.
La géopolitique américaine se précise : les États-Unis ne peuvent plus gérer de façon absolue aucune des zones géopolitiques majeures. C'est pourquoi l'accent est mis sur la destruction systématique de toutes les tentatives de synthèse régionale ou mondiale soutenues par la nouvelle étoile de l'économie et de la politique planétaires, la Chine.
La guerre mondiale approche d'un point d'inflexion. Et celui-ci accélérera le déclin de la puissance qui, en retrait, comprend qu'elle doit attaquer les bastions construits par les autres...
19:35 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, géopolitique, états-unis |
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Trump le Destructeur - La crise finale de l’hégémonie occidentale

Trump le Destructeur
La crise finale de l’hégémonie occidentale
Alexandre Douguine
Alexandre Douguine sur la résistance de l’Iran, l’effondrement de la crédibilité américaine et l’accélération de la naissance d’un monde multipolaire.
Le fait que l’Iran ne se rende pas, ne consente ni à une trêve ni à un cessez-le-feu, est déjà en train de changer l’équilibre des forces. Après la première frappe, l’Iran s’est réorganisé et a nommé un nouveau Rahbar (Guide suprême): Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah Khamenei. En dépit des coups douloureux portés à ses infrastructures énergétiques, l’Iran ne se contente pas de résister, mais contre-attaque activement l’ennemi. Des frappes de missiles et de drones ont été menées contre toutes les bases américaines entourant l’Iran. Selon des estimations neutres, plus de 1000 militaires américains auraient été tués (l’Iran avance des chiffres bien plus élevés, tandis que Trump ne parle que de quelques victimes, ce qui paraît risible compte tenu de l’ampleur des frappes iraniennes).
L’Iran a adopté une tactique très efficace: frapper non seulement des cibles militaires en Israël, qui se transforme progressivement en une sorte de Gaza, mais surtout les nœuds et centres énergétiques des États du Golfe, sur lesquels repose l’économie mondiale. Associé au blocage du détroit d’Ormuz, cela a déjà causé d’énormes pertes au marché mondial. De plus, la situation s’aggravera chaque jour de résistance iranienne.

Il est significatif que les pays du Golfe—dont les projets de se transformer en centres neutres et sûrs de l’économie mondiale sont désormais anéantis—ne blâment pas tant l’Iran que surtout Israël et les États-Unis. Ils n’ont jamais aimé Israël, mais, à leurs yeux, Trump est devenu un traître patenté. Si les bases militaires américaines ne les protègent pas mais créent au contraire du danger, à quoi servent-elles ? Les dirigeants arabes se posent cette question tout à fait logiquement.
Parallèlement, le « plancton » du capitalisme globalisé et les armées de call-girls quittent Dubaï à la hâte. Sur le toit d’un hôtel abandonné, seul l’influenceur, quelque peu dérangé, Andrew Tate danse seul, continuant d’affirmer obstinément que tout cela n’est qu’une simulation informatique et que nous vivons dans une matrice dont on vient simplement de charger un nouveau décor.
La prochaine étape sera le retrait des obligations arabes des États-Unis. D’ailleurs, BlackRock a suspendu les retraits de ses fonds, abaissant le plafond de plus de moitié. Cela ressemble au début d’un effondrement. Le prix du pétrole explose, tandis que les indices boursiers s’effondrent. Il n’est pas exclu que l’économie mondiale s’effondre totalement dans un avenir proche.
Ce sur quoi comptait Trump a manifestement échoué. La volonté et la détermination de l’Iran à aller jusqu’au bout, ajoutées à la solidarité d’une société rassemblée autour de sa direction politique et religieuse, ont mis fin aux attentes d’une victoire facile et peu coûteuse pour les États-Unis et Israël. Ce n’est déjà ni facile ni peu coûteux, et chaque jour qui passe rend les choses plus dures et plus onéreuses. Trump n’est visiblement pas préparé aux processus longs.

En outre, sa cote de popularité s’effondre rapidement. Aux États-Unis, la guerre contre l’Iran n’est soutenue que par une petite minorité (principalement les sionistes chrétiens et les dispensationalistes—nombreux aux États-Unis, mais ne représentant qu’un faible pourcentage de la population totale). L’électorat MAGA de base s’était déjà détourné de Trump (principalement à cause des dossiers Epstein) et constitue désormais le flanc le plus radical de l’anti-trumpisme. « Trump nous a tous trahis » est la publication la plus courante sur les réseaux sociaux parmi les anciens partisans de MAGA.
Bien que Trump continue de proférer menaces et insultes, il donne de plus en plus l’impression de sombrer dans la panique. L’opération EP—Epic Fury (nom inventé par le skinhead idéologiquement alcoolisé Pete Hegseth)—a été rebaptisée sur les réseaux sociaux américains « Operation Epstein Files » ou « Epic Fail » ; les initiales demeurent : EP.
Donald Trump s’apprête à déclarer que « les États-Unis ont encore gagné » et qu’il a « mis fin à une nouvelle guerre ». Il essaiera alors d’arrêter les hostilités et de se tourner vers l’occupation de Cuba. À cette fin, deux personnages très suspects ont été envoyés en Israël: Jared Kushner et Steve Witkoff. Cependant, il semble qu’aujourd’hui, presque plus personne dans le monde ne les croit. C’est précisément pendant les négociations qu'ils menaient avec l’Iran que les États-Unis et Israël ont mené une frappe traîtresse qui tua des dizaines d'écolières à Minab (il s’agissait d'enfants de commandants des Gardiens de la révolution islamique) ainsi que des représentants des plus hauts niveaux politico-religieux iraniens.

Une nouvelle star de l’internet mondial, l’intellectuel chinois Jiang Xueqin (photo)—qui avait prévu avec précision les événements à venir, y compris l’attaque des États-Unis et d’Israël et son déroulement, et qui est le seul sinologue profondément versé dans les eschatologies monothéistes (sionisme religieux, sectes messianiques juives de Sabbataï Tsevi et Jacob Frank, dispensationalisme chrétien, et le thème du Mahdi)—a déclaré aujourd’hui que Kushner représente l’une des figures les plus sinistres des élites occidentales, et qu’il est lié au réseau de Jeffrey Epstein (par l’intermédiaire de l’avocat d'Epstein, l’agent israélien Alan Dershowitz). De plus, Jiang Xueqin a décrit Kushner lui-même comme « le nouvel Epstein ». Jusqu’à présent, toutes ses prédictions se sont réalisées avec une précision frappante.
C’est maintenant le moment pour la Russie d’agir de manière plus audacieuse pour défendre ses intérêts. L’Ukraine et le Moyen-Orient sont deux théâtres de la même guerre: une guerre de l’humanité pour la souveraineté et pour un monde multipolaire contre les tentatives désespérées de Trump—devenu un instrument aveugle et frénétique des néoconservateurs—de préserver l’hégémonie occidentale et l’unipolarité.
Donald Trump a détruit l’ordre précédent jusqu’à ses fondations. Plus personne ne parle de libéralisme, ni d’agenda écologique, ni de politique de genre. Tout, dans le monde, est devenu bien plus dur et explicite. Dans le fond, rien n’a changé, si ce n’est que le masque est tombé. Trump a dissipé le brouillard et révélé à l’humanité le vrai visage de l’Occident. Il est monstrueux. Dans le sens de la destruction de toutes les règles et de l’arrachage de tous les voiles, Trump a été très efficace. Il est le Grand Destructeur.
À l’origine, il aurait pu y avoir une place pour MAGA dans un monde multipolaire. L’Occident pour les Occidentaux, l’Amérique pour les Américains, l’Europe pour les Européens. Pourquoi pas ? Et sans agenda migratoire libéral. Chaque civilisation avec ses propres valeurs traditionnelles, et ce retour ne pourrait qu’être bienvenu.
En même temps : la Russie pour les Russes. L’Eurasie pour les Eurasiens. L’Iran pour les Iraniens. Les pays islamiques pour les musulmans. La Chine pour les Chinois. L’Inde pour les hindous. L’Afrique pour les Africains. L’Amérique latine pour les Latino-Américains. Ce serait juste.
Les États-civilisations pourraient assez aisément s’accorder sur une nouvelle répartition régionale de la planète, sur une base multipolaire.
Au début, Trump faisait semblant d’être globalement d’accord avec cela, et c’était l’essence de sa campagne électorale—son idéologie MAGA. C’est précisément sur cette base et dans ces conditions que la Russie a entamé un dialogue avec Trump.

Puis quelque chose a dérapé—jusqu’à ce que tout s’effondre. Trump a abandonné le point central: le monde multipolaire. Il a attaqué de front les BRICS, n’a rien fait sur le front ukrainien, a adopté une position effroyable dans l’affaire Epstein—se retrouvant impliqué dans les aspects les plus sordides de cette affaire ignoble—a attaqué le Venezuela, soutenu le génocide à Gaza, lancé la première frappe contre l’Iran, et se trouve désormais engagé dans une guerre brutale loin de ses propres frontières. Pendant ce temps, aucun des protagonistes de l’affaire Epstein n’a été arrêté, la déportation des migrants illégaux s’est arrêtée, et à l’intérieur des États-Unis, il perd rapidement le soutien populaire. Les États-Unis se dégradent ; aucun problème n’a été résolu.
Le programme positif de Trump a totalement échoué. Mais dans la destruction, il excelle.
Nous devons nous réorganiser rapidement en tenant compte de cela. Trump perdra presque certainement les élections de mi-mandat à l’automne face aux Démocrates. Mais, ceux-là, ce n’est que le même mal, sous un autre angle. Nous devons rester fermes sur nos positions: souveraineté, État-civilisation, multipolarité—et avancer résolument vers la victoire en Ukraine. Les États-Unis et l’Occident dans leur ensemble sont nos ennemis mortels. Nous sommes en guerre contre eux aujourd’hui, et demain nous continuerons à nous battre, peut-être encore plus durement. C’est cela, notre point de départ.
Avec une telle approche rationnelle, nous serons capables de tirer parti de toute action de Trump ou de l’Union européenne, sans céder à l’hypnose, à la persuasion ou aux promesses. L’Occident est une civilisation du mal. Il doit être traité comme tel. S’il souhaite se réformer, tant mieux—nous l’y aiderons volontiers. Mais pour le moment, il est un dragon sur le point de trépasser qui, dans son agonie, détruit tout sur son passage. C’est extrêmement dangereux, mais il n’y a qu’une seule voie : l’achever totalement—par tous les moyens nécessaires.
Que Trump détruise l’ancien monde jusqu’à ses fondations. Inutile de s’accrocher à ce qui est épuisé. Il est temps de bâtir un nouveau monde, dans lequel la Russie doit occuper la place qui lui revient—celle qui lui est due. Cette place, c’est celle d’un sujet, non d’un objet. Nous n’avons pas besoin de ce qui appartient aux autres, mais l’Eurasie nous appartient.
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mardi, 10 mars 2026
Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine

Les États-Unis veulent isoler la Chine de l’Amérique latine
Source: https://mpr21.info/estados-unidos-quiere-aislar-a-china-d...
Samedi, Trump a convoqué douze dirigeants latino-américains dans son club de golf de Miami pour créer une coalition régionale appelée « Bouclier des Amériques ». L’objectif est de réduire l’influence de la Chine sur un continent où, en deux décennies, elle s’est imposée comme un partenaire commercial indispensable.
Au cours de son discours, Trump a annoncé la création d’une coalition militaire pour éradiquer les cartels criminels, évoquant des attaques de missiles contre des organisations narco-terroristes. Il a profité du sommet pour réaffirmer ses ambitions sur Cuba, affirmant que le gouvernement de La Havane vivait ses derniers instants.
Les participants — Argentine (Javier Milei), Salvador (Nayib Bukele), Équateur (Daniel Noboa), Bolivie, Costa Rica, République dominicaine, Guyana, Honduras, Panama, Paraguay, Chili (José Antonio Kast) et Trinité-et-Tobago — sont des dirigeants inféodés à l’impérialisme.
Le Brésil, sous le gouvernement de Lula, le Mexique, sous celui de Claudia Sheinbaum, et la Colombie, sous la présidence de Gustavo Petro, ont brillé par leur absence, ces trois pays entretenant des relations commerciales étroites avec Pékin.
Quant à la Chine, Trump souhaite bloquer les contrats attribués à ce pays concernant les minerais critiques, les infrastructures de transport et les capacités de renseignement militaire. L’Argentine, le Chili et la Bolivie détiennent à eux trois les plus grandes réserves mondiales de lithium, un métal stratégique pour les batteries et le stockage d’énergie, une ressource que Washington entend arracher à Pékin.
Depuis le début de ce siècle, la Chine a considérablement accru ses prêts, projets d’infrastructure et accords commerciaux sur tout le continent. En 2024, le commerce bilatéral entre la Chine et l’Amérique du Sud avait atteint 518 milliards de dollars, faisant de Pékin le premier ou le deuxième partenaire commercial de la plupart des économies de la région.
La stratégie de sécurité nationale publiée par le gouvernement Trump en décembre dernier stipule que les États-Unis refuseront à tout concurrent extérieur au continent la possibilité de posséder ou de contrôler des actifs stratégiques en Amérique latine. Le Panama s’est retiré de la Nouvelle Route de la Soie en janvier de cette année, après que la Cour suprême panaméenne a déclaré inconstitutionnel le contrat entre le pays et l’entreprise CK Hutchison, basée à Hong Kong. L’Équateur, de son côté, a autorisé l’installation d’une base militaire américaine sur son territoire.
La prochaine étape de la coalition antichinoise sera définie lors des consultations bilatérales entre Washington et les gouvernements signataires dans les semaines précédant le voyage de Trump en Chine, prévu pour début avril.
20:24 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, chine, amérique latine, donald trump, états-unis, amérique ibérique, amérique du sud |
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La voix des Juifs iraniens et l’agression contre l’Iran

