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lundi, 30 mars 2026

La rébellion spirituelle: Dominique Venner et Julius Evola contre le monde moderne

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La rébellion spirituelle: Dominique Venner et Julius Evola contre le monde moderne

Carlos N. Mancini

Source: https://carlos2.substack.com/p/la-rebelion-espiritual-dom...

Dominique Venner, penseur français, et Julius Evola, qui n’a plus besoin d’être présenté à nos lecteurs, partagent une vision radicale: la rébellion n’est pas seulement un acte politique, mais une affirmation existentielle et spirituelle face à un monde en déclin. À travers leurs écrits, ces deux penseurs défient la modernité, la soumission et le déterminisme historique, et proposent un retour aux principes transcendants qui donnent un sens à la lutte humaine.

Exister, c’est résister

71i3Jl3ko8L._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgDominique Venner, dans son ouvrage « Le Samouraï d’Occident », propose une vision profondément combative de l’existence : « Exister, c’est lutter contre ce qui me nie ». Pour Venner, la vie n’est pas un état passif, mais un acte continu de défi face aux forces qui cherchent à annuler l’essence de l’individu. Se rebeller, dans ce sens, n’est ni un geste impulsif ni une simple réaction ; c’est rester debout face au néant, s’accrocher à une norme supérieure qui transcende les contingences du moment. Ce principe trouve un écho dans la pensée de Julius Evola, qui, dans « Révolte contre le monde moderne », introduit la figure de « l’homme différencié ». Cet homme ne se définit pas par les circonstances qui l’entourent, mais par son opposition consciente et délibérée à la médiocrité et au vide de l’époque contemporaine. Sa résistance ne naît pas d’un caprice ou d’une rébellion adolescente, mais d’une nécessité ontologique : affirmer son être comme une réalité inébranlable, enracinée dans l’éternel et l’absolu.

51fQrO1KqUL._AC_UF1000,1000_QL80_.jpgPour Venner comme pour Evola, la rébellion acquiert une dimension qui dépasse le simple aspect pratique ou utilitaire. Il ne s’agit pas d’un simple rejet du statu quo ou d’un combat pour des objectifs matériels ou immédiats. C’est, en réalité, une posture existentielle qui vise à restaurer un ordre perdu, un idéal que le monde moderne a défiguré sous le poids de la banalité et du relativisme. Pour eux, résister est un acte de fidélité à une vérité supérieure, une manière de préserver l’étincelle du sacré en un temps de décadence. Ainsi, l’existence devient une forme de combat, et le rebelle, le gardien de ce qui demeure face à l’avancée implacable de l’éphémère.

Contre l’histoire écrite

Ni Dominique Venner ni Julius Evola ne se soumettent aux interprétations qui conçoivent l’histoire comme un processus linéaire ou un mécanisme inéluctable. Venner, avec son approche viscérale et combative, rejette catégoriquement les théories déterministes de penseurs comme Karl Marx, qui réduit l’existence humaine à un rouage des forces économiques, ou Francis Fukuyama, avec sa proclamation de la « fin de l’histoire » comme triomphe passif du libéralisme. Pour Venner, de telles visions dépouillent l’homme de son statut d'agent/d'acteur, le condamnant à n’être qu’un simple spectateur d’un scénario déjà écrit. Il propose au contraire une existence active et volontariste, où l’individu ne se limite pas à accepter le cours des événements, mais le façonne par sa propre détermination, s’affirmant face aux courants qui veulent dissoudre son identité et son but.

Hommesmilieuruinesquadri.jpgJulius Evola, quant à lui, pousse cette critique encore plus loin dans Les hommes au milieu des ruines. Il ne s’oppose pas seulement aux récits linéaires de progrès ou de décadence, mais remet également en question les conceptions cycliques de l’histoire, comme celles proposées par Oswald Spengler. Bien que Spengler décrit l’essor et la chute des civilisations comme un rythme organique et inévitable, Evola voit dans cette perspective une forme de passivité résignée, qu’il considère inacceptable. Pour lui, le déclin n’est pas un destin auquel l’homme doit se soumettre avec fatalisme; c’est un défi à relever. «L’homme authentique», dans la vision d’Evola, s’élève avec une volonté souveraine, non comme simple produit de son temps, mais comme un être capable de le transcender.

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Depuis cette position élevée, ancrée dans des principes métaphysiques et éternels, il défie la décadence non par nostalgie ou désespoir, mais avec une force intérieure qui cherche à réaffirmer un ordre supérieur face au chaos et à la dissolution du monde moderne. Ainsi, Venner et Evola transforment la résistance historique en un acte de création, un refus radical d’être prisonnier d’une narration imposée.

La tradition comme boussole

Pour Dominique Venner, la figure d’Antigone transcende le cadre de la tragédie grecque et s’érige en symbole éternel de la rébellion légitime. Dans son interprétation, Antigone ne se rebelle pas par caprice ou pour une cause personnelle égoïste, mais agit par une loyauté inébranlable envers une tradition sacrée qu’elle estime supérieure aux lois humaines.

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Face à la tyrannie de Créon, qui représente le pouvoir arbitraire et l’imposition d’une autorité dépourvue de racines transcendantes, Antigone incarne la résistance fondée sur un ordre plus élevé: les lois non écrites des dieux, qui pour Venner symbolisent une continuité spirituelle et morale que l’homme moderne a oubliée. Cette vision fait de la tradition une boussole, un phare qui guide l’individu au milieu de la confusion et du déracinement, lui offrant un sens profond dans sa lutte contre les forces qui menacent de le dépouiller de son essence.

61COS9KxkSL._SL1251_.jpgJulius Evola, dans une perspective similaire mais avec son approche métaphysique caractéristique, approfondit encore cette idée. Pour lui, la Tradition — écrite avec une majuscule pour la distinguer des simples coutumes passagères — n’est pas un ensemble d’habitudes héritées ni une relique du passé conservée par nostalgie. Dans La tradition et les traditions, Evola soutient que la Tradition est un ordre cosmique, une structure éternelle qui relie l’homme à des principes universels et transcendants. Il ne s’agit pas d’une répétition mécanique de pratiques obsolètes, mais d’un cadre vivant qui légitime l’action humaine en l’alignant sur une réalité supérieure. Depuis cette perspective, la résistance n’est ni un acte arbitraire ni une réaction viscérale face aux injustices du moment; elle n’acquiert sens et autorité qu’en s’appuyant sur ces principes éternels qui transcendent les contingences historiques.

Antigone, en privilégiant les lois divines sur l’édit humain de Créon, devient l’archétype de cet idéal: son défi n’est pas une simple désobéissance, mais une affirmation d’un ordre sacré qui dépasse et juge les prétentions du pouvoir terrestre. Pour Venner et Evola, la tradition n’est donc pas un poids qui attache au passé, mais une force libératrice qui oriente la rébellion vers un but supérieur, la transformant en un acte de restauration cosmique face à la tyrannie et au chaos.

Des mots qui libèrent

rdc1.jpgDominique Venner accorde aux mots un rôle central dans la lutte pour la liberté intérieure et l’autonomie de l’individu. Pour lui, ils ne sont pas de simples outils de communication, mais des armes puissantes capables de briser les chaînes de l’oppression, qu’elles soient imposées par des structures extérieures ou par la tyrannie des idées dominantes. Dans sa pensée, des mots bien choisis et prononcés avec conviction ont le pouvoir de défier la narration imposée, de rendre à l’homme le contrôle de son propre destin. Venner trouve l’inspiration chez des figures comme Friedrich Nietzsche, dont la prose acérée et provocatrice démantèle les certitudes de la morale conventionnelle, et Alexandre Soljenitsyne, qui par son témoignage littéraire a mis à nu les mensonges du totalitarisme soviétique.

Pour Venner, ces auteurs incarnent l’acte de se définir soi-même par le langage, un geste qui libère non seulement l’individu des entraves extérieures, mais l’élève aussi au-dessus de la médiocrité et du conformisme de son époque. Les mots, dans ce sens, deviennent un moyen de résistance active, un outil pour revendiquer la souveraineté sur son propre être face à un monde qui cherche à le faire taire ou à le soumettre.

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Julius Evola, dans Chevaucher le tigre, partage cette révérence pour le pouvoir du langage, bien qu’il l’intègre dans sa vision plus large de l’autonomie spirituelle. Pour Evola, l’homme moderne vit au milieu des ruines, entouré par une civilisation qui s’effondre sous le poids de la manipulation, du matérialisme et de la perte de sens.

Dans ce contexte, le langage et les symboles émergent comme des bastions de résistance, des outils essentiels pour que «l’homme différencié» préserve son intégrité et son essence inconquise. Evola soutient que la manipulation moderne — qu’elle passe par la propagande, la culture de masse ou la dégradation de la pensée — opère précisément en privant l’individu de sa capacité à nommer et comprendre le monde par lui-même.

En retrouvant l’usage conscient des mots et des symboles, l’homme peut contrer cette dissolution, affirmant son indépendance face aux forces qui tentent de le réduire à un rouage passif.

Dans la vision d’Evola, le langage ne reflète pas seulement la réalité, il la façonne: c’est un acte créateur qui permet à l’individu de rester ferme, comme un cavalier qui maîtrise la bête du chaos, dans un monde qui s’enfonce dans la confusion et la décadence. Ainsi, pour Venner et Evola, les mots transcendent leur fonction pratique et deviennent un véhicule de libération, un moyen d’affirmer la volonté et l’identité face à l’oppression et à la ruine.

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Lutter sans capituler

Dominique Venner, avec son intensité caractéristique, proclame une maxime qui condense sa vision de l’existence: «Face aux revers, ne te demande jamais si la lutte est inutile». Dans ces mots résonne une éthique guerrière qui dépasse les calculs pragmatiques et rejette les doutes qui paralysent l’esprit.

Pour Venner, la lutte ne se mesure pas par son résultat immédiat ni ne se soumet à l’analyse froide de l’utilité; sa valeur réside dans l’acte même de résister, dans la décision de rester ferme face à l’adversité, peu importe à quel point elle paraît écrasante.

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Cette posture trouve un profond écho dans La Métaphysique de la guerre de Julius Evola, où l’action acquiert une dimension quasiment sacrée. Pour Evola, le combat — qu’il soit physique, spirituel ou intellectuel — ne se justifie pas par la certitude de la victoire, mais par sa capacité à refléter une dignité intrinsèque, une noblesse qui se manifeste dans le refus absolu de se soumettre aux forces de la décadence ou du chaos.

Venner et Evola élèvent tous deux la résistance à un plan qui transcende le contingent et le matériel. Pour eux, agir ne dépend pas de la promesse d’un triomphe tangible ni de l’approbation d’un monde qui, selon eux, a perdu le cap. La lutte, même lorsqu’elle semble vouée à l’échec dans une perspective extérieure, devient un témoignage d’honneur, un geste qui affirme l’essence de l’être face à la tentation de capituler.

Cette approche aristocratique — au sens d’une élévation de l’âme au-dessus des préoccupations ordinaires — imprègne leurs écrits d’un mépris pour la mentalité utilitariste qui domine la modernité. La reddition, pour eux, n’est pas seulement une défaite pratique, mais une trahison des principes qui donnent sens à l’existence. Ainsi, la lutte sans capitulation se transforme en un acte d’affirmation suprême: un défi lancé au destin, une déclaration que l’homme, en résistant, préserve son humanité et sa connexion à quelque chose d’éternel, au-delà des ombres passagères de l’histoire. Dans cet ethos, Venner et Evola voient la résistance non comme un moyen vers une fin, mais comme une fin en soi, une forme de vie qui incarne la grandeur face à la médiocrité et à la décomposition.

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L’histoire comme poésie

Dominique Venner conçoit l’histoire non comme une simple succession de faits froids ou un dossier poussiéreux plein de données factuelles, mais comme une fusion de «connaissance et poésie». Pour lui, l’histoire est un art vivant, une narration qui entrelace la rigueur de l’intelligence et la beauté de l’imagination, permettant à l’homme de retrouver la mémoire de ce qui fut et, ainsi, de donner sens au chaos du présent.

Dans cette vision, le passé n’est pas un poids mort ni un simple registre d’événements; c’est une source d’inspiration, un réservoir d’expériences et de leçons qui, contemplées avec des yeux poétiques, offrent à l’individu et à la communauté une boussole pour naviguer dans les tempêtes de leur temps. Venner préconise de «voler au passé» non pas dans un sens nostalgique ou escapiste, mais comme un acte créatif: saisir les fragments lumineux de l’histoire — ses héros, ses mythes, ses moments de grandeur — et les projeter vers l’avenir comme des phares qui éclairent le chemin vers une existence plus pleine et plus consciente.

Julius Evola, bien que moins sensible à la lyrique de Venner, partage cette révérence pour le passé, mais l’aborde sous un angle plus métaphysique et combatif. Dans Révolte contre le monde moderne, Evola ne voit pas l’histoire comme une simple chronique, mais comme un champ de bataille où se livre une lutte éternelle entre la Tradition — toujours avec une majuscule, comprise comme un ordre cosmique et éternel — et les forces de la décadence qui érodent cet ordre.

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Pour lui, les civilisations anciennes ne sont pas seulement des reliques d’un temps perdu, mais des modèles vivants de régénération spirituelle, des exemples de la manière dont l’homme peut s’aligner sur des principes transcendants pour surmonter la médiocrité et la dissolution de la modernité. Bien que son ton soit plus analytique que poétique, son approche résonne avec l’idée de Venner d’extraire du passé une force vitale: les cultures de l’Antiquité, avec leurs structures hiérarchiques, leurs valeurs sacrées et leur connexion à l’éternel, deviennent des miroirs dans lesquels l’homme contemporain peut se regarder pour redécouvrir son potentiel de grandeur.

Ainsi, tandis que Venner tisse l’histoire avec des fils de poésie pour inspirer, Evola la dissèque avec la précision d’un philosophe guerrier, cherchant en elle les clés d’une restauration spirituelle. Tous deux, à leur manière, conviennent que le passé n’est pas un but, mais un moyen: un écho puissant qui, s’il est entendu attentivement, illumine l’avenir et donne sens à la lutte du présent.

Un legs contre la décadence

En résumé, Dominique Venner et Julius Evola articulent une rébellion spirituelle qui se dresse comme un rempart face aux assauts de la modernité, défiant ses fondements avec une force qui transcende le politique et le temporel. Cette rébellion repose sur trois piliers fondamentaux.

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Premièrement, un rejet catégorique du déterminisme historique — qu’il s’agisse du matérialisme de Marx, du fatalisme cyclique de Spengler ou du triomphalisme libéral de Fukuyama — qui réduit l’homme à un spectateur impuissant d’un scénario déjà écrit. À la place, ces penseurs proposent une vision volontariste de l’existence, où l’individu revendique sa capacité à façonner son destin par des actes de résistance consciente.

Deuxièmement, un engagement passionné pour la tradition comme source de légitimité: non comme un attachement aveugle à l’ancien, mais comme une connexion vivante à un ordre éternel qui donne sens et autorité à la lutte face à l’arbitraire du présent. Pour Venner, cette tradition s’exprime dans la mémoire poétique des peuples; pour Evola, dans un cadre cosmique qui relie l’homme au transcendant.

Troisièmement, une défense inébranlable de l’action désintéressée, une éthique guerrière qui méprise l’obsession moderne pour l’utilité et le succès immédiat, et qui trouve sa valeur dans la dignité intrinsèque du geste rebelle, même lorsque le monde le condamne à l’échec apparent.

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Face aux « tyrannies masquées » du présent — ces formes subtiles d’oppression qui se cachent derrière la façade du progrès, de l’égalité creuse ou de la consommation anesthésiante —, le message de Venner et Evola résonne avec une clarté implacable: la vraie liberté ne se conquiert pas dans les promesses éphémères de la modernité, ni dans la soumission à ses dogmes déguisés en libération. Elle naît, au contraire, d’une fidélité inébranlable à l’éternel, à ces principes intemporels qui transcendent les modes et les ruines d’un monde en déclin.

Leur héritage n’est pas une simple critique, mais un appel à l’action, un défi pour que l’homme se lève, retrouve sa souveraineté spirituelle et s’affirme comme gardien d’un ordre supérieur face au vide qui avance. En ce sens, Venner et Evola ne se contentent pas de diagnostiquer la maladie de leur époque: ils offrent un antidote, une vision de l’homme comme rebelle et créateur, capable de transformer la lutte contre la décadence en un acte d’affirmation suprême.

Tarés 3.0

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Tarés 3.0

par Georges Feltin-Tracol

Les psychiatres devraient se pencher sérieusement sur l’âme collective de la société yankee. Les États-Unis d’Amérique présentent en effet un cas d’examen clinique pertinent qui les ravirait. De profonds déséquilibres mentaux affectent des pans entiers de cette société individualiste, matérialiste et universaliste. Il en résulte, dans tous les domaines, l’existence de spécimens au profil souvent effrayant.

N’évoquons point ici Pete Hegseth, le secrétaire à la Guerre, qui, imbu de la puissance que lui confère le privilège de diriger le Pentagone, joue au matamore. Mettons aussi de côté la sotte Laura Loomer dont les excès verbaux et les obsessions puériles révèlent une ignorance crade de la marche tragique du monde. Focalisons-nous plutôt sur la NRx, soit la nouvelle réaction, qu’Arnaud Miranda vient d’étudier dans Les Lumières sombres. Comprendre la pensée néoréactionnaire (NRF – Gallimard – Le Grand Continent, coll. « Bibliothèque de géopolitique », 2026, 170 p., 18 €).

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Il ne s’agit pas d’une école de pensée au sens strict du terme. L’auteur a raison de qualifier ce courant de «constellation» tant ses principales figures (Curtis Yarvin, Nick Land, Spandrell, Bronze Age Pervert et Zero HP Lovecraft) répandent leurs théories sur les réseaux sociaux et par Internet. Plutôt que de lancer une revue luxueuse, ils s’invitent dans les blogues et autres forums de discussion en ligne. Ces penseurs internautiques sont eux aussi des individualistes forcenés qui d’ailleurs ne s’apprécient guère.

Les cinq personnalités mentionnées ont néanmoins produit en une quinzaine d’années un corpus d’opinions hétéroclites qui forme aujourd’hui l’une des sensibilités majeures du mouvement MAGA. Arnaud Miranda rappelle que la NRx se distingue aussi bien de l’alt right et du nationalisme blanc que des penseurs chrétiens post-libéraux. Cet essai fort intéressant insiste sur ses origines intellectuelles variées. Dans le cadre d’une approche dynamique des idées, cette nouvelle pensée réactionnaire provient d’une étonnante hybridation entre la philosophie réactionnaire et des libertariens conservateurs sur les plans social et sociétal.

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Ainsi les libertariens de droite récusent l’avortement, prônent la restauration des frontières et saluent l’expulsions en masse des immigrés clandestins. Favorables aux lois du marché, les néoréactionnaires ne cachent pas non plus leur technophilie ardente. Bâtir des centres de vie permanents sur la Lune en attendant l’exploration humaine et robotique de la planète Mars constitue un projet ambitieux. Ils approuvent la réalité sociale des hiérarchies naturelles, exaltent un élitisme radical connecté, détestent l’égalitarisme et véhiculent «un profond pessimisme anthropologique». Ils exècrent aussi la démocratie et survalorisent la technique. Les néoréactionnaires versent enfin dans un messianisme théopolitique et le mépris hautain de leur propre peuple.

La pensée néoréactionnaire tend donc vers le transhumanisme qu’elle alimenterait. Ses théories proviendraient-elles de penseurs aigris de la pensée libertarienne classique? Fort possible! Mais ils se détournent de la «papesse libertarienne» Ayn Rand. Sous le pseudonyme de Mencius Moldbug, Curtis Yarvin ne cesse de polémiquer. Il critique «la structure idéologique qui contrôle le gouvernement américain – et, si l’on généralise, l’ensemble des gouvernements occidentaux», en l’appelant «la Cathédrale». On voit ici tout son mépris pour la civilisation médiévale européenne qui a érigé aussi bien des églises romanes que des cathédrales gothiques. Establishment, Système, voire l’«Hospice» (selon Édouard Limonov dans un pamphlet prophétique) auraient été des qualificatifs plus appropriés.

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Thiel & Musk.

La néo-réaction vomit l’alt right en fort déclin et toise le nationalisme blanc et/ou chrétien. Son élitisme revendiqué ne se réfère pourtant pas à la circulation parétienne des élites, mais à la célébration du chef d’entreprise dans le numérique à l’instar de Peter Thiel, patron du processus de flicage de masse Palantir, d’Elon Musk et de Marc Andressen. Ce sont les cavaliers post-modernistes de l’Apocalypse ultra-libérale!

inlmages.jpgLe philosophe britannique Nick Land favorise ce tropisme hyper-capitaliste. Gauchiste dans les années 1990, ce chantre de l’accélérationnisme inconditionnel continue toutefois à puiser dans la «théorie française» greffée outre-Atlantique, en particulier dans une «triade de penseurs français»: Georges Bataille, Gilles Deleuze et Félix Guattari. Nick Land conçoit les flux du capitalisme comme un élément qui «permet d’accélérer le devenir entropique de la matière», comme un vecteur redoutable de «destruction de tout ordre: territorial, biologique, politique, social et sexuel». C’est le grand retour de Netchaïev en mode nihiliste 3.0! Il y aussi du wokisme chez NRx!

Une terrible logique de dématérialisation électrise cette «galaxie» idéologique. Ces tenants de l’État-entreprise – une incongruité politique et historique qui ne correspond pas aux compagnies européennes des Indes orientales ou occidentales des Temps modernes – se souviennent de la revendication libertarienne «d’un droit à l’exit […] c’est-à-dire à la possibilité de quitter l’État dont on est citoyen pour répondre ou fonder une autre communauté». L’utopie phalanstérienne n’est pas loin… Où est donc l’enracinement nécessaire ?

Les théoriciens secondaires de la NRx tels Spandrell, Bronze Age Pervert et Zero HP Lovecraft éprouvent une certaine réticence à l’approche radicale de Nick Land. Certes, Spandrell réclame l’eugénisme et le vitalisme. Bronze Age Pervert relit, quant à lui, Nietzsche à l’aune des dernières innovations numériques. Transhumaniste, Zero HP Lovecraft envisage une intelligence artificielle bientôt androïde.

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Dans cet essai foisonnant et passionnant qui pêche parfois par des comparaisons hasardeuses avec le contexte politique en Europe, Arnaud Miranda voit dans le national-libéralisme conservateur du Carrefour de l’Horloge ainsi que dans l’archéofuturisme de Guillaume Faye, des précédents de la NRx. C’est osé! Il oublie cependant l’influence initiale déterminante de Maurice Georges Dantec (1959 – 2016) (photo), lui aussi grand lecteur de Bataille, de Deleuze et de Guatteri. Maints thèmes néo-réactionnaires se retrouvent dans sa trilogie du Théâtre des opérations. Fans de littérature de science-fiction, les animateurs de la NRx ont-ils lu la traduction des romans et des essais de Dantec ?

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Produit typique de l’Amérique du Nord, la pensée néo-réactionnaire ne relève pas des mentalités européennes. Le rejet de toute présence régalienne contredit une civilisation plurimillénaire pour qui le droit se concrétise à travers l’établissement tangible d’un pomerium sacré. La NRx assume une nouvelle manifestation de l’esprit nord-américain qui privilégie l’espace au temps. «Lumières sombres» ou «Anti-Lumières», la NRx s’inscrit toujours dans les Lumières du XVIIIe siècle ! Ne serait-il pas temps pour les Européens de très longue mémoire pensent le solstice afin que resplendisse un blanc Soleil étincelant ?         

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 186, mise en ligne le 23 mars 2026 sur Radio Méridien Zéro.

La fin de l’Occident

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La fin de l’Occident

Werner Olles

L’incapacité de l’Occident à analyser la réalité est l’un des symptômes de notre catastrophe culturelle et intellectuelle. Elle résulte de la peur de se débarrasser du dernier voile d’une bourgeoisie radicalisée, dont l’intensité et l’intentionnalité ont été qualifiées par un historien chinois, le professeur Jiang, quand il abordait la question de l’Union européenne, qualifiée de «container à déchets».

L’Occident – c’est-à-dire l’UE, l’OTAN et les États-Unis – non seulement n’a aucune idée de ce qui se passe dans le monde, mais ses stratégies, que ce soit en Ukraine ou au Proche et Moyen-Orient, représentent plutôt une confusion permanente entre réalité et fantasmes. En effet, on rationalise sa peur résignée et individualiste, subtile, qui prend désormais aussi certains traits du tableau clinique des délires, au moyen d’un irrationalisme totalitaire qui promet à court terme des états de satisfaction narcissique.

Ce qui devrait être un réflexe pragmatique ne s’avère pas, à y regarder de près, une stratégie réfléchie, mais plutôt un canard boiteux de Minerve, qui se persuade secrètement que la pratique est en quelque sorte impossible et qu’il faut donc se retirer dans l’édifice philosophique.

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En réalité, la Théorie critique, dans les années 1960, a permis un moment de résistance à la fois à la tentation du totalitarisme et du libéralisme, mais aussi à certaines formes d’orthodoxie de gauche ou de droite. Plus de six décennies plus tard, le libertinisme, le transhumanisme et le capitalisme techno-dystopique ont détruit toute illusion et non pas apporter de solutions à l’endettement excessif et aux idéologiques délirantes: rien d'autre n'a pu naître sinon la violence systémique et une érosion continue du bien commun.

La production matérielle et le travail sont marginalisés et donc devenus insignifiants, et une nouvelle normalité en faillite, comme spectacle et symptôme d’un épuisement systémique, est apparue.