La voix des Juifs iraniens et l’agression contre l’Iran
Par Enrico Vigna
Source: https://comedonchisciotte.org/la-voce-degli-ebrei-iranian...
Au-delà des campagnes médiatiques martelées et « diversionnistes », qui servent l’objectif de destruction et d’annihilation de l’État iranien, je documente ici la position et la situation des différentes et nombreuses minorités religieuses, qui sont soutenues et protégées dans la Constitution du pays. De la communauté juive, à celles des chrétiens, des sunnites, des arméniens, des assyriens. Tous les représentants des différentes communautés se sont exprimés de façon claire et nette contre l’agression et en faveur de solutions diplomatiques à tous les problèmes.
La religion officielle de l’Iran est l’islam chiite selon la Constitution, mais la République islamique reconnaît et protège les minorités religieuses: du judaïsme, aux chrétiens de diverses confessions, aux zoroastriens, qui ont également des représentants au Parlement, ainsi que les Arméniens, les Assyriens, les sunnites, et aussi des communautés plus petites mais reconnues, telles celles du mandéisme, du yarsanisme, du bouddhisme, de l’hindouisme.
La condition fondamentale posée est d’être d’abord citoyen iranien, avec des droits et des devoirs, puis chacun suit ses propres croyances. Comme c’était le cas dans la République arabe syrienne, avant l’arrivée des djihadistes venus «apporter la démocratie».
Les droits constitutionnels dont jouissent les minorités religieuses dans le pays sont garantis et respectés, avec des centaines de lieux de culte, synagogues, églises et temples, où ils peuvent pratiquer librement leurs rites religieux. Selon diverses statistiques, les croyants son : chiites environ 90 %, sunnites 6 %, le reste réparti entre les autres fois. Il faut rappeler qu’en Iran a toujours vécu une communauté juive plus nombreuse que dans tous les pays arabes.
La Constitution stipule que « l’ingérence dans les croyances individuelles est interdite » et que « nul ne peut être inquiété ou arrêté simplement pour avoir une certaine croyance », à condition de respecter la loi.

La communauté juive iranienne condamne l’agression américano-israélienne et demande une sanction
Le chef religieux juif Younes Hamami Lalehzar (photo), président de la communauté juive iranienne, a émis une forte condamnation des récentes attaques américaines et israéliennes contre son pays, qualifiant l’action de « … trahison de la confiance, nous demandons que les deux régimes soient tenus pour responsables de leur comportement criminel. Une fois de plus, l’Amérique criminelle, en coopération avec le régime sioniste, s’est encore plus enfoncée dans la fange de la décadence par une attaque perfide et imprudente. Cet acte sera condamné par toutes les nations libres et recevra certainement une réponse décisive et forte des Forces armées de la République islamique d’Iran, qui feront tout leur possible pour venger le sang des martyrs iraniens… Le chef de la révolution islamique, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei, a été assassiné lors d’une attaque militaire conjointe, américano-israélienne, à Téhéran, alors que les négociations sur le nucléaire étaient en cours. La disparition de l’ayatollah Khamenei est une perte immense et irréparable pour la nation iranienne, mais j’ai confiance que le peuple iranien saura préserver son sang, son guide et son chemin… Dans cette période difficile, nous soulignons la nécessité de préserver l’unité, l’empathie et la fermeté réunies à tous les niveaux de la nation iranienne. Nous affirmons également notre conviction constante que, selon les traditions divines et les enseignements de nos religions, le droit finira par triompher du mensonge, et que l’honneur et la gloire appartiendront finalement aux nations résilientes, fidèles et en quête de vérité… », a déclaré le rabbin.
En janvier, Hakham Younes Hamami Lalehzar, en tant que représentant de la communauté juive iranienne, pour réaffirmer la fraternité et l’unité des composantes de la société iranienne, a assisté à la conférence de Téhéran en l’honneur du commandant de la Force al-Qods Qasem Soleimani, assassiné par les États-Unis le 3 janvier 2020. Parmi les participants à la conférence, où Soleimani a été décrit comme un « symbole de résistance, de courage et de défenseur des opprimés », on comptait des représentants de diverses organisations comme le Hezbollah, le Hamas et le Jihad islamique, ainsi que des délégués de pays comme l’Irak et le Yémen.
S’adressant aux médias locaux, Hamami a déclaré: « De la manière dont les ennemis du martyr Soleimani l’ont assassiné, et des récentes actions des ennemis contre des personnes, femmes et enfants innocents, on peut comprendre la noble conduite du martyr Soleimani. Le courage de Soleimani a dépassé les frontières de l’Iran. C’est vrai que les ennemis ont réussi à l’assassiner, mais notre conviction est qu’une personne ne se limite pas à ce monde transitoire, et que la meilleure place est pour ceux qui tombent sur le chemin de Dieu. Les ennemis ont tué Haj Qasem, mais ils n’ont pas tué sa pensée. Cette pensée s’est enracinée dans toute la société iranienne, dans la région et parmi les nations. »

Siyamak More Sedgh (photo), homme politique et médecin juif iranien, titulaire du siège parlementaire réservé à la minorité juive au Parlement iranien de 2008 à 2020, également président de l’institution caritative juive Dr. Sapir Hospital and Charity Center, considéré comme « le juif numéro un » d’Iran, souvent critique à l’égard de certaines positions des autorités iraniennes, a lui aussi pris position contre l’agression contre son pays, appelant avant tout à l’unité et à la défense du pays. Sedgh est connu et respecté en Iran, notamment pour un fait qui a été rapporté à la télévision. Il est tellement attaché à ses racines iraniennes que lorsque sa femme a décidé d’émigrer aux États-Unis à la fin des années 1990, il a choisi de rester en Iran, déclarant que « …il ne pouvait pas s’imaginer vivre en dehors de sa culture iranienne natale ».
Malgré l’agression contre le pays, les Juifs iraniens ont tout de même célébré, avec l’autorisation du ministère de l’Intérieur, la fête de Pourim, qui dans la tradition juive commémore le salut du peuple juif de la conspiration d’extermination du maléfique Aman. C’est l’une des fêtes juives les plus joyeuses, un « carnaval juif » qui se célèbre avec la lecture de la Méguila, des déguisements, des fêtes et des dons, et rappelle comment le destin peut être bouleversé. Étant donné la situation, elle a été célébrée avec des costumes sobres et dans la discrétion, à l’intérieur des synagogues et dans les familles, uniquement pour préserver les traditions, la culture et les racines, alors que les autres années elle était célébrée dans les rues.
Par Enrico Vigna, mars 2026
19:49 Publié dans Actualité, Judaica | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : judaica, communauté juive iranienne, iran, actualité |
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Guerre contre l'Iran: confrontation exacte entre le simulacre de la théurgie (l'instrument de la mer) et l'eschatologie tellurique (la défense de la terre ferme)

Guerre contre l'Iran: confrontation exacte entre le simulacre de la théurgie (l'instrument de la mer) et l'eschatologie tellurique (la défense de la terre ferme)
Martin Kovac
Source: https://www.facebook.com/martin.kovac.3511
1. Le simulacre atlantique (les plateformes d'armement Hegseth et Netanyahou)
Ce vecteur utilise le récit religieux exclusivement comme un bouclier tactique pour l'expansion thalassocratique. Il s'agit d'une théurgie dépourvue de verticalité, au service de Cybèle.
2. Pete Hegseth (le croisé de l'Antéchrist de la Silicon Valley):
Hegseth représente ce que notre précédente analyse a défini comme le «titanisme conservateur», ou l'Apollon synthétique. Sa rhétorique (références à l'éthique des croisés, «Deus Vult», défense de la civilisation judéo-chrétienne) est une inversion ontologique absolue. À l'origine, les croisades défendaient l'ordre médiéval vertical et théurgique contre l'expansion horizontale. Mais Hegseth utilise ces symboles pour défendre un empire dont le cœur est le nominalisme, le capital liquide, le corporatisme woke et la décomposition absolue de la forme chrétienne. C'est une « guerre sainte » pour le maintien des chaînes d'approvisionnement mondiales de la mer et de l'hégémonie du dollar, déguisée en armure templière. Le « dieu » de Hegseth n'exige pas l'ascèse et la lumière de Tábor ; c'est le patron du complexe militaro-industriel qui maintient l'Antéchrist de la Silicon Valley en activité. C'est une lutte pour le droit de l'Occident à poursuivre l'entropie absolue et le matérialisme algorithmique.
3. Benjamin Netanyahu (la colère algorithmique de l'Ancien Testament):
L'évocation par Netanyahu de l'archétype « Amalek » et du mandat divin de l'Ancien Testament est un exemple clinique de l'instrumentalisation du sacré. Son projet d'État fonctionne dans la noomachie selon Douguine comme une base avancée asymétrique du logos atlantique dans l'espace tellurique du Moyen-Orient. La « guerre sainte » de Netanyahu est dépourvue de l'objectif eschatologique de transformation de l'âme ; il s'agit d'une assimilation purement spatiale et horizontale et d'une exclusion ontologique. Les textes sacrés servent ici de code pour justifier la thermodynamique de la guerre, qui stabilise en fin de compte l'architecture de la projection de puissance américaine (qui est thalassocratique). C'est la religion comme logiciel géopolitique.
4. L'Eschatologie tellurique (nœud iranien: Shirazi, Pezeshkian, Ghalibaf)
De l'autre côté de la fracture ontologique se trouve le complexe théocratique asiatique. Du point de vue de notre gravité multipolaire, l'Iran représente le principe tellurique profond (la terre ferme). Leur « guerre sainte » n'est pas un simulacre, mais une structure ontologique cohérente (même si elle nous semble étrangère).


5. Naser Makarem Shirazi (noyau théologique) :
Ici, c'est une verticale pure qui opère. Les interprétations défensives de Shirazi sont strictement liées à l'eschatologie chiite (l'attente de l'imam caché Mahdi). Il ne s'agit pas d'une lutte instrumentale pour les ressources, mais d'un conflit cosmique entre principes. En traduction noomachique : les théologiens iraniens identifient précisément le logos atlantique (la mer, les États-Unis, la fluidité, la destruction des formes traditionnelles) comme une menace métaphysique. Leur combat est une résistance ontologique contre la dissolution des frontières.