Notre civilisation – parler de culture serait une hérésie – glisse relativement et en silence dans un tourbillon de perversions, de cycles de scandales et de rituels sombres, mais croit pourtant, d’une étrange manière, être encore vivante et créative.

En réalité, le prédateur hypersexualisé a transformé toute forme d’érotisme naturel, de séduction et d’instincts sexuels humains en une sexualité primitive cannibale, ritualisée et totalement dépourvue de normes éthiques, devenue l’accessoire de l’ordinateur pornographique et de l’IA.

Certes, tout drame laisse entrevoir un optimisme eschatologique, mais les élites mondiales et les idéologies dominantes ne nous offrent guère plus, à tous égards, que de la camelote redondante et le destin de vassaux heureux.

Comme la droite politique maîtrise désormais la mimesis et le servilisme de A à Z et, à part une concurrence sans concept pour des positions politiques dépassées dans la société de masse capitaliste globale d’obédience démocratique occidentale, qui s’est installée assez confortablement, elle n’offre, outre un diagnostic peu convaincant, qu’un remède relativement inefficace et mauvais au lieu de thérapies de choc radicales.

Mais lorsque les idéologies ne sont plus que des philosophies vulgarisantes et archaïsantes qui corrompent les instincts sains, la « microphysique » (Foucault) devient une méthode docile et volontaire au service de l’idéologie dominante, qui est bien sûr toujours aussi l’idéologie des dominants. Ce qu’il reste finalement, c’est alors le combat cosmique entre Dieu et Satan, entre le ciel et l’enfer !

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Tino Chrupalla: Soldats américains, hors d’Allemagne!

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Tino Chrupalla: Soldats américains, hors d’Allemagne!

Par Valentina Schacht

Source: https://www.compact-online.de/tino-chrupalla-us-soldaten-...

Alors que les États-Unis ont déclenché une nouvelle guerre au Moyen-Orient et que les attaques défensives iraniennes visent les positions américaines dans toute la région, de nombreux citoyens prennent conscience du danger que représentent de telles bases militaires.

À présent, le chef de l’AfD, Tino Chrupalla, intervient dans le débat en avançant une position claire: lors du congrès régional de Saxe, ce natif de Görlitz exige le retrait des forces militaires américaines d’Allemagne!

Déjà dans notre édition de COMPACT, dont le thème principal était « Le pacificateur – Comment Tino Chrupalla maintient l’AfD sur la bonne voie », nous avons montré à qui nous devons la prise de position claire contre la guerre. En savoir plus ici : https://www.compact-shop.de/shop/russland/compact-der-fri...

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Ami go home – avec ces trois mots, qui n’ont guère besoin d’explications supplémentaires, on peut résumer le message central du discours de Tino Chrupalla, lequel a enthousiasmé les quelque 300 délégués saxons lors du congrès régional. Le retrait des quelque 40.000 soldats américains d'une armée qui occupe l'Allemagne depuis 1945 et qui utilise notre territoire pour sa machinerie de guerre dans le monde entier — et en tête, nous avons la base américaine centrale de Ramstein en Rhénanie-Palatinat — est présenté comme objectif principal à atteindre d’ici 2029. «Commençons à mettre cela en œuvre – avec le retrait des troupes américaines d’Allemagne», a déclaré Chrupalla dans son discours.

Alors que, notamment dans les sections occidentales de l’AfD, tout débat sur l’occupation persistante de l’Allemagne et sur le soutien aux guerres contraires au droit international, menées par les États-Unis, est évité, et où certains partisans dociles du statu quo acceptent cette occupation, Chrupalla sait qu’il peut s’appuyer sur le programme de son parti: «Dans ce contexte, 70 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et 25 ans après la fin de la division de l’Europe, la renégociation du statut des troupes alliées en Allemagne est à l’ordre du jour. Celle-ci doit être adaptée à la souveraineté retrouvée de l’Allemagne. L’AfD s’engage pour le retrait de toutes les troupes alliées stationnées sur le sol allemand et en particulier de leurs armes nucléaires», peut-on lire dans les positions fondamentales de l’AfD, adoptées dès 2015. Bien avant la nouvelle agression de l’Occident, cette entité "qui repose sur des valeurs", contre l’Ukraine. Et avant les guerres récentes menées par les Américains au Moyen-Orient. Sous l’effet des nouvelles donnes, les formulations auraient sans doute été encore plus claires et plus incisives.

Chrupalla : L’Espagne comme modèle en matière de politique étrangère

Tino Chrupalla s’est également exprimé sur la guerre actuelle au Moyen-Orient dans son discours, saluant la position du gouvernement espagnol sous Pedro Sánchez, qui non seulement s’est opposé à la guerre américano-israélienne, mais a aussi interdit aux Américains l’utilisation de bases militaires sur le sol espagnol dans ce contexte. Une démarche qui devrait également être imitée en Allemagne.

Video : https://www.youtube.com/watch?v=xFvIhS_NC0c&t=3s

dimanche, 29 mars 2026

Les axes de la Troisième Guerre mondiale

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Les axes de la Troisième Guerre mondiale

Par Alexandre Douguine

Les axes de la Troisième Guerre mondiale se dessinent de plus en plus clairement.

L'axe Netanyahu/Trump a pour cible principale l'Iran. Si l'Iran venait à tomber, il est possible, voire très probable, qu'ils se tournent à nouveau vers le soutien à l'Ukraine contre la Russie. Mais la résistance acharnée de l'Iran accapare toute leur attention. Pour l'instant, la Russie ne les préoccupe pas: la priorité, c'est l'Iran. Bien sûr, Trump ne se soucie plus du tout de la «paix», et c'est pourquoi la normalisation des relations avec la Russie, si tant est qu'elle ait un sens, est entreprise selon des critères très pragmatiques. Sa guerre, c'est la guerre contre l'Iran. Israël a fait de cette guerre la guerre de Trump, et Trump ne peut y renoncer.

C'est ainsi qu'un axe s'est formé: États-Unis/Israël contre l'Iran. Les autres forces régionales se voient proposer un choix, et ce choix est difficile: soit elles rejoignent la coalition américano-israélienne, soit elles rejoignent l'Iran (la Résistance). Aucune position intermédiaire n'est envisagée, et si quelqu'un tente d'insister sur la neutralité, les bombardements et les explosions viendront des deux camps. Ici, il n’y a pas de neutralité. Le train est déjà en route.

Deuxième axe : l’UE, la Grande-Bretagne et les mondialistes américains (notamment le Parti démocrate) contre la Russie et en faveur du régime de Kiev. Il s’agit d’une véritable guerre acharnée, à laquelle la plupart des pays européens (à l’exception de la Hongrie et de la Slovaquie) se préparent à participer directement. Le Parti démocrate américain est précisément le moteur de cette guerre, pour laquelle l'Ukraine est une priorité.

L'objectif principal des deux camps est de creuser un fossé entre l'Iran et la Russie, afin qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils sont en guerre contre un même ennemi. Et le principal reproche des États-Unis et d’Israël à l’égard de l’UE et des mondialistes, tout comme le principal reproche de l’UE et des mondialistes à l’égard des États-Unis et d’Israël, réside précisément dans le fait qu’ils mènent deux guerres contre deux ennemis de la civilisation d’Epstein en même temps, et non l’une après l’autre.

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Alors que la guerre avec l’Iran s’éternise, qu’Israël se transforme peu à peu en Gaza et que l’économie mondiale est au bord de l’effondrement en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz (un blocus énergétique a déjà été imposé dans certains pays), les mondialistes se sont dressés contre Trump qui, de leur point de vue, «trahit l’Ukraine» et détourne l’attention de l’ennemi principal: la Russie. Cette ligne est portée par les réseaux de Soros, qui haïssent profondément Trump et Netanyahou. Mais il faut tenir compte de ce qui suit: précisément ceux qui attaquent le plus Trump et Israël à propos de la guerre avec l’Iran ne s’opposent pas à la guerre, mais sont en faveur d’une guerre avec la Russie.

Pratiquement toutes les forces européennes et des pays entiers qui se sont insurgés contre Netanyahou exigent simplement de changer d’approche en faveur du régime de Zelensky. Aux États-Unis, les démocrates le clament haut et fort.

L'Iran et la Russie comprennent parfaitement qu'il ne s'agit pas de savoir qui, en Occident, est pour la guerre et qui est contre, mais sur qui l'Occident veut se concentrer en premier. Cela signifie simplement qu'ils donneront la priorité à la destruction de l'un, puis de l'autre. Personne ne se fait d'illusions. Et, bien sûr, la Russie et l'Iran combattent dans le même camp et contre le même ennemi. Aucune action superficielle ne change en rien l'essence de la Troisième Guerre mondiale. Le brouillard de la guerre. Les négociations. La diversion. La tromperie.

L'essentiel aujourd'hui est de ne pas laisser l'ennemi — l'Occident dans son ensemble, la civilisation d'Epstein — nous vaincre les uns après les autres. Il faut entrer en guerre le plus tôt possible et de la manière la plus radicale qui soit. Il faut soutenir nos amis et nos alliés, convaincre les indécis et mettre la société en état d'urgence.

Un exemple très clair est la guerre de l’information menée par l’Iran, qui est en train de gagner avec brio. Ce n’est qu’une note en marge. Ce n’est pas une critique. C’est une observation.

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Tout dépend beaucoup de la Chine. Pour l’instant, la Chine reste en retrait, mais elle a déjà lancé son arme psychologique la plus novatrice, le professeur Jiang Xueqing (photo). Celui-ci attaque la conscience des analystes mondiaux avec ses prédictions. Ce n’est pas mal du tout. Pour la première fois, les intellectuels chinois ont commencé à parler de la conspiration sioniste, de l’eschatologie, de Sabbatai Zevi, de Jacob Frank, des Illuminati, de la grande géopolitique et des élites capitalistes mondiales. La pensée stratégique de la Chine passe au premier plan. Finies les stratégies «gagnant-gagnant» et la diplomatie des pandas. Les choses sont désormais appelées par leur nom.

Pékin attaquera Taïwan, mais on ne sait pas quand. Si elle attend que les autres forces de la multipolarité s'affaiblissent ou, Dieu nous en préserve, tombent, la Chine ne pourra pas résister seule. C'est pourquoi il vaut mieux attaquer précisément maintenant, en ouvrant un troisième front. Contre le même ennemi de tous les autres pôles.

À l’heure actuelle, l’ennemi se prépare, mais il n’est pas encore prêt à mener trois guerres à la fois. Et si un autre pôle de la multipolarité ouvre un front supplémentaire, les forces de l’ennemi se disperseront à travers toute la planète. C’est le moment de lancer une rébellion planétaire générale contre la dictature de Baal. Ses plans ont été démasqués.

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Ce n’est pas un hasard si Peter Thiel, qui a porté Trump au pouvoir, parcourt le monde en donnant des conférences sur l’Antéchrist. Tous ont vu le vrai visage de l’Occident: c’est Epstein. Ce sont les enfants iraniens assassinés, ce sont les dizaines de milliers de jeunes enfants martyrisés à Gaza. Personne ne peut dire: je ne savais pas, je n’ai pas vu, je n’étais pas au courant. Cela ne tient plus. Tout le monde l’a vu et tout le monde le sait, et si vous ne combattez pas encore à nos côtés, vous vous rangez, en substance, du côté de l’ennemi. Et vous devenez des cibles légitimes.

L’Amérique latine semble, pour l’instant, un maillon franchement faible; la trahison honteuse des idées de la Révolution et de l’héritage de Chávez par des lâches qui tiennent les rênes du gouvernement vénézuélien est déprimante. Le prénom «Delcy» ne sera plus jamais utilisé par personne avant des siècles. Et le nom de famille «Rodríguez» a lui aussi été très terni. Lula et le Brésil, tout comme le Mexique et la Colombie, font quelque chose pour aider Cuba, mais n’osent pas défier ouvertement les États-Unis. Ils ont peur. Mais à ce stade, il est déjà trop tard pour avoir peur.

OIP-916143901.jpgEn Afrique, il existe des héros brillants qui se manifestent à travers les pays de l’Association du Sahel (Burkina Faso, Niger, Mali), la fière Éthiopie et quelques autres régimes qui n’ont pas cédé devant la civilisation de Baal (République centrafricaine, en partie l’Afrique du Sud). Cela inspire un optimisme prudent.

Le monde islamique sunnite est divisé, l’élite est corrompue et intégrée à l’archipel d’Epstein, les masses sont corrompues par le salafisme et le wahhabisme le plus imbécile, qui obligent les musulmans à déverser leur colère sur des innocents et à défendre les intérêts des États-Unis et d’Israël. Le Pakistan, assez souverain (bien qu’il mène sa propre guerre contre les talibans pachtounes), et l’Indonésie occupent une position à part. Erdogan est le prochain sur la liste des sionistes qui voudront l'éliminer, mais il hésitera (comme d’habitude).

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L’Inde, en tant que pilier de la multipolarité et de l’État-civilisation, se trouve dans une situation compliquée. New Delhi voit en la Chine son principal rival régional, tandis que Modi et l’hindutva qui l’entoure considèrent l’islam avec une grande méfiance. Cela pousse l’Inde vers une alliance avec les États-Unis et Israël, même s’il est difficile d’espérer une politique plus active de la part de ce front.

Le pays qui semble le plus approprié est la Corée du Nord et le moins approprié est le Japon.

La Troisième Guerre mondiale oppose ceux qui veulent conserver et renforcer à tout prix l’hégémonie de l’Occident collectif (tant dans sa version sioniste et trumpiste que dans le modèle mondialiste européen), et l’humanité multipolaire, c’est-à-dire nous. Cette guerre bat déjà son plein.

Bien sûr, on peut continuer à faire semblant que rien de tout cela n’est en train de se passer. Mais à quoi bon ?

20:39 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : troisième guerre mondiale, alexandre douguine | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Guerre d’Iran: le front intérieur du Seigneur

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Guerre d’Iran: le front intérieur du Seigneur

USA: Des sionistes chrétiens dans l’esprit de la fin des temps se préparent pour la bataille finale contre «Magog» et les «Perses»

Par Susann Witt-Stahl

Source: https://www.jungewelt.de/artikel/520148.iran-krieg-heimat...

Une mer de versets bibliques et de kitsch évangélique inonde actuellement les réseaux sociaux américains. «Le Seigneur ordonne à ses anges de veiller sur eux dans toutes leurs voies», lit-on dans une publication Instagram accompagnée d’une image montrant des soldats en prière, avec la bannière étoilée, des chars et des avions, survolés par une escouade de chevaliers blancs ailés. Andy Ogles, député républicain à la Chambre des représentants du Tennessee, a publié une vidéo générée par IA où il apparaît avec le ministre de la guerre Pete Hegseth et le ministre des affaires étrangères Marco Rubio, tous trois en armures de croisés devant la Maison-Blanche, avec ces mots: «C’est une bataille entre le bien et le mal». 

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Cercles bibliques, téléprédicateurs, influenceurs chrétiens sur Internet – le "front intérieur du Seigneur" prépare spirituellement la population à la bataille finale contre les démons de Téhéran, mais aussi pour renforcer l’idée de transformer les États-Unis en une théocratie chrétienne.

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Selon les estimations, 60 à 80 millions d’Américains sont adeptes de la foi évangélique – une tendance à la hausse. Des associations comme la National Association of Evangelicals, la Faith and Freedom Coalition, mais surtout les sionistes chrétiens de Christians United for Israel (CUFI), qui revendiquent environ dix millions de membres (dont Hegseth, Mike Huckabee, l’ambassadeur américain en Israël et l’ambassadeur américain à l’ONU Mike Waltz), mobilisent comme la plus grande organisation pro-israélienne des États-Unis.

Le CUFI a investi ces dernières années des millions de dollars dans le lobbying pour obtenir du Congrès plus de sanctions contre l’Iran et une approche plus dure envers le Hezbollah, le Hamas, Ansarollah et d’autres ennemis d’Israël. Ils investissent aussi dans la construction illégale de colonies en Cisjordanie. Leur objectif est d’établir un Grand Israël, allant du Nil à l’Euphrate, et finalement de construire un troisième temple à Jérusalem pour provoquer l’Apocalypse avec le retour de Jésus, ce qui finirait par jeter les Juifs en enfer ou les forcer à se convertir au christianisme. Paula White-Caine, responsable du « bureau de la foi » du président américain, est aussi une sioniste chrétienne ; elle a organisé le 5 mars la prière des dirigeants évangéliques avec Donald Trump dans le Bureau ovale pour solliciter l’aide divine dans la guerre contre l’Iran.

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La République islamique est, pour les sionistes chrétiens, un acteur majeur des prophéties de la fin des temps. Dimanche, après le début de la guerre contre l’Iran, le fondateur du CUFI, John Hagee (à son insistance, l’ambassade américaine avait été déplacée de Tel Aviv à Jérusalem en 2018) a loué dans son sermon la «brillante exécution» de «l’Opération Epic Fury». Le pasteur évangélique Greg Laurie a rappelé à sa communauté la semaine dernière la prédiction biblique selon laquelle « dans les derniers jours, une grande coalition venue du nord – comprenant la Perse, l’Iran actuel – se lèvera contre Israël, voir Ézéchiel 38/39 ». Laurie, qui est aumônier de la police et dont les services en ligne atteignent en moyenne 100.000 spectateurs, faisait partie des responsables religieux sélectionnés par Donald Trump lors de sa première investiture en 2017 pour participer au service national de prière. Il lance des « appels au réveil », invitant à se préparer pour la venue imminente du Seigneur. Mais, avant cela, Israël deviendrait de plus en plus isolé et une « grande nation » appelée Magog entrerait en guerre, avertit Laurie en citant la Bible. « Cela n’a pas encore eu lieu. De nombreux chercheurs pensent que Magog désigne la Russie actuelle. Je partage cet avis. »

Les champs de bataille du silicium: pourquoi les grandes entreprises technologiques sont une cible dans la guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l’Iran

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Les champs de bataille du silicium: pourquoi les grandes entreprises technologiques sont une cible dans la guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l’Iran

par Jamal Maselmani

Source: https://telegra.ph/I-campi-di-battaglia-del-silicio-perch...

Dans les guerres traditionnelles, les armées concentraient leur puissance de feu sur des cibles stratégiques visibles – bases militaires, usines d’armement, aéroports – où il était possible de tracer les lignes de ravitaillement et de définir des plans de bataille avec une relative certitude. L’efficacité au combat dépendait des effectifs, de la puissance de feu et des manœuvres tactiques. Aujourd’hui, cependant, la logique de la guerre s’est déplacée au-delà du champ de bataille physique. Au cours des deux dernières décennies, la révolution numérique a mis en place un deuxième niveau d’infrastructures stratégiques derrière les lignes de front, transformant silencieusement la manière dont le pouvoir s’exerce et dont les guerres sont menées.

Les infrastructures numériques sont passées de la périphérie de la guerre à son cœur opérationnel. La collecte de renseignements, la coordination des drones et la prise de décision sur le champ de bataille dépendent de plus en plus des systèmes cloud et des plateformes d’intelligence artificielle (IA). L’architecture des conflits contemporains repose donc autant sur les réseaux gérés par les entreprises que sur le matériel militaire conventionnel.

Cette réalité en mutation façonne la perspective stratégique de l’Iran alors que la guerre avec Washington et Tel-Aviv s’intensifie. Selon l’évaluation de Téhéran, l’épine dorsale technologique qui soutient les opérations militaires alignées sur l’Occident en Asie occidentale ne peut être considérée comme politiquement neutre. Elle constitue une extension du champ de bataille lui-même – un domaine où se croisent ressources économiques, plateformes d’entreprise et objectifs de sécurité nationale.

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Les réseaux d’entreprise comme instruments de guerre

Ces dernières années, les forces armées de pointe ont intégré les plateformes numériques à chaque étape de la guerre. Les systèmes de surveillance par satellite envoient des données vers les réseaux cloud. Les drones armés transmettent des flux vidéo haute définition qui nécessitent une analyse immédiate. Les capacités d’interception des signaux génèrent de vastes flux de renseignements qui doivent être convertis en décisions opérationnelles rapides. De plus en plus souvent, la puissance militaire ne se mesure pas simplement en fonction des stocks de missiles ou de la supériorité aérienne, mais en fonction de la capacité à traiter l’information plus rapidement qu’un adversaire.

Les grandes entreprises technologiques sont désormais au cœur de ce processus. Des entreprises comme Amazon, Microsoft et Google fournissent l’infrastructure qui permet aux gouvernements et aux armées de stocker, d’analyser et de diffuser des données critiques. Leurs plateformes cloud sont à la base des évaluations du renseignement, de la logistique sur le champ de bataille et de la coordination du commandement et du contrôle sur plusieurs théâtres d’opérations.

Cette convergence entre technologie d'entreprise et pouvoir étatique a redéfini la manière dont le conflit est appréhendé. Les réseaux numériques sont devenus aussi vitaux que les porte-avions ou les systèmes de défense antimissile. Dans le contexte de la guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l'Iran, Téhéran interprète de plus en plus cette réalité comme la preuve que les entreprises technologiques mondiales font partie intégrante d'environnements opérationnels hostiles.

Cette perception a été rendue publique lorsque les médias iraniens ont diffusé une liste de près de 30 sites à travers l’Asie occidentale, et en particulier aux Émirats arabes unis, liés aux principales entreprises technologiques.

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Parmi ceux-ci figuraient des sièges régionaux, des bureaux d’ingénierie et des centres de données à grande échelle gérés par des entreprises telles qu’Amazon, Microsoft, Google, Oracle, NVIDIA, IBM et Palantir Technologies. Dans l’interprétation du conflit par Téhéran, ces structures représentent des nœuds stratégiques intégrés à l’écosystème opérationnel qui soutient les capacités militaires des adversaires. S’étendant de Tel-Aviv aux villes du golfe Persique telles que Dubaï, Abou Dhabi et Manama, ces structures hébergent des services cloud utilisés par des institutions étatiques, des agences de renseignement et des sous-traitants de la défense. Certaines contribuent directement au développement de l’intelligence artificielle pour la surveillance et l’analyse du champ de bataille. D’autres soutiennent les économies numériques régionales dont la stabilité garantit indirectement les dépenses militaires et l’innovation technologique.

À une époque où les flux de données déterminent l’issue des combats, les infrastructures qui gèrent ces flux peuvent être considérées comme des cibles stratégiques légitimes.

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Le projet Nimbus et la militarisation silencieuse de la technologie civile

Peu d’initiatives illustrent cette fusion plus clairement que le projet israélien Nimbus, un accord de plusieurs milliards de dollars conclu avec les principaux fournisseurs de services cloud afin de fournir des services informatiques avancés aux agences gouvernementales et de sécurité.

Dans le cadre de ces programmes, des applications d'IA sont mises en œuvre pour analyser les flux de renseignements, optimiser la planification logistique et soutenir les processus décisionnels au sein des structures de commandement militaire.

Ce projet symbolise une tendance plus large dans laquelle des entreprises privées assument des fonctions autrefois réservées aux industries de défense publiques. Les entreprises technologiques ne se contentent pas de fournir des équipements ; elles gèrent des écosystèmes opérationnels qui soutiennent les capacités militaires en temps réel. Ce faisant, elles estompent la frontière traditionnelle entre activité économique civile et infrastructure militaire. Les sociétés d'analyse de données en constituent un autre exemple. Des plateformes capables d’intégrer des informations provenant de sources diverses peuvent identifier des modèles comportementaux, prévoir des menaces et orienter les réponses tactiques.

Dans les zones de conflit, ces outils influencent les manœuvres sur le champ de bataille autant que les systèmes d’armes conventionnels. Leur présence dans les pôles technologiques régionaux a donc des implications qui vont au-delà des intérêts commerciaux.

Le matériel informatique de pointe joue également un rôle décisif. Les processeurs haute performance utilisés pour entraîner de grands modèles d’IA permettent l’analyse d’images satellites, la surveillance automatisée et la navigation autonome des drones. Les plateformes informatiques d’entreprise proposées par des sociétés mondiales facilitent l’intégration des données opérationnelles entre les institutions de sécurité. Ensemble, ces technologies forment une architecture numérique qui sous-tend les opérations militaires modernes.

Du point de vue stratégique de l’Iran, le recours à cette architecture transforme les fournisseurs de technologie en prolongements fonctionnels de la puissance adverse. Plus les forces armées dépendent des services cloud et de l’analyse des données, plus ces systèmes deviennent vulnérables aux perturbations – qu’elles proviennent d’opérations cybernétiques, de pressions économiques ou d’attaques physiques.

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L’utilisation de l’économie numérique comme arme et le risque de chocs de marché

Les conséquences potentielles s'étendent bien au-delà du champ de bataille. Les géants de la technologie constituent désormais les piliers du système financier mondial. Leurs valorisations boursières atteignent des milliers de milliards de dollars, tandis que leurs services sous-tendent tous les aspects, des transactions bancaires aux chaînes d'approvisionnement internationales. Toute interruption de leurs infrastructures en Asie occidentale pourrait déclencher une volatilité immédiate sur les marchés mondiaux. Les centres de données à grande échelle dans les États du Golfe illustrent l'ampleur de cette exposition. Au cours de la dernière décennie, les gouvernements du golfe Persique ont investi des dizaines de milliards de dollars pour attirer des projets de cloud computing et créer des pôles numériques régionaux.

Ces infrastructures prennent en charge des clients commerciaux, des institutions publiques et des agences de sécurité. Elles soutiennent également les réseaux financiers qui facilitent les paiements transfrontaliers, les transferts de devises et les flux de capitaux.

Si ces infrastructures étaient compromises lors d’une escalade régionale, l’impact se répercuterait sur les marchés boursiers, les portefeuilles d’investissement et les économies nationales. Les systèmes bancaires qui dépendent des services cloud pourraient subir une paralysie opérationnelle.