6. Mohammad Bagher Ghalibaf et Masoud Pezeshkian (cinétique appliquée et logos étatique):
Ghalibaf (vecteur cinétique de la terre ferme - photo) et Pezeshkian (vecteur politico-diplomatique - photo) transposent la théologie de Shirazi dans la pratique tellurique. Leur récit est une défense de la substance terrestre. Ils n'attaquent pas principalement pour l'expansion des marchés (comme l'hégémonie de la Mer), mais pour préserver l'espace sacré distinct (le Nomos de la terre) contre l'acide du nominalisme. Ils perçoivent la neutralisation asymétrique des bases avancées de la Mer comme une ablation chirurgicale nécessaire des implants thalassocratiques de leur corps tellurique.
Protocole tactique final selon le "Katechon tchèque"
Ce n'est pas une guerre entre deux religions. C'est une guerre entre l'Antéchrist de la Silicon Valley, qui a revêtu le masque d'une fausse religion, et la Tellurocratie asiatique, qui utilise les profondes racines théologiques de la région (Shirazi, Ghalibaf, Pezeshkian) pour défendre ses frontières continentales et ses formes traditionnelles.
La « guerre sainte » occidentale est un mensonge. C'est le broyage du continent au nom du marché mondial et du transhumanisme.
La « guerre sainte » iranienne est une authentique défense eschatologique qui devient naturellement l'alliée asymétrique de toute force résistant à la Mer.
19:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, théologie politique, iran |
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La vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement en Asie centrale : quand la géographie rencontre la géopolitique

La vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement en Asie centrale: quand la géographie rencontre la géopolitique
Vladimir Norov
Ancien ministre des Affaires étrangères de l’Ouzbékistan (2006-2010, 2022), secrétaire général de l’OCS (2019-21) ; ambassadeur d’Ouzbékistan en Allemagne, Pologne, Suisse (1998-2003) ; BENELUX, UE & OTAN (2004-06, 2013-17)
Source: https://www.linkedin.com/in/vladimirnorov/
Les tensions actuelles autour de l’Iran et du Golfe mettent en évidence une vulnérabilité structurelle qui va bien au-delà du Moyen-Orient: la dépendance de l’Asie centrale aux corridors de transport liés à l’Iran et aux routes maritimes du Golfe.
Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, les gouvernements d’Asie centrale ont suivi ce que les analystes appellent souvent une «stratégie de connectivité multi-vectorielle».
Pour les économies enclavées d’Asie Centrale, l’accès aux marchés mondiaux repose sur de longs corridors terrestres qui se connectent finalement au transport maritime.
Les routes passant par l’Iran — y compris le chemin de fer Kazakhstan-Turkménistan-Iran, le réseau de transport de l’Accord d’Achgabat et l’accès au Port de Chabahar — offrent certains des liens les plus courts vers le commerce mondial via le golfe Persique et l’océan Indien.
Cependant, l’instabilité dans le détroit d’Hormuz, la hausse des primes d’assurance contre les risques de guerre et les préoccupations concernant la sécurité maritime affectent déjà les décisions logistiques dans toute la région.
Même sans perturbation formelle du trafic maritime, l’incertitude dans les points d’étranglement maritimes clés peut rapidement se répercuter sur les corridors ferroviaires eurasiens.
Les récents incidents de sécurité près de la région du Nakhitchevan en Azerbaïdjan soulignent également à quel point les tensions géopolitiques pourraient rapidement affecter le Caucase du Sud, un segment essentiel du « corridor central » transcaspien reliant l’Asie centrale à l’Europe.
Principales conclusions
- La géographie demeure la plus grande contrainte stratégique de l’Asie centrale.
- Les économies enclavées dépendent de longs corridors de transit vulnérables aux chocs géopolitiques.
- Les routes méridionales via l’Iran restent efficaces mais sont politiquement exposées.
- Les points d’étranglement maritimes tels que le détroit d’Hormuz façonnent indirectement les chaînes d’approvisionnement eurasiennes.
- Le corridor central gagne en importance mais fait toujours face à des problèmes de capacité et d’infrastructure.
Priorités stratégiques pour l’avenir
Pour réduire la vulnérabilité systémique, les stratégies de connectivité de l’Asie centrale devraient donner la priorité à :
- L’expansion des capacités le long du corridor central transcaspien (ports, navigation, intégration ferroviaire)
- La diversification des routes commerciales dans plusieurs directions pour éviter toute dépendance excessive à l'endroit d'un seul corridor
- Le renforcement de la coopération régionale en matière de logistique, douanes et investissements dans les infrastructures
Les défis du transport eurasiatique — longs délais de transit, congestion et régimes douaniers fragmentés — ne peuvent être résolus uniquement par des infrastructures.
Il est désormais très important de mettre en place un mécanisme commun basé sur l’IA pour coordonner la logistique numérique entre tous les États du corridor central. https://lnkd.in/dajJiazA
- Le développement de chaînes d’approvisionnement résilientes reliant l’Asie centrale à l’Europe, à l’Asie du Sud et aux marchés mondiaux.
La crise actuelle rappelle que les infrastructures seules ne garantissent pas la connectivité.
En Eurasie, la géographie, la géopolitique et la logistique sont indissociables — et la résilience exige de planifier en tenant compte de ces trois aspects.
Les projets de connectivité exigent la gestion des risques géopolitiques dans l’ensemble des systèmes commerciaux.
16:58 Publié dans Actualité, Géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, asie, asie centrale, affaires asiatiques, eurasie, connectivité, géopolitique |
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lundi, 09 mars 2026
La Bundeswehr achète des avions de combat F-35 que le Pentagone pourrait paralyser

La Bundeswehr achète des avions de combat F-35 que le Pentagone pourrait paralyser
Florian Rötzer
Source: https://overton-magazin.de/top-story/bundeswehr-kauft-f-3...
Le « fonds spécial », c’est-à-dire le recours à l’endettement illimité décidé par le gouvernement Merz pour le réarmement afin de devenir la plus grande force armée d’Europe, a permis d’acheter en grande quantité chez nos amis américains, en l’occurrence 35 chasseurs F-35 Lightning II. Ces avions furtifs, qui doivent remplacer les Tornado et assurer la « participation nucléaire », coûtent la bagatelle de 10 milliards d’euros. Pour cela, la base aérienne de Büchel doit être profondément transformée.
La justification officielle est que le F-35 est conçu pour les armes nucléaires, que plusieurs autres pays de l’OTAN en achètent également et qu’il « offre tout ce qui caractérise un avion de combat de cinquième génération : fusion des données de capteurs dans le cockpit, mise en réseau des appareils via un datalink spécial et une faible probabilité de détection (furtivité) par les radars ennemis ».
Le Danemark a acheté au total 43 avions de chasse F-35A et a déjà retiré tous ses F-16 du service. Depuis que Trump a cherché à annexer le Groenland, ce choix est moins bien vécu. Après tout, le Danemark s’est remis entre les mains du Pentagone et dépend des données, des communications, des pièces de rechange ou des mises à jour logicielles. À cela s’ajoutent des défauts sérieux pour cet avion surévalué et hors de prix. Il existe des difficultés lors des vols supersoniques en mode furtif, au niveau de la précision des tirs, de la disponibilité opérationnelle, des pièces détachées ou en cas de froid, de pluie ou d’orage.

Par mise à jour logicielle, on entend que le constructeur et/ou le Pentagone a accès aux systèmes informatiques des avions – et peut, en fin de compte, faire en sorte que, par exemple, ils ne puissent pas décoller. Il n’est donc guère surprenant que le ministre néerlandais de la Défense, Gijs Tuinman (photo), évoque un autre problème. Non seulement les mises à jour logicielles posent problème, mais les avions pourraient aussi être piratés – « comme un iPhone » :
« Le F-35 est vraiment un produit commun. Les Britanniques fabriquent les moteurs Rolls-Royce, et les Américains en ont tout simplement besoin. Et même si cette interdépendance ne conduisait pas à des mises à jour logicielles, le F-35, dans son état actuel, reste meilleur que d’autres avions de combat. Si, malgré tout, vous souhaitez une mise à niveau, je vais dire quelque chose que je ne devrais jamais dire, mais je le dis quand même : on peut pirater un F-35 comme un iPhone. »
Tuinman n’a pas donné plus de détails. S’il existe des failles de sécurité, non seulement les Américains mais aussi des adversaires pourraient paralyser les avions, mais il serait aussi possible pour les Danois et les Néerlandais de piloter les avions indépendamment du Pentagone. Au printemps 2025, Joachim Schranzhofer, chef de la communication du groupe d’armement allemand Hensoldt, avait déjà déclaré au Bild : « Le ‘kill switch’ dans le F-35 est plus qu’une simple rumeur. Mais c’est encore plus simple avec le système de planification de mission : alors l’avion reste tout simplement cloué au sol. »
Cela ne semble pas avoir impressionné Pistorius. Il paraît qu’à ce jour, seul Israël a conclu un accord avec le constructeur Lockheed Martin pour utiliser un logiciel propre sur les F-35. Les avions F-35 Lightning II des autres pays reçoivent leurs mises à jour via le système propriétaire Automatic Logistics Information System. L’Allemagne, le Danemark et d’autres pays peuvent bien posséder les avions, mais les États-Unis contrôlent le logiciel et donc le cœur des appareils. Cela concerne tous les systèmes d’armes sophistiqués, par exemple aussi les systèmes de défense antiaérienne Patriot. L’achat de systèmes d’armes crée non seulement une dépendance, mais aussi une vulnérabilité face au vendeur.
Florian Rötzer
Florian Rötzer, né en 1953, est le fondateur du magazine en ligne Telepolis, dont il a été le rédacteur en chef de 1996 à 2020. Depuis 2022, il est rédacteur au Overton Magazin. Il est l’auteur de plusieurs livres. Son livre In der Wüste der Gegenwart, écrit avec Moshe Zuckermann, vient de paraître.
Plus d’articles de Florian Rötzer: https://overton-magazin.de/author/florian-roetzer/

19:50 Publié dans Actualité, Affaires européennes, Défense, Militaria | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : défense, bundeswehr, luftwaffe, europe, affaires européennes, allemagne, danemark, pays-bas, f-35, aviation |
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Le visage du capitalisme prédateur – Du marquis de Sade à Jeffrey Epstein

Le visage du capitalisme prédateur – Du marquis de Sade à Jeffrey Epstein
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/saalistavan-kapitalism...
Lorsque le gouvernement américain publie des documents politiquement sensibles, le rythme de leur divulgation est dicté par des lois et des délais. Officiellement, cette chorégraphie est présentée comme une preuve de la santé et de la transparence des institutions. Dans le cas des documents liés à l'enquête criminelle qui concerne Jeffrey Epstein, le Congrès a ordonné leur publication, ce que le ministère de la Justice a respecté – mais dans la pratique, il s'agissait d'une divulgation échelonnée.
Fabio Vighi souligne que, à la date limite fixée au 19 décembre 2025, « à peine 1 % des dossiers » avaient été rendus publics, après quoi les informations ont été publiées par lots. « Le résultat final n'a pas été un moment de vérité purificateur, mais une série de révélations – un scandale au compte-gouttes qui a entretenu la colère mais retardé la confrontation ou la résolution réelles. »
Ce rythme lent et provocateur a immédiatement suscité des soupçons quant au timing politique, au contrôle des médias et au calibrage stratégique de l'attention. Vighi affirme qu'il ne s'agit pas principalement de prudence bureaucratique, mais d'un système qui se maintient grâce à un scandale contrôlé : le spectacle de la corruption sert de substitut à la réforme structurelle.
La crise actuelle est marquée par une grave récession socio-économique et un vide spirituel qui l'accompagne, où l'épuisement de la capacité de renouvellement du système engendre les « symptômes pathologiques » mentionnés par Antonio Gramsci : des phénomènes qui ne présagent pas de changement, mais masquent la dégradation sociale.
Selon Vighi, l'investissement libidinal dans ces phénomènes renforce la soumission, « lorsque la rage morale se transforme en lien émotionnel et que la misère collective se renouvelle précisément à travers les spectacles qui semblent la révéler ». Les archives d'Epstein s'inscrivent dans ce paysage morbide, car elles « dramatisent et masquent le déclin systémique d'un seul coup ».
Il ne s'agit même pas seulement des archives d'Epstein, mais « de la trace archivistique d'une civilisation qui s'est systématiquement renouvelée par la violence organisée ». Le capitalisme et l'abus sexuel sont guidés par la même logique de prédation : la capacité à déshumaniser et à exploiter la vulnérabilité dans la recherche du profit.
Dans un tel système, les caractéristiques nécessaires à la réussite d'un milliardaire sont troublantes, car elles sont proches de celles qui permettent le viol, la pédophilie et le génocide. « Le capitalisme ne se contente pas de tolérer les personnalités prédatrices, il les cultive », estime Vighi. Le réseau d'Epstein est une métaphore des relations humaines dans une civilisation mue par la cupidité, révélant la convergence inévitable entre la prédation économique et la prédation sexuelle. Ce qui semble être une exception n'est en fait qu'une « image agrandie des règles du jeu ».