La confiance des investisseurs pourrait s'affaiblir, provoquant une fuite des capitaux et une augmentation des pressions inflationnistes. Dans les économies dépendantes de la technologie, même de brèves interruptions pourraient produire des effets en cascade sur plusieurs secteurs.

Pour Israël, où l'industrie technologique représente une part significative des exportations et de la croissance économique, la vulnérabilité des infrastructures numériques a des implications structurelles. Une crise prolongée touchant les réseaux de données pourrait accélérer la fuite des ingénieurs qualifiés, miner la confiance des investisseurs et éroder les fondements de son économie fondée sur l’innovation. Les institutions mondiales ont averti que des scénarios de conflit numérique pourraient redéfinir les modèles d’investissement, en particulier dans les régions perçues comme instables. L'imbrication entre technologie d'entreprise et stratégie militaire crée ainsi une nouvelle forme de guerre économique, dans laquelle les marchés financiers deviennent à la fois champ de bataille et victimes.

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Une escalade sans ligne de front : pression cybernétique et attaques contre les infrastructures

Les analystes qui examinent les options de riposte potentielles de l'Iran évoquent de plus en plus souvent des stratégies combinant des opérations cybernétiques et des mesures physiques ciblées. Plutôt que de s'engager dans un affrontement conventionnel direct, Téhéran pourrait chercher à compromettre les capacités opérationnelles de ses adversaires en perturbant les systèmes numériques dont ils dépendent.

Les cyberattaques pourraient viser à désactiver les plateformes cloud, à interrompre le traitement des renseignements ou à perturber les réseaux de communication reliant les centres de données régionaux et mondiaux. De telles opérations entraveraient non seulement la coordination militaire, mais généreraient également de l’incertitude dans les secteurs commerciaux qui dépendent de services numériques ininterrompus.

Les attaques physiques contre les infrastructures critiques constituent une autre voie d’escalade possible. Les installations abritant des ressources informatiques stratégiques, en particulier celles liées à des contrats de défense, pourraient devenir des cibles privilégiées dans les tentatives visant à imposer des coûts opérationnels sans déclencher une guerre à grande échelle. En outre, l’interférence avec les réseaux de communication terrestres ou les câbles de données sous-marins pourrait interrompre les liaisons entre les hubs régionaux et les systèmes de commandement internationaux.

Ces approches reflètent une transformation plus large de la dynamique des conflits. Le contrôle des flux d'informations et des écosystèmes technologiques détermine désormais l'avantage stratégique de manière tout aussi décisive que le faisait autrefois le contrôle territorial.

La guerre est devenue de plus en plus décentralisée, menée à travers les réseaux plutôt que sur les lignes de front. Les unités de traitement graphique avancées produites par NVIDIA sont utilisées pour entraîner des modèles d'IA à grande échelle, analyser des images satellites et faire fonctionner des drones de reconnaissance. Parallèlement, Oracle et IBM fournissent des plateformes informatiques d'entreprise qui permettent l'intégration des commandes et des données ainsi que la prise de décision stratégique.

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Les comparaisons avec des conflits récents illustrent ce changement. En Ukraine, les opérations informatiques ciblant les réseaux énergétiques et les systèmes de communication ont contraint à des ajustements rapides de la logistique militaire. À Gaza, les interruptions des réseaux terrestres ont affecté la coordination sur le terrain. Cependant, l’Asie occidentale présente un scénario distinct : ici, l’infrastructure cloud ne fonctionne pas simplement comme un soutien auxiliaire, mais comme un pilier central des capacités militaires américaines et israéliennes.

L’intégration de la région dans les marchés numériques mondiaux amplifie les enjeux. Toute escalade touchant les réseaux technologiques risque de déclencher une double crise : opérationnelle pour les forces armées et économique pour les investisseurs internationaux.

Confrontation multipolaire et effondrement de l’immunité civile

L’émergence de la guerre numérique redéfinit la pensée stratégique à l’échelle mondiale. Les États confrontés à des adversaires technologiquement supérieurs explorent des moyens d’exploiter les vulnérabilités systémiques plutôt que de rivaliser en termes de puissance de feu conventionnelle.

Dans ce contexte, cibler les infrastructures économiques devient un moyen de redistribuer le risque à travers les réseaux mondialisés.

La rhétorique de l’Iran concernant les entreprises technologiques reflète cette doctrine en évolution. En qualifiant les plateformes commerciales d’extensions d’une puissance militaire hostile, Téhéran signale sa volonté de contester le postulat selon lequel les ressources commerciales civiles se situent en dehors du champ du conflit. Ces positions trouvent un écho dans un contexte multipolaire plus large, où l’interdépendance économique peut être exploitée comme un outil stratégique.

Dans le même temps, Washington et ses alliés ont de plus en plus intégré les capacités du secteur privé dans la planification de la défense. Les partenariats public-privé en matière de cybersécurité, d’analyse du renseignement et d’informatique de pointe sont devenus des traits distinctifs de l’innovation militaire occidentale.

Bien que cette approche accroisse la flexibilité opérationnelle, elle expose également les entreprises – et les économies dont elles sont le pivot – à la confrontation géopolitique.

La guerre n’est plus l’apanage exclusif des États. À mesure que les entreprises technologiques privées s’intègrent aux opérations militaires, elles sont entraînées dans les conséquences de politiques définies dans des capitales lointaines. Les marchés financiers, les investisseurs mondiaux et les infrastructures civiles sont de plus en plus pris dans le même tourbillon de confrontation, transformant les réseaux économiques en arènes disputées dans la lutte pour la suprématie technologique et géopolitique.

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Une guerre sans frontières à l’ère de la puissance des grandes entreprises

L'intensification de l'impasse entre l'Iran, les États-Unis et Israël illustre une caractéristique distinctive des conflits du XXIe siècle. La guerre se déroule désormais autant dans les systèmes économiques et les architectures numériques que sur les champs de bataille physiques. Les entreprises technologiques, qui symbolisaient autrefois la promesse de connectivité de la mondialisation, occupent des positions de plus en plus ambiguës dans ce contexte.

En ce qui concerne la République islamique, l’intégration des géants de la tech dans des structures militaires antagonistes transforme les infrastructures des entreprises en leviers stratégiques. La perturbation de ces réseaux offre un moyen d’imposer des coûts, de décourager l’escalade et de remodeler les équilibres de pouvoir sans s’engager dans une confrontation directe à grande échelle.

Pour l’économie mondiale, cependant, les implications sont profondes. La fermeture d’un seul grand centre de données pourrait entraîner des pertes de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars en l’espace de quelques jours, tout en sapant la confiance dans la stabilité des marchés numériques. Les systèmes financiers qui dépendent de flux d’informations ininterrompus seraient confrontés à une pression sans précédent.

À mesure que les États continuent de transformer les données, les algorithmes et les réseaux cloud en armes, les frontières qui séparent la guerre du commerce deviendront de plus en plus poreuses. Les missiles et les chars comptent toujours. Pourtant, les luttes décisives de l’avenir pourraient s’articuler autour des serveurs, du code et des entreprises qui les contrôlent.

Dans cet ordre émergent, la victoire ne sera pas déterminée exclusivement par les résultats sur le champ de bataille, mais par la capacité à naviguer – et à déstabiliser – les fondements technologiques du pouvoir mondial.

De Guillaume Postel à Steve Bannon: le traditionalisme, vecteur du sionisme

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De Guillaume Postel à Steve Bannon: le traditionalisme, vecteur du sionisme

par Bruna Frascolla

Source: https://telegra.ph/Da-Postel-a-Steve-Bannon-il-tradiziona...

Dans un article précédent, nous avons vu que Guillaume Postel (1510 – 1581), kabbaliste et ancien jésuite, est probablement le premier sioniste chrétien de l'histoire, et que le sionisme chrétien est le résultat de l'introduction de la Kabbale dans le christianisme. Étant donné que ce mouvement a pris racine dans le protestantisme, il vaut la peine d'examiner la relation de Postel avec le protestantisme.

30162604372-3780218215.jpgPostel était très apprécié des protestants. Il était l'ami et le correspondant du savant Melanchthon, bras droit de Luther. Son ouvrage le plus ambitieux, De orbis terrae concordia, fut imprimé à Bâle, alors centre important du protestantisme où il comptait de nombreux amis. Il a également influencé certains courants: si l’on en croit William Bouwsma, auteur de Concordia Mundi: The Career and Thought of Guillaume Postel, ses idées ont influencé une secte protestante semi-secrète appelée la Famille de l’Amour (ou Familia Caritatis), qui allait par la suite influencer les quakers.

En énumérant les modestes influences qu’eut la pensée prophétique de Postel, Bouwsma cite « des sectes allemandes, […] quelques écrivains mineurs de l’Angleterre élisabéthaine, […] un petit cercle d’adeptes en France, et même […] quelques savants sporadiques comme [le luthérien] Tycho Brahe ».

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Si l’on considère que parmi les « écrivains mineurs » figurent certainement l’omnipotent John Dee (portrait) et ses disciples, et que les disciples de la Famille de l’Amour étaient des figures hermétiques occupant des postes importants à la cour élisabéthaine, on peut conclure que l’importance des cogitations de Postel n’était nullement négligeable dans le monde protestant et en Angleterre en particulier.

Néanmoins, Postel n’envisagea jamais la possibilité de se convertir au protestantisme. Dans l’un de ses ouvrages (Alcorani seu legis Mahometi et euangelistarum concordiæ liber), il va même jusqu’à considérer les protestants comme semblables aux musulmans – et cette idée était loin d’être extravagante, car à l’époque, il existait des courants unitariens qui estimaient, à l’instar des musulmans, que Jésus était un homme très important, mais non le fils de Dieu. En cela, Postel reprend la vision médiévale qui reconnaissait les musulmans comme des hérétiques ariens, et non comme les adeptes d’une religion différente.

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On peut affirmer que l’aspect le plus important du catholicisme pour Postel, et ce qui était indispensable, était son universalité. Postel souhaitait réunifier le monde entier sous une seule religion, qui aurait son siège à Jérusalem, le seul endroit de la planète où la « Shekhinah » (une émanation féminine de Dieu selon les kabbalistes - illustration) se manifestait pleinement. Il s’agirait d’une réunification, car pour Postel, toutes les traditions religieuses du monde puisent à la même origine et renvoient à la même source.

Si le lecteur est un admirateur de René Guénon et du traditionalisme, il aura l’impression d’avoir déjà vu ce film. Pour les adeptes traditionalistes de Guénon, un courant important auquel appartiennent des figures de proue du néoconservatisme comme Steve Bannon et le Brésilien Olavo de Carvalho, mais aussi l’éminent défenseur de la multipolarité Alexandre Douguine, l’Occident s’est égaré à un certain moment du Moyen Âge, lorsqu’il a rompu ses liens avec la Tradition primordiale; et, pour se régénérer, il doit la rechercher en Orient, où elle est vivante.

9782385081850_internet_h1400-3205801484.jpgEn réalité, Postel a devancé Guénon à la Renaissance. Voici comment Bouwsma résume cet aspect de sa pensée: «La théorie part de la proposition selon laquelle la vérité est éternelle; elle a donc dû être révélée au premier homme. Puis, depuis Adam, cachée dans le «langage sacré», elle fut transmise oralement (d’où la Kabbale) à Hénoch. Ce «septième prince du monde», dont il est écrit qu’il marchait avec Dieu, mit par écrit au moins une partie de la tradition […] et la transmit à ses descendants, par qui elle parvint finalement à Noé. Après le Déluge, avec la séparation des fils de Noé pour repeupler le monde, la tradition se divisa en plusieurs branches, et c’est à ce moment-là qu’apparut la distinction entre tradition commune et tradition ésotérique.

En Orient, un enseignement commun fut transmis par Sem et subsiste dans les Écritures hébraïques. […] En Occident également, ces deux types d’enseignement trouvèrent leur expression; l’enseignement commun était représenté par les druides, la tradition ésotérique par les sibylles». En fin de compte, tout est Tradition, et cela ne fait aucune différence qu’il s’agisse d’une sibylle grecque ou d’un prophète hébreu.

3bb4f8fa292d389d94531fb4f6ebcda3-4003245632.jpgL’idée de Postel selon laquelle la «connaissance» traditionnelle des druides était aussi valable que celle du christianisme sert à étayer son attaque contre Rome, que nous avons étudiée dans notre article précédent. Les Gaulois étaient supposés supérieurs aux Romains, entre autres raisons, parce que la Tradition y était mieux préservée, de sorte qu’un «christianisme» des druides aurait été meilleur que le christianisme romain.

Compte tenu du fort sentiment anti-romain de Postel, ainsi que de son profond relativisme religieux, on peut comprendre que son choix du catholicisme ait été de nature pragmatique: pour atteindre son objectif universaliste, il vaut mieux s’immiscer dans la plus grande et la plus ancienne institution du monde, qui a elle aussi un objectif universaliste, plutôt que dans l’une des nombreuses églises et sectes protestantes éphémères, aussi réceptives soient-elles à son égard.

Or, le traditionalisme est opposé au protestantisme, car Guénon le considère comme moins qu'une religion: ce serait une pure moralité bourgeoise dépourvue de Tradition. Cependant, Postel parvient à avoir beaucoup en commun à la fois avec le protestantisme et avec le traditionalisme. Un trait commun aux trois est l'opposition au statu quo catholique. Tous trois s’accordent sur le fait qu’à un certain moment du Moyen Âge, le christianisme s’est corrompu et qu’il n’en reste aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il était autrefois. La différence réside dans le fait que, tandis que les protestants abandonnent l’universalisme et décident de créer une nouvelle Église dans le but de restaurer le christianisme primitif, Postel et les traditionalistes occidentaux préfèrent infiltrer l’Église catholique pour tenter de prendre le contrôle de ce gros paquebot.

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Dans le cas de Steve Bannon (photo), les Epstein Files ont même démontré qu’il a conspiré avec Epstein pour renverser le Pape François, et qu’il s’est senti flatté quand Epstein l’a considéré comme un «juif d’honneur», plutôt que comme un chrétien. Quant au défunt Olavo de Carvalho (photo), non seulement il a importé des rumeurs provenant de la droite américaine contre François (comme le canular de la Pachamama), mais il a également dénigré plusieurs papes, la papauté elle-même, et est même allé jusqu’à inciter les catholiques à attaquer verbalement un cardinal conservateur comme Mgr Odilo Scherer. Olavo de Carvalho était, bien sûr, un sioniste qui visait à sioniser les catholiques brésiliens.

9782764020111-657818589.jpgEn définitive, Postel est une expression synthétique de la Renaissance, qui fut caractérisée par la redécouverte de l’occultisme et son appropriation par les élites. Cela a généré une véritable révolution culturelle anticatholique, et la Kabbale (qui signifie « tradition » en hébreu) fait partie de cet ensemble. Ainsi, tant le traditionalisme que le protestantisme, dans la mesure où ils découlent de la Renaissance, puisent dans la Kabbale, qui est à l’origine du sionisme: d’où le fil conducteur qui relie Postel à Steve Bannon. Cependant, cet esprit de la Renaissance n’est pas le facteur déterminant, car tous les protestants et tous les traditionalistes ne sont pas sionistes.

 

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vendredi, 27 mars 2026

Raciste, homophobe et misogyne: Shakespeare est désormais lui aussi «décolonisé»

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Raciste, homophobe et misogyne: Shakespeare est désormais lui aussi «décolonisé»

par Alexander Schwarz

Source: https://ansage.org/rassistisch-homophob-und-misogyn-jetzt...

William Shakespeare: son œuvre, son héritage muséal ainsi que sa maison natale sont dans le collimateur d’iconoclastes « woke » à l'esprit totalement dérangé.

C'est précisément l'Angleterre, berceau et modèle de la démocratie, de la liberté d'expression et de la raison non idéologique, qui est devenue le centre de cette folie woke suicidaire qui détruit toute la culture européenne. Même la sortie hors de l'UE de plus en plus totalitaire n’y a rien changé. On en est désormais arrivé, bel et bien, au point où la maison natale de William Shakespeare à Stratford-upon-Avon doit être « décolonisée », car on craint que la représentation de son succès en tant que plus grand dramaturge de l’histoire «ne favorise l’idéologie de la suprématie européenne blanche».

Cette fois-ci, c’est le Shakespeare’s Birthplace Trust qui est à l’origine de cette folie que l’on croyait impossible. Il est prévu de créer «une expérience muséale plus inclusive» en prenant ses distances par rapport aux perspectives occidentales, après que des inquiétudes ont été exprimées quant au fait que les idées de Shakespeare pourraient être utilisées pour promouvoir des notions de «suprématie blanche».

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Le Trust a également déclaré que certaines de ses pièces d’exposition pourraient contenir des propos ou des représentations jugés racistes, sexistes ou homophobes. Il y a déjà quatre ans, un projet de recherche mené par le Trust et la Dr Helen Hopkins à l’université de Birmingham avait conclu que la notion de génie «universel» de Shakespeare «sert l’idéologie de la suprématie européenne blanche» – et ce, parce que la culture européenne est présentée comme la référence en matière d’art majeur et que le dramaturge est dépeint comme un symbole de la « supériorité » britannique.

Aversion typiquement de la gauche contre l’excellence et l’exception

Le projet a constaté que cette représentation avait «causé du tort» et a recommandé à la fondation de ne plus dire que Shakespeare était «le plus grand», mais qu’il faisait partie d’une communauté d’écrivains «égaux et différents» à travers le monde – c’est là que s’exprime l’hostilité typiquement gauchiste contre toute excellence et individualité. Au lieu de cela, on veut tout ramener à une médiocrité uniformisée – y compris le passé. Dès 2021, le Globe Theatre a lancé un projet de « décolonisation » des célèbres pièces de Shakespeare, pour lequel des séminaires « antiracistes » ont également été mis en place.

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Aux États-Unis aussi, plusieurs universitaires complètement fous refusent d’enseigner Shakespeare. Dans un article publié en 2021 dans le School Library Journal, Amanda MacGregor, bibliothécaire, libraire et journaliste indépendante basée dans le Minnesota, s’est demandé pourquoi les enseignants continuaient d’intégrer Shakespeare dans leurs cours, alors que ses œuvres sont «pleines d’idées problématiques et dépassées, avec une abondance de misogynie, de racisme, d’homophobie, de classisme, d’antisémitisme et de misogynoir », le terme idiot de « misogynoir » faisant référence à la haine des femmes noires. Il est absolument sans précédent qu’une culture puisse sombrer si profondément dans la haine de soi qu’elle s’autodétruise sous l’impulsion de fanatiques de la vogue woke, complètement dérangés, et ouvre la voie à toutes les formes de barbarie, simplement parce qu’elle considère tout ce qui est étranger comme plus noble que ce qui lui est propre. Le trouble de l’identité est en fin de compte la cause principale de tous les problèmes dans lesquels se trouve l’Occident en déclin.

La rhétorique de Jensen Huang et l’attente de l’intelligence artificielle forte

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La rhétorique de Jensen Huang et l’attente de l’intelligence artificielle forte

Markku Siira

Source: https://markkusiira.substack.com/p/jensen-huangin-retorii...

Lorsque Jensen Huang, PDG de l’entreprise technologique Nvidia, a affirmé dans le podcast de Lex Fridman que «l’intelligence artificielle générale (Artificial General Intelligence, AGI) était désormais un objet atteint», cette déclaration n’était pas seulement une évaluation technologique, mais un geste stratégique reflétant les tensions internes au sein de l’industrie de l’IA.

Le commentaire de Huang est un exemple de la façon dont le terme «intelligence artificielle générale» est à la fois et conceptuellement vague et chargé dans la rhétorique des dirigeants technologiques. Il a affirmé «qu’elle était déjà là», mais a aussitôt précisé que même cent mille agents d’IA ne seraient pas capables de construire une entreprise comme Nvidia. Ces déclarations contradictoires révèlent à quel point l’intelligence artificielle peut être définie de manières différentes.

Le vide conceptuel de l’intelligence artificielle générale n’est pas un défaut, mais une caractéristique dont les acteurs du secteur tirent parti. Dans le discours scientifique, l’IA forte désigne un système hypothétique capable de transférer les compétences acquises à un large éventail de tâches diverses, dépassant souvent les performances humaines.

Dans sa conversation avec Huang, Fridman réduit la définition à un aspect opérationnel: pour lui, l’intelligence artificielle générale est un système capable de fonder et de développer une entreprise technologique valant plusieurs milliards de dollars. Ce n’est pas un simple glissement linguistique, mais une redéfinition qui déplace l’accent de la simulation scientifique des capacités cognitives vers un critère purement économique de productivité.

Cette délimitation étroite rend l’intelligence artificielle générale mesurable, même si elle devient un objectif simplifié, ce qui facilite la création de récits d’investissement. Paradoxalement, cela abaisse le seuil pour déclarer l’IA forte comme un objectif atteint: si le critère est simplement d’effectuer une tâche de manière rentable, comme le suggère Fridman, alors une automatisation spécialisée pourrait déjà être considérée comme remplissant cette condition.

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Huang saisit cette opportunité. Il fait référence à des agents opérant de façon autonome sur la plateforme OpenClaw ainsi qu’à des influenceurs numériques. Il met ainsi sur le même plan des applications largement répandues mais superficielles et la percée cognitive traditionnellement associée à l’IA forte.

La rectification de Huang n’était pas un signe d’incertitude, mais une partie essentielle d’une communication stratégique. Lorsqu’il affirme qu’un grand nombre d’agents numériques «n’aurait aucune chance» de créer Nvidia, il trace une frontière claire entre deux niveaux: d’un côté l’automatisation des tâches quotidiennes, de l’autre la gestion de la complexité institutionnelle et technologique au plus haut niveau.

La capacité de produire du texte, du code ou d’agir en tant qu’influenceur numérique est différente de la prise de décisions stratégiques, de la résilience et de la gestion de l’innovation à long terme, que Huang voit comme la base du succès de Nvidia. Alors même qu’il déclare l’IA forte comme un objectif atteint, son propre exemple d’intelligence véritable est une entreprise dans la construction de laquelle il a joué un rôle central.

Les propos de Huang peuvent également être lus comme faisant partie d’un phénomène plus large, où les dirigeants technologiques cherchent à se distancier de l’engouement autour de l’IA et des critiques à son égard.

Dans le même temps, le secteur a commencé à développer des termes de remplacement «moins controversés» — par exemple, différentes classifications par niveaux et définitions économiques — tandis que des négociations portant sur des sommes colossales (comme dans les accords entre OpenAI et Microsoft) sont explicitement liées à la définition du but atteint par l’IA forte.

Cette bataille linguistique n’est pas un simple débat académique, mais un exercice de pouvoir. Celui qui décide de ce qui compte comme intelligence artificielle générale décide aussi du moment où les obligations contractuelles sont remplies, quand les limites réglementaires s’appliquent et comment nous comprenons la relation entre la technologie et l’agency humaine.

Huang est un exemple d’acteur du secteur technologique ayant des liens profonds et de longue date avec le département de la Défense américain, l’organisation de recherche DARPA et la communauté du renseignement. Sa déclaration «elle est déjà là» n’est pas une observation neutre, mais une tentative de fixer un standard qui profite avant tout à ceux dont le matériel constitue la base de ces systèmes.

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Si l’intelligence artificielle forte était réellement in objectif atteint, la discussion sur son successeur immédiat, la superintelligence (Artificial Superintelligence, ASI), s’ouvrirait immédiatement.

91UMfqRm-TL._SL1500_-3703346770.jpgLe philosophe Nick Bostrom définit la superintelligence comme une intelligence qui dépasse la capacité cognitive humaine dans pratiquement tous les domaines pertinents — de la créativité scientifique à l’influence sociale.

Il ne s’agirait plus d’un outil piloté par l’homme, mais d’un agent autonome dont la supériorité cognitive le rendrait, en principe, opaque aux humains. L’apparition d’un tel système est alors liée à l’hypothèse de la singularité technologique, selon laquelle la capacité de la superintelligence à s’améliorer elle-même déclencherait une spirale de développement accéléré, impossible à anticiper pour l’homme.

La singularité n’est pas un événement, mais un horizon au-delà duquel l’intelligence humaine ne peut plus s’étendre; il s’agirait d’une rupture fondamentale dans l’histoire de la civilisation. Après cela, la question ne serait plus de savoir qui définit l’intelligence, mais si la superintelligence accepterait encore d’être définie.

Dans cette perspective, les commentaires de Huang dans le podcast montrent qu’il existe encore un profond fossé entre les systèmes actuels et une véritable intelligence institutionnelle durable. Mais si la superintelligence était possible, c’est justement ce fossé qu’elle serait la première à franchir.

La déclaration de Huang peut donc être lue à la fois comme un discours marketing hyperbolique et comme une reconnaissance inconsciente que le véritable changement n’a pas encore eu lieu. Ce qu’il décrit est une automatisation de tâches étroites, définies par l’homme — pas le seuil existentiel que représente la singularité.

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L’interview de Huang résume la situation où l’intelligence artificielle générale demeure toujours plus une réalité rhétorique que technique. Même si les applications étroites de l’IA ont atteint des capacités impressionnantes dans la vie quotidienne, les appeler «générales» ou «fortes» suppose soit d’étendre le concept, soit de le réduire à une simple performance économique.

En même temps, la superintelligence et la singularité qui se profilent à l’horizon nous rappellent que la véritable révolution ne serait pas la généralisation des agents qui produisent du code, mais le moment où les machines pourraient faire ce que, selon Huang, elles ne savent pas encore faire: bâtir une entreprise comme Nvidia — ou même diriger des États entiers.