À première vue, les millions de pages de documentation ont quelque chose de l'abondance encyclopédique des transgressions du marquis de Sade – une métaphore renforcée par la copie du roman Justine de Sade sur le bureau d'Epstein à Manhattan ; roman qui raconte l'histoire d'une fillette de 12 ans victime d'abus répétés. Le jet privé Lolita Express, la communauté insulaire et le circuit mondial des victimes mineures véhiculent « l'aura sadienne du libertinage rituel de l'élite ».
Selon Vighi, Epstein représente une mutation post-capitaliste des thèmes sadiens : « l'intégration transparente de l'accumulation économique et de l'exploitation sexuelle dans les modes de fonctionnement habituels des systèmes élitistes ». Il s'agit de la fusion entre la contrainte libidinale et le pouvoir économique dans des réseaux obscurs où les secrets et le capital circulent dans les mêmes cercles fermés.
L'intérêt documenté d'Epstein pour l'eugénisme, le transhumanisme et l'ingénierie sociale étend cette logique d'exploitation vers une dystopie techno-fasciste où la vie elle-même est considérée comme un bien stratégiquement conditionnable. Dans ce contexte, les corps humains deviennent des garanties, les secrets des outils de contrôle et le capital le juge suprême de la visibilité et de la destructibilité.
Ce sont précisément les scandales qui semblent révéler une violence systémique qui dirigent la colère publique vers des monstres individuels et laissent les structures elles-mêmes intactes, stabilisant ainsi l'ensemble du système. « Le spectacle de quelques pommes pourries sert d'alibi moral qui donne l'impression que le système qui les a produites est fondamentalement sain », décrit Vighi.
Dans la phase actuelle de désintégration interne de la civilisation, les institutions élitistes ne cherchent plus à améliorer les conditions collectives, mais se sont spécialisées dans la gestion de la dette excessive, de la stagnation et de la lente érosion. La productivité a perdu son sens réel, la richesse s'accumule dans des instruments financiers à haut risque totalement déconnectés de la production matérielle, et le travail est de plus en plus précaire, structurellement marginal et socialement insignifiant.
Ce qui est particulièrement troublant dans les archives d'Epstein, c'est leur parfaite adéquation avec la situation actuelle déprimante des pays occidentaux. Alors que la crise est devenue le langage de base de l'administration, le scandale est devenu la principale forme d'expression libidinale – « une scène de substitution pour les intensités qui ne circulent plus dans l'espace social vécu ».
Le prédateur hypersexualisé est une figure symbolique centrale d'une époque où le désir, la séduction et l'intimité sexuelle ont été évacués de la vie et externalisés sous forme de pornographie sur les écrans. Les appareils intelligents tuent la libido ; le désir qu'ils ont vidé revient sous forme de rage obsessionnelle qui se concentre sur des images sélectionnées de la débauche de l'élite.
Paradoxalement, les archives d'Epstein confèrent au capitalisme une vitalité feinte qui a déjà disparu de son mode de production. L'indécence n'est pas le fruit du hasard, mais elle est élevée au rang d'infrastructure simulée et omniprésente. Les guerres culturelles, les scandales sexuels, les menaces géopolitiques et les paniques morales forment un « flux de conscience systémique » ininterrompu qui exige un investissement émotionnel constant et repousse la reconnaissance de la dégradation structurelle.

Selon les termes de Jean Baudrillard, les archives circulent comme une pure simulation, totalement déconnectée du quotidien de la plupart des gens. Elles entretiennent l'illusion anesthésiante d'une participation morale, tandis que la dégradation du système reste invisible et inaccessible. Elles produisent des scandales tant pour la gauche que pour la droite, rendant l'indignation politiquement neutre.
Vighi précise que sous le capitalisme d'urgence, le spectacle remplit trois fonctions stabilisatrices : il canalise l'attention (la stagnation est ennuyeuse, le scandale est narrativement parfait), maintient la légitimité (la révélation remplace le changement structurel) et canalise la peur (l'angoisse générale se transforme en panique ciblée).
Il en résulte une perte de mémoire sociale insidieuse. Les cycles de scandales ne choquent plus et ne secouent plus le système, mais le stabilisent. Ils ne sont pas synonymes de catastrophe, mais d'anémie progressive et avancée. Extérieurement, tout semble continuer normalement : les institutions fonctionnent, les élections se succèdent, les marchés réagissent. Intérieurement, cependant, l'organisme social perd peu à peu sa capacité de récupération, son objectif commun et sa foi en un avenir meilleur que le présent.
Cela crée une boucle de rétroaction dans laquelle « un spectacle de plus en plus indécent stabilise une nouvelle norme de plus en plus mûre pour la faillite ». Selon Vighi, la perversion la plus profonde n'est pas le scandale lui-même, mais « sa répétition, qui, à travers le langage institutionnel et les rituels médiatiques, convainc que tout va fondamentalement bien ».
Les gens apprendront-ils à reconnaître ces spectacles comme des symptômes d'un épuisement systémique ? La durabilité idéologique des systèmes en déclin réside dans leur capacité à transformer ce déclin en une série infinie d'événements qui absorbent les émotions. « Le véritable danger n'est pas un effondrement soudain, mais une civilisation qui s'effondre en croyant être toujours viable », conclut Vighi.
19:20 Publié dans Actualité, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marquis de sade, jeffrey epstein, fabio vighi, philosophie |
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Penser en termes d'argent

Penser en termes d'argent
Source: https://spenglarianperspective.substack.com/p/thinking-in...
Nous avons tendance à considérer l’argent comme quelque chose que nous utilisons: un outil, un support, un moyen d’échange. Le débat sur ce qu’est l’argent se résume généralement à ce qui le garantit: l’or, l’autorité de l’État ou la confiance collective. Mais selon Spengler, cette question passe déjà à côté de l’essentiel. L’argent n’est pas une chose. C’est une façon de penser.
Lorsque les économistes ou les politiciens débattent de la politique monétaire, ils le font à l’intérieur du cadre de pensée monétaire de leur civilisation. Ils ne peuvent pas s’en extraire, pas plus qu’un homme ne peut discuter du langage sans utiliser le langage. La vraie question est : comment ce type de pensée émerge-t-il, et à quoi ressemble-t-il lorsqu’il prend une autre forme dans une autre Culture ?
Aux premières périodes de la vie économique d’une Culture, il n’existe pas de pensée monétaire parce qu’il n’y a rien à abstraire. La vache du paysan est sa vache ; c’est un être vivant particulier, lié à sa vie particulière. Quand il l’échange, il ne la tarife pas selon un étalon abstrait ; il porte un jugement concret sur une chose par rapport à une autre, à un moment précis, pour un besoin spécifique. Il n’existe pas de « valeur » objective indépendante de l’échange lui-même.

Cela change lorsque le marché devient la ville. L’homme urbain ne produit pas. Il est détaché du sol et des biens qui passent entre ses mains. Il ne vit pas avec eux ; il les regarde de l’extérieur et calcule ce qu’ils valent pour sa vie. Et dans ce moment de détachement, les biens deviennent des marchandises, l’échange devient un chiffre d’affaires, et penser en termes de biens devient penser en termes d'argent.
L’argent correspond au nombre abstrait. Les deux sont entièrement inorganiques. Là où la qualité des biens importait — cette vache, ce champ, ces outils —, celui qui pense en argent réduit tout à des quantités. La vache n’est plus elle-même. Elle devient un quantum numérique de valeur qui se trouve, pour l’instant, prendre la forme d’une vache.
Il s’ensuit que l’argent n’est pas la pièce ou le billet. Ceux-ci ne sont que des symboles de la forme de pensée sous-jacente, de la même manière qu’un nombre écrit est le symbole d’un concept mathématique. Spengler écrit que toutes les théories modernes de la monnaie commettent l’erreur de partir du support de paiement plutôt que de la forme de pensée économique. Les marks et les dollars ne sont pas plus de l’argent que les mètres et les grammes ne sont des forces.
Cela a des conséquences sur notre façon de lire l’histoire économique à travers les Cultures. Chaque grande Culture produit un symbole monétaire différent qui exprime son propre principe de valorisation. Le deben égyptien était une mesure d’échange mais pas un support de paiement. Le billet de banque occidental est un support mais pas une mesure. Et la monnaie sous forme de pièce de l'ère classique était les deux — mais d’une manière qui n’a de sens que si l’on comprend ce qu’était le sentiment du monde classique.

Le monde grec et romain comprenait tout comme des corps dans l’espace. L’homme était un corps parmi les corps. La polis était un corps d’un ordre supérieur. Et l’argent, en conséquence, était aussi un corps. Une pièce, un beau poids de métal avec une empreinte, physiquement présent et tangible. C’est ce que Spengler appelle l’argent apollinien : l’argent comme magnitude. Son apparition autour de 650 av. J.-C. n’était pas une commodité économique. C’était aussi spécifique culturellement que le temple dorique ou la statue en pied : une manière particulière de rendre la valeur visible et corporelle.
L’argent faustien — l’argent de la culture occidentale — est l’opposé. Il n’a pas de corps. C’est du crédit, une valeur comptable, une énergie financière. Il ne repose pas dans la main ; il circule dans des systèmes, s’étend à travers l’espace et le temps, transforme des rivières, des bassins houillers et des populations entières en quantités abstraites de capital. Là où la pièce apollinienne était une chose de forme fixe, l’argent faustien est une fonction, tendant toujours vers l’infini.
C’est pourquoi, insiste Spengler, on ne peut pas vraiment traduire l’idée de l’argent propre à une Culture dans les termes d’une autre. La banque babylonienne, la comptabilité chinoise, le capitalisme des Parsis et des Arabes, ne sont pas des variations autour d’un concept universel unique. Ce sont des expressions de perspectives métaphysiques entièrement différentes, qui ne prennent sens que dans la vie de la Culture qui les a produites.
À travers l’histoire économique de chaque Culture court un conflit entre deux forces opposées. D’un côté, la terre, le paysan, la possession qui a grandi avec la famille, la terre qui n’est pas un capital mais la vie. De l’autre, la pensée monétaire vise toujours la mobilisation: détacher la valeur de la terre, rendre toutes choses fluides, transformer la possession en ressource. Quand l’argent s’empare de la terre, il ne la détruit pas ; il s’insinue dans la pensée de ceux qui la possèdent, jusqu’à ce que la propriété héritée commence à sembler n’être qu’une somme de ressources investies dans la terre, et donc mobile en principe. Le paysan devient quelqu’un dont la relation à son champ est purement pratique.
Au terme de ce processus, l’argent n’est plus seulement un fait économique. Il devient la forme dans laquelle le pouvoir politique, social et créatif se concentre. L’intellect ne monte sur le trône que lorsque l’argent l’y place. La démocratie est l’équation achevée de l’argent au pouvoir politique.
L’âme monétaire d’une civilisation est, au bout du compte, le miroir de ses plus profondes présuppositions sur le monde.
18:36 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : philosophie, argent, monnaie |
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Guerre en Iran: Charlie Kirk a lancé un avertissement – et il est mort!

Guerre en Iran: Charlie Kirk a lancé un avertissement – et il est mort!
Par Daniell Pföhringer
Source: https://www.compact-online.de/iran-krieg-charlie-kirk-war...
Candace Owens, influenceuse américaine très populaire et ancienne compagne de Charlie Kirk dans le mouvement Turning Point USA, a établi un lien entre la guerre en Iran et l'assassinat de Kirk. Cela correspond aux résultats de nos recherches sur ce meurtre, présentés dans notre numéro «Les attentats qui ont changé le monde». Pour en savoir plus, cliquez ici: https://www.compact-shop.de/shop/compact-magazin/compact-...
Une nouvelle série en plusieurs vidéos est actuellement diffusée sur la chaîne YouTube de Candace Owens: dans « The Bride of Charlie », elle et son équipe enquêtent sur les incohérences dans le CV d'Erika, la veuve de Charlie Kirk, et remettent en question ses antécédents, sa prise de contrôle rapide de Turning Point USA (TPUSA) après la mort de Charlie, et prouvent des mensonges flagrants et des liens obscurs.
Charlie Kirk faisait obstacle aux bellicistes
Dans le quatrième épisode, publié le 4 mars, Candace revient sur Charlie lui-même et montre, à l'aide de divers Posts sur X et d'autres déclarations, que l'influenceur pro-Trump, assassiné le 10 septembre 2025 à Orem, dans l'Utah, s'était clairement prononcé contre une « guerre totale » , c'est-à-dire une guerre totale contre l'Iran, et mettait en garde contre ses conséquences imprévisibles. Dans le même temps, Kirk s'est opposé avec véhémence aux néoconservateurs du Parti républicain qui poussaient le président à prendre une telle mesure.
Candace Owens a déclaré textuellement:
«Nous vous avons dit la vérité à l'époque [après l'opération Midnight Hammer du 22 juin 2025, c'est-à-dire l'attaque américaine contre l'Iran dans le cadre de la guerre des douze jours d'Israël]: vous vouliez une guerre totale. C'était ce que voulait Bibi [Benjamin Netanyahu], ce que voulaient les sionistes autour de Trump. Et la seule personne qui s'opposait à l'implication des États-Unis dans une guerre totale en Iran était Charlie Kirk».
Candace poursuit: «Charlie Kirk était à la Maison Blanche et il a convaincu Trump que c'était une idée terrible qui ferait chuter son soutien et ruinerait son héritage. Lui [Netanyahou] et ses acolytes étaient furieux: Charlie Kirk, 31 ans, est la personne qui nous empêche d'obtenir ce que nous voulons».
Elle poursuit:
«Je suis personnellement convaincue que c'est précisément pour cette raison qu'ils ont comploté pour éliminer définitivement cet obstacle quelques mois plus tard. (...) Il est très probable qu'un plan ait été mis en œuvre après que Charlie ait contrecarré les souhaits de Bibi à la Maison Blanche. Sur la base des preuves dont je dispose, je pense que l'assassinat de Charlie était probablement une opération militaire très sophistiquée, destinée – et c'est là que cela devient bizarre, tant ces gens sont fous – à utiliser ironiquement son meurtre pour consolider le soutien américain à Israël».
C'est pourquoi, après l'assassinat de Charlie Kirk, Netanyahou serait «immédiatement passé à l'antenne» pour «vous rappeler à tous à quel point il aimait Israël».