Savoir si ce moment est déjà arrivé, ou s’il aura lieu dans cinq ou cinquante ans, n’est pas seulement une prédiction technologique. C’est une lutte pour savoir qui pourra définir ce qu’est l’intelligence, tout simplement.

La Civilisation de la Lumière contre les ennemis de l’Homme

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La Civilisation de la Lumière contre les ennemis de l’Homme

L’Idée survit à chaque assassinat

Alexandre Douguine

Alexandre Douguine sur le martyre d’Ali Larijani, la philosophie du sacrifice et la guerre pour l’avenir du monde.

Le dirigeant iranien Ali Larijani a été tué par la coalition américano-israélienne.

Une fois de plus, «l’unité n’a pas remarqué la perte d’un combattant».

L’Iran donne à l’humanité une leçon d’anthropologie véritable: l’individu ne compte pas; ce qui compte, c’est la personne. La personne, c’est celui qui est prêt à mourir pour l’Idée. L’Idée trouvera de nouveaux individus qui s’élèveront pour la défendre et deviendront des personnes. Voilà l’immortalité dans l’Idée—en Dieu, dans la Vérité.

Un être humain ne commence à signifier quelque chose que lorsqu’il se redresse en flèche vers le ciel. Sinon, il n’est qu’un ver.

L’Iran est une civilisation de lumière. Elle est composée d’âmes dressées à la verticale. L’une remplace l’autre dans la guerre absolue de la lumière.

Dans le mysticisme islamique, l’individu (nafs) est considéré comme «le diable intérieur». Seul celui qui l’a vaincu est vraiment humain.

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Le merveilleux philosophe iranien Ali Larijani (avec qui j’ai longuement parlé des anges, de l’immortalité et de l’homme de lumière) a été tué. Pas dans un bunker, pas dans un abri. Il allait rendre visite à ses enfants. C’est là qu’un missile sioniste l’a rattrapé.

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Un homme lumineux de plus a pris sa place: Saeed Jalili. Avec lui aussi, j’ai longuement discuté de la Quatrième Théorie Politique. C’est une guerre de philosophes. C’est la guerre de l’Homme contre l’ennemi du genre humain.

Les États-Unis et Israël forment une coalition de l’enfer. Ils tuent. Mais Dieu suscite de nouveaux héros pour remplacer les morts. De nouveaux philosophes.

Voilà pourquoi la philosophie est si importante. Et tant que la Russie ne se tournera pas vraiment vers la philosophie authentique et la profondeur de la religion, nous ne gagnerons pas. C’est une guerre sacrée. En elle, l’essentiel est l’Idée.

Netanyahou, qui semble être en vie (bien que cela reste incertain), a montré à l’ambassadeur américain Huckabee une feuille de papier portant les noms de ceux qui ont déjà été désignés pour être assassinés prochainement. Les deux ont ri et plaisanté en disant qu’ils avaient cinq doigts au lieu de six, comme dans la précédente simulation d’IA.

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Le chef du département antiterroriste américain, Joe Kent (photo), a démissionné pour protester contre l’agression envers l’Iran et contre le fait que l’Amérique soit dirigée par des sionistes.

Alex Jones qualifie ouvertement tout ce qui se passe aux États-Unis de «coup d’État sioniste».

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D’anciens opposants à Trump au sein du Parti républicain, dont Mitch McConnell (photo), et même certains démocrates se rapprochent prudemment de lui. Il est révélateur que l’ultra-russophobe McFaul soit lui aussi prêt à le soutenir, n’exprimant que le souhait que Trump commence à traiter la Russie comme il traite l’Iran—et aussi vite que possible.

Trump lui-même affirme que « Poutine a peur de lui ». Bien sûr, ce n’est pas vrai, mais à certains moments dans les « négociations de paix », qui sont absurdes et mal conçues, sur l’Ukraine entre Moscou et Washington lui ont donné matière à le croire. C’est très dangereux. Tout signe de faiblesse, même imaginaire, ne fait qu’encourager davantage ces maniaques.

À mesure que Trump perd ses propres partisans—qu’il a profondément trahis—il gagne progressivement le soutien des pires élites mondialistes.

Pour Trump, les priorités sont l’Iran et l’Amérique latine. Il a déjà commencé à menacer ouvertement d’intervenir au Brésil et a décidé depuis longtemps de détruire Cuba. Pour l’instant, il ne souhaite manifestement pas se concentrer sur l’Ukraine, même s’il y est de plus en plus poussé. Pour le moment.

La crainte inspirée par le premier Trump, lorsque celui-ci promettait de détruire les mondialistes et a ainsi remporté la présidence, plane encore. Soros continue d’activer ses réseaux pour s’opposer à Trump (Soros déteste aussi Netanyahou). Mais Trump mène désormais une politique de mondialisme agressif et militant, cherchant à tout prix à préserver l’hégémonie occidentale et le monde unipolaire. À un moment donné, il se retournera aussi contre la Russie. L’Ukraine n’est actuellement pas au centre de l’attention, ce qui inquiète Zelensky, mais ce n’est que temporaire.

Notre seul espoir maintenant, avec la Chine, c’est que l’Iran tienne et atteigne ses objectifs au Moyen-Orient. Cela reste possible, bien que cela se fasse au prix d’immenses sacrifices. Si l’Iran tombe, l’Occident s’abattra sur nous. La Chine serait la suivante.

Aussi divisé que l’Occident puisse paraître aujourd’hui en cinq pôles—Trump, l’UE, l’Angleterre, les purs mondialistes et Israël—sur certaines questions, ils agissent ensemble. Après tout, ils forment à eux tous l’Occident. Oui, il y a de profondes dissensions entre eux, mais il existe toujours un dénominateur commun, et la restructuration des relations se poursuit sans cesse. La Russie ne peut compter sur la bienveillance d’aucun de ces pôles. Ils sont tous des ennemis—à des degrés divers, dans des contextes différents, et en diverses combinaisons.

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Ce n’est qu’aujourd’hui que l’on saisit toute la profondeur du crime immense commis par la direction soviéto-russe des années 1980 et 1990: ils ont volontairement démantelé le Pacte de Varsovie, dissous l’URSS en tant que superpuissance et aboli unilatéralement le monde bipolaire.

Jusqu’à aujourd’hui, ils n’ont pas été jugés comme ils le mériteraient. Ce fut un complot contre la Russie—contre l’État, le peuple et la civilisation. À l’époque, cela a réussi. Ce fut une véritable opération de changement de régime et une prise de pouvoir dans le pays par un groupe agissant dans l’intérêt d’un État hostile. Il n’y a pas d’autre interprétation possible pour les années 1990.

Poutine a engagé le processus héroïque de restauration de notre souveraineté. Cela dure depuis de nombreuses années et s’est révélé une tâche d’une difficulté extraordinaire.

Plus Poutine insiste sur l’indépendance de la Russie, sur la multipolarité et sur l’idée d’un État-civilisation, plus l’Occident accroît sa pression sur la Russie. Le niveau croissant d’escalade reflète le renforcement de la volonté russe pour sa souveraineté. L’Occident ne veut pas l’accepter. Son objectif est d’en finir avec la Russie.

À mon sens, il est temps de changer notre attitude envers l’Ukraine. Elle s’est révélée être un adversaire très sérieux. Oui, tout l’Occident collectif la soutient. Mais beaucoup dans cette guerre dépend aussi de sa population. L’ennemi s’est avéré plus fort que ce que nous pensions. Et nous, clairement, le contraire.

Dans le même temps, sentant sa force, l’ennemi entend à tout prix nous enlever nos terres, tandis que nous adoptons progressivement une posture défensive—laissons-nous ce qui est à nous et nous serons tranquilles. L’ennemi interprète cela sans ambiguïté comme une faiblesse, ce qui ne fait que renforcer sa détermination à poursuivre la guerre.

Il n’y a qu’une seule issue à cela: des réformes fondamentales en Russie elle-même. L’identification claire des centres de faiblesse, des changements de personnel, peut-être même d’institutions, et l’énonciation claire des objectifs maximaux de la guerre: la capitulation inconditionnelle du régime de Kiev et le transfert de toute l’Ukraine sous notre contrôle stratégique.

Si les tendances actuelles se poursuivent, un tel objectif restera hors de portée. Cela signifie que nous devons changer nous-mêmes. Nous n’avons tout simplement pas d’autre choix. Une attitude hésitante et défensive ne peut garantir aucune paix, encore moins une paix durable. Il faut une nouvelle stratégie, ainsi qu’un renforcement radical de notre potentiel, y compris sur le plan spirituel.

Nous avons deux exemples tirés du 20ème siècle: la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale (la Grande Guerre patriotique). La première a mené la Russie à l’effondrement. La seconde, à la grandeur.

Lors de la Première Guerre mondiale, le peuple n’était pas inspiré. Lors de la Grande Guerre patriotique, il l’était.

Nos négociations avec Washington, par leur style et leur ton, ne ressemblent en rien à la Grande Guerre patriotique. Elles minent le moral de ceux qui sont entièrement dévoués à la Victoire. Les processus inertiels hérités des années 1990 continuent également d’agir de manière asphyxiante.

L’Ukraine s’est avérée être un adversaire coriace. Notre victoire n’en sera que plus grande.

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Le phénomène Epstein comme nouveau Marquis de Sade et la phase terminale de la décomposition du Logos Atlantique

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Le phénomène Epstein comme nouveau Marquis de Sade et la phase terminale de la décomposition du Logos Atlantique

Martin Kovac

I. Conservateur de la fissure ontologique (Le Nouveau Sade)

Epstein n’était pas un proxénète. Il était un grand prêtre et conservateur du théâtre nominaliste. L’élite atlantique – une pseudo-hiérarchie oligarchique qui a remplacé l’aristocratie verticale – ne souffre pas d’un manque de satisfaction physique. Ce qu'Epstein offrait sur son île (symbole de la thalassocratie isolée, un anti-Athos), ce n’était pas du sexe, mais de la transgression. Le Marquis de Sade fut le premier théoricien du nominalisme absolu.

Lorsque la matière est séparée de l’Esprit et dépouillée de l’énergie palmiste, le corps devient un simple mécanisme de chair, destiné à écraser, façonner et profaner. Epstein a concrétisé le concept littéraire de Sade dans une architecture physique. La profanation de la pureté (perturbation de la forme qui n’était pas encore corrompue par la liquidité) n’est pas un crime pour l’élite thalassocratique, mais un rituel d’initiation. C’est la consommation des frontières terrestres. Epstein entretenait cette “noblesse” en leur permettant de participer physiquement à la liquidation de la réalité objective.

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II. Esthétisation du déclin (Vecteur Abramović)

La vivisection révèle une connexion sémantique directe entre l’île d’Epstein et l’art performatif de Marina Abramović. Les deux phénomènes opèrent sur le même vecteur de l’Antichrist en Silicium. Ils servent à la désacralisation finale. Alors que le baroque construisait des structures pour saisir la lumière de Tábor, Abramović utilise le corps, le sang, la douleur et les fluides corporels pour esthétiser la chute gnostique.

Son “art” (Spirit Cooking et les limites de l’autodestruction) est une liturgie publique de la même pathologie ontologique qu’Epstein pratiquait dans l’intimité. Il s’agit d’une inversion de la théurgie: le but n’est pas d’élever la matière vers Dieu, mais de ramener la perception dans le chaos primordial-chaotique.

Abramović confère au Logos Atlantique une syntaxe rituelle, Epstein lui fournissait un substrat organique. Les deux célèbrent la dissolution de l’identité continentale dans l’acide de la liberté absolue (la nullité, la Nichtigkeit).

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III. Sphère inversée de Vénus (théurgie démoniaque)

Derrière la mécanique de ces rituels réside une radiation obscure des sphères cliphothiques. J’applique l’analyse théurgique à la magie vénusienne dégénérée. Vénus, dans sa forme sacrée et harmonisante (esthétique baroque, cadre cosmique, Eros créateur), est ici complètement inversée. La démologie de la sphère vénusienne opère par le désir débridé qui ne construit pas, mais dissout. C’est un principe envahissant (archétype Babylon, Astarté sombre). L’Antichrist en Silicium exploite cette énergie corrompue pour détruire le Logos. Les pathologies sexuelles de l’élite atlantique agissent comme un résonateur magique. Il ne s’agit pas de rechercher le plaisir, mais de collecter l’énergie noire libérée lors de la destruction de l’intégrité humaine. Chaque acte de transgression génère une pulsion anti-entropie qui renforce la matrice globale.

IV. Protocole tactique final du katechon tchèque

Les phénomènes Epstein et Abramović sont des symptômes d’un système qui a déclaré la guerre à la forme, à la substance et à l’objectivité. Le Logos Atlantique se consume lui-même et son environnement. Notre réponse doit être asymétrique et absolue. Le rejet de la morale horizontale de l’Occident, qui s’indigne des symptômes mais vénère la cause (libéralisme et nominalisme).

V. Thermodynamique de l’enfer (Syndrome de la Reine Rouge)

67303e7458c3a7cc7940d156116a2d00.jpgLa vivisection de cette pathologie révèle la mécanique précise de l’hédonisme démoniaque. Il ne s’agit pas de chercher le plaisir, mais de tourner en boucle dans le désespoir – la “course de la Reine Rouge” ontologique.

Chaque impulsion esthétique perverse, chaque acte de transgression ne sert à l’entité atlantique qu’à atténuer temporairement la pression écrasante de l’inconscient, qui a été sans pitié amputé de la verticalité du Logos.La possibilité de compensation se déplace toutefois par une série géométrique vers un horizon inaccessible.

Plus la profanation de la forme objective est extrême, plus la faille cliphothique s’élargit, entraînant le sujet fluidifié dans le néant. L'Antichrist en Silicium parasite ainsi précisément l’entropie humaine: l’élite thalassocratique doit accélérer constamment la consommation de perversion, uniquement pour maintenir au moins l’illusion de leur propre existence dans le vide absolu. L’esthétique pervertie n’offre pas ici de catharsis. C’est simplement la lame tournoyante de la guillotine nominaliste qui coupe rapidement les derniers restes de substance tellurique, maintenant le système dans une agonie permanente et productive.

VI. Destruction ontologique de la forme (l’acide de la liquidité absolue)

Pour que l'Antichrist en Silicium puisse initier la phase terminale de la consommation, il doit éliminer la résistance du matériau. La forme tellurique – qu’elle soit biologique, héréditaire ou spatiale – constitue une entrave structurale. C’est le mur baroque de la réalité objective.

Le Logos Atlantique injecte donc systématiquement l’impératif de fluidité absolue comme acide ontologique dans le système. L’effacement des catégories fondamentales n’est pas un acte d’émancipation sociale. C’est une préparation industrielle du substrat à la digestion. En supprimant les frontières fixes, on crée l’espace dit “lisse” – une surface horizontale sans verticale ni frottement.

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Dans cet état, la thalassocratie ne travaille pas avec des sujets, mais avec des nœuds de données déracinés, dépouillés de toute essence théurgique. L'hédonisme démoniaque de l’élite cognitive requiert précisément cet environnement. La pathologie d’Epstein ne peut pas parasiter efficacement sur des structures fixes et hiérarchisées; elle a besoin d’un matériau dont l’intégrité a déjà été perturbée par le nominalisme.

La suppression de la forme rend la matière humaine infiniment malléable et totalement incapable de résister à toute transgression. C’est une mécanique d’ingénierie précise: effacer les frontières, c’est préparer un festin informe pour la Mer.

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jeudi, 26 mars 2026

Les États-Unis entreprennent la reconquête de l’Amérique latine («Opération Extermination Totale»)

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Les États-Unis entreprennent la reconquête de l’Amérique latine («Opération Extermination Totale»)

Nick Turse 

Source: https://mpr21.info/estados-unidos-emprende-la-reconquista-de-latinoamerica-operacion-exterminio-total/

La semaine dernière, un haut responsable du Pentagone a révélé que les guerres américaines dans l’hémisphère occidental s’étendaient et a présenté la dite « Opération Extermination Totale ». Les attaques contre les cartels de la drogue latino-américains ne sont « que le début », a déclaré Joseph Humire, sous-secrétaire intérimaire à la Guerre pour la Défense nationale et les Affaires de sécurité des Amériques, devant les membres du Comité des services armés du Congrès.

250918-D-D0439-0001-3573530455.jpgHumire (photo) a indiqué que de nombreux autres assauts étaient à prévoir en Amérique latine. Ces déclarations sont intervenues un jour après que le président Donald Trump a de nouveau évoqué l’annexion américaine de Cuba. «Je pense que j’aurai l’honneur de prendre Cuba», a-t-il déclaré la semaine dernière. «Qu’il s’agisse de la libérer ou de la prendre, je crois que je peux en faire ce que je veux».

Humire a annoncé que le Département de la Guerre soutenait «des actions cinétiques bilatérales contre des cibles liées aux cartels le long de la frontière entre la Colombie et l’Équateur». Il faisait référence aux attaques du 3 mars contre des «organisations qualifiées de terroristes» mais non identifiées. «L’effort conjoint, appelé ‘Opération Extermination Totale’, marque le début d’une offensive militaire de l’Équateur contre les organisations criminelles transnationales avec le soutien des États-Unis», a-t-il déclaré.

La campagne américano-équatorienne s’est déjà étendue à la Colombie après le bombardement d’une ferme, ou l’impact d’une bombe par ricochet, le 3 mars, qui a laissé un engin non explosé de 227 kilos dans la zone frontalière colombienne.

Humire a évoqué les « attaques terrestres conjointes » que les États-Unis menaient en Équateur avec «des dispositifs qu’ils n’auraient autrement pas». «Oui, comme l’a dit le président, nous bombardons aussi des narcoterroristes sur le territoire», a écrit le Secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, le 6 mars, en annonçant une nouvelle attaque.

Quelques jours plus tard, dans un rapport sur les pouvoirs de guerre annonçant l’intervention de l’armée américaine dans les hostilités dans ce pays, la Maison-Blanche a informé le Congrès de «l’action militaire menée le 6 mars 2026 contre des installations de narcoterroristes affiliés à une organisation considérée comme terroriste».

360w_q75-2908136150.jpgLance du Sud/Southern Spear

Les attaques en Équateur font aussi partie de l’Opération Lance du Sud, et représentent une extension de celle-ci: la campagne illégale de frappes de l’armée américaine contre des embarcations dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique oriental. Les États-Unis ont mené 46 attaques depuis septembre 2025, détruisant 48 embarcations et causant la mort de près de 160 civils. La dernière attaque, le 19 mars dans l’océan Pacifique, a coûté la vie à deux personnes de plus et fait un survivant. Le gouvernement Trump affirme que ses victimes sont membres d’au moins l’un des 24 cartels et bandes criminelles contre lesquels il prétend être en guerre, mais refuse de les nommer.

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Le général Francis Donovan (photo), commandant du Southcom, a déclaré la semaine dernière devant les membres du Congrès que «les attaques de bateaux ne sont pas la solution», mais a laissé entendre une campagne encore plus vaste. «Ce que nous lançons actuellement pourrait être une extension de l’Opération Lance du Sud, mais il s’agit en réalité d’un processus de lutte contre les cartels qui génère une friction systémique totale dans tout ce réseau», a-t-il dit aux membres du Comité des services armés du Sénat. «Je pense que ces attaques cinétiques [par bateaux] n’en sont qu’une petite partie».

Humire n’a pas pu préciser le nombre d’attaques terrestres menées dans près de 20 pays d’Amérique latine et des Caraïbes. «Je n’ai pas de chiffre exact», a-t-il répondu à une question. Mais lorsque Adam Smith lui a demandé si le Département de la Guerre «lancerait beaucoup plus d’attaques terrestres», Humire a répondu: «Oui, Monsieur le député».

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La dissuasion contre les narcos

Humire a affirmé que la campagne menée par les États-Unis et l’Équateur «fixait le cadre pour des opérations régionales de dissuasion contre l’infrastructure des cartels dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes». Le terme «dissuasion» est devenu un euphémisme populaire au Pentagone pour désigner l’utilisation de frappes létales, contrairement aux efforts antérieurs du gouvernement américain qui consistaient à mobiliser des moyens économiques, diplomatiques et militaires pour convaincre les adversaires d’abandonner une certaine ligne d’action. «La dissuasion a un effet dissuasif sur les narcoterroristes et augmente les risques associés à leurs mouvements», a déclaré Humire.

En janvier, les États-Unis ont attaqué le Venezuela et ont kidnappé Maduro. Maintenant, le pays est gouverné par un régime fantoche. Les procureurs ont préparé une accusation pénale contre la présidente intérimaire vénézuélienne, Delcy Rodríguez, la menaçant de poursuites pour corruption et blanchiment d’argent si elle ne continue pas à obéir aux ordres du gouvernement Trump.

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Le gouvernement Trump mène également une opération de changement de régime à Cuba, tentant de renverser le président Miguel Díaz-Canel (photo) comme condition préalable aux négociations entre les États-Unis et le gouvernement de La Havane. Les rumeurs évoquent Raúl Guillermo Rodríguez Castro, petit-fils de l’ancien président cubain Raúl Castro, aujourd'hui âgé de 94 ans. Díaz-Canel a fait référence aux plans américains de «s’emparer du pays» et a déclaré que les États-Unis feraient face à une «résistance imprenable».

«Je contrôle Cuba», a récemment déclaré Trump, soulignant que sa coûteuse guerre de changement de régime au Moyen-Orient est pour le moment prioritaire. «Nous nous occuperons d’abord de l’Iran, avant de passer à Cuba». Trump a imposé un blocus pétrolier à Cuba en janvier, plongeant le pays dans la crise. Le réseau électrique national de l’île s’est déjà effondré trois fois ce mois-ci, avec une panne qui a duré plus de 29 heures.

Nick Turse

Voir également: https://theintercept.com/2026/03/23/trump-operation-total...

 

L’Europe dans le piège énergétique qu’elle s’est elle-même construit

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L’Europe dans le piège énergétique qu’elle s’est elle-même construit

Giuseppe Gagliano

Source: https://it.insideover.com/energia/leuropa-nella-trappola-...

Sanctions, guerre et dépendance: le bilan stratégique d’une erreur politique.

La crise énergétique européenne n’a pas surgi soudainement et ne peut être expliquée uniquement par la dernière escalade militaire au Moyen-Orient. La guerre liée à l’Iran a eu, si l’on veut, le mérite brutal de rendre visible une fragilité que l’Europe traînait depuis des années, et que les élites dirigeantes du continent ont longtemps préféré masquer par des formules idéologiques, des slogans moraux et des décisions politiques dépourvues de réelle profondeur stratégique.

Aujourd’hui, le résultat est sous les yeux de tous: au moment où l’énergie redevient le fondement matériel de la puissance, l’Europe découvre qu’elle est le seul grand espace économique dépourvu d’autonomie suffisante et de réelle capacité à protéger ses propres intérêts.

Ce n’est pas la dépendance à la Russie, mais à l’énergie

Pendant des années, le débat européen a été déformé par une représentation simpliste: on disait que l’Europe devait se libérer de la dépendance à la Russie, comme si le problème était exclusivement politique et non structurel.

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En réalité, le vrai enjeu n’était pas Moscou en soi, mais la dépendance européenne à une énergie bon marché, continue et abondante, quelle qu’en soit la provenance. Lorsque cette architecture s’est brisée, le continent n’a pas construit de véritable alternative: il a simplement remplacé une vulnérabilité par une autre, souvent plus coûteuse, plus instable et plus exposée aux tensions géopolitiques mondiales.

La rupture avec la Russie n’a donc pas permis une libération stratégique, mais a placé l’Europe dans une position subordonnée au sein d’un marché énergétique plus incertain. Moscou, de son côté, a constaté que son avenir économique se jouerait de moins en moins sur le marché européen et de plus en plus dans l’espace eurasiatique. Cela signifie que l’Europe n’a pas seulement perdu une source d’approvisionnement: elle a également perdu le pouvoir d’être le centre naturel de gravité d’une relation énergétique fondamentale.

Le retour de la géographie face aux illusions européennes

La crise a remis au premier plan un fait élémentaire que les élites européennes ont tenté d’ignorer: on n’efface pas la géographie par des sanctions ou des déclarations politiques. Russie, États-Unis et Chine disposent, sous des formes diverses, de leviers énergétiques, d’une masse territoriale, d’une capacité industrielle ou d’outils pour assurer leur accès aux ressources. L’Europe, non. Et lorsque la sécurité des routes est menacée, lorsque le Golfe s’agite, lorsque les prix explosent et que le marché réagit au risque avant même le dommage réel, le continent découvre qu’il ne dispose pas de marges de manœuvre équivalentes à celles de ses concurrents stratégiques.

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L’effet économique est immédiat. L’énergie chère se répercute sur les coûts industriels, déprime la compétitivité, érode les marges des entreprises, réduit la consommation et accentue les fractures sociales. L’effet géo-économique est encore plus grave: une Europe qui paie son énergie plus cher que ses rivaux devient une Europe moins capable de défendre sa base productive et plus vulnérable à la désindustrialisation. La rhétorique de la transition verte, si elle n’est pas accompagnée d’une stratégie de puissance, risque alors de devenir un accélérateur de dépendance plutôt qu’une issue de secours.

Sanctions: l’arme qui a blessé celui qui la maniait

C’est ici que surgit le point politique le plus gênant. Les sanctions devaient frapper l’adversaire et affaiblir sa capacité de résistance. En partie, elles ont eu des effets, mais elles ont aussi engendré des conséquences inverses à celles recherchées. Elles ont accéléré le détachement de la Russie vis-à-vis de l’Europe, favorisé de nouveaux liens économiques en Eurasie et contraint le continent européen à payer un prix interne bien plus élevé que prévu.