Contre un changement de régime en Iran
En effet, l'opposition de Kirk à une guerre contre l'Iran transparaît dans de nombreux messages publiés depuis 2020:
3 janvier 2020 : Charlie Kirk qualifie certes le gouvernement de Téhéran de «régime maléfique», mais estime que les États-Unis doivent faire preuve de discipline et de retenue afin d'éviter une nouvelle guerre sans fin dans la région. Son appel: «Le sable et la mort continueront de nous ruiner. PAS DE GUERRE avec l'Iran!».
8 janvier 2020 : Kirk salue la retenue de Trump face aux provocations iraniennes (par exemple l'attaque contre l'ambassade américaine) et qualifie la « doctrine Trump » de pragmatique, contrairement aux idées des « bellicistes ». Il met en garde contre le fait que la gauche présentera Trump comme un belliciste en cas d'intervention, alors qu'il ne souhaite pas la guerre.
3 avril 2025 : Kirk met en garde contre les « tambours de guerre » à Washington et qualifie d' « erreur catastrophique » le fait de déclencher une guerre contre l'Iran. Il critique à nouveau les « bellicistes » néoconservateurs qui veulent envoyer des jeunes Américains à la mort et plaide pour un retrait du Moyen-Orient.

17 juin 2025 : Kirk décrit deux extrêmes dans la politique étrangère américaine : les interventionnistes radicaux (comme Lindsey Graham) et les isolationnistes. Il se positionne plus près des isolationnistes, critique les efforts de changement de régime en Iran, car ceux-ci ont semé le chaos, et loue à nouveau le pragmatisme de Trump.
17 juin 2025 : Kirk critique le sénateur James Lankford (un « fanatique des frontières ouvertes ») pour avoir appelé à un changement de régime en Iran et lui reproche de ne jamais avoir été du côté de la base républicaine, alors qu'il plaide désormais en faveur d'une guerre civile au Moyen-Orient.
19 juin 2025 : Kirk s'oppose à nouveau à un changement de régime en Iran, car cela créerait un vide du pouvoir, exacerberait les tensions ethniques et finirait par échouer, comme en Irak, en Afghanistan et en Libye.
Il reproche aux « faucons de guerre » de « brouiller les pistes » et de présenter un changement de régime comme une solution simple, ce qui est irresponsable.
Rupture avec le lobby pro-israélien
Cette position cohérente a-t-elle signé l'arrêt de mort de Kirk ? Le fait est que lors du Student Action Summit organisé par Turning Point USA à la mi-juillet à Tampa, en Floride, l'intervention de Tucker Carlson a dû faire grincer des dents les sponsors actuels de l'organisation issus du lobby israélien. Devant l'équipe réunie, l'icône du MAGA a dévoilé les liens entre Jeffrey Epstein et le Mossad et a qualifié ouvertement le milliardaire pro-israélien Bill Ackman de « fraudeur » qui aurait évolué dans « l'entourage » d'Epstein.

Cet incident, ainsi que d'autres similaires que nous mettons en lumière dans le numéro de COMPACT intitulé « Les attentats qui ont changé le monde » (cf. infra), n'est pas resté sans conséquences. Quelques semaines plus tard, le 6 août, Charlie, visiblement pâle, a déclaré dans une interview avec l'influenceuse conservatrice Megyn Kelly (photo): « J'ai reçu des messages, Megyn, dans lesquels je suis qualifié d'antisémite. » Irrité, il a déclaré: « J'ai moins de possibilités de critiquer le gouvernement israélien que les Israéliens eux-mêmes. Et c'est vraiment très, très étrange. » Il a finalement ajouté:
« Nous sommes américains, nous sommes avant tout américains, point final. Fin de l'histoire. »
Ses bailleurs de fonds lui ont fait part de leur mécontentement le 8 août, environ un mois avant son assassinat, dans un luxueux complexe hôtelier des Hamptons. Comme l'a rapporté Max Blumenthal, rédacteur en chef du portail d'investigation américain The Grayzone, en se référant aux participants de cette « retraite d'influenceurs », la réunion convoquée par Ackman, qui rassemblait une douzaine de militants pro-israéliens, s'est transformée en tribunal.
Charlie aurait été « engueulé » par le milliardaire et une certaine Natascha avant qu'on lui présente une « liste détaillée de ses fautes ». Selon l'initié, Kirk aurait été « effrayé » par ce traitement. Ackman a nié cette version après l'assassinat de Charlie.
« Ils vont me tuer ! »
Les tensions ont continué à s'intensifier. Début octobre 2025, Candace Owens a publié des extraits d'une conversation qui a eu lieu seulement 48 heures avant l'assassinat de Charlie Kirk. Outre Kirk, son pasteur évangélique, un rabbin et le commentateur américain pro-israélien Josh Hammer, entre autres, ont participé à cette conversation.
Voici les passages les plus significatifs :
Charlie Kirk (15 h 48) : « Je viens de perdre un autre gros donateur juif. 2 millions de dollars par an, parce que nous ne refusons pas Tucker {Carlson}. Je pense inviter Candace {Owens}. »
Expéditeur inconnu (15 h 50) : « Uggghh. »
Charlie Kirk (15 h 54): «Les donateurs juifs correspondent à tous les stéréotypes. Je ne peux pas et je ne vais pas me laisser intimider comme ça».
Charlie Kirk (15 h 54) : « Cela ne me laisse pas d'autre choix que de quitter la cause pro-israélienne. »
Mais ce n'est pas tout ! Le 9 septembre, soit exactement un jour avant l'assassinat, Kirk a participé à une conférence Zoom sur les « défis anti-israéliens » lors de sa prochaine tournée universitaire. Étaient également présents : ledit rabbin et Josh Hammer. Selon Candace Owens, Kirk aurait envoyé plusieurs messages en majuscules à plusieurs personnes pendant la réunion Zoom: « ILS VONT ME TUER ! »

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dimanche, 08 mars 2026
Une mosaïque sanglante: la défense décentralisée de l'Iran et la lutte contre l'ordre sioniste

Une mosaïque sanglante: la défense décentralisée de l'Iran et la lutte contre l'ordre sioniste
Markku Siira
Source: https://markkusiira.substack.com/p/verta-vuotava-mosaiikk...
Source du texte analysé dans le présent article: https://d39raawggeifpx.cloudfront.net/styles/16_9_desktop...
Tel Aviv a été secouée par des explosions qui en disent plus long que n'importe quel communiqué officiel. Les caméras des téléphones portables des témoins oculaires ont enregistré une vaste zone de débris dont la configuration suggère l'utilisation de missiles Khorramshahr-4 iraniens.
Ces missiles, équipés d'une ogive pouvant peser jusqu'à 1500 kg, sont capables de disperser environ 20 fragments sur une zone de 16 km de diamètre – et ils ont frappé le cœur de l'État sioniste. Selon l'armée de l'air israélienne, tous les missiles ont été interceptés, mais les fragments qui ont touché le sol ont suffi à montrer que la guerre passe à un nouveau niveau.
Cet événement est une illustration concrète de la stratégie dite de «défense en mosaïque». La réponse de l'Iran à la pression militaire exercée par Israël et les États-Unis s'est transformée en une doctrine qui défie les conceptions traditionnelles de la guerre et de l'équilibre des pouvoirs.
Ce terme décrit avec justesse une stratégie dans laquelle, au lieu d'une armée centralisée, la résistance et la capacité de frappe sont réparties dans un vaste réseau interconnecté. Il s'agit d'un plan à long terme de la Garde révolutionnaire iranienne, que l'on peut qualifier de «guerre des mille coups» – une méthode visant à épuiser et finalement à vaincre un adversaire qui se fie trop à sa propre supériorité.
Au cœur de cette stratégie se trouve la compréhension que l'Iran ne peut pas et ne cherche pas à vaincre les États-Unis et Israël dans un conflit direct et traditionnel. Au lieu de cela, Téhéran a construit sa défense à partir d'éléments qui, pris isolément, peuvent sembler disparates, mais qui, ensemble, forment un ensemble tenace et meurtrier.
Chaque groupe allié, du Liban au Yémen, chaque batterie de missiles et chaque patrouilleur rapide dans le golfe Persique est une pièce de ce puzzle. Lorsque le conflit s'intensifie, ces pièces ne se détachent pas, mais s'assemblent dans une nouvelle configuration et créent une menace en constante évolution et imprévisible.
Les derniers jours ont démontré l'efficacité de cette doctrine dans la pratique. Lorsque les frappes israéliennes et américaines ont visé à éliminer des dirigeants de haut rang, l'Iran est immédiatement passé à un commandement décentralisé et à un plan de contingence à quatre niveaux. Au début, les ripostes n'ont pas fait appel à la technologie de pointe, mais à des missiles et des drones plus anciens.
Leur objectif n'était pas seulement d'atteindre leur cible, mais aussi d'épuiser les coûteuses ressources antiaériennes de l'adversaire. La destruction d'un seul « missile sacrificiel » iranien peut coûter des dizaines de millions de dollars, une facture que même les États-Unis ne peuvent se permettre de payer à plusieurs reprises. C'est la mathématique de la guerre, que les généraux occidentaux ne semblent pas maîtriser.

Les frappes de Khorramshahr ont toutefois marqué le début d'une nouvelle phase. Après avoir réussi à détruire les rampes de lancement mobiles iraniennes et réduit le nombre de tirs, Téhéran a commencé à maximiser la puissance destructrice de chaque missile. Le Khorramshahr-4 (photo), dont le nom fait référence à la bataille de Khaibar au VIe siècle – un affrontement précoce entre juifs et musulmans – est chargé de symbolisme. Il montre qu'il ne s'agit pas seulement d'un conflit territorial ou militaire, mais d'une lutte historique plus profonde.
Cette lutte est liée à la notion de «Pax Judaica», un ordre en Asie occidentale dirigé par Israël et soutenu par les États-Unis. Pour l'Iran, l'opposition à Israël et à son allié américain est existentielle. Il ne considère pas ce conflit comme une simple confrontation entre États, mais comme une lutte pour la légitimité de l'existence de la République islamique et pour l'idée de résistance contre le sionisme et les aspirations hégémoniques de l'Occident. La défense mosaïque est la forme armée de cette lutte.
Le débat occidental sur la politique de sécurité se concentre souvent sur le programme nucléaire présumé de l'Iran. Cependant, l'Iran a déjà atteint un niveau de dissuasion stratégique, non pas grâce à la bombe atomique, mais grâce à son positionnement économique et militaire. La portée de la défense en mosaïque ne se limite pas au champ de bataille. Son concept élargi englobe la capacité de frapper directement les piliers économiques de l'ennemi.
L'Iran a déjà fermé le détroit d'Ormuz et attaqué des pétroliers, bloquant ainsi environ un cinquième des transports mondiaux de pétrole. Dans le même temps, Téhéran a menacé d'étendre ses attaques à l'infrastructure énergétique elle-même, aux gisements de gaz et aux oléoducs, comme l'oléoduc stratégiquement important Bakou-Tbilissi-Ceyhan. Dans ce cas, l'Iran ne menacerait pas seulement des cibles individuelles, mais aussi la sécurité énergétique de l'Occident dans son ensemble et, par conséquent, le système du pétrodollar qui soutient la puissance américaine.

Le calcul de l'Iran est froid : plus le conflit dure et plus il s'étend, plus la pression économique et politique devient insupportable pour les États-Unis et leurs alliés. Chaque frappe contre l'Iran est également une frappe contre le fragile modèle économique des pays arabes du Golfe Persique, qui repose sur la protection militaire américaine. Lorsque cette protection s'avère insuffisante, la confiance dans les États-Unis en tant que garant de la sécurité régionale s'effrite également.
Ironiquement, les efforts déployés par les États-Unis et Israël pour détruire l'infrastructure militaire iranienne ont révélé les failles de leur propre stratégie. En concentrant leurs efforts sur l'élimination des dirigeants de Téhéran et en bombardant des bases connues et même des banlieues densément peuplées, ils ont oublié qu'on ne peut pas détruire une mosaïque en frappant son centre, car elle n'a pas de centre unique.
Les villes souterraines iraniennes et la capacité de l'Iran à fabriquer des drones bon marché à l'échelle industrielle sont la preuve qu'il s'agit d'une sorte de guerre d'usure structurelle. Dans cette guerre, l'Iran contrôle le rythme et l'orientation de l'escalade, laissant son adversaire dans l'incertitude permanente quant aux prochaines frappes. La mosaïque saigne, mais elle résiste à la pression, épuisant ceux qui tentent de la contrôler.
La défense en mosaïque de l'Iran n'est pas seulement un concept de technologie militaire, mais une philosophie de résistance globale. Elle remet en question non seulement la puissance militaire, mais aussi l'ensemble des fondements économiques et idéologiques sur lesquels reposent le bloc occidental dirigé par les États-Unis et la Pax Judaica qu'il aspire à instaurer.
Ignorer cette réalité a conduit à des conséquences imprévisibles, et rien n'indique que la mosaïque ne pourrait pas se réorganiser pour une nouvelle série de contre-attaques. Les espoirs d'Israël et des États-Unis d'une victoire rapide pourraient bien rester vains: Téhéran se prépare depuis longtemps à la guerre et à ses milliers de coups.
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L'illusion de la tête coupée: pourquoi l'Iran n'est pas un jeu vidéo

L'illusion de la tête coupée: pourquoi l'Iran n'est pas un jeu vidéo
par Andrea Zhok
Source: https://www.sinistrainrete.info/articoli-brevi/32456-andr...
Ils se réjouissent d'un assassinat en croyant à la liberté. Ils ignorent la structure, le consensus et le martyre. Ils confondent géopolitique et jeu vidéo. Le résultat? Une haine consolidée, une vengeance inévitable, un chaos permanent présenté comme une émancipation démocratique
Je viens de voir une vidéo montrant les célébrations dans une ville italienne d'une vingtaine de jeunes, enfants d'exilés iraniens, qui se réjouissent parce que, je cite textuellement:
« Khamenei est mort, la dictature est finie ».
Maintenant, étant donné que quand on est jeune, dire et croire des bêtises fait partie des droits de l'homme, il est difficile d'imaginer un plus grand éloignement de la réalité.
Passons sur les détails vulgaires d'ordre éthique, comme le fait que vous vous réjouissez parce qu'une puissance nucléaire vient d'assassiner l'équivalent chiite du pape.
Ce sont des banalités, j'en suis conscient, et le fait d'avoir légitimé l'assassinat politique comme une forme de civilisation ne fait plus la une des journaux (je rappelle toutefois discrètement que le sens des normes morales réside dans leur universalité, dans leur réciprocité implicite: ergo, lorsque vous légitimez un assassinat politique là-bas, vous légitimez tout assassinat politique, même lorsque le scénario se déroule chez vous).
Mais passons.
Ce qui me frappe, c'est la succession d'absurdités qui, mises bout à bout, frôlent l'hallucination.
Premièrement, on peut légitimement ne pas aimer le régime iranien, mais ce n'est PAS une dictature, mais une structure institutionnelle complexe, avec des mécanismes de remplacement par élection ou cooptation de ses propres classes dirigeantes. Par conséquent, les interprétations qui imaginent que la décapitation du sommet implique la chute du système (comme si le Führerprinzip s'appliquait) n'ont aucun sens.
Deuxièmement, en Iran (et dans le reste du monde chiite), la popularité d'Ali Khamenei était énorme. Pour s'en rendre compte, il suffit de regarder les manifestations actuelles dans les rues iraniennes et le fait que, de l'Irak au Pakistan, les différentes communautés chiites mettent le feu aux ambassades américaines. Qu'une telle popularité, accordée à un chef religieux, puisse être effacée par un assassinat politique est quelque chose qui ne peut fonctionner que dans un jeu vidéo. Quoi qu'il arrive, quelle que soit l'issue du conflit en cours, cette popularité dont jouit un martyr restera cristallisée et consolidée au sein de la population. Même si demain, l'héritier du Shah venait à prendre le pouvoir à Téhéran, avec une solide garde prétorienne américaine, il se retrouverait à gouverner ce peuple. Et cela signifie qu'une telle opération est vouée à l'échec, pouvant tout au plus produire une guerre civile perpétuelle.
Ergo, ce que ces enfants célèbrent est dans l'ordre :
- l'assassinat politique d'un chef d'État,
- son remplacement par quelqu'un qui se sentira obligé de le venger,
- la consolidation au sein d'une grande partie de la population iranienne d'une haine durable envers les « libérateurs ».
Le meilleur résultat possible de cette dynamique, dans une perspective anti-régime, est la destruction de la République islamique et son remplacement par un Irak (ou une Libye) 2.0, un État fantoche en proie à une guerre civile perpétuelle.
Il est clair que ce résultat est tout à fait souhaitable pour les Américains et les Israéliens. Mais que cela puisse être célébré par quelqu'un qui pense parler au nom du peuple iranien, pour le bien du peuple iranien, pour la liberté du peuple iranien, cela laisse vraiment perplexe.
Comme ces jeunes étudient dans nos universités, on a l'impression qu'ils sont le symptôme de notre catastrophe culturelle, de notre incapacité à analyser la réalité, préférant la remplacer par des raccourcis moralisateurs, où même la morale est remplacée par des spots publicitaires et des jingles.
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Dix faits incroyables sur le Proche-Orient: la propagande occidentale sur l'Iran est tellement mensongère!

En temps de guerre, la vérité est la première victime...
Dix faits incroyables sur le Proche-Orient: la propagande occidentale sur l'Iran est tellement mensongère!
Source: https://derstatus.at/globalismus/10-irre-nahost-fakten-so... .
Le discours occidental sur la guerre en Iran est facile à résumer: ce pays du Moyen-Orient serait en train de construire la bombe atomique, financerait le terrorisme dans le monde entier, menacerait Israël par pure haine des Juifs, raison pour laquelle il faudrait lui imposer la liberté et la démocratie tant vantées par l'administration d'une frappe préventive. Mais ces représentations n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité – et dans de nombreux cas, ce sont même les États-Unis, Israël et/ou leurs alliés qui sont en réalité à l'origine des bouleversements. C'est ce que montre une vidéo récente du commentateur patriotique Patrick Lenart, bien documentée et minutieuse (cf. infra).
1: Les guerres occidentales justifiées par des mensonges
Dans sa dernière vidéo, Lenart dévoile des erreurs largement répandues et replace le conflit dans son contexte, qui remonte parfois à plusieurs décennies. Il commence par la version d'une « frappe préventive » initialement avancée par plusieurs médias, mais dont même le Pentagone s'est désormais éloigné. Il rappelle également les mensonges propagandistes qui ont servi de prétexte à l'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak par les États-Unis, qui a causé la mort de centaines de milliers de civils et de milliers de soldats américains et coûté des milliards (!).
En Irak, les « armes de destruction massive » tant évoquées n'ont jamais été trouvées, et le motif de l'invasion de l'Afghanistan était également fallacieux. On a laissé croire au monde entier que les talibans ne livreraient pas Ben Laden, alors qu'en réalité, ils étaient tout à fait disposés à le faire, à condition qu'il bénéficie d'un procès équitable. De plus, ils ne voulaient livrer le chef d'Al-Qaïda qu'à un pays musulman, alors qu'il y avait suffisamment d'alliés des États-Unis dans la région.
Vous pouvez visionner ici la vidéo complète, d'une durée d'environ 20 minutes:
2: L'Iran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique
Selon Lenart, l'affirmation selon laquelle l'Iran serait sur le point de se doter de la bombe atomique est également dénuée de fondement. Le Premier ministre israélien Netanyahou l'affirme régulièrement depuis 30 (!) ans. En réalité, Khamenei, en tant que chef spirituel de l'Iran, a émis une fatwa déclarant que les armes nucléaires étaient incompatibles avec la foi islamique.
De plus, Oman a déclaré, juste un jour avant l'attaque, que l'Iran était prêt à faire des concessions pour garantir qu'il ne cherchait pas à se doter de l'arme atomique. Malgré cela, l'attaque a immédiatement suivi. Trump affirme également vouloir un nouvel accord nucléaire avec l'Iran, alors qu'il a dénoncé l'accord initial – que le pays respectait – en 2018, le qualifiant d'arbitraire politique.

3: Israël, la Nakba et le droit international
Même l'argument selon lequel l'Iran serait hostile à Israël pour des raisons antisémites repose sur des bases fragiles, d'autant plus que l'Iran abrite la plus grande communauté juive en dehors d'Israël, qui dispose même d'un siège garanti au parlement. Les raisons de cette opposition résident dans le fait que l'Iran soutient les Palestiniens. Lenart retrace également la dimension historique: dès les années 1940, des organisations terroristes juives ont fait sauter des hôtels entiers ou massacré des villages palestiniens entiers. Pour créer l'État d'Israël, qui a vu le jour en 1948, environ 700.000 Arabes ont été expulsés.
À ce jour, la politique de colonisation se poursuit en Cisjordanie, parfois avec des moyens brutaux: «Des bulldozers arrivent, détruisent les bâtiments, les gens sont terrorisés et parfois assassinés pour les expulser, et les colons juifs prennent leur place. Ils prétendent que Dieu leur a donné cette terre. L'Occident ferme les yeux sur tout cela. » Ce constat s'applique également aux crimes de guerre massifs commis par l'armée israélienne dans le conflit à Gaza. Le fait que l'Iran soutienne la population arabe n'a donc rien à voir avec la religion, mais avec des raisons politiques.
4: L'Iran, véritable ennemi du djihadisme
La représentation selon laquelle l'Iran financerait le djihadisme serait également fausse. En réalité, celui-ci proviendrait principalement de l'école salafiste sunnite, alors que l'Iran est l'un des rares pays du monde islamique à être majoritairement chiite. De nombreux djihadistes considèrent les chiites comme des ennemis plus importants que les juifs ou les chrétiens, à tel point que même Al-Qaïda (!) s'est distancié des massacres perpétrés par l'EI contre ces derniers au début de la milice terroriste, car de tels actes ne devraient pas être commis contre des frères musulmans. L'Iran aurait même joué un rôle important dans la lutte contre l'EI.

5: L'Occident a détruit la démocratie iranienne
La raison de l'opposition aux États-Unis est quant à elle plus profondément ancrée dans l'histoire. Comme Der Status l'avait déjà rapporté l'année dernière (cf.: https://derstatus.at/welt/iran-im-visier-so-verlogen-waren-die-letzten-befreiungen-des-westens-3959.html ), les services secrets britanniques et américains ont en effet fomenté un «changement de régime» en Iran dès les années 1950. Le leader chiite démocratiquement élu Mohammed Mossadegh (portrait) voulait nationaliser l'industrie pétrolière. Ce n'est que dans les années 2010 que la CIA a reconnu l'existence de cette « opération Ajax ».
Mohammed Reza Pahlavi a alors été réinstallé comme shah et a régné de manière totalitaire et avec une poigne de fer, ce qui a entraîné un mécontentement qui a culminé en 1979 avec la «révolution islamique». Lenart commente: «Les Iraniens se souviennent donc très bien que les Américains leur ont volé leur démocratie et leur ont imposé une dictature marquée par la brutalité». Détail intéressant: le programme nucléaire iranien a été lancé dans les années 50 avec le soutien des États-Unis...
6: Qui finance réellement le terrorisme?
Ce qui est passionnant dans le financement international du terrorisme, c'est de savoir qui se cache réellement derrière. Al-Qaïda – dont l'État islamique est finalement une scission – a vu le jour lorsque, pendant la guerre froide, les États-Unis ont financé à hauteur de plusieurs millions de dollars les combattants «moudjahidines» et de véritables groupes terroristes par l'intermédiaire des services secrets pakistanais afin qu'ils chassent les Soviétiques d'Afghanistan. Lenart commente: «Les Américains ont donc eux-mêmes cofinancé le tout». Détail intéressant: les talibans ont d'ailleurs les mêmes racines. Rappelons également à ce propos la représentation des moudjahidines comme des combattants de la liberté dans «Rambo III».