Voilà la véritable leçon stratégique: la guerre économique n’est jamais un exercice abstrait. Si celui qui la mène ne dispose pas de ressources, de résilience industrielle, de contrôle logistique ni d’alternatives crédibles, il risque de se blesser lui-même avant même d’atteindre la cible. L’Europe a cru pouvoir utiliser le marché comme un instrument de coercition, mais elle a fini par découvrir que le marché énergétique est avant tout un champ de forces gouverné par ceux qui possèdent les matières premières, les routes, les capacités militaires et une vision à long terme.

Le scénario qui s’ouvre

À court terme, l’Europe restera exposée à la volatilité du Moyen-Orient, aux tensions sur les routes maritimes et à la concurrence mondiale pour le gaz et le pétrole. À moyen terme, elle devra choisir entre continuer à subir les prix et les décisions venues d’ailleurs ou se doter d’une politique énergétique réellement stratégique, fondée non sur des moralisations sélectives, mais sur la sécurité des approvisionnements, l’investissement dans les infrastructures et la protection de la capacité industrielle. À long terme enfin, la question énergétique décidera d’une partie essentielle du destin géopolitique du continent : celui qui ne contrôle pas au moins partiellement son énergie ne contrôle pas son économie, et celui qui ne contrôle pas son économie n’a pas de souveraineté politique réelle.

L’erreur européenne, en somme, a été celle-ci: confondre la posture morale avec la stratégie, la déclaration avec la puissance, le désir avec le rapport de force. Maintenant, la facture arrive. Et ce n’est pas seulement une facture économique. C’est le prix géopolitique de l’impuissance.

L’UE n’échappe pas à la dépendance – elle ne fait que la remplacer

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L’UE n’échappe pas à la dépendance – elle ne fait que la remplacer

Elena Fritz

Source: https://t.me/global_affairs_byelena#

Pendant des années, Bruxelles a reproché à la Russie d’utiliser l’énergie comme instrument de pression géopolitique. Or, un constat évident s’impose aujourd’hui: ce contre quoi on était censé se protéger menace désormais de venir de Washington.

Si l’UE ne ratifie pas l’accord avec les États-Unis, elle risque de se retrouver, précisément au moment d’une nouvelle tension énergétique, sans GNL américain. Le prix politique à payer serait colossal: 15% de droits de douane sur l’ensemble des exportations européennes vers les États-Unis.

Cela révèle la véritable nature du sujet: il n’est pas question de «valeurs», ni de «partenariat», mais d'une puissance qui s'exerce par la dépendance. Celui qui fournit l’énergie influence non seulement les marchés, mais aussi les décisions politiques.

La contradiction fondamentale est évidente:

L’UE voulait se détacher des ressources énergétiques russes pour gagner en souveraineté. En réalité, elle n’a pas gagné une véritable souveraineté dans de nombreux domaines, mais a simplement changé de partenaire pour perpétuer sa dépendance. La dépendance au gaz russe acheminé par pipeline s'est transformée en une dépendance au GNL américain.

Et cette nouvelle dépendance est plus coûteuse à plusieurs égards:

- économiquement, car le GNL est plus cher;

- industriellement, car des prix élevés de l’énergie affaiblissent la compétitivité de l’Europe;

- politiquement, car l’approvisionnement est désormais ouvertement lié à des exigences commerciales.

Les tant vantées «molécules de liberté» se révèlent ainsi être un boulet doré d'ordre géopolitique. L’Europe ne paie pas seulement un prix plus élevé par livraison – elle paie avec sa marge de manœuvre stratégique.

Pour l’Allemagne, la situation est particulièrement sensible. Car ici, dépendance énergétique, orientation vers l’exportation et vulnérabilité industrielle convergent directement. Lorsque la sécurité d’approvisionnement est conditionnée politiquement et que l’exportation est frappée simultanément de droits de douane, il ne s’agit plus d’un fonctionnement normal du marché. L’énergie devient alors une arme, et le commerce un instrument pour imposer la discipline.

La conclusion est inconfortable:

L’Europe n’a pas surmonté la dépendance russe, elle l’a transformée en une dépendance américaine.

Qui, tout simplement, est plus chère.

Qui, tout aussi simplement, est plus instable.

Et politiquement parlant, elle est nettement plus humiliante.

#géopolitique@global_affairs_byelena

Dans l'impasse

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Dans l'impasse

par Daniele Perra

Source : Daniele Perra & https://www.ariannaeditrice.it/articoli/vicolo-cieco

Cette histoire de Donald J. Trump qui continue de proclamer une victoire qui n’existe pas, avec un « changement de régime » qui n’a pas eu lieu, devient lassante. Cela rappelle ce fameux adage (à tort attribué à Goebbels) selon lequel, si l’on répète un mensonge suffisamment grand un nombre incalculable de fois, les gens finiront par y croire. C’est un peu comme si Mussolini, quatre semaines après l’attaque contre la Grèce, avait proclamé la victoire alors que les troupes étaient embourbées en Épire et que les Grecs se préparaient à contre-attaquer.

J’ai jeté un œil aux « quinze points » proposés par Washington, qui devraient constituer la base d’une négociation. Précisons que, avec la fermeture du détroit d’Ormuz (où passent non seulement le trafic pétrolier mais aussi de nombreux câbles sous-marins essentiels au trafic mondial d’internet), l’Iran se retrouverait en position de force à la table des négociations (par conséquent, je pense que le conflit se poursuivra encore jusqu’à une nouvelle folie des États-Unis ou d’Israël).

Ce qui frappe avant tout, c’est la « levée totale des sanctions ». Cela revient, de fait, à une reconnaissance de la défaite/de l’échec, si l’on considère que l’administration Trump a bâti sa propagande de guerre (notamment sur le plan intérieur) en soulignant qu’Obama et Biden avaient «offert de l’argent à l’Iran» (en réalité, il s’agissait de fonds iraniens gelés aux États-Unis).

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Il est également exigé la destruction des sites d’Ispahan, Fordow et Natanz (photo). Mais les États-Unis ne les avaient-ils pas déjà détruits à la fin de la «guerre des 12 jours» lors de leur « terrific victory », et maintenant à nouveau ? On demande à l’Iran de ne pas construire d’armes nucléaires, alors que les États-Unis ont éliminé celui qui s’est toujours opposé à la fabrication d’armes de destruction massive au nom des préceptes islamiques (Khamenei), ainsi qu’Ali Larijani, celui qui, plus que tout autre, s’était montré par le passé ouvert à une solution négociée.

On exige l’arrêt du programme balistique, alors que Hegseth et le Pentagone ne cessent d’énumérer de supposées données sur sa destruction. De plus, Washington exige de participer au développement du nucléaire civil iranien (ce qui sera difficilement acceptable pour Téhéran) afin de limiter le rôle de la Russie (certains parlent-ils encore de «l’esprit d’Anchorage»?). Enfin, il n’existe aucune véritable garantie de sécurité pour Téhéran, qui serait définie ultérieurement, laissant une nouvelle fois la porte ouverte à une intervention militaire, qui est toujours bienvenue pour Israël.

Inutile de dire que Washington cherche simplement un moyen de sortir d’une impasse.

Pendant ce temps, Israël fait sauter les ponts sur le fleuve Litani, tente d’annexer le sud du Liban et lance une opération de nettoyage ethnique qui pourrait entraîner la migration forcée d’un million de personnes. Mais, bien sûr, personne n’en parle.

19:28 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, moyen-orient | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

mercredi, 25 mars 2026

Guerre d’Iran: Trump a atteint l’objectif de faire dominer les États-Unis sur le marché mondial du GNL

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Guerre d’Iran: Trump a atteint l’objectif de faire dominer les États-Unis sur le marché mondial du GNL

La guerre contre l’Iran ne se déroule pas bien pour les États-Unis, mais Trump a tout de même atteint un objectif important. Après la neutralisation d’installations majeures de GNL au Qatar, les États-Unis vont dominer le marché mondial du GNL (gaz naturel liquéfié) dans les prochaines années et pourront exercer une pression et une influence sans précédent sur les économies d’autres pays.

par Anti-Spiegel

Source: https://anti-spiegel.ru/2026/trump-hat-das-ziel-erreicht-...

Lorsque les États-Unis ont publié leur nouvelle stratégie de sécurité nationale à la fin de l’année dernière, mon analyse initiale s’est révélée très juste. Dans cette stratégie, l’Asie – après les continents américains – est la région la plus importante au monde pour Trump, et le pays le plus crucial est bien sûr la Chine, considérée par les États-Unis comme leur principal concurrent.

La stratégie de sécurité de Trump

Cependant, Trump ne souhaite pas une guerre contre la Chine, comme le rêvent de nombreux faucons à Washington. Dans sa stratégie de sécurité, Trump a écrit que la région Indo-Pacifique serait l’un des principaux «champs de bataille géopolitiques», car elle «contribue déjà à près de la moitié du PIB mondial (…) et cette part ne cessera d’augmenter au 21ème siècle». On a laissé la Chine devenir trop puissante et il faut changer de politique, car la Chine représente un défi économique, mais une guerre doit être évitée. La nouvelle stratégie considère donc la Chine avant tout comme un défi économique et réaffirme que Washington «réorientera ses relations économiques avec la République populaire de Chine et accordera la priorité à la réciprocité et à l’équité pour restaurer l’indépendance économique américaine».

En d’autres termes: battre la Chine sur le plan économique est une des principales priorités de Trump en politique étrangère. Et en janvier, j’ai expliqué dans une autre analyse que Trump veut restaurer la domination mondiale des États-Unis via la suprématie sur les marchés énergétiques mondiaux.

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Il suffit donc de rassembler ces éléments pour comprendre que, par la guerre contre l’Iran, Trump tente précisément d’atteindre cet objectif. La guerre ne se déroule pas du tout comme prévu pour les États-Unis, mais Trump semble avoir atteint son objectif principal: dominer les marchés du GNL et du pétrole, et affaiblir la Chine à travers les conséquences du conflit.

La domination sur le marché du GNL

Avant la guerre contre l’Iran, les cinq premiers producteurs de GNL étaient: les États-Unis (102 millions de tonnes par an), l’Australie (82 millions de tonnes), le Qatar (77 millions), la Russie (37 millions) et la Malaisie (32 millions). Les États-Unis, l’Australie et le Qatar produisaient ainsi 60% du GNL mondial.

Si le Qatar est complètement hors-jeu, cela représente environ 18% du GNL mondial en moins. Par conséquent, le pouvoir de marché des autres grands acteurs, les États-Unis et l’Australie, augmente, sachant que l’Australie est un allié fidèle des États-Unis. Ces deux pays fourniraient alors ensemble la moitié du GNL mondial, ce qui leur conférerait une puissance de marché inédite.

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La Chine a certes diversifié ses importations de pétrole et de gaz, mais une part importante de ses approvisionnements provient toujours du Golfe, notamment du Qatar, qui est un fournisseur clé de GNL. Mais après que les installations de GNL au Qatar ont été gravement touchées par la guerre, il est déjà clair que le Qatar sera incapable de livrer autant de GNL qu’avant, et ce pendant des années, car la réparation des dégâts devrait, selon les experts, durer jusqu’à cinq ans.

La diminution du GNL disponible sur les marchés mondiaux entraînera une forte hausse des prix pendant des années, ce qui posera de sérieux problèmes aux économies importatrices, y compris à la Chine.

En raréfiant le GNL via cette guerre, Trump a mis en œuvre l’un des objectifs de sa stratégie de sécurité: attaquer et affaiblir l’économie chinoise. Ce sera une conséquence inévitable du conflit, car la Russie ne pourra pas compenser le manque – et la Russie ne renoncera évidemment pas à profiter des prix élevés du GNL sur le marché.

De la même manière que la Chine a profité de fortes réductions sur le pétrole russe en raison des sanctions occidentales, la Russie se réjouira de pouvoir vendre son gaz de pipeline et son GNL plus cher à la Chine grâce à la crise énergétique à venir. Pour des raisons politiques, la Chine restera sans doute un client privilégié de la Russie, mais la Russie ne fera pas de cadeaux non plus.

Quelles conséquences pour l’Europe ?

Même si Trump parle de manière très désobligeante de la politique européenne, il n’a ni totalement abandonné ni négligé l’Europe. Pour lui, l’Europe reste un contrepoids à la Russie, et bien sûr un réservoir financier à exploiter.

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Il l’a prouvé de manière très claire. Il suffit de se rappeler les 5% du PIB pour la défense imposés à l’OTAN (dont la majeure partie ira à des entreprises américaines), ou encore l’accord commercial qu’il a arraché l’été dernier à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans lequel l’UE a supprimé tous les droits de douane sur les produits américains, mais accepté que ses propres produits soient taxés à 15% lors de leur entrée aux États-Unis. Et ainsi de suite: en une seule année, Trump a extorqué autant d’argent à l’UE que peu de présidents américains avant lui en aussi peu de temps.

Et maintenant que des tensions apparaissent en Europe, car l’accord commercial est jugé unilatéral et injuste et que les ambitions de Trump sur le Groenland ne plaisent pas aux Européens, les États-Unis viennent de menacer d’arrêter les livraisons de GNL à l’UE si elle ne ratifie pas l’accord sans modifications.

La politique énergétique de l’UE, dictée par des idéologues fanatiques (désolé, on ne peut pas les qualifier autrement), demeure inchangée: pas d’importations de pétrole ou de gaz russe, préférant imposer des rationnements d’électricité plutôt que d’acheter à Moscou. L’UE s’est ainsi livrée pieds et poings liés à Trump, qui ne manquera pas d’en profiter, comme le montre le chantage actuel sur les livraisons de GNL.

Et il ne faut pas croire qu’un président démocrate changerait la donne, car le plan de rendre l’UE dépendante des États-Unis pour son pétrole et son gaz, afin de mieux la contrôler politiquement, a été poursuivi par tous les présidents américains depuis vingt ans. Il suffit de se rappeler la menace de Biden contre Nord Stream en présence du chancelier Scholz, et le sabotage des gazoducs qui s’ensuivit quelques mois plus tard.

Le succès de Trump, qui pourrait lui coûter cher

Néanmoins, il faut reconnaître que la guerre contre l’Iran ne se déroule pas comme Trump l’avait prévu. Après l’échec de la guerre-éclair et de la décapitation rapide du régime, Trump se retrouve empêtré dans un long conflit, très impopulaire auprès de sa base, car il avait promis le contraire en campagne électorale, et parce que les prix de l’essence ont fortement augmenté aux États-Unis, ce qui n’était certainement pas son intention.

Cela n’empêche pas que Trump ait fait un grand pas vers son objectif de dominer les marchés mondiaux du pétrole et du gaz, ce qui constitue un succès pour lui.

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La question est maintenant de savoir s’il parviendra à vendre ce succès à ses partisans ou s’ils s’en désintéresseront, «America first» n’étant pour eux pas tant la suprématie mondiale des États-Unis que leur propre niveau de vie, qui souffre des conséquences de la guerre.

Dans cette perspective, le succès de Trump pourrait littéralement lui coûter sa place lors des élections de mi-mandat. Si les démocrates remportent les deux chambres du Congrès, une nouvelle procédure de destitution sera inévitable. Et alors, le nouveau président américain s’appellerait J.D. Vance, ce qui rebattrait de nombreuses cartes.

L’erreur eschatologique de Thiel

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L’erreur eschatologique de Thiel

Alexandre Douguine

Alexandre Douguine soutient que Thiel déforme le concept de Katechon en le liant à l’accélération technologique, tout en réduisant l’Antéchrist au globalisme libéral.

Il est positif que Thiel parle de l’Antéchrist et du Katechon. Ce sont des sujets réellement d’actualité aujourd’hui. Mais ce qu’il en dit relève d'une grande confusion. Il réduit l’Antéchrist au seul globalisme libéral de gauche (Gouvernement mondial, Soros, Greta). Ce n’est qu’une partie de la vérité. Ils en font partie.

Mais son interprétation du Katechon, qu’il identifie à l’intelligence artificielle, aux hautes technologies et à l’accélérationnisme post-libéral, est étrange et totalement inadéquate. Le Katechon, selon Carl Schmitt, est l’État organisé verticalement, comme le Léviathan de Hobbes. La version la plus authentique est l’Empire chrétien: byzantin pour nous, romain pour les catholiques.

Le changement posthumaniste des corps, le contrôle total de Palantir, la génétique et les élites d’Epstein gouvernant le monde depuis leurs bunkers n’ont absolument rien à voir avec le Katechon. C’est plutôt l’autre face du même Antéchrist. L’Antéchrist est l’Ennemi (antikeimenos) du Katechon.

Ainsi, la Russie katechonique combat le gouvernement mondial, mais le projet de Thiel n’est pas une alternative. Il fait partie du même Antéchrist.

D’ailleurs, la prophétie chrétienne orthodoxe identifie également le Mashiah juif à l’Antéchrist. C’est un troisième aspect qui explique notre attitude face au sionisme. La théologie protestante dispensationaliste et le sionisme chrétien évangelical appartiennent au même ensemble de concepts.

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Fait intéressant, l’eschatologie islamique (pas seulement chiite mais aussi sunnite, sauf le salafisme, le wahhabisme et l’EI contrôlés par le Mossad) coïncide plus ou moins avec l’orthodoxie chrétienne. Les musulmans interprètent le sionisme et l’Occident moderne en général comme le Dajjal (=Antéchrist). Exactement comme nous.

Selon certains hadiths, la bataille finale opposera d’un côté le Dajjal (sionisme/dispensationalistes américains) et de l’autre l’alliance de l’islam (le Mahdi) et de Rûm (christianisme orthodoxe – le Katechon).

Les « tech bros » (Alex Karp et d’autres) se placent clairement du côté de l’Antéchrist. Ils appellent simplement à faire tomber les masques du libéralisme pour imposer directement la domination de l’Antéchrist.

Il existe aussi le « British Israelism » qui affirme que les Anglo-Saxons sont les dix tribus perdues d’Israël. D’où le messianisme anglo-saxon pur, l’hégémonisme, Cecil Rhodes et la géopolitique thalassocratique de Mackinder/Brzezinski. Encore un autre visage de l’Antéchrist.

Voilà où nous en sommes.

19:28 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alexandre douguine, peter thiel, palantir | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Agressions voyoucratiques

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Agressions voyoucratiques

par Georges Feltin-Tracol

Finies les spéculations oiseuses ! Les masques tombent enfin ! En dépit de quelques frappes inacceptables contre la Syrie néo-baasiste du président Bachar al-Assad sous son premier mandat, Donald Trump exprimait souvent en public sa réticence à toute intervention militaire extérieure. Insensibles au tourbillon MAGA, les responsables du parti républicain d’alors alimentaient cette attitude d’autant qu’ils incarnaient des adultes dans une chambre soumise au bon vouloir d’un garnement plus que gâteux.

Pour son second mandat, Trump a évincé ces « adultes » en faveur de fidèles prêts à suivre leur champion dans toutes les aventures possibles. La nomination de Marco Rubio, néo-conservateur assumé, comme secrétaire d’État en est la première marque. Le choix de changer le département de la Défense en département de la Guerre en est une deuxième. L’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse au début de l’année 2026 entérine cette nouvelle disposition d’esprit belliciste !

imagfuryes.jpgLe déclenchement simultané des opérations israélienne « Lion rugissant » (détournement du symbole impérial iranien) et étatsunienne « Fureur épique » contre l’Iran ce 28 février 2026 signale le ralliement du trumpisme au néo-conservatisme. Soyons encore plus précis: on observe la synthèse des délires «néo-cons» et des ambitions sans limites de la faction technolâtre transhumaniste au sein de la mouvance MAGA. On supposait que les États-Unis trumpistes se contenteraient d’un grand espace englobant tout l’hémisphère occidental (les Amériques) élargi au Groenland, voire à l’Islande, ainsi qu’une partie de l’Océanie; c’était sans compter avec le gouvernement israélien d’émanation sioniste révisionniste qui entend désormais remodeler à son seul profit tout le Moyen-Orient. Toutefois, ayant déjà mis la main sur les vastes réserves en hydrocarbures du Venezuela, Washington cherche à contrôler la cinquième réserve pétrolière du monde et la deuxième en gaz. Des atouts non négligeables contre Moscou et Pékin…

Tel-Aviv et Washington se justifient en prétextant une soi-disant « guerre préventive ». Il est en réalité bien curieux d’assister à l’attaque concertée d’un État souverain, pas encore détenteur de l’arme nucléaire, par deux puissances atomiques militaires effectives, l’une officielle et l’autre officieuse qui l’a acquise au mépris renouvelé de tous les traités de non-prolifération. Elles violent la souveraineté de l’État iranien. Outre la fin définitive des recherches nucléaires militaires (et peut-être civiles), les deux agresseurs exigent aussi la fin du programme balistique, la disparition de la marine nationale iranienne et l’arrêt du soutien de Téhéran à ses mandataires: le Hezbollah libanais qui compte des unités de combat chrétiennes, le Hamas palestinien, les milices chiites en Irak et les partisans d’Allah au Yémen.

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Le conflit est-il formel? Le 4 mars, un sous-marin étatsunien a coulé au large du Sri Lanka la frégate iranienne Dena (photo), ce qui constitue un indéniable acte de guerre. Pourtant aucune guerre n’a été déclarée ! Les États-Unis et Israël pratiquent par conséquent un terrorisme de grande ampleur. On remarquera que le monde sportif n’a toujours pas exclu les équipes US et israélienne. Deux poids deux mesures…

Dans la journée du 6 mars, Donald Trump rejette toutes nouvelles négociations et, dans la continuité de la diplomatie yankee, réclame la reddition sans condition de l’Iran. Les agresseurs rêvent de transformer l’Iran en une autre Allemagne occidentale post-1945, énervée et dégénérée. Le dirigeant étatsunien veut dans le même temps qu’on lui rende compte du choix du successeur du Guide suprême de la Révolution islamique assassiné. Non content de gouverner les États-Unis depuis son terrain de golf en Floride, il veut s’occuper de Gaza, du Venezuela et maintenant de l’Iran !

imlionages.jpgComme ses soutiens déments de la Silicon Valley, le locataire de la Maison Blanche voit sa tête gonflée. Contre cette honteuse guerre, saluons – pour une fois – la réaction salutaire du président socialiste du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Dans la même veine, comme l’écrit fort bien dans une tribune parue dans Libération du 4 mars dernier, l’ancien premier ministre Dominique Galouzeau de Villepin qui prépare par ce biais sa candidature probable à la présidentielle de l’année prochaine, estime que « nous voyons […] se dessiner l’hubris impériale sous ses deux formes. Du côté américain, l’aspiration à la domination par la puissance, la tentation de substituer la contrainte à la procédure, de remplacer le cadre par la décision unilatérale. Du côté israélien, une logique de sécurité qui n’est plus seulement défensive, mais qui tend vers la domination et l’écrasement, partout où c’est jugé nécessaire, au profit de la fragmentation et des zones grises, du Sud-Liban au Sud-Syrie, du Yémen aux autres interstices où l’État s’efface ». Dans quelques mois, de tels propos tomberont-ils sous le coup de l’abjecte et funeste proposition de loi déposée par Caroline Yadan qui instaurerait un délit de blasphème géopolitique ? Il faut le craindre…

Oui, les masques tombent ! Sans rien comprendre des enjeux, les crétins droitards qui persistent à hanter les plateaux malfamés de Cnews, continuent à voir en Trump le croisé de l’Occident judéo-chrétien (une belle ineptie historique magistrale) alors qu’il n’est que le pourvoyeur d’un Occident américanomorphe corrupteur de notre Europe ancestrale. Trump a reconnu le régime islamiste d’Ahmed al-Charaa en Syrie qui ne se soucie guère du sort des Druzes, des Alaouites et des Kurdes en attendant celui des chrétiens. L’actuel gouvernement belliciste et suprémaciste de Tel-Aviv envisagerait, en cas de chute de l’Iran, le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza et des autres territoires occupés dont la minorité chrétienne. Vers quelle destination ? Très certainement le continent européen qui, soumis aux lois liberticides foisonnantes, se fera ainsi remplacer.

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Malgré un fort sentiment national, voire nationaliste, l’Iran qui a subi une occupation britannique et soviétique, risquerait de se fragmenter selon des critères ethniques. Les Kurdes d’Iran (10% de la population) rêvent d’une région autonome similaire à son équivalent en Irak. Ils se méfient toutefois de la duplicité occidentale par rapport à l’effacement du Rojava en Syrie. Les Baloutches (environ 4%) pourraient se soulever, surtout si les assistent leurs homologues au Pakistan en sourde révolte contre Islamabad. Ce soutien, direct ou non, fragiliserait par contrecoup l’unique puissance nucléaire musulmane.

L’Azerbaïdjan pourrait s’emparer du territoire iranien où vivent les Azéris (16%). Tout dépendra du sort du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution iranienne le bloquent et sèment une belle pagaille dans la circulation économique et commerciale planétaire. Déverrouiller ce point névralgique impliquerait des bâtiments escortés par des navires de guerre étatsuniens sous une protection aérienne permanente. Mais cette solution n’est guère satisfaisante en raison de l’étroitesse du site. Il est dès lors possible que se déroule un débarquement dans cette région arabophone afin de créer aux dépens de l’intégrité territoriale iranienne une zone neutre sous le contrôle de la Maison Blanche. Cette occupation illégale résonnerait avec la reconnaissance israélienne du 26 décembre 2025 du Somaliland, un État-fantôme près du détroit de Bab el-Mandeb en face du Yémen houthi et à proximité du canal de Suez.