L'autre élément, qu'il convient de signaler, date également de l'année 1979, autour de l'attentat contre la Grande Mosquée en Arabie saoudite. Afin d'obtenir la permission spirituelle pour la reconquête, les salafistes, alors fraîchement expulsés d'Égypte et ayant gagné en influence, ont donné leur accord, à condition que les «pétrodollars américains» provenant du pétrole soient investis dans la mission mondiale de l'islam. La propagation de l'école salafiste a entraîné une radicalisation de l'islam dans de nombreux endroits. Ainsi, ce sont en quelque sorte les Saoudiens, principaux alliés des États-Unis dans la région, qui ont finalement financé à leur insu la montée du terrorisme islamiste.
7: Qui détient l'uranium américain volé ?
Lenart trouve également intéressant que l'on avance sans cesse l'argument selon lequel il serait dangereux qu'un pays de la région possède la bombe atomique. Or, Israël possède déjà entre 80 et 400 armes nucléaires, sans être soumis à des contrôles internationaux ni avoir adhéré au Traité de non-prolifération nucléaire. À cela s'ajoute «l'option Samson», qui permet à Israël de se réserver le droit d'entraîner ses ennemis dans la destruction et qui considère les missiles nucléaires comme un moyen efficace contre les pays européens. D'ailleurs, certains politiciens israéliens ont également flirté avec l'utilisation d'armes nucléaires dans le conflit de Gaza, comme l'a rapporté Der Status: https://derstatus.at/welt/atomraketen-auf-gaza-israelische-politikerinnen-fordern-offen-volkermord-1577.html.
D'où Israël tire-t-il la capacité de fabriquer la bombe? Selon certaines sources, des agents du Mossad auraient trompé les Américains et volé de l'uranium de qualité militaire dans une usine de Pennsylvanie en 1965. À ce jour, cependant, il n'y a eu aucune conséquence, et encore moins de poursuites judiciaires pour ce vol. Lenart soupçonne que l'une des raisons à cela réside dans le point suivant qu'il soulève, à savoir les sommes colossales qui sont consacrées au lobbying en faveur d'Israël, notamment aux États-Unis.

8: L'AIPAC et la politique étrangère américaine
En effet, l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) a une grande influence sur les relations américano-israéliennes et donc aussi sur la politique étrangère américaine. Rien qu'en 2024, plus de 100 millions de dollars ont été dépensés dans la campagne électorale, dont 45 millions pour empêcher la réélection de membres du Congrès critiques à l'égard d'Israël. Cela exerce également une pression correspondante sur d'autres mandataires. Il convient également de mentionner les 600 millions de dollars que Miriam Adelson, citoyenne israélienne et fervente sioniste, ainsi que son défunt mari, ont investis au cours des dix dernières années dans l'entourage de Trump et les républicains.
Suivez l'argent: l'influence est proportionnellement importante. Adelson serait également responsable de la nomination de Marco Rubio, un politicien favorable à Israël, au poste de ministre des Affaires étrangères. Lenart résume: «Une citoyenne étrangère dépense des centaines de millions d'euros pour influencer la politique américaine. Il s'agit là d'un lobbying massif». Cela aiderait également à expliquer pourquoi Trump a recommandé d'attaquer l'Iran, alors que la majorité de la population américaine est clairement opposée à une telle intervention à quelques mois des élections de mi-mandat. Cela vaut également pour ses électeurs fidèles, à qui il a promis, en tant que «président de la paix», de ne pas déclencher de guerres...
Nous avions également très tôt pris en compte les intérêts israéliens et les bombes sur l'Iran comme «raison d'État»: Rester critique même sous Trump: «America First» n'est pas «Europe d'abord» (6 novembre 2024): https://derstatus.at/meinungen/kritisch-bleiben-auch-unter-trump-america-first-ist-kein-europa-zuerst-3180.html
9 : Netanyahou, la justice et les élections
La question « À qui profite le crime ? » est également révélatrice. Car personne n'a davantage besoin du conflit que Benjamin Netanyahou. En effet, depuis 2020, le Premier ministre israélien retarde un procès en cours pour fraude, abus de confiance et corruption. Dans le même temps, tous les sondages montrent depuis un certain temps qu'il perdrait actuellement les élections législatives haut la main – « comme c'est pratique qu'il n'y ait plus d'élections en Israël depuis le 7 octobre [2023, note] – date de l'attaque terroriste du Hamas contre Israël ».
10: Pourquoi Israël a contribué à la création du Hamas
Lenart a gardé le « point le plus sensible » pour la fin, à savoir le rôle d'Israël dans l'ascension du Hamas. Der Status a également rendu compte en détail de cette question peu après l'escalade du conflit à Gaza: https://derstatus.at/welt/geister-die-sie-riefen-israel-an-hamas-grundung-massgeblich-beteiligt-1567.html. L'ancien gouverneur militaire israélien de la bande de Gaza, autrefois occupée, a ainsi admis que le gouvernement avait également soutenu financièrement la création du Hamas et le financement de ses activités. Le calcul était le suivant: créer une deuxième organisation palestinienne parallèlement à l'OLP d'Arafat, qui gouverne en Cisjordanie, selon le principe «diviser pour régner».

Lenart souligne ici le rôle très personnel de l'actuel Premier ministre: Netanyahou aurait lui-même déclaré qu'il fallait soutenir et financer le Hamas afin d'empêcher une solution à deux États. En effet, si des organisations différentes sont au pouvoir dans les deux territoires palestiniens, il n'y aurait pas d'interlocuteur unique pour les négociations correspondantes. Enfin, il rappelle également que lors de l'attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, les services secrets disposaient apparemment d'informations préalables, qui n'ont toutefois pas donné lieu à des mesures concrètes.
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L’Iran sous attaque : une recette pour le désastre

L’Iran sous attaque: une recette pour le désastre
Lic. Andrés Berazategui
Source: https://politicar.com.ar/contenido/1645/iran-bajo-ataque-...
L’attaque contre l’Iran déstabilise un ordre toujours fragile au Moyen-Orient et expose des calculs stratégiques divergents entre les États-Unis et Israël, avec des risques d’escalade susceptibles de transformer radicalement la région.
ANALYSE
L’attaque contre la République islamique d’Iran menée par les États-Unis et Israël est une action qui bouleverse un ordre déjà très fragile au Moyen-Orient et qui peut avoir des conséquences dépassant le cadre régional, ce qui rend pertinent l’examen des objectifs et des calculs de Donald Trump et de Benjamin Netanyahu. Essayons d’évaluer ces motivations d’un point de vue stratégique.
Les États-Unis comme garants de l’ordre régional
Le président américain a déclaré que les objectifs des actions visaient principalement à anéantir le projet nucléaire iranien, ainsi qu’à forcer un changement de régime à Téhéran. En accord avec ces objectifs, la nécessité de limiter la capacité de l’Iran en matière de missiles balistiques, de dégrader ses capacités navales et de mettre fin au soutien de Téhéran à son réseau d’alliés régionaux (Hezbollah, Hamas, Houthis, etc.) a également été évoquée.
Historiquement, la région du Golfe Persique a revêtu une importance stratégique centrale pour les États-Unis, en raison de la place critique du pétrole dans l’économie mondiale. Ce facteur a poussé Washington à se poser en garant d’un certain ordre régional – du moins pour éviter une explosion généralisée – autour d’une ressource naturelle dispersée entre plusieurs pays, mais concentrée géographiquement, cruciale pour l’économie internationale et située dans une zone hautement volatile, marquée par des conflits potentiellement explosifs de nature religieuse, ethnique et géopolitique.

Cependant, depuis l’essor du gaz de schiste dans la décennie 2010, la nature de l’intérêt américain a changé. Ayant atteint l’autosuffisance dans l’accès et la production de pétrole, il ne s’agit plus tant d’assurer l’approvisionnement direct que de préserver la stabilité systémique du marché énergétique mondial et de conditionner (comme au Venezuela) l’approvisionnement de la Chine, principal défi stratégique des États-Unis. De plus, Washington cherche à éviter de fortes perturbations des prix du pétrole qui auraient un impact négatif sur son économie et, dans le même temps, à empêcher ses rivaux de profiter géopolitiquement de la région.
Si l’on établissait une échelle de priorisation des intérêts, on pourrait dire que la région a perdu une centralité relative dans la grande stratégie américaine. Elle reste importante, mais n’en constitue plus l’un des axes structurants : son importance découle en grande partie de sa connexion avec la compétition stratégique mondiale. Même si l’Iran conserve la capacité d’affecter la sécurité énergétique internationale et d’entraver, par ses propres moyens ou par l’intermédiaire de ses alliés, les objectifs régionaux de Washington, il ne représente pas une menace directe pour le territoire continental des États-Unis, ni ne semble en mesure de compromettre des objectifs stratégiques plus larges des États-Unis. Tout cela nous amène à affirmer que les actions entreprises constituent, au minimum, une manœuvre hautement risquée.
La perception existentielle d’Israël
Pour Israël, en revanche, la question est plus grave. Téhéran est perçue comme une menace existentielle, d’où l’intérêt vital d’affaiblir structurellement le gouvernement des ayatollahs et, éventuellement, de transformer l’Iran en un acteur incapable de changer l’équilibre régional, soit par son intégration dans un ordre régional plus favorable aux intérêts israéliens, soit par un affaiblissement qui ferait de l’Iran un État dysfonctionnel.

Depuis plusieurs décennies, les responsables israéliens ne considèrent pas l’État perse comme un adversaire stratégique, mais comme un ennemi – un hostis, au sens schmittien – qui met en danger l’existence même d’Israël. Les dirigeants juifs ont depuis longtemps consolidé le récit (aujourd’hui largement partagé dans la société israélienne) selon lequel Israël est un petit État entouré d’ennemis puissants cherchant sa destruction (et aucun n’est aussi dangereux que l’Iran), ce qui justifie toute action, aussi radicale soit-elle.
Ce récit a également pénétré profondément de nombreux pays occidentaux, en particulier les États-Unis. Ainsi, en amplifiant les dénonciations d’antisémitisme, en attirant le soutien des mouvements sionistes-chrétiens ou encore grâce à l’action de divers lobbies pro-israéliens, une stratégie de captation des volontés (et de neutralisation des critiques) a été élaborée, visant à rechercher le soutien sur des fondements identitaires, religieux ou directement politiques. Une méthode globale et efficace, il faut le reconnaître.
On sait comment cela a commencé, mais on ne sait pas comment cela finira
Les actions des États-Unis et d’Israël reposent donc sur des appréciations stratégiques motivées par différents niveaux d’intérêt. Cependant, il est très probable qu’en Iran, les positions se radicalisent au sein du système politique actuel (qui n’a pas encore implosé) et que des secteurs significatifs de la société iranienne renforcent leur soutien au gouvernement selon une logique de cohésion face à l’agression extérieure.
Cela amène à se demander s’il valait vraiment la peine de déstabiliser un ordre régional aussi fragile, en exacerbant une situation historiquement complexe face à un acteur qui a démontré à plusieurs reprises une grande résilience. Si les calculs stratégiques de toutes les parties impliquées ne sont pas précisément ajustés, la dynamique des événements pourrait s’emballer et déboucher sur un scénario de conséquences régionales, voire systémiques, difficiles à contenir. Dans ce cas, la situation pourrait conduire à un désastre de grande ampleur.
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samedi, 07 mars 2026
L’Iran s’attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine

L’Iran s’attaque au système nerveux de la projection de puissance américaine
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Pour comprendre l’escalade actuelle au Moyen-Orient, il faut d’abord prendre du recul. Dans nos médias occidentaux, un récit familier domine toujours: les États-Unis et Israël attaquent les capacités militaires iraniennes, tandis que Téhéran réagit avec des missiles et des drones. La conclusion est alors généralement de dire que l’Iran serait militairement affaibli.
Mais cette perspective passe à côté d’un point crucial. La stratégie iranienne ne vise apparemment pas en premier lieu l’affrontement militaire direct. Téhéran cherche plutôt à mettre en évidence les faiblesses structurelles de l’architecture militaire américaine au Moyen-Orient.
C’est précisément là que réside le cœur stratégique des opérations actuelles. Les systèmes militaires modernes ne fonctionnent plus comme des plateformes d’armes isolées, mais comme des réseaux complexes de capteurs, de systèmes de communication et de capacités d’interception. Les systèmes de défense antimissile, par exemple, sont largement aveugles sans leurs radars et leurs capteurs d’alerte précoce. Si ces composants sont endommagés ou détruits, l’ensemble du système perd son efficacité opérationnelle.

Dans ce contexte, la démarche iranienne apparaît bien plus rationnelle qu’on ne la présente souvent. Téhéran concentre de plus en plus ses attaques sur le niveau sensoriel et infrastructurel de la présence militaire américaine. Cela concerne notamment :
- Les systèmes d’alerte précoce et les radars stratégiques
- Les centres de communication et de transmission de données
- Les capteurs des systèmes de défense antimissile
- L’infrastructure des bases militaires américaines
Ces installations constituent la colonne vertébrale technologique de la puissance militaire américaine dans la région. Sans elles, même des systèmes aussi sophistiqués que le Patriot perdent une grande partie de leur efficacité. La logique opérationnelle peut donc être résumée simplement: l’Iran ne cherche pas à saturer la défense antimissile américaine, mais à la rendre aveugle.
Il s’agit d’une stratégie asymétrique classique, qui vise à modifier la structure des coûts d’un adversaire technologiquement supérieur. Alors que les missiles et drones iraniens peuvent être produits à moindre coût, l’infrastructure des défenses antimissiles modernes est extrêmement onéreuse et difficile à remplacer rapidement. Un radar stratégique ou un centre de communication complexe ne se reconstruit pas du jour au lendemain. Si cette infrastructure est endommagée, il en résulte une vulnérabilité opérationnelle durable.
Quand les bases militaires deviennent un risque sécuritaire
Un second effet, souvent négligé, concerne le rôle des bases militaires américaines au Moyen-Orient. Pendant des décennies, la présence des forces américaines a été présentée comme une garantie de stabilité régionale. Mais en cas d’escalade, cette logique peut s'inverser.
Les bases militaires ne sont pas seulement des instruments de projection de puissance ; ce sont aussi des cibles stratégiques de grande valeur. Cela signifie que les États qui accueillent des infrastructures militaires américaines deviennent automatiquement des cibles potentielles en cas de conflit, même s’ils ne participent pas activement aux hostilités.
Cette réalité stratégique ne concerne pas seulement le Moyen-Orient. Elle est aussi directement valable pour l’Europe.
En effet, de nombreux pays européens abritent des bases militaires américaines, des systèmes de défense antimissile et des nœuds logistiques.
La question centrale est donc la suivante: de telles structures sont-elles, en cas de crise, une protection – ou deviennent-elles elles-mêmes un risque ?
18:44 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, bases américaines, iran, moyen-orient, golfe persique |
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Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes

Iran, Ukraine – et le front économique des guerres modernes
Elena Fritz
Source: https://t.me/global_affairs_byelena#
Si l’on observe les évolutions actuelles de manière objective, une parenté stratégique apparaît entre la guerre en Ukraine et l’escalade actuelle au Moyen-Orient. La clé décisive des conflits géopolitiques modernes se situe de moins en moins sur le champ de bataille – mais de plus en plus dans l’économie et les flux énergétiques.
Guerre en Ukraine : Les conséquences économiques touchent l’Europe – surtout l’Allemagne
La guerre en Ukraine n’a pas frappé “l’Occident tout entier” de manière égale sur le plan économique. Les charges sont très inégalement réparties. Alors que les États-Unis ont pu générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation massive de GNL (gaz naturel liquéfié), c’est surtout l’industrie européenne qui s’est retrouvée sous pression – et au sein de l’Europe, particulièrement l’Allemagne.
Les causes sont structurelles:
- L’Allemagne dépendait fortement de l’énergie russe bon marché.
- Les industries à forte consommation d’énergie sont la colonne vertébrale de l’industrie allemande.
- La hausse des prix de l’énergie touche donc directement la base industrielle.
Depuis la rupture des relations énergétiques avec la Russie, les coûts de chauffage et les prix de l’énergie ont nettement augmenté, tandis que les prix de l’électricité pour l’industrie et les ménages restent parmi les plus élevés d’Europe. La conséquence en est une faiblesse économique persistante: l’économie allemande stagne depuis des années.

Moyen-Orient : Attaque contre le système énergétique mondial
C’est précisément ici que le conflit avec l’Iran devient géopolitiquement pertinent: le détroit d’Ormuz est l’une des artères énergétiques les plus importantes du monde. Une part significative du commerce mondial du pétrole transite par ce détroit.
Les attaques contre les pétroliers ou la menace sur la navigation ont des conséquences immédiates:
- hausse des prix du pétrole;
- hausse des prix du gaz;
- nervosité sur les marchés financiers.
Même de petites perturbations de cette route peuvent faire grimper l’inflation et les prix de l’énergie dans le monde entier.
La logique stratégique
La logique de tels conflits est relativement simple. Lorsqu’un État est militairement en nette infériorité, il ne cherche pas nécessairement à gagner la guerre. Il tente plutôt de maximiser les coûts économiques pour l’adversaire.
Cela signifie :
- hausse des prix de l’énergie;
- chaînes d’approvisionnement sous pression;
- marchés financiers très sensibles.
La guerre se déplace ainsi du champ de bataille vers le système économique.
Et l’Allemagne ?
Voici le point décisif. L’Allemagne a déjà supporté la plus grande partie des coûts structurels de la guerre en Ukraine:
- perte d’une énergie bon marché;
- augmentation des coûts de production;
- pression croissante sur l’industrie et les PME.
Si une nouvelle crise énergétique venait à éclater au Moyen-Orient, ce point sensible serait une nouvelle fois touché. La hausse des prix du pétrole et du gaz aurait un effet immédiat: coûts de production plus élevés – inflation accrue – pression supplémentaire sur l’industrie et le tissu économique.
Ou, pour le dire simplement: la guerre en Ukraine a déjà massivement affaibli l’économie allemande. Une nouvelle crise énergétique au Moyen-Orient pourrait être le coup de grâce pour la puissance industrielle allemande.
17:49 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, économie, actualité, ukraine, hydrocarbures, allemagne, europe, affaires européennes, moyen-orient |
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Pourquoi l’Iran est-il une théocratie révolutionnaire?

Pourquoi l’Iran est-il une théocratie révolutionnaire?
Source: https://www.facebook.com/empirep.federal
« Pendant l’occultation de l’Imam du Temps (que Dieu hâte sa venue), dans la République islamique d’Iran, la gestion et l’imamat reviennent à un jurisconsulte juste, vertueux, connaissant son époque, courageux, efficace et compétent, qui assumera cette responsabilité conformément au principe 107. Les experts du leadership examineront et consulteront tous les jurisconsultes remplissant les critères énoncés dans les principes 5 et 109, et choisiront parmi eux celui qu’ils jugent le plus sage, le mieux informé des lois et des questions de la jurisprudence islamique, des affaires politiques et sociales, ou celui qui est accepté par le peuple ou possède une des qualités distinctives mentionnées au principe 109. S’il n’y en a pas, ils proposeront l’un d’entre eux-mêmes comme Guide. Le Guide élu par les experts assumera la gestion des affaires et toutes les responsabilités qui en découlent. Le Guide est égal devant la loi aux autres citoyens. » (Constitution de la République islamique d’Iran, 1979)
L’Iran est une théocratie moderne car, bien qu’il possède des institutions républicaines comme un parlement et un président élus au suffrage populaire, suivant le modèle des révolutions oligarchiques d’Europe et de l’anglosphère, le pouvoir politique fondamental repose sur des principes religieux et l’autorité de juristes islamiques. La Constitution de la République islamique a été conçue selon la doctrine du « gouvernement du jurisconsulte », qui affirme que, jusqu’à la réapparition de l’Imam Mahdi (figure messianique du chiisme), l’autorité suprême de la communauté doit revenir à un jurisconsulte (faqih) doté d’un pouvoir politique et religieux supérieur.
Ce rôle du jurisconsulte, appelé « Guide Suprême », dirige et supervise toutes les autres institutions de l’État, et a le dernier mot en matière de politique étrangère, de sécurité nationale et de défense, en plus de nommer les principales figures du système judiciaire et des organes religieux de contrôle comme le Conseil des Gardiens. Cette structure fait que la souveraineté est comprise comme provenant de Dieu et s’exprimant à travers une autorité religieuse, plutôt que directement du peuple, ce qui est caractéristique des théocraties, bien que des éléments formels de représentation populaire existent.
L’Iran n’est pas une théocratie traditionnelle au sens classique, car il y incorpore des mécanismes révolutionnaires modernes copiés et adaptés de l’Occident. Il existe un président élu tous les quatre ans, un parlement (Majlis) avec des représentants des diverses provinces, et des organes juridiques fonctionnant selon des procédures électorales. Cependant, ces organes opèrent dans un cadre institutionnel où leurs décisions et candidats sont filtrés et supervisés par des instances cléricales comme le Conseil des Gardiens, et leur action est subordonnée à l’autorité du Guide Suprême. Ainsi, la République islamique combine des formes révolutionnaires avec une logique de pouvoir théocratique dans laquelle le chef religieux exerce un contrôle structurel sur le système politique, ce qui en fait un système hybride entre la théocratie et la république moderne.
Que se passera-t-il lorsque le Mahdi apparaîtra ?
Lorsque le Mahdi se manifestera publiquement, la république disparaîtra, car son autorité sera absolue et directe ; la tutelle des autorités populaires actuelles ne sera alors plus nécessaire. Le pouvoir politique, militaire et religieux reviendra au Mahdi lui-même, en tant que guide légitime de la communauté islamique chiite par la volonté de Dieu.

Comment se déroulera le retour du Mahdi et de Jésus dans l’eschatologie chiite?
Source: https://www.facebook.com/empirep.federal
Dans l’eschatologie chiite, il existe une forte croyance selon laquelle le Mahdi est occulté et qu’il reviendra à la fin des temps lorsque Dieu l’ordonnera. Les chiites voient en lui un guide juste et oint qui apparaîtra au milieu de grandes tribulations contre les musulmans, afin de rétablir la justice et le véritable gouvernement de Dieu sur Terre, après une période de chaos et de corruption.
Selon ces croyances, le Mahdi ne reviendra pas seul. Dans les récits prophétiques de l’islam chiite, il est dit que lorsque le monde sera rempli d’injustice et que le Jugement dernier approchera, apparaîtra le Dajjal, une figure trompeuse et corrompue décrite comme un faux messie ou antéchrist qui trompera l’humanité et provoquera une grande tribulation. Le rôle du Mahdi sera de diriger les croyants, de les unifier et d’affronter les forces du mal incarnées par le Dajjal, luttant contre l’oppression et le mensonge sous une autorité divine.
Quand la confrontation entre le Mahdi et les forces du Dajjal atteindra son point culminant et que la tromperie et la corruption sembleront prévaloir dans le monde, un tournant décisif aura lieu : la descente et l’apparition de Jésus (‘Isa). Son apparition est complémentaire. Jésus s’unira au Mahdi comme signe divin de soutien et de confirmation, renforçant moralement et spirituellement les croyants au moment le plus difficile. Dans ce contexte, Jésus participe à la défaite du Dajjal. Tandis que le Mahdi dirige la restauration de la justice et de l’unité de la communauté des croyants, Jésus agit comme témoin vivant de la vérité divine et comme réfutation du faux messianisme du Dajjal. La coopération entre les deux représente, dans la théologie chiite, la convergence de la guidance prophétique et de l’autorité légitime de l’imam attendu, mettant fin à la période de grande tribulation.
Après la défaite du mal, la tradition affirme qu’une ère de paix et de justice sans précédent s’ouvrira. Sous la direction conjointe du Mahdi et de Jésus, un ordre basé sur l’équité, la droiture et la soumission totale à Dieu sera instauré. Dans cette ère, selon de nombreux récits, les injustices historiques seront corrigées, les conflits cesseront et la stabilité sociale et spirituelle prévaudra dans le monde.
17:04 Publié dans Actualité, Traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, théocratie, traditions, traditionalisme, chiisme, mahdi, mollahs, iran |
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