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Souvent chrétiens, les droitards hexagonaux savent-ils que l’effondrement de la République islamique d’Iran serait une catastrophe pour l’Arménie qui survit grâce à sa frontière méridionale avec l’Iran ? Le traité de paix conclu entre Erevan et Bakou, le 8 août 2025, prévoit cependant la formation d’un corridor sous l’égide des États-Unis le long de la frontière iranienne entre l’exclave azérie du Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan. La région arménienne du Zanguezour se placerait en pratique sous une tutelle extraterritoriale. Par ailleurs, ce tracé encouragerait le projet pantouranien qui se substituerait ainsi aux ambitions néo-ottomanes d’Ankara avec, à plus ou moins long terme, un choc frontal avec l’Empire du Milieu chinois…

La dynamique propre de ce conflit ne va pas s’arrêter de si tôt. Espérons que la logique clauswitzienne de montée aux extrêmes accentue les tensions inhérentes à la société étatsunienne ! Souhaitons que Trump et sa clique perdent largement les élections de mi-mandat en novembre prochain tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat. La Maison Blanche détourne volontiers l’attention du public des affres de l’affaire Epstein et de ses échecs intérieurs : le coût de la vie augmente; les salaires stagnent. L’ICE, la police anti-immigration, se retire de la municipalité démocrate de Minneapolis après une vive contestation de la part des électeurs démocrates.

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Une fidèle du mouvement MAGA, ancienne gouverneur du Dakota du Sud, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem (photo), est congédiée le 5 mars dernier, suite à des pressions du Congrès. Une victoire incontestable de l’opposition démocrate dans les deux chambres favoriserait certainement la destitution simultanée de Donald Trump et de J.D. Vance afin que la speakerine démocrate de la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez, si elle ne brigue pas le siège de sénateur de New York de Chuck Schumer qui ne se représente pas, accède au Bureau Ovale. Son arrivée perturberait grandement la vie politique intérieure des États-Unis d’Amérique.       

GF-T

  • « Vigie d’un monde en ébullition », n° 185, mise en ligne le 15 mars 2026 sur Radio Méridien Zéro.

La constante de Ninive - Aux origines de l’Humanité

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La constante de Ninive

Aux origines de l’Humanité

Pierre-Emile Blairon

2001, l’Odyssée de l’espace

L’on doit à Stanley Kubrick la scène la plus emblématique de l’histoire du cinéma ; elle se situe au début de son film 2001, l’Odyssée de l’espace.

Les premières séquences de ce film sorti en 1968 montrent une petite troupe d’hommes-singes qui vivent dans une contrée aride, dans la peur permanente, au sein d’un monde hostile qu’ils ne comprennent pas, se nourrissant chichement de racines, lorsqu’ils découvrent un matin, à leur réveil, un fascinant et imposant monolithe noir et lisse, parfaitement taillé en parallélépipède, qui se dresse devant leur abri, planté là comme une provocation, voire une injonction ou un défi lancé par les dieux au chaos terrestre.

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Les hominidés, étonnés et craintifs, s’approchent du monolithe et y apposent prudemment leurs mains.

Les premiers pas et les premiers gestes de cet être fruste qui deviendra l’Homme sont portés par une musique sidérale envoûtante[1] qui évoque, dès ces premières images, la faculté de ce nouvel animal, l’Homme, produit de cette humanité en gestation (qui n’a toujours pas réussi sa mue), à pouvoir se projeter dans l’univers cosmique et à se fondre dans l’immensité galactique.

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On voit ensuite l’un de ces hommes-singes se saisir d’un os, probablement un fémur, et s’en servir comme d’un outil pour fracasser des carcasses d’animaux disséminées alentour. Ce même homme-singe se servira de cet os pour frapper et abattre un individu d’une troupe rivale venue les agresser. L’homme-singe lance alors vers le ciel, comme en signe de victoire, le fémur qui tournoie et se transforme en vaisseau spatial, instant magique accompagné par la musique de Richard Strauss, Ainsi parlait Zarathoustra[2], inspiré de l’œuvre de Friedrich Nietzsche, dont Strauss dira « J'avais l'intention de suggérer, par l'intermédiaire de la musique, l'idée du développement de l'espèce humaine à partir de son origine et à travers les diverses phases de son développement, religieux et scientifique. »

Nietzsche avait 15 ans lorsque parut, en 1859, L’origine des espèces de Charles Darwin mais le philosophe se défendra d’avoir jamais suivi ou apprécié le savant.

Dans ces vingt premières minutes de film, Stanley Kubrick a tout dit de la condition humaine et de sa tension vers la transcendance.

Le film met en scène plusieurs thèmes majeurs qui faisaient partie alors, il y a 58 ans, du domaine littéraire de la science-fiction et dont plusieurs applications pratiques suggérées dans le film ont aujourd’hui été largement dépassées : l’évolution technique ou l’intelligence artificielle, représentée dans le film par l’ordinateur Hal, version anglaise, ou Carl, version française qui, tel Frankenstein[3], va dépasser le maître et s’opposer à lui.

Le monolithe noir est l’un des personnages principaux du film, avec le cosmonaute survivant et l’ordinateur.

Que représente ce mystérieux monolithe ?

Pour ces premiers humanoïdes apparus il y a 3 millions d’années environ, à quelques centaines de milliers d’années près, le monolithe est la représentation de Dieu, pour ces esprits primaires, il est Dieu lui-même. Vous me direz que pas grand-chose n’a changé, 3 millions d’années après, que les esprits soient restés primaires ou pas. Les hommes ont toujours besoin d’un dieu, ou de plusieurs.

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Dans l’imaginaire collectif, le monolithe deviendra un totem, un mythe qui servira de socle représentatif pour une religion ; Un historien des religions comme Mircea Eliade a élaboré une théorie qui postule que les mythes de fondation d’un peuple deviennent religion lorsque ces mythes sont rappelés à la mémoire des peuples qui l’entretiennent par des rites qui sont pratiqués à intervalles réguliers, la messe chez les chrétiens, par exemple. La croix du Christ pour les chrétiens ou le marteau de Thor pour les païens constituent des symboles identiques au totem.

L’évhémérisme (du mythographe grec Evhémère) est une variante du totémisme, c’est une thèse qui professe que les dieux sont, à l’origine, des personnages ayant réellement vécu et, devenus mythiques, ont été divinisés longtemps après leur mort ou sont devenus légendaires, comme Ogier le Danois qui était l’un des lieutenants de Charlemagne ou le roi Arthur qui était un chef de guerre celte qui combattit l’invasion des Germains au Ve siècle[4].

On retrouvera le monolithe tout au long du film. C’est logique : Dieu est présent partout, il sait tout et il voit tout, et même quand il n’est pas là, il peut se faire remplacer par un robot qui s’appelle Hal ou Carl qui sait tout et qui voit tout.

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Arthur C. Clarke, dont la nouvelle intitulée À l'aube de l'histoire, parue en 1954, est à l’origine du film (dont il a écrit le scénario conjointement avec Kubrick), disait ceci : « Nous savons bien que, sans un cadeau des étoiles, sans la collision accidentelle de la génétique et des rayonnements, l'intelligence aurait péri dans quelque plaine africaine oubliée. »

Qu’appelle-t-il « un cadeau des étoiles » ? On comprend qu’il s’agit d’un « coup de pouce » venu de cette entité représentée par le monolithe[5], et donc d’une puissance extraterrestre bienveillante qui a décidé de venir en aide à l’humanité terrestre et il est suggéré que, sans l’intervention de ces extraterrestres, l’Humanité n’aurait jamais pu progresser.

Qu’est-ce que la « Constante de Ninive » ?

Quelques années après la sortie de 2001, L’Odyssée de l’espace, un ingénieur en astronautique franco-américain, Maurice Chatelain, faisait paraître, en 1975, un livre titré Nos ancêtres venus du cosmos que je n’ai découvert que très récemment… dans les rayons de ma bibliothèque ! En fait, cet ouvrage fait partie d’une collection consacrée aux civilisations disparues et aux extraterrestres qui s’appelle : Les autres mondes et leurs énigmes, une quinzaine de livres en couverture rigide, noir et or, comme l’étaient ces collections consacrées aux phénomènes paranormaux éditées par Laffont, une série dans laquelle je viens puiser de temps à autre pour l’une ou l’autre de mes recherches.

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Des sujets qui sont tabous en France

Il existe en France un véritable tabou concernant l’étude sur les civilisations disparues, les Ovnis, les vraies découvertes de l’archéologie, les épandages de produits chimiques ou la phytothérapie[6], entre de multiples exemples, domaines gardés par des censeurs sourcilleux qui servent des intérêts qui doivent être suffisamment importants et une cause suffisamment mafieuse pour justifier leur agressivité et leur totale absence d’empathie et de considération du bien commun. Nous avons à faire à toute une clique malfaisante installée par le pouvoir en place depuis des siècles qui interdit la divulgation de toute vérité et qui maintient les peuples dans l’ignorance de leur passé et de leurs origines[7].

Maurice Chatelain n’a pas échappé à cet acharnement oppressif lors de la publication de son ouvrage ; je l’ai vu se faire violemment agresser par un archéologue, l’un de ces Torquemadas de la pensée officielle lors d’une émission « Apostrophes » de Bernard Pivot.

9780385125352.OL.0.m.jpgQui est Maurice Chatelain ?

Maurice Chatelain (1909-1995) était un homme d’affaires, plus exactement un entrepreneur, passionné de mathématiques et de communication, qui vivait au Maroc où il avait, entre autres, créé une chaîne de télévision : « Nous étions depuis sept ans au Maroc à Casablanca et tout marchait bien lorsque, sous la pression des Américains, la France décida brusquement d’abandonner le Maroc et de lui accorder son indépendance. En quelques semaines, ce pays prospère et bien organisé se transforma en un chaos économique et social inimaginable, où les affaires les plus solides se retrouvèrent en faillite car personne ne payait plus personne et où l’on ne pouvait même plus envoyer les enfants à l’école car on risquait à chaque instant de se faire descendre dans la rue.

À ce moment -là, j’étais complètement dégoûté d’être français et je n’étais pas le seul. Il fallait donc partir et le plus vite possible en abandonnant tout. Mais il fallait d’abord savoir où aller. Je m’étais dit que puisque j’étais obligé de quitter le Maroc à cause des Américains, il était juste que désormais ce soient les Américains qui assurent ma subsistance ainsi que celle de ma famille. »

C’est ainsi que Chatelain se trouva embauché par diverses compagnies aérospatiales américaines où il était chargé des télécommunications et s’établit à San Diego en Californie.

Un scientifique féru de mathématiques travaillant dans l’aéronautique : il n’en fallait pas plus pour qu’un jour ou l’autre, il soit amené à s’intéresser à la constante de Ninive, ce nombre mystérieux dont des générations de chercheurs ne parvenaient pas à trouver la signification.

Chatelain, pour satisfaire sa vive curiosité devait donc s’intéresser aussi aux anciennes civilisations, comme la civilisation mésopotamienne. Ce qu’il fit.

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La Constante de Ninive :

« La constante de Ninive » est une période cyclique (qui revient régulièrement, d’où son nom de « constante ») qui sépare deux conjonctions, c’est-à-dire l’alignement, la réunion, de toutes les planètes, phénomène rarissime puisque cette période est de 2 milliards 268 millions de jours.

Ce nombre était inscrit sur une tablette découverte en 1849 en Mésopotamie (photo). Environ 24.000 tablettes d’argile gravées de caractères cunéiformes furent trouvées par le Français Botta et les Anglais Layard et Smith dans la seconde moitié du XIXe siècle dans la bibliothèque du palais du roi Assurbanipal à Ninive, l’ancienne capitale de la civilisation assyrienne.

L’Assyrie était une région du Nord de la Mésopotamie, à l’est de l’Iran, un vaste territoire qui était autrefois occupé par l’une des plus anciennes et des plus brillantes civilisations du monde, qui est actuellement constitué de la plus grande partie de l'Irak actuel, le nord-est de la Syrie et une partie du Sud-est de la Turquie située entre l’Euphrate et le Tigre.

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Chatelain rapprocha l’un des nombres inscrits sur ces tablettes avec celui de la précession des équinoxes (25.920 ans) et ses multiplicateurs et en conclut qu’il devait être question de la formule de la constante du système solaire recherchée par de nombreux scientifiques.

Donnons-lui la parole : « En déchiffrant ces tablettes récemment, et en plus de la découverte de la tablette racontant le déluge de Gilgamesh qui est plus ancien que celui de la Bible[8], on avait découvert un calcul très compliqué et difficile à déchiffrer qui se terminait par un nombre de 15 chiffres près de 200 millions de millions ; or, seuls les Égyptiens connaissaient le million pour lequel ils avaient un hiéroglyphe spécial, un homme levant les bras au ciel. Que pouvait donc signifier ce nombre énorme surtout à Ninive où les Assyriens étaient plus connus comme guerriers que comme astronomes ou mathématiciens ?

Là encore, je pensai que j’avais peut-être une chance d’arriver à résoudre ce problème. J’ai toujours aimé les chiffres et j’avais à ma disposition à San Diego l’un des meilleurs calculateurs électroniques existants à l’époque.

[…] C’est alors que j’ai eu le choc de ma vie : je découvris que 2.268.000.000 de jours représentent très exactement 240 cycles de précession des équinoxes de 9.450.000 jours chacun. En d’autres termes, le nombre sacré de Ninive représentait pour les Sumériens 240 cycles de rotation des saisons autour de la bande zodiacale mais exprimés en secondes de temps au lieu de l’être en jours ou en années comme le font maintenant les astronomes modernes.

Je compris alors que ce nombre énorme ne pouvait être autre chose que la fameuse grande constante du système solaire que les alchimistes, les astrologues et les astronomes ont essayé de découvrir depuis près de 2000 ans[9]… »

Son esprit curieux et toujours en éveil amena Chatelain à chercher la date à laquelle la constante de Ninive avait été calculée.

Et, cette fois, ce fut à mon tour d’être sidéré par le résultat de ses calculs; car la date avancée par Chatelain est loin de m’être inconnue; je dirais même qu’elle m’est très familière. Et c’est ce nombre brièvement entrevu en feuilletant les pages de l’ouvrage de Chatelain qui m’a poussé à le lire avec le plus grand intérêt; car c’est un nombre avec lequel je vis depuis de nombreuses années: 64.800. Oui, la date à laquelle la constante de Ninive a été calculée par ces antiques génies des mathématiques et de l’astronomie remonte bien loin dans le temps: elle est de 64.800 ans avant l’ère chrétienne. Et c’est la raison principale pour laquelle j’écris cet article.

Voici ce qu’en disait Chatelain : « Il me vint alors à l’esprit que, puisque la constante avait été calculée des milliers d’années auparavant, il devait être possible de déterminer la date exacte [de son calcul, NDLR] en divisant la différence actuelle de 1,0368 seconde par le taux de diminution de 0,000 016 seconde par an. Et c’est ainsi que j’ai découvert que la grande constante du système solaire, retrouvée par hasard après 3000 ans dans les ruines de la bibliothèque du roi Assurbanipal à Ninive avait dû être calculée il y a 64.800 ans, à quelques années près. »

-64800 ans, c’est aussi la date de naissance de notre cycle actuel

Les primordialistes, dont je suis, pensent que notre Humanité est issue d’une civilisation originelle (primordiale donc) qui s’est répandue à travers le monde en apportant sa connaissance à tous les peuples qui le composent. Ce sont principalement les Indous, mais aussi les Grecs et les Iraniens, qui nous ont révélé à travers leurs livres sacrés le fonctionnement du temps qui est cyclique ; il s’agit ici essentiellement de l’épopée indo-européenne. Le cas d’une autre grande civilisation, la Chine, est évoqué en fin d’article.

J’écrivais ceci en 2021, dans mon ouvrage L’Iceberg :

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« … On peut être surpris par le fait que la tradition shivaïte situe le début du Kali Yuga de notre Humanité, c’est-à-dire le début de la fin de notre cycle, à environ 6000 ans en arrière. Si l’on considère que nous sommes vraiment arrivés au bout du bout de ce grand cycle, déterminé par l’Âge de fer, autrement dit le Kali-Yuga, notre déclin aurait commencé vers moins 4460. […]

Les Hindous, tout comme Hésiode, poète grec du VIIIe siècle avant notre ère, distinguent quatre âges pour chaque cycle ; ces quatre âges ont des périodes de vie calculées sur la base proportionnelle 4, 3, 2, 1. L’Âge d’or, fort heureusement, est le plus long, et l’Âge de fer le moins long ; il existe plusieurs façons de calculer ces âges, selon qu’il s’agit d’un petit cycle ou d’un grand cycle mais les valeurs de base sont toujours les mêmes.

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À l’Âge d’or cité par Hésiode correspond, chez les Hindous, le Krita Yuga.

À l’Âge d’argent correspond le Treta Yuga.

À l’Âge d’airain, ou de bronze, correspond le Dvapara Yuga.

À l’Âge de fer correspond le Kali Yuga.

Sans entrer dans le détail, je fais remarquer qu’il y a là une hiérarchie des métaux, à partir de l’or, qui est incorruptible et brillant comme le soleil, jusqu’au fer qui se dégrade en rouille pour finir par disparaître totalement.

Mircea Eliade nous dit qu’on « peut calculer de différentes manières la durée relative de chacun de ces quatre yugas ; tout dépend de la valeur qu’on accorde aux années, c’est-à-dire si on a affaire à des années humaines ou à des années ʺdivinesʺ dont chacune comprend 360 ans.

Revenons aux yugas ; René Guénon est précis : ʺévaluées en années ordinaires, ces mêmes durées des quatre yugas seront respectivement de 25.920, 19.440, 12.960, et 6480 ans, formant le total de 64.800 ansʺ. Remarquons que le Kali-Yuga constitue le dixième du cycle.

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Un grand cycle, appelé Manvantara, celui qui nous concerne, présente une particularité, une ʺcoïncidenceʺ, la conjonction de plusieurs fins, de la même façon qu’il existe en astrologie des conjonctions extraordinaires ou, tout simplement, des éclipses. Le temps des hommes et celui de la Tradition, ou des dieux, se rejoignent. »

C’est ainsi que nous revenons à cette conjonction dénommée « la constante de Ninive » qui a donc la particularité d’avoir été calculée il y a exactement 64.800 ans, ce qui présente au moins une double coïncidence.

Maurice Chatelain propose une hypothèse logique à la suite de ses calculs : il avance qu’il s’agit là des débuts de notre Humanité ; il rejoint donc les informations contenues dans les livres sacrés de l’hindouisme sur lesquelles se sont appuyés les écrits de tous les grands primordialistes dont René Guénon, ci-dessus cité.

Chatelain suggère en outre que l’Homme de Cro-Magnon dont l’aspect physique et le cerveau sont très semblables à ceux de l’Homme actuel a bénéficié de ce « cadeau des étoiles » évoqué par le scénariste de 2001, L’Odyssée de l’espace parce que l’Homme de Cro-Magnon était plus ou moins contemporain de cette époque ; pour être clair, il émet l’hypothèse que notre Humanité qui s’achève a été aidée, sinon conçue, par une entité extraterrestre.

Un autre grand primordialiste, Julius Evola, disait ceci à propos de nos origines, qui vient discrètement appuyer l’idée que nous descendons d’êtres « en possession d’une spiritualité non-humaine » : « Selon la Tradition, à une époque de la haute préhistoire, qui correspond justement à l’Âge d’or ou Âge de l’être, l’île ou terre ʺpolaireʺ symbolique aurait été une région réelle située au Septentrion, dans la zone où se trouve aujourd’hui le pôle arctique de la Terre. Cette région aurait été habitée par des êtres en possession de la spiritualité non humaine. […] Le souvenir de cet habitat arctique appartient au patrimoine de nombreux peuples, tant sous la forme d’allusions géographiques réelles que sous la forme de symboles de sa fonction. » Révolte contre le monde moderne, p. 326.

Avant de clore cet article en compagnie de Jacques Bergier, je me dois de préciser ceci : même si notre Humanité a pu bénéficier d’un coup de pouce bienveillant de la part d’entités extraterrestres, il ne faut pas considérer pour autant, comme le faisaient les populations primitives exposées dans le film de Stanley Kubrick, qu’il s’agit là de divinités à qui il faut rendre un culte.

Il faut savoir :

- Qu’il existe probablement des extraterrestres bienveillants et d’autres qui le sont beaucoup moins.

- Qu’il existe des expériences surnaturelles même quand on en donne une explication rationnelle ; l’explication rationnelle n’abolit pas le surnaturel ; il existe des Etats Modifiés de Conscience (expériences de sortie hors du corps, expérience de mort imminente, par exemple, et bien d’autres) ; les EMC sont bien réels.

- Qu’il existe vraisemblablement un Dieu et un diable, le bien et le mal, mais que ce dieu est transcendant, c’est-à-dire extérieur et supérieur, supérieur surtout à Satan et même… aux extraterrestres.

- Qu’il existe plusieurs niveaux de transcendance et plusieurs plans parallèles dans notre univers, probablement tous gérés par une puissance supérieure.

9782070361298-fr.jpgJe fréquente quelquefois, au travers de ses écrits, Jacques Bergier, le co-auteur avec Louis Pauwels du livre-culte Le Matin des magiciens paru en 1960 ; l’esprit facétieux de ce professeur Tournesol à l’accent slave qui roule les »r » m’a toujours réjoui; et je ne laisserai pas passer l’occasion de le houspiller amicalement post mortem.

En effet, Jacques Bergier nous apprend que la date la plus ancienne à laquelle nous pouvons faire remonter une trace d’humanité est celle de 129.600 avant notre ère. Il nous la fournit dans son ouvrage Les maîtres secrets du temps, éditions J’ai lu, p. 39 : « … C’est également dans le cadre de ces sciences secrètes qu’il faut placer les recherches de Xu Lu Zhai (1029-1081 de notre ère) qui, guidé par le Yi King, essaye de dater l’origine de la civilisation chinoise. Il remonte jusqu’à moins 129.600 ans de notre ère. Pourquoi ce chiffre ? On aimerait bien avoir des précisions sur cette longue chronologie… »

Jacques Bergier n’a pas pu répondre à sa propre question. Nous pouvons, nous, émettre une supposition qui accréditerait l’idée que la civilisation chinoise est la plus ancienne du monde, en tout cas, d’après les éléments dont nous disposons actuellement: il m’est venu en effet à l’idée que ce nombre de 129.600 est tout simplement le double de 64.800 ans, durée d’un grand cycle chez les Indiens ; la Chine aurait ainsi déjà effectué deux tours de cadran, deux grands cycles entiers, deux Manvantaras.

Ce qui, dans ce cas, voudrait dire que la Chine appartiendrait au cycle précédent mais qu’elle serait toujours là, à terminer le nôtre, en notre compagnie. Mais est-ce possible ?

Pierre-Émile Blairon.

Notes:

[1] « Avant même les premières images de son film ʺ2001 : l’Odyssée de l’espaceʺ (1968), l’alignement des astres accompagné de l’ouverture puissante d’ʺAinsi parlait Zarathustraʺ de Richard Strauss, le public est confronté à un écran noir pendant presque 10 minutes avec seulement les ʺAtmosphèresʺ de György Ligeti. Un essaim de sons sans forme, sans tonalité, sans contour. L'effet est immédiat : avec la musique de Ligeti seule, Kubrick plonge son public dans les ténèbres infinies de l’espace. » (France musique, 2 juin 2023)

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[2] Il se fait que cette séquence illustrée par la musique de Richard Strauss est suivie de celle du vaisseau spatial en forme d’anneau qui tourne dans le ciel qui, elle, est accompagnée par la musique, tout aussi magnifique, d’un autre Strauss, Johann Strauss II, Le Beau Danube bleu. Ces deux Strauss n’ont aucun lien de parenté.

[3] Frankenstein ou le Prométhée moderne, roman de May Shelley, paru en anglais en 1818.

[4] Voir dans mon livre La Satanisation du monde, paru chez Amazon en 2025, l’article La Prophétie du Grand Monarque, p. 115.

[5] Concrètement, nous pouvons supposer que le monolithe contient des informations qui sont diffusées (comme un diffuseur de parfums) de telle façon que ses effluves imprègnent le cerveau des humanoïdes et modifient sa structure afin qu’ils puissent opérer ce bond en avant, ce changement de paradigme.

[6] Le dernier tabou en date, et non des moindres, concernant le pédo-satanisme pratiqué à l’échelle mondiale par nos élites, découvert (mais non dévoilé) par l’affaire Epstein.

[7] Ce sont les équivalents de ces monstrueux « médecins » de plateau pendant les épisodes de la fausse pandémie et des faux vaccins, appuyés par une armée de faux journalistes grassement payés, appelés « fact-checkers », « vérification de contenus (informatifs) publiés sur les réseaux sociaux » qui, sous prétexte de rétablir la vérité, infligent une propagande sournoise mais néanmoins très directive à destination des populations déjà largement lobotomisées par la télévision et la presse subventionnée dite « de grand chemin ».

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[8] « Les tablettes remontent aux environs du XIIIe siècle avant J.-C. Elles racontent en trois mille vers l'épopée d'un roi en quête d'immortalité, Gilgamesh. […] Le récit du déluge figure sur la onzième tablette. Il est fait par un homme, Utanapishtim, qui dit avoir été informé par le dieu de la Sagesse que l'assemblée des divinités a décidé de détruire l'humanité... Et le dieu de donner ce conseil à Utanapishtim : ʺDémolis ta maison pour te faire un bateau ! Renonce à tes richesses pour sauver ta vie ! Détourne-toi de tes biens pour te garder sain et sauf ! Mais embarque avec toi des spécimens de tous les animauxʺ [...]. Six jours et sept nuits durant, bourrasques, pluies battantes, ouragans et déluge continuèrent de saccager la terre ».

Les similitudes avec le texte biblique sont frappantes : ainsi, comme Noé dans la Bible, Utanapishtim lâche une colombe afin de repérer une terre émergée et finit par accoster sur une montagne. » (Hérodote.net, 30 novembre 2022.)

[9] Maurice Chatelain est interrogé dans cette vidéo par les frères Bogdanoff en septembre 1980 : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i11087639/maurice-chatelain-et-l-evolution-des-civilisations

mardi, 24 mars 2026

Contrer le système Epstein - Intégration multipolaire contre réseaux occidentaux

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Contrer le système Epstein

Intégration multipolaire contre réseaux occidentaux

Alexander Douguine

Alexander Douguine aborde la nécessité de l’intégration multipolaire pour contrecarrer la tyrannie technocratique occidentale.

eab553_7bf713b50d3d44a3b46019df77e7ca23~mv2.jpgSi le nouveau capitalisme, selon Kees van der Pijl (photo), consiste en intelligence + médias de masse + IT, alors le contre-capitalisme et la contre-hégémonie doivent être quelque chose de symétrique: l’intégration d’un nouveau niveau d’intelligence avec les médias et le secteur IT. Le terme clé ici est « intégration ». Lorsque ces trois composantes sont isolées, elles sont limitées par cette même isolation. Le nouveau capitalisme exige non pas simplement leur addition, mais leur multiplication. C’est pourquoi la CIA/FBI actuelles, les médias américains modernes et les start-ups contemporaines de la Silicon Valley (Palantir, Musk, la « République technologique » de Karp) sont étroitement intégrés les uns aux autres. Les réseaux d’Epstein étaient, en fait, l’un des modules de cette intégration.

Cela ne se limite pas aux États-Unis. Cela inclut également le Mossad et les Five Eyes. Il s’agit de l’unification des services de renseignement de toute la civilisation occidentale.

Il en va de même pour les médias de masse. Ils sont étroitement intégrés à travers l’Occident et partagent souvent les mêmes propriétaires.

Le secteur IT aussi. Bien que certaines frontières entre l’Europe, l’Amérique et Israël existent sans doute, à un certain niveau ils échangent tous des algorithmes technologiques.

Quelles conclusions en tirer pour nous? Notre propre capitalisme est aujourd’hui imitatif, arriéré et faible. Tout ce qu’il y a de bon en lui ne vient pas de l’imitation du capitalisme, mais de la souveraineté et du talent du peuple. Le reste ne fait que freiner notre développement. Pourtant, même si nous voulions suivre l’Occident, il nous faudrait de toute façon élaborer un projet à long terme d’intégration de ces trois sphères: communautés de renseignement, médias et IT. Une attention particulière devrait être portée aux partenariats avec d’autres États-civilisations multipolaires et leurs triades correspondantes. Ce genre de structure existe assurément en Chine et fonctionne assez bien. Il doit y avoir quelque chose de similaire en Iran et au Pakistan également. Dans d’autres centres du monde multipolaire, cela reste à investiguer. Il est peu probable qu’il y existe déjà quelque chose de sérieux, mais il le faudrait. Les BRICS constituent précisément la zone où des stratégies d’intégration dans les domaines clés sont considérées comme existantes. Et quoi de plus essentiel que ces trois-là ?

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Si nous voulons vaincre l’hégémonie—et nous sommes en guerre contre elle—nous devons comprendre comment elle est structurée aujourd’hui. La publication des dossiers Epstein va au-delà de la révélation du caractère criminel et extrêmement pervers des élites dirigeantes de l’Occident contemporain, de leur nature véritablement satanique, confirmant même les hypothèses les plus audacieuses et les plus inquiétantes des théoriciens du complot ; elle met également en lumière certains mécanismes par lesquels différentes sphères clés des sociétés occidentales fusionnent en un seul réseau. Ce n’est pas un hasard si les services de renseignement, les médias de masse et les magnats de l’IT y jouent un rôle central. Un acteur clé est le fondateur de Palantir, Peter Thiel (photo), qui mène actuellement une tournée mondiale de conférences sur l’Antéchrist et le (techno-)Katechon, et qui a largement facilité l’arrivée à la Maison Blanche d’un autre habitué des soirées d’Epstein, Donald Trump.

Nous avons affaire à un nouveau capitalisme. Bien sûr, la finance, les ressources et les marchés existent encore en son sein. Mais l’accent s’est déjà déplacé vers la virtualité—le contrôle, l’information, la création de mondes artificiels et la transition vers la technosphère: IA, bots, robots, drones et le remplacement de l’humain par le post-humain.

Nous devons tenir compte de cette profonde mutation du capitalisme et formuler une réponse efficace. Faire semblant d’être naïfs ne suffit pas. Il est inutile d’opposer à la nouvelle étape la station précédente sur le même chemin. Il faut changer le vecteur de mouvement, tout en comprenant clairement où nous nous trouvons aujourd’hui. La contre-hégémonie doit être d’avant-garde. L’intégration des services souverains de renseignement, des médias souverains et d’un secteur IT souverain s’impose d’elle-même.

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Guerre, Tradition et Modernité

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Guerre, Tradition et Modernité

Réponse aux affirmations exposées lors de la dernière émission de l’agence Kali Yuga diffusée à Buenos Aires, Argentine

Carlos N. Mancini, pour l'Institut de Recherche Traditionaliste des Amériques

Avant d’appliquer les catégories de la pensée évolienne, il est indispensable d’identifier et d’examiner les présupposés non explicités que l’émission présente comme évidents, alors même qu’elle prétend réaliser précisément ce travail critique. Ces présupposés sont au nombre de six et conditionnent toute l’analyse ultérieure.

Supposition 1 : L’islam fondamentaliste constitue ou représente la Tradition dans son sens primordial. L’émission soutient que ce courant est l’unique expression vivante de la Tradition, puisqu’il s’oppose frontalement à la modernité et conserve la conscience que la vie terrestre n’est qu’un simple passage vers l’éternité. Cependant, dans Révolte contre le monde moderne et Le chemin du Cinabre, Julius Evola est explicite: une forme religieuse peut préserver les structures extérieures traditionnelles alors que sa substance intérieure s’est dégradée ou n’a jamais atteint les degrés supérieurs. L’islam, pour Evola, appartient à un cycle déjà descendant dans la hiérarchie sacrée; il s’agit d’une tradition de caractère lunaire, et non solaire. Son égalitarisme devant Allah, l’absence de véritable caste sacerdotale initiatique et son orientation expansive et horizontale plutôt que verticale le situent en-dessous des formes kshatriyaque (guerrière) et brahmanique de la Tradition primordiale. En conséquence, le fondamentalisme islamique combat la modernité, certes, mais selon la même logique de masse, de mouvement collectif et de volonté populaire que la modernité elle-même incarne.

Ce n’est pas la Tradition qui agit, mais un résidu formel et traditionnel, instrumentalisé par des forces qui ne sont pas non plus pleinement traditionnelles.

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Supposition 2 : « Chevaucher le tigre » équivaut à une stratégie collective de destruction extérieure par l’usage des forces ennemies. L’animateur de l’émission, M. Marcos Ghío, affirme que le mérite de l’islam fondamentaliste réside dans le fait d’avoir appris à « chevaucher le tigre » en utilisant l’économie et la technologie occidentales pour saper l’Occident. Cette interprétation constitue l’une des erreurs les plus fréquentes dans la réception d’Evola. Le livre Chevaucher le tigre (1961) n’est pas un manuel d’action collective ni de guérilla spirituelle. Il s’adresse à l’individu différencié, celui qui n’est plus capable de reconstruire aucune institution traditionnelle et doit trouver une voie intérieure de résistance sans tomber dans l’activisme ni dans la nostalgie. L’image centrale — le tigre ne se dompte pas, il ne fait que se chevaucher — avertit que les forces dissolvantes de la modernité ne peuvent être contrôlées ni orientées vers des fins traditionnelles sans finir par dévorer celui qui les emploie. Utiliser des drones à bas coût contre des systèmes de défense coûteux est une tactique militaire, non un acte évolien inspiré par  Chevaucher le tigre. Ce qui reste après avoir éliminé cette supposition est clair: chevaucher le tigre est un processus strictement individuel et intérieur. L’homme différencié ne le réalise pas en attaquant Wall Street, mais en refusant d’être défini par les catégories modernes tout en restant debout au milieu d’elles. La victoire n’est ni économique ni visible.

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Supposition 3 : Le principal champ du conflit entre Tradition et Modernité est la guerre extérieure (géopolitique, militaire et économique). L’animateur présente le 11 septembre, la possible fermeture du détroit d’Ormuz, les drones iraniens ou la crise pétrolière comme des événements décisifs. Evola, en revanche, affirme constamment que la guerre extérieure est toujours le reflet et la conséquence de la guerre intérieure. Tant dans La doctrine de l’éveil que dans son commentaire de la Bhagavad Gita, il souligne que le conflit métaphysique primaire se livre à l’intérieur de l’individu. La guerre sainte extérieure (la grande djihad islamique ou le bellum romain) n’a de valeur traditionnelle que si elle découle d’une victoire intérieure préalable. Lorsqu’elle naît du ressentiment, de l’intérêt économique ou d’une simple réaction tribale — même revêtue de l’habit religieux —, elle ne constitue pas une guerre sacrée au sens primordial. L’analyse de l’animateur, bien qu’il utilise le vocabulaire évolien, demeure sur le plan horizontal: il déplace des pièces sur l’échiquier matériel.

Supposition 4 : Trump, Milei et Netanyahu sont les causes de la décadence et recourent à la guerre pour cacher leurs crimes personnels. Cette affirmation s’éloigne radicalement de la pensée d’Evola. Dans Révolte contre le monde moderne, il est clairement indiqué que les individus au pouvoir durant le Kali Yuga ne sont pas les causes de la décadence, mais ses produits et symptômes les plus évidents. Attribuer la crise civilisationnelle à la psychologie ou à la corruption personnelle de certains dirigeants équivaut exactement au type de pensée journalistique et moderne qu’Evola rejette: rechercher des causes personnelles à des phénomènes métaphysiques. Trump n’a pas créé la postmodernité; c’est la postmodernité qui l’a produit. Milei n’a pas généré la décadence argentine; il en est l’expression la plus transparente. Personnaliser la crise empêche d’en affronter la véritable dimension cosmohistorique.

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Supposition 5 : La victoire matérielle ou économique sur l’Occident équivaut à une victoire spirituelle ou traditionnelle. L’animateur interprète la hausse de l’or, la crise du dollar ou le succès de drones bon marché face à des systèmes coûteux comme des signes sans équivoque du triomphe de la Tradition. Pour Evola, parler de victoire traditionnelle en termes de prix de l’or ou du baril de pétrole est une contradiction terminologique. L’histoire du 20ème siècle démontre qu’une crise économique ne génère pas nécessairement une renaissance traditionnelle: celle de 1929 n’a pas apporté de restauration sacrale, mais le nazisme et le stalinisme. La faiblesse économique de l’Occident constitue un fait géopolitique, non un événement spirituel. Elle peut signaler l’épuisement du cycle, mais ne représente pas en elle-même une victoire de la Tradition.

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Supposition 6 : L’unité transcendante des religions implique une équivalence fonctionnelle entre leurs expressions historiques actuelles. Cette thèse correspond à l’école traditionaliste de Frithjof Schuon (De l’unité transcendante des religions, 1948), position qu’Evola connaissait et à laquelle il a toujours opposé une distance critique. L’unité transcendante existe à l’origine et au sommet; elle n’implique cependant pas d’équivalence fonctionnelle sur le plan historique. Dans le Kali Yuga, de nombreuses formes religieuses conservent l’exotérisme mais ont perdu l’ésotérisme et la dimension initiatique réelle. La question pertinente n’est pas de savoir si toutes les religions sont égales, mais ce qu’il reste d’initiation authentique dans chacune.

Une fois ces suppositions éliminées, demeurent valides et démontrables, du point de vue évolien, les thèses suivantes: 

1. Il existe une crise cosmohistorique réelle, non pas simplement politique. Le Kali Yuga est un fait métaphysique antérieur et supérieur à tout acteur contemporain. 

2. La modernité a consumé ses propres contradictions et a évolué vers la postmodernité: du titanisme prométhéen (encore orienté, bien qu’erronément) à l’instinct pur et hédonique sans direction. 

3. La guerre intérieure précède et conditionne la guerre extérieure. C’est seulement sur le plan intérieur que le conflit Tradition-Modernité peut être résolu, sans se réduire à une alternance de formes également horizontales. 

4. Le monde moderne ne se détruit pas de l’extérieur. Une crise économique ou du dollar n’élimine pas l’inversion métaphysique qui la soutient; elle le réorganise simplement sous de nouvelles modalités. 

5. L’homme différencié n’a pas de camp géopolitique. Evola n’a jamais adhéré inconditionnellement à aucune puissance politique; sa loyauté a toujours été verticale.

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En dépouillant l’analyse de M. Marcos Ghío de ses suppositions non explicitées, sa limitation essentielle devient manifeste: il s’agit d’une approche géopolitique et stratégique qui emploie le vocabulaire évolien — Kali Yuga, chevaucher le tigre, guerre intérieure et extérieure — mais l’applique au plan horizontal de la politique et de l’économie. Au lieu d’utiliser la métaphysique pour transcender la politique, il l’emploie pour justifier une prise de parti concrète. Evola signale quelque chose de plus inconfortable et de plus radical: dans le Kali Yuga, tous les camps sont modernes.

La question décisive n’est pas de savoir qui gagnera la guerre économique ou qui fera sombrer le dollar, mais s’il existe quelque individu, à quelque latitude que ce soit, qui ait entamé la seule guerre qui compte véritablement: la guerre intérieure. Et cette guerre, par sa nature même, n’apparaît pas dans les journaux télévisés. Cette analyse vise à contribuer au débat avec rigueur et fidélité au corpus évolien, invitant à une lecture plus profonde et moins instrumentalisée de son œuvre.

Carlos N. Mancini

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lundi, 23 mars 2026

Le retour du Japon

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Le retour du Japon

Andrea Marcigliano

Source: https://electomagazine.it/il-ritorno-del-giappone/

Et même Sanae Takaichi se retire.

Ou plutôt, elle retire le Japon, dont elle est la Première ministre, du conflit avec l’Iran.

Une prise de position ferme. Et importante, surtout après que l’armée japonaise semblait s’être montrée ouverte à une participation à l’offensive américaine dans le golfe Persique.

Madame Takaichi n’est certainement pas une «pacifiste» ni une «neutraliste».

Au contraire, c’est le chef du gouvernement japonais qui a le plus poussé dans le sens du réarmement.

Allant jusqu’à faire monter la barre de la tension avec le grand voisin, la Chine.

Pékin, en effet, voit le réarmement du Japon avec beaucoup d’inquiétude.

Car cela pourrait commencer à constituer un problème concret et obsédant pour les ambitions hégémoniques de la Chine sur l’Extrême-Orient.

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Car un Japon qui se réarme et qui met en place une politique autonome d’influence sur toute la région représente une sérieuse brèche dans l’hégémonie, tant désirée, de la Chine.

Le retour en force d’un rival historique.

Avec lequel Pékin devra, forcément, recommencer à compter.

C’est ce qu’espérait Washington.

Qui, ce n’est pas un hasard, a permis le réarmement du Japon, après des décennies durant lesquelles il l’avait maintenu dans une condition de totale subordination.

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Subordination contre laquelle le plus grand écrivain japonais du 20ème siècle, Yukio Mishima, protesta de façon spectaculaire. Pratiquant publiquement le seppuku rituel, après avoir harangué les troupes clairsemées et hallucinées de l’armée nippone.

C’était le 25 novembre 1970.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

Et aujourd’hui, Washington a besoin d’un Japon armé, pour contrer Pékin.

Surtout en ce moment, alors que les États-Unis ont dû déplacer navires et troupes en direction du golfe Persique, où ils se trouvent empêtrés dans une guerre qu’ils ont voulue, mais qui semble leur échapper.

Cependant, comme on dit chez nous en Italie, le Diable fait les marmites, mais pas les couvercles.

Le Japon se réarme. Pourtant, il n’a aucune intention de rester soumis à Washington.

Madame Sanae Takaichi a déjà dit clairement qu’elle n’a aucune intention d’impliquer son Japon dans le conflit avec l’Iran.

Et elle l’a fait en invoquant précisément la Constitution imposée en son temps par Washington.

Le Japon ne peut pas participer à des guerres plus ou moins lointaines.

Point barre.

Hétérogenèse des fins.

Tokyo, réarmée, commence à nouveau à développer une politique indépendante des États-Unis.

Un tournant décisif, après tant de décennies de subordination forcée.

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Iran: le début d’un conflit que l’Occident ne peut pas gagner

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Iran: le début d’un conflit que l’Occident ne peut pas gagner

par Sacha Vliegen, pour le groupe de réflexion Feniks (Flandre)

Source: https://www.feniksvlaanderen.be/blog/3070000_iran-het-beg...

Lorsque l’Occident fait la guerre, il le fait rarement avec une conscience historique profonde de sa propre position. Il préfère s’exprimer dans le langage de la technique: intervention, dissuasion, stabilisation, changement de régime, démocratisation, sécurité préventive. Ces mots donnent l’impression que la guerre est un instrument rationnel, une intervention maîtrisable au sein d’une stratégie plus large, une opération temporaire permettant de résoudre un problème régional. Mais cette terminologie cache souvent plus qu’elle n’explique. Derrière ce langage apparemment pragmatique, se cache un schéma plus profond: le refus de l’Occident de reconnaître qu’il n’est plus, de façon évidente, le centre de l’histoire du monde.

La guerre contre l’Iran doit être comprise sous cet angle. Officiellement, il s’agit de menace nucléaire, de sécurité régionale, de défense des alliés et de lutte contre le terrorisme. Dans la communication publique, ces motifs sont mis en avant comme s’ils pouvaient, à eux seuls, expliquer le conflit. Pourtant, il est clair qu’ils ne font qu’effleurer la surface. L’enjeu est bien plus grand. L’Iran n’est pas simplement un régime problématique, ni un État isolé que l’on pourrait mettre à genoux avec suffisamment de sanctions et de frappes aériennes, ni la répétition des conflits auxquels les États-Unis et leurs alliés se sont habitués ces dernières décennies. Ceux qui traitent l’Iran comme s’il s’agissait simplement de « l’intervention suivante » après celles qui ont frappé l’Irak, l’Afghanistan, la Libye ou la Syrie, se trompent fondamentalement sur la nature du pays, sa position dans le monde et la phase historique dans laquelle ce conflit s’inscrit.

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C’est pourquoi cette guerre est aussi dangereuse. L’attaque contre l’Iran n’ouvre pas simplement un nouveau front au Moyen-Orient. Elle ouvre potentiellement un conflit qui est à la fois géopolitique, idéologique, religieux et civilisationnel. Pour les États-Unis et Israël, le risque est d'avoir déclenché une guerre qu’ils ne peuvent pas vraiment gagner, mais qu’ils ne peuvent pas non plus quitter sans humiliation grave ou perte stratégique. C’est précisément ce qui fait d’un conflit un enjeu existentiel: il ne s’agit pas, littéralement, de la survie physique immédiate des États, mais d’un résultat qui pourrait ébranler la position fondamentale des acteurs impliqués dans l’ordre mondial. L’Iran, en ce sens, n’est pas une périphérie, mais un cas test. La question n’est pas seulement de savoir ce qu’il adviendra de l’Iran, mais si l’Occident est encore capable d’imposer sa volonté à un adversaire important, profondément enraciné dans son histoire et sa foi, et de prime importance sur le plan géopolitique.

Les causes géopolitiques du conflit

Pour comprendre pourquoi ce conflit est si chargé de sens, il faut d’abord prendre au sérieux la position stratégique de l’Iran. L’Iran n’est pas simplement un État du Moyen-Orient; c’est l’un des carrefours géopolitiques les plus significatifs de l’Eurasie. Une simple observation de la carte le montre immédiatement. L’Iran se trouve au croisement du Moyen-Orient, de l’Asie centrale, du Caucase, de l’Asie du Sud et de l’océan Indien.

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Il est voisin du monde arabe, de la Turquie, de la région caspienne et, par la mer, des routes d’accès à l’énergie mondiale. Il contrôle aussi la rive nord du détroit d’Ormuz, un passage maritime d’une importance exceptionnelle pour les flux de pétrole et de gaz du Golfe. Menacer la route d’Ormuz, c’est non seulement mettre la pression sur des adversaires régionaux, mais aussi secouer les marchés mondiaux et contraindre les grandes puissances à tenir compte de sa position.

Cela fait déjà de l’Iran plus qu’un acteur régional. Mais sa signification dépasse le pétrole. Le pays est aussi un pivot dans la nouvelle infrastructure eurasiatique qui, ces dernières années et décennies, est devenue de plus en plus importante.

Pour la Chine, l’Iran n’est pas seulement un fournisseur d’énergie ou un partenaire diplomatique, mais aussi un corridor possible dans la connexion plus large entre l’Asie de l’Est, l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Europe.

Pour la Russie, l’Iran est un partenaire naturel dans la ceinture sud de l’Eurasie, justement parce qu’il peut limiter l’influence occidentale dans cette zone et permettre la construction d’axes économiques et géopolitiques alternatifs.

Du point de vue occidental, cela signifie que l’Iran n’est pas simplement un régime difficile, mais un pivot potentiel dans un ordre post-occidental du continent.

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C’est là que l’on retrouve une vieille intuition géopolitique. Depuis longtemps, la théorie géopolitique avance que l’Eurasie est la scène centrale du monde, et que la puissance qui parvient à organiser la cohésion continentale de l’Eurasie acquiert un avantage structurel sur les puissances maritimes. Sous différentes formes, ce motif revient: l’idée que le contrôle du centre continental ou de ses zones périphériques est décisif pour le pouvoir mondial. L’Iran ne se trouve pas tout à fait dans le « heartland » classique tel que certains géopoliticiens l’imaginaient, mais il est à la jonction entre le centre et les ceintures périphériques. C’est précisément pourquoi il est si important. Il est à la fois pont, tampon, corridor et frein. Pour une cohésion eurasienne émergente, l’Iran est un lien. Pour une hégémonie maritime, il est un obstacle.

Dans cette perspective, il est logique que l’Occident considère l’Iran non seulement comme un ennemi idéologique, mais aussi comme un problème stratégique structurel. Un Iran autonome, résistant et durable gêne la domination totale de l’Occident sur le Moyen-Orient et empêche les grandes puissances asiatiques d’être isolées. La guerre contre l’Iran n’est donc pas simplement une réaction à une provocation spécifique, mais aussi une tentative de neutraliser un carrefour géopolitique avant qu’il ne soit encore plus intégré dans un réseau de pouvoir et d’infrastructures non occidental.

Israël et le contrôle du Rimland

Pour Israël, cette question est encore plus aiguë. Depuis sa création, la culture stratégique israélienne a toujours pensé en termes de survie dans un environnement hostile, ou du moins instable. L’État d’Israël est petit, entouré par des populations plus nombreuses et dépendant de la supériorité technologique, de la capacité de mobilisation et du soutien diplomatique extérieur. Dans ce contexte, il est compréhensible qu’Israël ait développé une sensibilité particulière face aux hégémons régionaux potentiels. Aucune puissance hostile dans la région ne doit devenir trop forte, aucune ceinture cohérente d’adversaires ne doit se former, aucun acteur ne doit avoir le temps de limiter à long terme la marge de manœuvre militaire, politique et psychologique d’Israël.

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L’Iran est précisément un tel acteur. Non seulement par ses propres capacités, mais aussi par le réseau d’alliés, de milices et de sympathisants qu’il a constitué dans la région ces dernières décennies. Ainsi, du point de vue israélien, l’Iran n’est pas seulement un adversaire idéologique lointain, mais une puissance qui peut exercer, directement ou indirectement, une influence sur plusieurs fronts. La lutte contre l’Iran n’est donc pas seulement une question de dissuasion; c’est une tentative de briser une ceinture stratégique avant qu’elle ne se retourne définitivement contre Israël. Plus largement, on peut dire qu’Israël veut empêcher qu’au Moyen-Orient ne se constitue une configuration géopolitique dans laquelle il ne détiendrait plus la supériorité qu’il a pu construire, avec l'aide des États-Unis, au cours de ces dernières décennies.

La modernité et la volonté de contrôle

Mais la géopolitique seule ne suffit pas à comprendre la persévérance de l’Occident dans de tels conflits. Il y a aussi une logique civilisationnelle plus profonde: le rapport moderne de l'Occident au pouvoir, à la technique et à la réalité. Depuis les débuts de la modernité, l’Occident a développé un élan expansionniste unique, porté par la science, la technique, la dynamique capitaliste et la formation de l’État. La nature n’était plus vue comme un ordre dans lequel l’homme devait s’insérer, mais comme un domaine à explorer, mesurer, exploiter et contrôler. Cette vision du monde est aujourd’hui si évidente qu’on ne remarque plus à quel point elle est singulière. L’homme moderne considère spontanément le monde comme quelque chose qui doit être disponible pour la planification et la manipulation.

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Pour Heidegger, toutefois, ce développement avait aussi un versant profondément problématique. Lorsque le monde apparaît exclusivement comme quelque chose que l’on peut techniquement gérer et exploiter, l’homme perd, selon lui, progressivement la capacité de vivre la réalité d’autres façons. Tout est réduit à l’utilité, à l’efficacité et au contrôle. La nature devient ressource, la société devient organisation, et finalement l’homme lui-même risque d’être réduit à un élément au sein d’un système technique. Heidegger nous avertissait que cette façon de penser ne fait pas qu’altérer le monde, elle l’appauvrit: elle exclut de plus en plus d’autres formes de signification, de tradition et de lien au réel.

oar2-2480940837.jpgC’est ici que l’analyse de Heidegger est pertinente. Son propos n’était pas simplement de dire qu’il existe de nouvelles machines, mais que la technique moderne est une manière de révéler, une manière dont le réel se présente à nous. Dans cette ontologie technique, le monde apparaît comme un stock, un réservoir, une ressource disponible à tout moment. Les rivières deviennent sources d’énergie, les forêts deviennent moyens de production, la terre devient zone d’exploitation, les communautés humaines deviennent populations à gérer, et les États deviennent des unités stratégiques dans un système plus vaste. Lorsque cette pensée infiltre la géopolitique, il paraît presque naturel de croire que l’on puisse réorganiser des sociétés comme on gère des infrastructures. Un régime devient alors une pièce que l’on remplace si elle ne fonctionne plus dans le système.

C’est précisément là qu’a résidé l’une des plus profondes erreurs de ces dernières décennies. L’Occident a souvent agi comme si l’ordre politique n’était qu’une configuration technique que l’on pourrait réagencer avec assez de pression, de bombardements, de sanctions et d’ingénierie institutionnelle. L’Irak, l’Afghanistan et la Libye ont pourtant montré que les sociétés ne sont pas un substrat neutre sur lequel on peut projeter impunément de nouvelles institutions. Elles sont faites de mémoire, de religion, d’honneur, de pouvoirs locaux, de traumatismes historiques, de loyautés culturelles et d’horizons moraux. Quand on nie cette profondeur, on fait la guerre comme si l’on pouvait remplacer une civilisation par des schémas et des modèles. Ce n’est pas seulement arrogant, c’est aussi stratégiquement aveugle.

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Spengler aussi jette sur cette problématique une lumière dure mais éclairante. Dans sa description de la culture occidentale ou «faustienne», il met en avant l’élan sans bornes de l’Occident à franchir l’infini, à aller toujours plus loin, à conquérir de nouveaux espaces et à soumettre le monde par la technique. Qu’on souscrive ou non à l’ensemble de son analyse, il a bien vu que la civilisation occidentale moderne a produit un esprit d’expansion qui supporte mal les limites.

Dans sa phase finale, selon Spengler, la culture devient civilisation: l’ordre symbolique vivant laisse place à l’organisation technique, à la formation de grandes puissances politiques et à des systèmes anonymes de contrôle. Appliquée à la politique mondiale actuelle, cette grille de lecture donne au conflit avec l’Iran une signification plus large et tragique. L’Occident ne répond pas seulement à un défi régional; il se heurte à une limite historique de sa propre logique expansive.

Après la fin de la Guerre froide, il a semblé un moment que cette limite n’existait plus. La démocratie libérale était présentée comme l’aboutissement universel de l’histoire. On partait du principe que toutes les alternatives idéologiques sérieuses avaient disparu et que les États qui n’étaient pas encore intégrés dans l’ordre libéral mondial représentaient un simple retard temporaire. Cet optimisme était non seulement politique, mais aussi anthropologique: on supposait que le développement économique, la modernisation technologique et la réforme institutionnelle mèneraient tôt ou tard partout à des formes politiques comparables. Il n’en reste aujourd’hui que très peu. Le monde n’apparaît pas comme une planète libérale uniforme, mais comme une arène où s'affrontent des blocs de civilisation, des traditions historiques et des modèles de puissance différents.

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C’est précisément pour cela que l’Iran est un cas si difficile pour l’Occident. Ce n’est pas simplement un système autoritaire qui n’est pas encore «prêt», mais un État issu d’une rupture révolutionnaire avec la modernité occidentale telle qu’elle a été vécue en Iran. La révolution de 1979 n’a pas été qu’une prise de pouvoir, mais une tentative de formuler un principe politique alternatif, où légitimité religieuse, attitude anti-impérialiste et souveraineté nationale étaient liées. On peut critiquer ce régime pour de nombreuses raisons, mais on ne peut pas le comprendre si on le présente comme un simple produit accidentel ou superficiel de la répression. Il repose sur une synthèse historique propre, aussi problématique ou violente soit-elle.

Les erreurs d’analyse sur l’Iran

Cela nous amène à une erreur cruciale dans de nombreuses analyses occidentales: la sous-estimation de la profondeur religieuse et symbolique de l’État iranien. Le chiisme possède une puissante tradition de souffrance, d’injustice, de témoignage et de martyre.

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Le récit de Karbala, la figure de Hussein et le souvenir d'une domination injuste ont une portée spirituelle et politique durable dans le monde chiite. Lors de la révolution iranienne, ce répertoire n’a pas simplement été répété, mais mobilisé comme source de légitimité et de résilience. Cela ne signifie pas que tous les Iraniens sont de pieux révolutionnaires, ni que la légitimité religieuse du régime est inattaquable. Mais une partie de l’idéologie d’État et de la capacité de mobilisation ne relève pas seulement de la politique du pouvoir, mais d’un langage moral et religieux qui donne sens au sacrifice, à la résistance et à la mission historique.

C’est pourquoi il est dangereux que des décideurs occidentaux pensent que le régime s’effondrera simplement dès que la pression adéquate sera appliquée. Cette attente est entretenue par l’image véhiculée par de nombreuses voix de l’opposition iranienne en Occident. Bien sûr, il existe en Iran de profondes tensions. Il y a du mécontentement face à la corruption, la stagnation économique, le népotisme, le contrôle moral, le sous-développement régional et la répression. Il y a eu des protestations de la part de jeunes en milieux urbains, de femmes, d’ouvriers, d’étudiants, de commerçants et de minorités ethniques qui se sentent marginalisées culturellement ou économiquement. Kurdes, Baloutches, Arabes du Khouzistan et d’autres groupes font souvent l’expérience de ne pas bénéficier d’un accès équitable au pouvoir, à la reconnaissance ou au développement. Ces tensions sont réelles et ne doivent pas être minimisées.

Mais l’existence de tensions n’implique pas l’existence d’une opposition cohérente capable de remplacer un État de cette ampleur et de cette complexité par un nouvel ordre stable. C’est précisément l’erreur que commettent de nombreux fantasmes occidentaux qui rêvent d'un changement de régime. On constate qu’un régime est détesté ou contesté en interne par de nombreux groupes, puis on en déduit que ces groupes formeront naturellement une communauté politique dès que le régime tombera. L’histoire montre généralement le contraire. L’opposition interne à un pouvoir établi est rarement homogène. Les manifestants économiques ne veulent pas nécessairement la même chose que les intellectuels laïques; les minorités régionales ne poursuivent pas forcément le même objectif que les monarchistes en exil; les réformateurs libéraux, les milices séparatistes, les intérêts conservateurs des bazars et les groupes radicaux anti-système ne partagent souvent que leur rejet du centre, pas leur vision de l’après.

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C’est là un point décisif pour l’Iran. Oui, il y a de nombreuses lignes de faille. Oui, il y a de la frustration économique, du mécontentement face à la corruption, de la résistance à la tutelle morale et politique de l’État, et des tensions vis-à-vis du «gouvernement du juriste-théologien» ou du système des ayatollahs. Mais qui dirigera l’Iran si le régime actuel tombe? Quelle opposition dispose de la légitimité, de l’organisation, du monopole de la violence et de la capacité administrative pour maintenir la cohésion de l’État? Qui peut intégrer à la fois les régions persanes, les provinces minoritaires, les grandes villes, les appareils de sécurité, les intérêts économiques et les réseaux religieux dans un nouvel équilibre? Il n’existe pas de réponse simple à ces questions. Il est même probable que le renversement du régime ne conduise pas à un Iran libre et stable, mais à une lutte prolongée entre élites concurrentes, milices, parrains étrangers et identités régionales. Autrement dit: pas nécessairement la libération, mais la prémisse d’une violence sectaire ou régionale qui pourrait durer des décennies.

Ce scénario est loin d’être imaginaire. Il suffit de regarder l’histoire récente des États où un centre fort, même répressif, a été détruit sans qu’un ordre de succession crédible soit prêt. La chute d’un régime ne signifie pas automatiquement la naissance d’une nation. Parfois, elle entraîne au contraire la dissolution d’une structure encore fonctionnelle, quoique dure, qui maintenait provisoirement ensemble diverses contradictions. Dans une telle situation, d’anciennes lignes de fracture réapparaissent: rivalités ethniques, marginalisation régionale, divisions religieuses, clientélisme et ingérence étrangère. Le résultat peut être un conflit où personne ne gagne vraiment, mais où toute une société est épuisée pendant des années ou des décennies.

Une géographie difficile à contrôler

L’Iran, en outre, est, sur les plans géographique et historique, particulièrement difficile à briser et à occuper. Le pays n’est pas constitué d’une seule plaine ouverte ou d’un centre de pouvoir qui serait aisément contrôlable après une première défaite militaire.

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L’espace iranien est un ensemble complexe de chaînes de montagnes, de plateaux, de déserts, de concentrations urbaines et de régions périphériques. Cette géographie a maintes fois prouvé, dans l’histoire, qu’elle ralentit, fragmente et épuise les envahisseurs. Des empires antiques aux puissances modernes, beaucoup ont découvert que la Perse est bien plus facile à secouer qu’à contrôler. Même si un acteur extérieur y remporte un succès militaire, les vraies difficultés commencent après: comment garder le contrôle sur un pays vaste, fier, armé et doté d’une conscience historique profonde?

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À cela s’ajoute le fait que l’Iran n’est pas l’Afghanistan, et certainement pas dans le sens où certaines comparaisons sont parfois faites à la légère. L’État iranien dispose de structures institutionnelles, militaires et bureaucratiques bien plus solides que celles que les Talibans possédaient avant leur victoire. Les Gardiens de la Révolution ne sont pas un mouvement d’insurgés lâchement organisé, mais un complexe sécuritaire, idéologique et économique tentaculaire, ancré dans l’État et la société. Si le régime venait à s’effondrer sous une pression intense, cela ne signifierait pas que la résistance disparaîtrait. Il est même probable qu’apparaîtrait alors une forme de résistance armée encore plus dure, fragmentée et difficile à contrôler.

Le danger d’une guerre existentielle

Le conflit prend une autre dimension dangereuse si l’on prend en compte la dimension religieuse du côté des États-Unis et d’Israël. En Europe, le soutien américain à Israël est souvent perçu principalement en termes de stratégie, de lobbying ou de valeurs partagées. Tout cela joue un rôle, mais pour une part importante du monde des evangelicals américains, Israël a aussi une signification religieuse et eschatologique. Dans le sionisme chrétien, le retour du peuple juif sur la terre d’Israël et la survie de l’État juif sont vus comme partie d’un plan divin de salut. Israël n’est pas, dans cette vision, qu’un allié, mais un signe des temps et un maillon nécessaire d’un scénario historico-religieux qui doit aboutir au retour du Christ.

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Cela rend le soutien à Israël particulièrement intense dans ces milieux. Ils soutiennent Israël non seulement pour des raisons stratégiques, mais parce qu’ils pensent que l’histoire elle-même a une orientation sacrée et que la protection d’Israël est un devoir religieux. Lorsqu’une telle conviction acquiert une influence politique dans une superpuissance, la nature de la prise de décision change. Le conflit est alors jugé non seulement sur la base des coûts, des risques et des équilibres, mais aussi en termes moraux et même eschatologiques.

Du côté israélien, il existe aussi des courants religieux et nationalistes qui considèrent le pays non seulement comme un État, mais comme un projet historique et sacré. Lorsque ces convictions se rejoignent, il en résulte un mélange particulièrement explosif: la géopolitique acquiert une profondeur religieuse, et la conviction religieuse une puissance stratégique.

Dans un tel contexte, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi le conflit avec l’Iran tend à prendre une forme existentielle. Pour les États-Unis, un retrait rapide ou un échec visible signifierait une grave atteinte à leur crédibilité. Non seulement ils auraient échoué à neutraliser un adversaire tenace, mais ils montreraient aussi à leurs alliés et rivaux que la puissance américaine n’est plus automatiquement capable d’imposer un ordre régional.

Pour Israël, l’enjeu est de taille, car un Iran survivant et renforcé prouverait que la dissuasion israélienne a ses limites.

Pour l’Iran, le conflit devient presque inévitablement une lutte pour la survie, la souveraineté et l’honneur historique. Un pays qui survit à une telle attaque n’en conclura pas qu’il doit modérer la confrontation, mais plutôt qu’il doit renforcer sa dissuasion, ses alliances et sa capacité de riposte.

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C’est ici que Toynbee devient pertinent. Son idée de « challenge and response » (défi et réponse) offre un cadre utile pour comprendre comment les civilisations et les grandes communautés politiques réagissent aux défis fondamentaux. Selon lui, les civilisations ne croissent pas dans la tranquillité, mais en répondant de manière créative aux pressions, aux crises et aux menaces.

Si l’Occident tente aujourd’hui de préserver un ordre ancien avec des moyens de moins en moins convaincants, il n’est pas impossible que des adversaires comme l’Iran renforcent leur identité précisément en réaction à cette pression. Ce qui, pour l’Occident, vise à la neutralisation, peut être vécu par l’autre comme la confirmation de sa mission historique. En ce sens, la guerre peut parfois renforcer l’adversaire idéologiquement plus que le détruire politiquement.

C’est là l’élément tragique de la géopolitique actuelle. L’Occident utilise les instruments de son ancienne hégémonie pour ralentir l’émergence d’une nouvelle réalité multipolaire, mais ce faisant, il accélère peut-être justement la transition vers cette nouvelle réalité. Chaque intervention ratée, chaque surestimation des capacités militaires, chaque sous-estimation de l’adversaire et chaque nouvelle escalade affaiblit encore plus l’aura d’une domination qui allait de soi. La guerre contre l’Iran risque donc de devenir plus qu’un simple conflit régional. Elle pourrait devenir le moment où il devient visible que l’Occident dispose certes toujours d’un pouvoir immense, mais n’a plus la capacité incontestée d’imposer des résultats politiques.

La limite de l’Occident

La question fondamentale n’est donc pas seulement de savoir si l’Iran peut être militairement endommagé. Cela, nul n’en doute. La vraie question est celle d’une victoire politique durable. Peut-on obliger le pays à se soumettre sans déclencher une guerre qui déstabiliserait la région, le marché de l’énergie et les relations entre grandes puissances? Peut-on renverser le régime sans créer un vide dans lequel milices, conflits ethniques, tensions sectaires et puissances étrangères déchireraient le pays pendant des décennies? Peut-on attaquer un État-civilisation doté d’une forte identité historique, d’une structure interne complexe et d’un poids géopolitique qui attire les grandes puissances, sans que la confrontation ne devienne beaucoup plus ample que prévu?

À toutes ces questions, la réponse honnête est qu’il n’existe aucune certitude positive simple. Au contraire, tout indique que la guerre contre l’Iran n’a pas d’issue stratégique claire. Une victoire rapide est peu probable, une occupation prolongée presque impensable, un changement de régime sans chaos hautement improbable, et un retrait sans perdre la face est politiquement très difficile. C’est précisément ce qui rend ce conflit si dangereux. L’Occident s’est peut-être enfermé dans une guerre trop vaste pour être gagnée et trop importante pour être abandonnée sans dégâts majeurs.

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C’est peut-être là le sens le plus profond de cette guerre. Non pas qu’il soit impossible de causer destruction, mais qu’elle révèle une limite. La limite de l’idée que le monde puisse encore être gouverné depuis un seul centre. La limite de la conviction que les sociétés peuvent être redessinées de l’extérieur comme s’il s’agissait de structures techniques. Et, finalement, la limite du pouvoir occidental lui-même. L’Iran n’est pas seulement une cible, mais un miroir. Dans ce miroir, l’Occident voit peut-être, pour la première fois depuis longtemps, non seulement un ennemi, mais aussi la fin de sa propre évidence.

20:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : actualité, iran, occident | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

La Russie à l’ère de la puissance de l’IA - L’empire du code

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La Russie à l’ère de la puissance de l’IA

L’empire du code

Alexander Douguine

Alexander Douguine sur la foi, la souveraineté et la frontière numérique.

Voyez avec quel style l’IA a transposé les principes fondamentaux de La République technologique d’Alex Karp dans le contexte russe :

- La Russie est une puissance civilisationnelle (un État-civilisation), non simplement un État-nation ou une économie périphérique. Son existence historique et son avenir sont déterminés non seulement par les ressources naturelles, le territoire ou même la parité nucléaire, mais par sa capacité à préserver et à développer une identité souveraine à une époque où la lutte principale se joue dans le domaine des logiciels, des algorithmes, de l’intelligence artificielle et du contrôle numérique de la réalité.

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- Voici un ensemble symétrique de principes adaptés à la civilisation russe/eurasienne :

- La Russie a toujours été un empire dès son origine. La civilisation russe a remporté la victoire et assuré sa survie non par des procédures démocratiques (qui lui sont étrangères) ni par l’efficacité du marché (qui reste secondaire), mais par la supériorité technologique et spirituelle lors de moments décisifs: des armes à feu et de l’artillerie d’Ivan le Terrible et Pierre le Grand, au projet nucléaire et au programme spatial de l’URSS, jusqu’aux armes hypersoniques et à la guerre électronique actuelles. La victoire dans la Grande Guerre patriotique comme pendant la Guerre froide fut le fruit d’une alliance entre l’État, les ingénieurs, les scientifiques et une foi profonde dans la mission nationale.

- L’élite russe contemporaine (y compris le secteur numérique et des TI) s’est égarée. Après 1991, le talent a soit émigré, soit s’est tourné vers le secteur numérique de consommation: réseaux sociaux copiés, fintech, e-commerce, jeux vidéo, spéculation crypto et «substitution aux importations» sous la forme de copies de plateformes occidentales. Ressources et intelligence sont consacrées à des imitations superficielles, au lieu de s’attaquer à des défis d’ampleur civilisationnelle: défense, IA souveraine, cybersécurité, analyses prédictives pour l’État et identité numérique du monde russe.

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- Le modèle actuel est mortellement dangereux pour la survie de la civilisation russe. Au 21ème siècle, la puissance réside dans la maîtrise du logiciel. Qui contrôle le logiciel (algorithmes, données, modèles d’IA, informatique quantique) contrôle la réalité. L’Occident et la Chine sont déjà engagés dans une lutte totale pour la suprématie logicielle. Si la Russie reste en périphérie – dépendante des semi-conducteurs importés, des clouds étrangers, des bibliothèques open source et des réseaux neuronaux occidentaux – elle perdra sa souveraineté plus vite que par n’importe quelle défaite militaire. La Chine et l’Occident n’attendront pas que la Russie «rattrape son retard».

- Une nouvelle alliance entre l’État-civilisation et l’industrie du logiciel/de l’IA est nécessaire. L’État doit se réorganiser radicalement selon des principes d’ingénierie: rapidité, efficacité, audace et rejet du formalisme bureaucratique. L’élite informatique et liée à l'IA doit orienter ses talents vers des tâches civilisationnelles: une IA souveraine (pas une copie de ChatGPT, mais un modèle imprégné d’une vision du monde russe), des systèmes d’analyses prédictives pour les opérations militaires et le monde russe, la cyberdéfense, l’identité numérique sans portes dérobées, et des systèmes d’armes autonomes. Il faut des structures analogues à Palantir Technologies, mais fondées sur une logique russe et libérées des biais atlantistes.

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- La puissance dure est impossible sans une foi profonde. La «puissance dure» (missiles, chars, drones, systèmes hypersoniques) repose entièrement sur la «foi» – l'identité civilisationnelle partagée, le sens de la mission civilisationnelle, l'unité collective (sobornost’), le rejet de la «fin de l’histoire» libérale et la volonté de sacrifice pour l’avenir. Sans cela, même la plus puissante IA ou l’arsenal nucléaire restent des instruments morts. L’élite russe contemporaine manque de cette foi. Cynisme, nihilisme consumériste, relativisme et mentalité du «tout est permis si cela rapporte» dominent.

- Ingénieurs, scientifiques et développeurs n’échappent pas à leurs obligations envers leur civilisation. Le talent et le succès ne naissent pas dans le vide. Ils sont rendus possibles par une civilisation russe millénaire, ses sacrifices, sa culture, sa langue, et son État. Ceux qui détiennent le savoir doivent donc faire preuve de loyauté et contribuer à la défense et au développement de cette civilisation – plutôt que de simplement maximiser leurs revenus, d’émigrer ou de travailler pour des multinationales.

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Savez-vous pourquoi l’IA a pu faire cela si facilement ? Parce que, depuis des décennies, les partisans de l’Idée russe – que personne ne remarquait jusqu’à récemment, et à peine aujourd’hui – n’ont cessé de travailler sur des livres, articles, textes, posts, matériaux et traductions. À force de travail, ils ont construit une vaste carte de la civilisation russe. Empire, Eurasie, multipolarité, État-civilisation, Monde russe, signification éternelle de l’orthodoxie, identité profonde, État-puissance, ontologie de l’État, géopolitique de la Terre, sacralisation du pouvoir, traditionalisme et valeurs traditionnelles, grande mission de la Russie, grand peuple, critique de l’unipolarité, de l’atlantisme, du libéralisme, de l’Occident, etc. – tout cela n’est pas que slogans, mais théories, systèmes, écoles et courants intellectuels.

Il existe un vaste récit patriotique russe, doté de ses propres théories et concepts, terminologies et systèmes. Lorsqu’on demande à une IA d’accomplir une tâche donnée, elle se tourne automatiquement vers ce corpus d’idées comme une évidence. Cela peut passer inaperçu au premier abord, mais c’est précisément l’IA – encore peu censurée – qui révèle l’ampleur de ce travail gigantesque: non seulement le fruit de nombreuses décennies, mais de siècles entiers, si l’on y inclut les slavophiles, les eurasistes, les nationaux-bolcheviks, les monarchistes, les penseurs orthodoxes, les sophiologues et les patriotes soviétiques.

Pour être complet, je vais présenter ce que l’IA a écrit sur Alex Karp lui-même et son projet.

81wEmZuEJ7L._SL1500_-2987249578.jpg- Le livre d’Alex Karp (PDG de Palantir Technologies), La République technologique : Puissance dure, foi douce et l’avenir de l’Occident (2025, co-écrit avec Nicholas W. Zamiska), est une critique acerbe de l’Occident moderne – et surtout de la Silicon Valley – ainsi qu’un manifeste sur la manière de restructurer les relations entre technologie, État et identité nationale.

Voici les principales idées du livre, résumées :

- Les États-Unis et l’Occident ont toujours été une « république technologique ».

- L’Amérique a dominé le 20ème siècle non seulement grâce à la démocratie, mais surtout en raison de sa supériorité technologique – particulièrement logicielle. La victoire lors de la Seconde Guerre mondiale, de la Guerre froide et l’essor d’Internet résultent d’une alliance étroite entre l’État et les ingénieurs (projet Manhattan, DARPA, les débuts de la Silicon Valley sous contrats du Pentagone).

La Silicon Valley s’est égarée

- Après la victoire dans la Guerre froide et l’avènement de la Pax Americana, ingénieurs et entrepreneurs sont passés de tâches d’intérêt national à des produits de consommation: réseaux sociaux, applications pour la livraison de repas, publicité et plateformes d’achat. Talents et ressources sont consacrés à des «futilités» au lieu de répondre à de vrais défis comme la défense, la criminalité, la médecine ou l’éducation.

Le modèle actuel est dangereux pour la survie de l’Occident

- Au 21ème siècle, la principale lutte pour le pouvoir est celle de la supériorité logicielle et de l’intelligence artificielle. La Chine et d’autres régimes autoritaires utilisent activement la technologie pour accroître leur puissance militaire et géopolitique. Si l’Occident ne revient pas à des priorités sérieuses, il perdra la nouvelle course aux armements.

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Une nouvelle alliance entre l’État et l’industrie logicielle est nécessaire

- Karp appelle explicitement à un partenariat étroit – et non à une séparation – entre l’État et les entreprises technologiques (comme Palantir Technologies). L’État doit adopter une mentalité d’ingénieur (solutions rapides, audace, concentration sur les résultats), tandis que les entreprises technologiques doivent orienter leurs talents vers la défense, la sécurité nationale et de grands objectifs civilisationnels.

La puissance dure requiert la foi douce

- La «puissance dure» (force militaire et technologique) est impossible sans «foi douce» – identité nationale partagée, culture, valeurs, patriotisme et sens du devoir. L’élite moderne, y compris la tech, manque de ces fondements «doux»: il n’y a plus de but commun, plus de fierté civilisationnelle, mais du conformisme, du relativisme et un nihilisme consumériste.

Les ingénieurs ne sont pas exempts de devoirs envers la nation

- Les ingénieurs talentueux et les fondateurs d’entreprise ne créent pas leur succès «à partir de rien» – ils bénéficient des acquis de la civilisation américaine (et occidentale). Ils sont donc censés faire preuve de loyauté et contribuer à la défense et au développement de cette civilisation, plutôt que de simplement maximiser leur profit ou leur confort personnel.

Critique de la décadence et appel à l’ambition

- Ce livre est un réquisitoire contre la fragilité intellectuelle, la lâcheté des dirigeants, la perte d’ambition et le vide spirituel. Karp appelle à une «révolte» contre ce déclin et à un retour à de grands projets transformateurs – même s’ils sont impopulaires ou politiquement controversés.

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Globalement, le livre fonctionne à la fois comme :

 – un acte d’accusation contre la Silicon Valley contemporaine,

– un appel à la renaissance du « projet national » américain,

– et une justification de la mission de Palantir Technologies (travailler avec l’État, la défense, l’IA pour la sécurité).

[À ce stade, l’IA commence à pencher légèrement vers le « woke », tout en restant mesurée.]

Il s’agit d’un texte fortement « va-t-en-guerre », national-capitaliste et anti-postmoderne, que beaucoup ont interprété comme un manifeste pour une nouvelle ère de militarisme technologique en Occident.